Deuxième session ordinaire du Conseil d’administration du PNUD – août 2025

Déclaration de l'Administrateur par intérim et Administrateur adjoint

25 août 2025
A diverse group of people at a conference, with a speaker addressing an audience.

Seul le prononcé fait foi.

Monsieur le Président, membres du Conseil d'administration, chers collègues, Mesdames et Messieurs, j'ai l'honneur de vous accueillir à la deuxième session ordinaire de 2025 du Conseil d'administration du PNUD, du FNUAP et de l'UNOPS.

Je vous remercie tous pour votre soutien indéfectible et tiens à exprimer ma gratitude au Secrétaire général et à la Secrétaire générale adjointe/Présidente du Groupe des Nations Unies pour le développement durable de m'avoir confié la responsabilité d'Administrateur par intérim du PNUD. Je suis aujourd'hui accompagné de notre haute direction, une équipe soudée et performante. Je tiens également à saluer le dévouement et le travail acharné du personnel du PNUD en poste dans le monde entier, dont beaucoup travaillent dans des contextes de plus en plus difficiles et de crise. J’accueille avec gratitude l'occasion qui m'est donnée de m'adresser au Conseil d'administration, après avoir travaillé plus de 30 ans au PNUD, notamment en tant que Coordonnateur résident des Nations Unies et Représentant résident du PNUD.

Nous sommes réunis à un moment de profondes perturbations et transformations. Le ralentissement de la croissance mondiale, l'escalade des conflits, le creusement des inégalités et la polarisation croissante, conjugués aux progrès rapides de l'intelligence artificielle (IA) et aux conséquences incessantes du changement climatique, nous obligent à repenser le développement et la coopération internationale. Les moyens qui ont autrefois permis de créer des emplois et de sortir des millions de personnes de la pauvreté sont désormais bloqués par une « triple compression », comme le décrit le dernier Rapport sur le développement humain du PNUD : resserrement des financements, réduction des opportunités dans le secteur manufacturier et intensification des tensions commerciales qui freinent les exportations. Ces enjeux ne connaissent pas de frontières ; toutes les nations sont exposées.

Les pays en développement sont les plus exposés. Le déficit de financement annuel des Objectifs de développement durable (ODD) dans ces pays a atteint 4 000 milliards de dollars. De fortes réductions de l’aide publique au développement (APD) devraient entraîner une baisse de l’aide de 9 à 17 % en 2025, portant l’APD nette à se situer entre 186 et 170 milliards de dollars, pénalisant de manière disproportionnée les pays les plus pauvres et limitant notre capacité collective à relever les défis mondiaux. Les discordances entre les plans nationaux de développement, un financement adéquat et abordable, et des systèmes de gouvernance efficaces, responsables et inclusifs contribuent à entraver encore davantage les efforts visant à atteindre le développement durable.

Résultat : seulement 35 % des cibles des ODD sont sur la bonne voie ou progressent modérément, tandis que les progrès durement acquis en matière de développement sont menacés. Ce manque flagrant de progrès est reflété par l’Indice de développement humain (IDH) mondial. Au cours des 50 dernières années, les politiques de développement ont contribué à allonger l’espérance de vie, à développer l’éducation, à augmenter les revenus et à réduire les inégalités entre les sexes. Les progrès ont été inégaux, mais, en moyenne, le monde n'a jamais été aussi sain, instruit et prospère qu'aujourd'hui. Cependant, le ralentissement alarmant de la croissance de l'IDH pose aujourd'hui la question suivante : le développement humain a-t-il atteint un point de basculement ? Et si oui, comment devons-nous y répondre ?

Excellences, les faits sont clairs : les problèmes mondiaux les plus graves doivent conduire à une action multilatérale déterminée, visionnaire et bien financée. Par exemple, le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme prouve qu’en nous unissant pour une cause commune, nous pouvons réaliser l’impossible. Depuis 2002, le partenariat du Fonds mondial a mobilisé plus de 60 milliards de dollars et sauvé 65 millions de vies. Le PNUD participe à cet effort et, en tant que partenaire du Fonds mondial, a soutenu 51 pays depuis 2003. De nombreux autres exemples démontrent que le multilatéralisme, lorsqu’il est renforcé et financé par un sens partagé des responsabilités et de la solidarité, a un impact considérable.

