Discours de l’Administrateur du PNUD à l’occasion de la session annuelle du Conseil d’administration 2026
10 juin 2026
Seul le prononcé fait foi.
- Introduction
Monsieur le Président,
Chers membres du Conseil d’administration,
C’est un honneur d’être ici parmi vous lors de cette session annuelle du Conseil d’administration du PNUD/FNUAP/UNOPS.
Permettez-moi de commencer par une réflexion sur ma récente visite en Syrie en avril avec le Coordinateur des secours d’urgence de l’ONU, Tom Fletcher. J’ai vu les conséquences de ces 14 années de guerre.
Des quartiers entièrement rasés.
Des rues et des terrains devenus des dangers quotidiens.
Aujourd’hui, quatre Syriens sur cinq vivent dans la pauvreté.
Le conflit a détruit en quelques mois ce qui avait pris des décennies à bâtir.
C’est le développement à l’envers.
Et c’est ce que nous risquons maintenant dans tout le Moyen-Orient.
L’analyse du PNUD montre que les chocs économiques cumulés de l’escalade militaire pourraient plonger 32 millions de personnes dans le monde dans la pauvreté à cause de la hausse des prix de l’énergie, de l’insécurité alimentaire croissante et d’une croissance plus faible.
De nombreux chocs, un seul résultat :
Une vulnérabilité et une insécurité croissantes.
Mais la Syrie nous rappelle aussi autre chose.
Elle nous rappelle que la reprise est possible.
Elle est même en cours.
Au milieu des ravages, le PNUD et ses partenaires travaillent aux côtés des gouvernements et des communautés pour passer de la survie à la stabilité, puis de la stabilité à la prospérité.
Combler le fossé entre l’aide humanitaire et le développement.
Du déminage des terres agricoles et des quartiers
au rétablissement des services de base.
Aider les entreprises à rouvrir leurs portes.
Reconstituer les moyens de subsistance.
Et permettre aux gens de rentrer chez eux.
C’est ça, le développement en action.
Des co-investissements stratégiques avec nos partenaires pour un avenir commun.
Parce que le développement, ce n’est pas quelque chose d’abstrait.
Ce sont des emplois.
Ce sont des services.
C’est la sécurité.
C’est la liberté.
Et c’est grâce à cette confiance que les sociétés tiennent bon lorsque ces éléments sont réunis.
En investissant dans des services efficaces, des institutions fiables et des opportunités économiques, nous construisons des sociétés plus sûres, capables de résister aux chocs et de se relever plus rapidement.
Le développement est notre première ligne de défense contre l’instabilité, la fragilité et le conflit.
En investissant ensemble dans les fondements de la prospérité humaine.
Et il s’agit de l’un des investissements à long terme les plus intelligents que nous puissions faire.
- Un paysage de développement en pleine évolution
Vos Excellences, les besoins en matière de développement connaissent aujourd’hui une croissance exponentielle.
On n’a jamais connu autant de crises et de conflits simultanés depuis la Seconde Guerre mondiale.
Les risques liés au climat se multiplient. Les pays à faible revenu sont aujourd’hui confrontés à un nombre de catastrophes naturelles jusqu’à huit fois supérieur à celui d’il y a 30 ans.
Dans le même temps, le modèle de développement traditionnel dont nous avons hérité reposait sur des hypothèses qui ne sont plus valables :
Une croissance stable.
Une géopolitique prévisible.
Un ordre fondé sur des règles.
Des ressources publiques en expansion.
En 2025, l’Aide Publique au Développement (APD) a chuté de 23,1 %.
La plus grande baisse jamais enregistrée.
Le financement de base du PNUD a diminué de 24 % sur la même période.
Il s’agit là de changements structurels.
En même temps, un autre élément évolue : la demande.
Lorsque je m’entretiens avec les gouvernements et les partenaires au développement, le message est toujours le même.
Vous nous demandez de participer à l’élaboration conjointe de politiques plus intégrées et plus stratégiques.
En renforçant les institutions, en créant des opportunités économiques inclusives et en intégrant les femmes sur les nouveaux marchés du travail.
En travaillant ensemble pour exploiter les ressources nationales et mobiliser les capitaux privés.
En relevant des défis tels que l’utilisation responsable de l’intelligence artificielle (IA) ou en utilisant la prospective stratégique pour faciliter la planification dans un contexte de grande incertitude.
Le changement de cap en matière de développement est clair.
Du financement de projets individuels à la mise en place de systèmes entiers.
De l’aide à l’investissement catalyseur.
