De la précarité à l’espoir : Aïsha, symbole de résilience au Nord-Kivu

1 avril 2026
Blurred-face person outdoors wearing a patterned top, holding a blue foam pool noodle horizontally.

Madame Aïsha Abdallah , veuve et mère de famille s'est spécialisée dans la fabrication des savons pour nourrir sa famille

Photo PNUD-Goma

À Goma, dans l’Est de la RDC, le parcours d’Aïsha Abdallah illustre l’impact des initiatives économiques en contexte de crise. Veuve et mère de deux enfants, elle a bénéficié d’une formation en saponification dans le cadre d’un projet soutenu par le PNUD et mis en œuvre par l’ONG ADAP dans le territoire de Nyiragongo. Cette opportunité lui a permis de lancer une activité génératrice de revenus, de subvenir aux besoins de sa famille et de partager ses compétences avec d’autres femmes. Son ambition est désormais de créer une coopérative et de contribuer activement au développement local.

Photograph of six people outdoors by a wooden structure, some seated, shaking hands.

Tous les matins Mme Aisha sillonne la cité de Nyiragongo pour vendre ses savons

Photo PNUD-Goma

Une opportunité qui change une vie

Sélectionnée parmi les bénéficiaires en raison de sa situation de vulnérabilité, Aïsha a intégré un programme de formation en saponification. Cette initiative, inscrite dans le volet « Leadership féminin et autonomisation économique des femmes et filles affectées par les conflits », vise à offrir des compétences pratiques et génératrices de revenus. Grâce à cette formation, Aïsha a appris à produire du savon de qualité, un produit essentiel et accessible sur le marché local. Très vite, elle met en pratique les connaissances acquises et commence à générer ses propres revenus.

De bénéficiaire à actrice du changement

Aujourd’hui, Aïsha Abdallah n’est plus seulement bénéficiaire d’un projet humanitaire. Elle est devenue une actrice du développement au sein de sa communauté. Non seulement elle parvient à subvenir aux besoins de sa famille, mais elle s’est également engagée dans une dynamique d’épargne au sein d’une association villageoise d’épargne et de crédit (AVEC), signe concret de son autonomie financière retrouvée. Plus encore, elle transmet désormais son savoir à d’autres femmes, contribuant ainsi à élargir l’impact du projet au-delà de sa propre réussite.

Market vendor in a bright patterned shirt hands an item to a customer, shelves in the background.

Chaque jour les boutiques et shops de Nyiragongo renouvellent leur stock des savons chez Mme Aisha

Photo PNUD-Goma

Un modèle de résilience féminine

« Ce projet m’a redonné espoir. Aujourd’hui, je me sens forte et utile, pour ma famille et pour ma communauté », confie-t-elle avec émotion. Son parcours repose sur plusieurs facteurs clés : son engagement personnel, le soutien de sa communauté, mais aussi la pertinence d’un projet axé sur l’autonomisation économique des femmes dans un contexte fragile.

Des ambitions tournées vers l’avenir

Forte de cette transformation, Aïsha ne compte pas s’arrêter là. Elle ambitionne d’agrandir son activité, de former davantage de femmes et, à terme, de créer une coopérative spécialisée dans la production de savon. Son objectif est clair : devenir un modèle de réussite et participer activement au développement économique local.

Three people in a small shop doorway; a uniformed man on the left with two women by shelves.

Cette activité génératrice des revenus assure l'autonomie financière de beaucoup des femmes dans la province du Nord-Kivu

Photo PNUD-Goma

Cette réussite s’inscrit dans le plan de crise du PNUD à l’Est de la RDC, doté de 25 millions de dollars, dont 15 millions déjà disponibles et attribués à une trentaine d’organisations nationales du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Financé par le gouvernement congolais via le Fonarev, ainsi que par le Canada, la Suède, les Pays-Bas et la Corée, ce plan vise à renforcer la résilience des communautés vulnérables. L’histoire d’Aïsha démontre que l’autonomisation économique des femmes est un moteur essentiel de transformation et de stabilité dans les zones affectées par les conflits.

Dans une région confrontée à des défis humanitaires et sécuritaires persistants, des initiatives comme celle soutenue par le Programme des Nations Unies pour le développement démontrent que des solutions durables sont possibles. L’histoire d’Aïsha Abdallah rappelle qu’au-delà des statistiques et des crises, ce sont des vies qui changent, des familles qui se relèvent et des communautés qui se reconstruisent.

Clotilde BANGWENE Aziza, PNUD Goma