Aujourd’hui, les fondements du multilatéralisme, de la solidarité et du développement durable sont mis à l’épreuve comme jamais auparavant. Pourtant, c’est précisément dans ces moments d’incertitude et de complexité que le PNUD, en tant que plateforme multilatérale de coopération pour le développement et pilier du système des Nations Unies pour le développement (SNU), est le plus nécessaire. Lorsque le monde semble fragmenté, nous offrons aux pays un espace de solidarité. Lorsque les obstacles semblent insurmontables, nous sommes le fondement sur lequel l'action collective pour les biens publics mondiaux prend forme. Lorsque le progrès semble hors de portée, nous restons un point d'ancrage, aidant les pays à progresser vers un avenir meilleur. Nous ne reculons pas devant les turbulences ; nous reconnaissons qu'elles sont le moment où notre engagement commun envers le Programme 2030 doit avoir le plus d'importance.

Cette session du Conseil d'administration est importante pour nous tous. Elle conclut le chemin que nous avons entrepris ensemble il y a un an sous la direction de notre ancien Administrateur, Achim Steiner, et avec vos conseils pour élaborer le Plan stratégique 2026-2029 du PNUD. Aujourd'hui, nous vous demandons, membres de notre Conseil d'administration, d'approuver ce Plan. 

Le nouveau Plan stratégique du PNUD définit la vision et l'orientation de notre action à ce tournant crucial. Il explique comment le PNUD renforcera son partenariat avec vous pour créer des approches où chacun puisse s'épanouir dans un monde plus juste et plus durable. C'est la promesse d'un avenir où le développement humain et la durabilité planétaire se renforcent mutuellement, où la prospérité n’est pas assurée au détriment de la nature et où le progrès est accessible à tous, partout. Plus qu'une aspiration, c'est une possibilité. Grâce à une action collective audacieuse et à un soutien adéquat, nous pouvons y parvenir ensemble.

Excellences, abordons maintenant trois points principaux.

I. LE PASSÉ – Six décennies de confiance, de partenariat et de résultats au PNUD

Cette année marque le 80e anniversaire de la signature de la Charte des Nations Unies et de la fondation de l'Organisation. La création du système des Nations Unies, avec ses trois piliers que sont la paix et la sécurité, les droits de l'homme et le développement, demeure l'une des réalisations les plus importantes au monde.

Quatre-vingts ans plus tard, « le système a besoin d'une mise à jour » pour refléter les réalités actuelles, comme l'a déclaré le Secrétaire général. Le PNUD est pleinement engagé à soutenir l'Initiative ONU80 du Secrétaire général et les États membres afin de moderniser et d'améliorer l'efficacité des Nations Unies.

Le PNUD célèbre son 60e anniversaire. L'organisation est née en 1965 de la fusion du Programme élargi d'assistance technique des Nations Unies et du Fonds spécial des Nations Unies. Son mandat : aider les pays à éliminer la pauvreté et à parvenir à un développement durable par la création d'emplois, la protection de l'environnement et la promotion de la femme, conditions essentielles à la paix. L'impact sur le développement, l'intégration, l'efficacité et la responsabilité sont des principes fondamentaux qui définissent notre organisation depuis sa création.

Nous avons passé six décennies à travailler étroitement avec les gouvernements nationaux des pays bénéficiaires de nos programmes et tous les partenaires de développement, en particulier les donateurs traditionnels qui ont apporté d'importantes ressources financières. Grâce à cette solidarité, le PNUD a amélioré la vie de millions de personnes à travers le monde. Vous trouverez sur votre bureau une chronologie des 60 ans du PNUD, retraçant six décennies de partenariat et de solutions innovantes. En voici quelques exemples : 