- Un PNUD en pleine mutation
À mesure que la nature du développement évolue, le PNUD continue de s’adapter à ces changements.
Nous sommes plus agiles.
Plus concentrés.
Et plus connectés aux réalités auxquelles les pays sont confrontés aujourd’hui.
Aujourd’hui, je souhaite expliquer comment le PNUD s’adapte.
Comment nous développons nos offres phares pour mettre en œuvre notre Plan stratégique et maximiser notre impact auprès de nos partenaires.
Comment nous cherchons à améliorer la rentabilité et le rapport qualité-prix.
Et comment nous réorganisons notre modèle de prestation.
Nous bâtissons sur des bases solides.
Le PNUD est présent dans 170 pays et territoires.
Nous avons créé des relations de confiance avec les gouvernements et les partenaires au fil des décennies.
Au cours des quatre années du dernier Plan stratégique, nous avons débloqué 19,6 milliards de dollars qui ont permis de venir en aide à 1,1 milliard de personnes rien qu’en 2025.
En 2025, un quart des ressources du PNUD ont été financées directement par les gouvernements des pays du programme que nous servons.
Dans tout ce que nous faisons, l’égalité entre les sexes est un moteur de performance.
L’égalité entre les sexes n’est pas une question secondaire. C’est grâce à elle que le développement gagne en efficacité et en durabilité.
Notre nouvelle Stratégie en matière d’égalité des sexes (2026-2029), présentée lors de cette session, explique comment nous y parvenons, grâce à notre ambition, à notre détermination et à notre étroite collaboration avec ONU Femmes et le système des Nations Unies.
Le PNUD apporte une contribution unique au système des Nations Unies pour le développement : nous assurons la coordination de trois volets de bout en bout. Politique. Programmation. Présence.
Chers membres du Conseil, vous avez vu cela en action lors de votre récente visite au Panama.
Vous avez pu constater comment le PNUD intervenait tout au long de la chaîne de valeur du développement.
Par exemple, en matière d’éducation technique et de développement des compétences. En soutenant les stratégies nationales. En mobilisant des fonds, notamment un prêt de 70 millions de dollars accordé par la Banque de développement de l’Amérique latine et des Caraïbes. En mettant en œuvre des solutions avec d’autres agences – UNOPS, UNESCO, FNUAP - sous la coordination du Coordonnateur résident.
Nous pouvons le faire grâce à la confiance que nous accorde le gouvernement. À notre présence locale de longue date. À nos partenariats variés. Et à notre financement de base.
Grâce à ces éléments, en 2025, nous avons réussi à mobiliser 10 dollars de financement non essentiel supplémentaires pour chaque dollar de financement essentiel que vous avez apporté.
Cela se traduit par des retombées encore plus importantes pour nos pays partenaires :
un million de dollars de capital catalyseur en Afghanistan - par le déblocage de 55 millions de dollars de financement pour les micro, petites et moyennes entreprises (MPME) en partenariat avec le FENU.
Vérification des indicateurs clés de performance (KPI) pour une obligation liée au développement durable d’un montant de 3,5 milliards de dollars en Thaïlande.
165 millions de dollars promis au Fonds de résilience du Pacifique.
C’est là que réside le changement : passer du financement de projets isolés à la mise en place d’une prospérité qui favorise le développement humain.
C’est la transformation ambitieuse que le PNUD est en train d’opérer pour rester pertinent à vos yeux dans un monde en pleine mutation.
- Sortir de la crise
Nulle part ce changement n’est plus urgent que dans les contextes de crise et de fragilité.
Conflit.
Crises aiguës, crises prolongées.
Contextes à haut risque et fragiles.
Pays et communautés confrontés à un réseau complexe de défis interconnectés qui compromettent la stabilité, les services et les moyens de subsistance.
C’est pourquoi le développement dans les situations de crise ne doit pas être relégué au second plan.
C’est une question de prévention.
C’est une question d’intervention.
C’est une question de stabilisation et de relèvement.
Lorsqu’une crise éclate, le PNUD est déjà sur place. Avant, pendant et après.
Les premiers intervenants s’appuient souvent sur nos infrastructures bien établies, notre présence et nos relations de confiance pour sauver des vies.
Parce que le lien entre l’aide humanitaire, le développement et la paix n’est pas une course de relais où chacun attend son tour.
Le développement ne peut pas attendre la fin de la phase d’urgence.
Lorsqu’elle est bien menée, la gestion de crise intègre le développement dès le premier jour.
À mesure que les acteurs humanitaires ou les missions de l’ONU se retirent, la responsabilité se déplace.