  • Années 1960 : Le PNUD a aidé Singapour à élaborer un « Projet de programme d’industrialisation ». Ce programme a transformé Singapour, autrefois une économie à faible revenu et à forte intensité de main-d’œuvre, avec un PIB par habitant de 428 dollars en 1960, en l’une des nations les plus riches du monde, avec un PIB par habitant de plus de 92 000 dollars aujourd’hui.
  • Années 1970 : Le PNUD a soutenu la certification des autorités aéronautiques de Bandeirante au Brésil, contribuant ainsi, pendant 20 ans, à l’internationalisation de l’un des plus grands exportateurs et employeurs du pays. En Roumanie, le PNUD a fourni un appui technique consultatif pour son premier réseau de métro. La ligne M1 d’origine est toujours en service aujourd’hui. En Afrique, le PNUD a soutenu la Commission africaine de l’aviation civile et l’Organisation de l’aviation civile internationale pour la création des premiers établissements de formation à l’aviation civile aux niveaux national et multinational.
  • Années 1980 : Le PNUD et le gouvernement égyptien ont créé le Fonds social pour le développement afin de réduire la pauvreté en soutenant des projets de développement à petite échelle. Le Fonds a contribué à la création de plus de deux millions d'emplois, à l'amélioration des conditions de vie de plus de 10 millions de personnes, à l'apport d'un soutien financier à 200 000 microentreprises et à la formation de plus de 500 000 Égyptiens.
  • Années 1990 : Avec le soutien du PNUD et du Fonds pour l'environnement mondial, près de 3 milliards de dollars d'investissements provenant des gouvernements nationaux, de la Banque mondiale et d'autres partenaires publics et privés ont été mobilisés dans tout le bassin Danube-mer Noire afin de réduire la pollution par les nutriments d'origine humaine. Cet effort conjoint de 17 pays a permis d'éliminer l'immense zone morte de la mer Noire, revitalisant ainsi son écosystème, le tourisme et la pêche.
  • Années 2000 : Après le tsunami de 2004 dans l’océan Indien, le PNUD a soutenu la réponse de l’Indonésie en reconstruisant plus de 3 500 maisons, 500 kilomètres de routes et des infrastructures publiques essentielles à Aceh. Fondés sur la résilience communautaire et des approches tenant compte des conflits, ces efforts ont renforcé le relèvement à long terme.
  • Années 2010 : Conscient que les gouvernements des pays en développement sont souvent sous-représentés dans les négociations sur les contrats miniers, le programme régional du PNUD en Afrique subsaharienne a aidé le Libéria, la Sierra Leone et la Tanzanie à renforcer leurs positions de négociation et à œuvrer pour un partage plus équitable des revenus de leurs secteurs extractifs.
  • Années 2020 : Lorsque la pandémie de COVID-19 a fait des millions de victimes et paralysé le monde, le PNUD, en tant que responsable technique de la réponse socio-économique des Nations Unies, a aidé les pays à préparer 128 évaluations rapides de l’impact socio-économique et plus de 100 plans d’intervention qui ont contribué à orienter les efforts de relèvement, et a aidé 82 pays à améliorer leurs infrastructures publiques numériques.  

Nos résultats reposent sur un engagement profond en faveur d'une organisation apprenante, préparée et évolutive pour relever les défis et saisir les opportunités qui se présenteront à l'avenir.

Ceci m'amène à mon deuxième point : comment le PNUD évolue-t-il et répond-il au contexte actuel et en rapide mutation du développement ?

II. LE PRÉSENT – Les capacités du PNUD, au service des États membres et du système des Nations Unies

Aujourd'hui, nous sommes confrontés à des enjeux très différents et plus complexes. Grâce au soutien des États membres, et notamment aux ressources de base essentielles que vous avez fournies, le PNUD a investi dans ses capacités et dans celles des pays pour s'adapter à l'évolution des difficultés du développement.

L'année dernière, nous avons délibérément entrepris une analyse du modèle économique (BMR) de l'organisation, qui a permis au PNUD de mieux comprendre comment améliorer ses aptitudes à créer, financer et offrir une meilleure valeur ajoutée aux pays et aux populations que nous servons. La mise en œuvre de mesures concrètes pour donner suite à cette analyse est en cours, et nous sommes impatients de partager nos progrès avec les États membres lors d'une réunion d'information prévue début septembre.

Le PNUD a investi dans des capacités clés au service des États membres et du système des Nations Unies :