Vers les gouvernements, vers les équipes pays des Nations Unies – dont le PNUD constitue le pilier opérationnel et de développement – qui mènent à bien les efforts de relance, de consolidation de la paix à long terme et de renforcement de la résilience.
En aidant les gouvernements à renforcer les institutions, à rétablir les services de base, à préserver les emplois.
En aidant les communautés à retrouver des moyens de subsistance, à reconstruire des vies.
Je constate cela à chaque fois que je rends visite à nos équipes sur le terrain.
En Haïti, où rétablir la sécurité signifie également rouvrir les écoles, reconstruire les institutions et créer des emplois pour les jeunes.
À Gaza, où les programmes « cash-for-work » (argent contre travail) aident les populations, en particulier les femmes, à retrouver l’espoir d’une vie au-delà du camp de réfugiés.
En Jamaïque, où après le passage de l’ouragan Melissa, les autorités et les communautés m’ont confié que l’intérêt du PNUD ne résidait pas seulement dans le fait de les aider à se remettre sur pied, mais aussi dans celui de les aider à reconstruire des moyens de subsistance plus résilients pour l’avenir.
Et en Ukraine, où en 2025, le PNUD a contribué à rétablir ou à maintenir les services énergétiques pour 6,6 millions de personnes ; et a permis de mobiliser plus de 1,4 milliard de dollars de financements de la Banque européenne d’investissement en faveur de la relance socio-économique.
En 2025, le PNUD a débloqué $2,6 milliards dans des contextes de crise, soit plus de la moitié de son aide mondiale totale.
Nous aidons le système des Nations Unies à remplir sa mission. Le PNUD est fier d’accueillir et de financer des Bénévoles de l’ONU, qui ont permis à 17 169 volontaires d’intervenir au sein de 59 entités des Nations Unies en 2025, principalement dans des situations de crise où ils comblent les lacunes en matière de capacités, renforcent l’engagement local et facilitent la mise en œuvre d’une action humanitaire agile.
Le nouveau programme phare du PNUD s’appuie sur notre expérience de longue date pour aider les pays à ‘Sortir de la crise’.
Il renforce la valeur ajoutée unique du PNUD.
Grâce à des programmes d’action concrets et intégrés, conçus pour aider les pays et les communautés à :
Préparer et prévenir les crises grâce à l’alerte précoce, à la prévention des conflits et à des institutions résilientes.
Réagir aux crises et à s’en relever en relançant les marchés locaux, en créant des emplois et en rétablissant les services essentiels.
Opérer une transition et une transformation vers une stabilité et une prospérité à long terme, sous l’impulsion des autorités nationales et locales.
Pour sortir de la crise, il faut aussi travailler en partenariat. En mai par exemple, le Haut-Commissaire aux réfugiés et moi-même avons lancé un Cadre de collaboration PNUD-HCR qui reflète une conviction partagée : en unissant nos forces, nous pouvons faire bien plus pour les personnes déplacées de force et les apatrides, mais aussi pour les communautés qui les accueillent, que chacune de nos organisations ne pourrait le faire seule.
La redynamisation de notre action en période de crise est l’un des cinq axes prioritaires visant à accélérer la mise en œuvre de notre nouveau Plan stratégique.
Ce sont des domaines dans lesquels nous avons déjà obtenu des résultats concrets. Des domaines où nous avons quelque chose de particulier ou d’unique à offrir. Et où nous pouvons atteindre une certaine envergure.
- Des projets phares pour accélérer la mise en œuvre de notre Plan stratégique
Un Fonds pour l’Emploi et la Prospérité
Il s’agit de créer les conditions nécessaires à la création d’emplois décents et rémunérateurs.
Environ 1,2 milliard de jeunes entreront sur le marché du travail au cours de la prochaine décennie, et seulement 400 millions d’emplois seront créés.
Dans le même temps, bien qu’elles aient un emploi, 300 millions de personnes vivent toujours dans la pauvreté.
Le problème ne réside pas seulement dans le chômage.
C’est aussi le fait que les emplois ne sont pas suffisamment rémunérés, que les emplois bien rémunérés ne sont pas créés dans les régions à faibles revenus, ou encore que les compétences ne correspondent pas à la demande.
Chaque année, des centaines de milliers de jeunes arrivent sur le marché du travail.
Ils sont le plus grand atout de leurs pays. Mais trop souvent, ils ont du mal à trouver un emploi.
Bon nombre de nos pays partenaires ont besoin de suivre un chemin concret et d’évoluer vers un emploi productif. Et le PNUD les aide à se développer.
Au Kenya, par exemple, où j’ai rencontré des responsables gouvernementaux, des chefs d’entreprise et des jeunes, notre conversation a fini par revenir sur un mot : l’emploi. Notre partenariat avec la Kenya Private Sector Alliance vise à créer des perspectives d’emploi pour 150 000 jeunes. Notre pôle GreenTech de timbuktu soutient le développement d’entreprises locales spécialisées dans les technologies vertes à travers l’Afrique en mettant en place des écosystèmes évolutifs.
Nous exerçons ces activités dans le monde entier.
En Égypte, les petites et moyennes entreprises se sont développées et ont créé près de 120 000 emplois.
En Papouasie-Nouvelle-Guinée, des pôles d’innovation alimentés à l’énergie solaire ont permis à 65 000 personnes vivant dans des communautés non raccordées au réseau électrique d’acquérir des compétences numériques afin d’améliorer leur employabilité.
En Inde, l’assurance récolte paramétrique numérique couvre désormais 42 millions d’agriculteurs, réduisant ainsi la durée du processus de traitement des demandes d’indemnisation de plusieurs mois à quelques semaines.
Au Cambodge, l’investissement dans son programme de protection sociale rapporte 9 $ pour chaque dollar investi. Cela s’inscrit dans un contexte plus large.
En 2025, avec les gouvernements, nous avons aidé 572 millions de personnes à s’engager sur la voie de la prospérité dans plus de 120 pays.
Nous avons aidé à combler les lacunes en matière de protection sociale et à élargir les systèmes de soins dans 16 pays, permettant l’accès des femmes à l’emploi et à la participation politique.
Et puisque l’emploi et la sécurité des revenus permettent aux gens d’épargner ou d’emprunter, nous avons aidé 291 millions de personnes à accéder à des services financiers, dont plus de la moitié étaient des femmes.
Le Fonds pour l’Emploi et la Prospérité aidera les gouvernements à mener à bien quatre actions.
Premièrement, déterminer d’où viendront les emplois de demain. Des secteurs comme la santé, l’agriculture, le tourisme, les infrastructures et la fabrication à valeur ajoutée.
Deuxièmement, faire correspondre les compétences à la demande des employeurs. Identifier les besoins en matière de perfectionnement et de formation.
Troisièmement, s’attaquer aux goulets d’étranglement – politiques, réglementaires et institutionnels - qui bloquent l’investissement et la création d’emplois.
Enfin, mettre en place des projets sectoriels prêts à être financés, susceptibles de créer davantage d’emplois mieux rémunérés.
La Banque mondiale apporte un financement à grande échelle et une réforme des politiques macroéconomiques.
L’OIT fixe les normes.
Le FENU, qui est hébergé par le PNUD, au service du système des Nations Unies, apporte des capitaux catalyseurs qui permettent de réduire les risques liés aux investissements là où les marchés ne se mobilisent pas spontanément.
Le PNUD aide les gouvernements à traduire leurs politiques et leurs ambitions en projets structurés et viables sur le plan financier, susceptibles d’accroître les revenus et d’améliorer l’avenir.
Promesse climatique : Avancer
Lorsque le PNUD a lancé la Promesse Climatique en 2019, notre objectif était d’aider les pays à rehausser leur ambition climatique.
Nous avons réussi.
Aujourd’hui, nous sommes le plus grand acteur du système des Nations Unies en matière d’aide à la lutte contre le changement climatique et à la protection de la nature, avec un portefeuille de près de 3 milliards de dollars consacré à des initiatives d’adaptation et d’atténuation dans 140 pays.
Nous avons soutenu plus de 100 pays pour améliorer leurs CDN en 2020, et à nouveau en 2025.
Plus de 70 % des CDN soumis par les pays en développement reflètent le soutien du PNUD et de nos partenaires.
En même temps, notre Pacte pour la Nature a permis d’aligner ces efforts sur les écosystèmes et la biodiversité.
Il a fait avancer des projets dans 145 pays, grâce à 14 milliards de dollars de cofinancement.
Parce que la lutte contre le changement climatique et la protection de la nature ne sont pas des dossiers distincts.
Ce sont des plans d’action pour le développement durable intégrés aux Cadres nationaux de financement intégrés (CNFI), dont nous sommes l’un des principaux partenaires.
Ils contribuent à renforcer la résilience face aux chocs géopolitiques, à améliorer la sécurité alimentaire, à créer des emplois et à stimuler la croissance économique.
Le problème, c’est la mise en œuvre.
Les politiques sont souvent fragmentées.
Le financement est inadéquat, lent et déconnecté.
De nombreux pays ne disposent pas des moyens ni des capacités nécessaires pour transformer leurs ambitions en projets bancables et attirer des investissements à grande échelle.
C’est là que le PNUD intervient.
En 2025, nous avons contribué à mobiliser près d’un milliard de dollars de financements supplémentaires pour les plans nationaux d’adaptation et avons touché 222 millions de personnes, dont 97 millions de femmes, dans 81 pays, grâce à des initiatives d’adaptation au changement climatique.
Sous la direction du Secrétaire général, le PNUD rassemble 30 entités des Nations Unies afin d’aider au moins 100 pays à intégrer directement les priorités des CDN dans leurs plans de développement nationaux et à mettre en œuvre des solutions.
Comment ?
En mobilisant des ressources.
En collaborant avec les coordonnateurs résidents et les équipes pays des Nations Unies afin de donner la priorité aux mesures prévues dans les CDN dans le cadre des programmes de coopération des Nations Unies et des documents de programmation.
En aidant les gouvernements à intervenir en amont pour orienter les politiques ; en amont, pour relier les CDN aux cadres nationaux de financement intégrés, améliorer l’accès au financement et constituer des réserves de projets d’investissement ; et en aval, pour mettre en œuvre des solutions dans les domaines de l’énergie, de la biodiversité, des terres, de l’alimentation, de la prévention de la pollution et des pertes et dommages. Et en soutenant le Gouvernement de Turquie, en tant que Président de la COP 31, le mécanisme de mise en œuvre (BRIDGE) pour traduire les processus mondiaux en réalités nationales.
Gouvernance
En 2025, le PNUD a contribué à renforcer la gouvernance pour 452 millions de personnes dans 120 pays.
Nous aidons les institutions publiques à améliorer concrètement la vie quotidienne des citoyens : en leur permettant de bénéficier de services, d’accéder à la justice et de participer à la vie politique.
Comme les 3,3 millions de personnes, dont 51 % de femmes, qui ont obtenu une identité légale entre 2022 et 2025.
Ou encore le programme de santé d’un montant de 195 millions de dollars (2021-2025), cofinancé par le gouvernement du Turkménistan, qui a permis de garantir l’accès à plus de 120 médicaments essentiels et de moderniser 121 établissements de santé.
Et les 911,3 millions d’électeurs inscrits ont participé à 78 scrutins organisés dans 51 pays entre 2022 et 2025.
Pour le PNUD, la gouvernance n’est pas seulement un secteur. Elle est essentielle à tout ce que nous faisons. Dans presque tous les bureaux pays, la gouvernance fait partie de nos programmes nationaux. Nous sommes votre partenaire de choix.
Partout dans le monde, on constate une demande croissante en faveur d’une gouvernance plus efficace et plus inclusive, mais aussi un fossé grandissant entre les citoyens et les institutions censées être à leur service.
La gouvernance sous pression n’est pas nouvelle. Mais les sources de cette pression ont changé.
La polarisation politique s’est intensifiée.
Le crime organisé et les économies illicites ont étendu leur influence.
Les plateformes numériques et l’intelligence artificielle sont en train de transformer la sphère publique.
Nous travaillons avec vous pour relever ces défis.
Nous avons récemment lancé, avec les Présidents de l’Uruguay, de la Bolivie et de la République dominicaine, notre rapport phare Les démocraties sous pression en Amérique latine et dans les Caraïbes. Il étudie les interactions entre la démocratie, l’État et le développement humain.
Le rapport que nous avons co-rédigé l’an dernier avec le Gouvernement gambien, intitulé « L’avenir de la gouvernance au Sahel », met l’accent sur la (re)construction de la cohésion sociale et de la confiance du public. Des éléments essentiels pour l’avenir de la région.
Le développement consiste à améliorer la vie quotidienne des gens. La gouvernance en est un élément essentiel.
J’ai pu le constater en Thaïlande, où j’ai eu l’honneur de remettre le « Gender Seal Gold » au Maire de Bangkok. Reconnaître les progrès accomplis pour rendre les villes plus sûres pour les femmes et renforcer la sécurité humaine.
Ou notre collaboration avec le Service statistique au Ghana : en donnant aux citoyens les moyens d’évaluer leur satisfaction à l’égard des soins de santé, de l’éducation et des services gouvernementaux qu’ils utilisent chaque jour.
Nous soutenons plus de 130 pays dans leurs efforts de numérisation, et plus de 30 dans le cadre de l’utilisation responsable de l’IA. Car la technologie est un catalyseur : elle favorise une gouvernance plus inclusive et des services publics de qualité.
En Moldavie, nous avons contribué à la mise en place d’un mécanisme de compensation numérique qui a permis de protéger plus de 60 % des ménages contre la fluctuation des prix de l’énergie.
Au Bangladesh, nous avons contribué à la création de plus de 6 000 centres numériques et à la numérisation de plus de 500 services publics, améliorant ainsi l’accès à ces services pour 50 millions de personnes.
Au Malawi, un système d’identité juridique numérique couvre désormais 98 % de la population, lui permettant ainsi d’accéder à l’économie numérique.
Enfin, une gouvernance efficace est une condition préalable à l’investissement en toute confiance du secteur privé.
En 2025, le PNUD a aidé plus de 5 000 acteurs du secteur privé à mettre en œuvre des procédures de diligence raisonnable en matière de droits de l’homme et d’environnement, contribuant ainsi à réduire les risques liés aux investissements et à renforcer les pratiques commerciales responsables.
La gouvernance est le système d’exploitation qui sous-tend le développement dans tous les domaines.
Elle élargit l’éventail des choix et des possibilités.
En fin de compte, elle détermine si le développement est pérennisé ou compromis.
Cela m’amène à un autre volet phare du plan stratégique.
Accélérateur d’investissement
Le déficit d’investissement annuel nécessaire pour atteindre les ODD s’élève à quelque 4 000 milliards de dollars.
Mais ce n’est pas le manque de capitaux qui freine les investissements. Le véritable obstacle réside dans la difficulté à mettre en adéquation les capitaux et les opportunités. Il s’agit plutôt de l’incertitude politique et réglementaire, de la perception d’un risque élevé et d’un nombre limité de projets bancables.
Ces obstacles ne disparaîtront pas d’eux-mêmes. Mais ils peuvent être surmontés. Grâce à des choix politiques délibérés, à des partenariats stratégiques et à une collaboration public-privé renforcée.
C’est la raison d’être du nouvel Accélérateur d’Investissement du PNUD.
Il s’associe aux pouvoirs publics, aux institutions de financement du développement et aux investisseurs privés afin de traduire les priorités nationales en matière de développement en projets susceptibles d’être financés.
Comment ?
En amont : en abordant les lacunes politiques et les faiblesses réglementaires pour renforcer l’environnement d’investissement. Au niveau intermédiaire : en constituant un portefeuille d’opportunités prêtes à être financées.
Et en aval : en apportant une assistance technique pour mener à bien les transactions.
Pour les investisseurs nationaux, régionaux et internationaux, l’Accélérateur d’Investissement offre un point d’entrée structuré.
En créant des opportunités bancables qui contribuent aux objectifs de développement.
En s’associant à l’initiative « Global Gateway » de l’UE, à la stratégie « Trade over Aid » et via des investissements Sud-Sud. En contribuant à ce que ces initiatives se traduisent par des avancées concrètes en matière de développement.
À l’instar du soutien apporté par le PNUD, par l’intermédiaire de l’initiative « Global Gateway » de l’UE en 2025, à la Banque de développement de l’Équateur (BanEcuador) afin de créer les conditions propices à l’émission d’obligations vertes et d’accélérer la transition énergétique en milieu rural.
Ou encore de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA), un marché de 3 000 milliards de dollars en pleine émergence. Le PNUD collabore déjà avec ses partenaires pour mettre en place des infrastructures de paiement numérique, des systèmes de facilitation des échanges commerciaux et des filières d’investissement. Pour aider à traduire le potentiel énorme de la ZLECA en réalité.
L’Accélérateur d’Investissement commence par le climat et la mise en œuvre des CDN.
Au fil du temps, nous étendrons nos activités à d’autres segments de marché en fonction de la demande.
Les secteurs de l’énergie, de la biodiversité, du numérique, de l’emploi et du social.
Nous en voyons déjà les premiers résultats.
En Mauritanie, les actions menées par le PNUD dans le domaine de la réglementation énergétique et des mini-réseaux pilotes ont permis de mobiliser 70 millions de dollars de financements auprès des IFI.
En Équateur, notre soutien a permis de lancer un café certifié « sans déforestation » (qui génère aujourd’hui 1 000 emplois et s’étend à de nouveaux marchés).
En Tunisie, notre action politique en amont a permis la mise en place d’un tarif national pour le biogaz et la création d’une nouvelle usine de valorisation énergétique des déchets.
Grâce à la PISTA, notre Plateforme d’appui aux investissements et d’assistance technique, 2,5 millions de dollars ont déjà permis de soutenir des projets liés au climat dans 16 pays africains. Six de ces premières initiatives devraient permettre de mobiliser plus de 400 millions de dollars d’investissements.
Nous collaborons avec le FENU, l’une des deux seules agences des Nations Unies à avoir accès au guichet de financement des opérations de financement mixte de l’UE, 150 millions d’euros de garanties dans un premier temps, à commencer par un Mécanisme de garantie pour les villes durables en Afrique et en Asie.
La réduction des risques liés aux politiques, sous l’égide du PNUD, associée à la réduction des risques financiers en phase de démarrage assurée par le FENU : une combinaison efficace pour débloquer de nouveaux investissements.
- Réformes internes
C’est au sein même du PNUD que commence l’adaptation à un monde en pleine mutation et la mise en œuvre de ces projets phares ambitieux.
L’année dernière, alors que les perspectives de financement se resserraient, nous avons agi rapidement. Et nous continuons à nous adapter.
Nous avons mis en place des contrôles des dépenses afin de gérer les risques financiers immédiats, tout en préservant l’intégrité de nos systèmes de contrôle et de responsabilité. Il en a résulté un budget institutionnel pour 2025 parfaitement équilibré.
Nous avons continué à améliorer notre efficacité, ce qui devrait se traduire par des économies estimées à 28,9 millions de dollars en 2025, soit une hausse de 55 % par rapport à 2024.
Nous avons lancé un processus continu d’optimisation des effectifs afin d’accompagner la transition du PNUD vers une organisation plus agile, plus horizontale et mieux alignée sur les fonctions.
Nous avons commencé à relocaliser environ 400 postes à Bonn et à Madrid, avec une économie moyenne de 17 à 20 % par poste.
Grâce à notre transformation numérique en cours, nous travaillons plus rapidement, plus efficacement et au plus près proches des personnes et des pays que nous servons. Plus de 18 000 collègues utilisent désormais quotidiennement des outils d’IA afin de renforcer l’impact de leurs actions en faveur du développement.
En 2025, nous avons reçu notre 19ème avis d’audit propre consécutif du Comité des commissaires aux comptes de l’ONU.
Nous avons été classés deuxième organisation des Nations Unies la plus transparente selon l’Indice de transparence de l’aide.
Nous avons par ailleurs continué à respecter à 100 % les obligations en matière de déclaration financière.
Dans tout cela, nos principes sont simples :
La maîtrise des coûts doit aller de pair avec la préservation des capacités de livraison.
En préservant nos forces fondamentales, notre présence, notre personnel.
En investissant de manière stratégique dans les capacités dont les pays ont besoin.
Conformément à l’initiative ONU 80, il s’agit de gagner en agilité et en réactivité.
Et de veiller à ce que chaque dollar investi ait un impact maximal sur le terrain.
Je suis fier d’annoncer que, pour l’année 2025, 91 cents de chaque dollar alloué aux programmes ont été directement consacrés à la programmation.
Vos Excellences, nous vivons une période marquée par de profonds changements et une grande incertitude.
Le PNUD exige beaucoup de son personnel. Nous tenons à remercier l’ensemble de nos collaborateurs pour leur engagement et leur dévouement sans faille envers les personnes que nous aidons. Surtout en ces temps incertains.
Nous continuerons à investir dans notre personnel grâce à notre stratégie « People for 2030 », qui nous permet de vous offrir un service de meilleure qualité.
Mesdames et Messieurs les membres du conseil d’administration,
Tous les éléments dont j’ai parlé aujourd’hui, tous les résultats que nous avons obtenus et que nous prévoyons d’atteindre, tous les investissements dont nous avons besoin pour que le PNUD continue de répondre à vos besoins, tout cela dépend de notre financement de base.
Un financement de base qui nous permet de faire face aux crises et de venir en aide à ceux qui en ont le plus besoin.
Aux États membres qui continuent de défendre le financement de base : merci.
Vous ne vous contentez pas d’apporter un soutien financier.
Vous soutenez notre capacité de programmation de bout en bout et nous donnez les moyens de jouer notre rôle de pilier du système des Nations Unies.
- Intégrateur et colonne vertébrale opérationnelle du système des Nations Unies
Le développement ne se réalise pas seul.
Le développement mobilise les pouvoirs publics et la société civile, les organisations nationales et locales, ainsi que les acteurs publics et privés : un large éventail de compétences et de ressources.
Notre mission, c’est justement de les mettre en relation.
En tant que plateforme de soutien au système des Nations Unies pour le développement et en tant qu’organisme chargé de la coordination au sein des Nations Unies, mandaté par l’Assemblée générale en vertu de la résolution 72/279, le PNUD est au service de ce système.
Nous contribuons à coordonner les efforts. Pour optimiser l’impact collectif du système. Tous nos documents relatifs aux programmes nationaux sont alignés sur les cadres de coopération pour le développement durable des Nations Unies et s’en inspirent, comme l’ont confirmé les coordonnateurs résidents.
Les cadres nationaux de financement intégrés, les évaluations d’impact socio-économique, notre approche par portefeuille mise en œuvre dans plus de 100 pays et l’initiative « SDG Push » nous permettent de jouer notre rôle de catalyseur.
À titre d’exemple actuel, nous mettons en œuvre une cinquantaine de plans d’intervention socio-économiques dans les pays les plus touchés par la crise au Moyen-Orient, notamment en Afrique, en Asie-Pacifique et dans les petits États insulaires en développement. Ces plans fourniront aux gouvernements, aux équipes pays des Nations Unies et aux partenaires des données détaillées sur l’exposition aux risques ainsi qu’une liste d’options d’intervention, notamment dans les domaines de l’emploi, du climat, de la gouvernance et de l’investissement.
Nous accueillons le Bureau des Nations Unies pour la coopération Sud-Sud (ONUSSC). Grâce à sa stratégie à l’échelle du système, l’ONUSSC a partagé plus de 1 000 solutions de développement issues des pays du Sud. Il gère par ailleurs quatre fonds fiduciaires spécifiques afin de traduire cette coopération en résultats concrets en matière de développement sur le terrain.
Et, malgré des contraintes financières et une baisse significative des financements de base, notre contribution au système des coordonnateurs résidents est passée de 17,3 millions de dollars en 2024 à 22,2 millions de dollars en 2025.
Il s’agit là d’investissements importants pour la cohérence du système.
Mais nous sommes aussi la colonne vertébrale opérationnelle du système. De nombreuses organisations des Nations Unies dépendent du PNUD chaque jour pour faire fonctionner leurs activités.
Notre centre de services partagés dessert plus de 70 entités des Nations Unies à travers le monde. En 2025, il a notamment permis de gérer 2,3 milliards de dollars de masse salariale pour 50 000 employés au sein du PNUD et de 62 entités des Nations Unies.
Au niveau national, nous gérons 136 locaux communs et fournissons des services communs à 46 entités des Nations Unies réparties dans 116 équipes de pays des Nations Unies. En permettant de réaliser des économies d’échelle pour l’ensemble du système.
Nous sommes de fervents partisans du financement commun, atteignant l’objectif de 15 % fixé par le Pacte de financement pour les programmes conjoints et restant, en 2025, l’une des principales organisations des Nations Unies participant à ces fonds communs.
Le Bureau du Fonds d’affectation spéciale multipartite, hébergé par le PNUD, a débloqué 1 milliard de dollars de fonds communs en 2025, impliquant 40 entités des Nations Unies, dans plus de 100 pays.
Voilà à quoi ressemble notre engagement en faveur de l’action collective.
Voici comment nous continuons à mettre en œuvre la réforme du système de développement des Nations Unies de 2018.
Et comment nous contribuons activement à l’initiative ONU 80 du Secrétaire général, en aidant à faire passer des projets tels que « L’expertise à la demande » et la « Feuille de route pour des services unifiés » du stade de l’ambition à celui de l’action.
Conclusion
Vos Excellences,
Monsieur le Président,
Chers membres du Conseil,
Le développement est indissociable de la sécurité, de la stabilité, de la croissance économique, de la cohésion sociale et de la confiance.
Le PNUD joue un rôle unique dans la création de connexions et de partenariats à travers lesquels le développement prospère.
Ma demande au Conseil aujourd’hui est la suivante :
Envisagez le développement sous un autre angle. Considérez cela comme un élément essentiel de chaque discussion à laquelle vous participez, de chaque décision que vous prenez.
Le développement va bien au-delà du PNUD et des agences dites « d’aide au développement ». C’est une dimension qui touche tous les aspects du travail de l’ONU. De chaque forum multilatéral où vous représentez vos gouvernements.
Le PNUD a une voie claire à suivre. Mais nous ne pouvons le faire seuls.
Nous avons besoin de vous pour aller de l’avant.
Nous avons besoin de votre partenariat et de votre soutien pour faire avancer le développement.
Merci.