  • Notre présence universelle et réactive. La demande de soutien du PNUD a étendu notre présence à 170 pays et territoires. Plus qu'un simple chiffre, cela témoigne de partenariats de longue date et d'une compréhension approfondie des contextes et des opportunités locaux. Cela permet au PNUD de réagir rapidement et d'avoir un impact là où cela compte le plus : au niveau national. Nos capacités régionales et notre présence, à travers les plateformes du PNUD à Addis-Abeba, Amman, Bangkok, Istanbul et Panama, ainsi que dans d'autres installations sous-régionales, permettent un soutien rentable, efficace et rapide à nos bureaux de pays. La valeur de notre présence universelle a également été reconnue par le Comité des commissaires aux comptes des Nations Unies (UNBOA) comme un « atout majeur » pour le système.
  • Relations de confiance avec les gouvernements et les partenaires. La confiance est le fondement de la coopération au développement. Selon 11 000 professionnels interrogés dans 148 pays, neuf spécialistes du développement sur dix occupant des postes de direction considèrent le PNUD comme un partenaire de développement précieux. La confiance entre le PNUD et les pays en développement est ancrée dans notre engagement à écouter, à nous adapter et à accompagner les pays dans leur parcours de développement. Les gouvernements continuent de solliciter le soutien du PNUD sur certaines de leurs questions les plus sensibles, de la planification nationale à l'État de droit. En 2024, les pays en développement ont investi 1,2 milliard de dollars dans les programmes du PNUD sur leur territoire, preuve que le PNUD est perçu comme un partenaire de valeur. Nous continuons de renforcer la confiance avec les donateurs traditionnels grâce à des dialogues stratégiques, un engagement régulier et la démonstration de résultats. Plus de 90 % des donateurs interrogés dans le cadre d'un réseau d'évaluation des performances des organisations multilatérales en 2020 ont convenu que les programmes du PNUD répondent aux besoins des bénéficiaires, notamment des plus vulnérables. Cette confiance signifie que, malgré les pressions nationales qui ont conduit à des réductions des contributions, les donateurs traditionnels déploient des efforts considérables pour continuer à financer le travail du PNUD.
  • Nos capacités de conseil, d'assistance technique et de mise en œuvre en matière de politiques mondiales et locales. Le PNUD collabore avec les gouvernements pour co-créer des solutions politiques intégrées et personnalisées qui s'attaquent aux problèmes systémiques. Notre réseau mondial de politiques est composé d'experts au siège, dans les pôles régionaux et les bureaux de pays, ainsi que dans les centres de politiques mondiales d'Istanbul, d'Oslo, de Séoul et de Singapour, dans un bureau à Rome pour l'action climatique et la transition énergétique, et dans un service au Qatar pour renforcer la coopération programmatique. Bien que limitée par rapport à la demande, notre expertise technique dans divers domaines du développement offre aux pays des capacités de mise en œuvre de politiques et de programmes, notamment en matière d'analyse, d'engagement des parties prenantes et de mobilisation des ressources, qui permettent au PNUD de traduire les conseils en actions concrètes.
  • Des capacités opérationnelles permettant d'obtenir des résultats efficaces, responsables et transparents. Le PNUD dispose d'un système de responsabilisation robuste, de politiques et de procédures complètes, ainsi que d'outils avancés de gestion des risques pour produire un impact efficace, responsable et transparent :
  • 19 ans d'audits sans réserve de l'UNBOA couvrant en moyenne plus de 5 milliards de dollars de dépenses annuelles dans 130 monnaies.
  • 91 cents de chaque dollar sont consacrés aux programmes et services (contre 89 cents en 2018), ce qui témoigne de nos efforts constants pour réduire les coûts.
  • Le PNUD adhère aux normes mondiales de données ouvertes via son portail de transparence open.undp.org et a conservé sa première place dans l'Indice de transparence de l'aide en 2024.
  • Selon l'évaluation à l'échelle du système des Nations Unies 2.0, le PNUD est un leader reconnu dans les domaines du numérique, des données, de la prospective, de l'innovation et des sciences du comportement.
  • Nos bureaux indépendants d'audit et d'enquête, d'évaluation et d'éthique, ainsi que l'UNBOA, garantissent à nos partenaires que le PNUD met en œuvre ses projets et dépense ses fonds dans le strict respect de ses règles et réglementations.
  • Nous utilisons les données pour aider les responsables des bureaux de pays à prendre des mesures proactives afin d'améliorer et de maintenir des performances élevées à long terme. Par exemple, en combinant les résultats des enquêtes auprès du personnel avec l'exécution des programmes, nous pouvons identifier efficacement les bureaux les plus performants, dont le moral est élevé, ou ceux dont le personnel risque un épuisement professionnel.
  • Une culture organisationnelle dynamique. Le PNUD continue de renforcer sa culture organisationnelle pour atteindre ses objectifs. Les conclusions de notre dernière évaluation culturelle montrent que le PNUD a renforcé ses six « marqueurs culturels » : l’orientation vers un impact responsable, la flexibilité, la collaboration, l’innovation et l’apprentissage, l’entrepreneuriat et la haute performance durable. Nous formons des équipes hautement performantes, ancrées dans l’engagement partagé, la mobilisation des employés, l’inclusion, le bien-être et la tolérance zéro envers toute forme de harcèlement ou d’abus.
  • Un rôle unique d'intégrateur. La résolution 72/279 de l'Assemblée générale a souligné le rôle du PNUD « en tant que plateforme d'appui du système des Nations Unies pour le développement, assurant une fonction d'intégrateur aux pays dans leurs efforts pour mettre en œuvre le Programme 2030 ». Ainsi, le PNUD exerce sa fonction d'intégrateur en aidant les pays en développement à formuler, financer et mettre en œuvre des approches intégrées pour le développement durable. Pour certains aspects de sa fonction d'intégrateur, le PNUD a obtenu de bons résultats ; dans d'autres, nous pouvons faire mieux. Permettez-moi de partager quelques exemples de nos réussites avant de souligner les axes d'amélioration.
  • Des approches et des outils innovants à l'appui du changement systémique, à la disposition du Système des Nations Unies pour le développement : les enjeux du développement sont interconnectés et les solutions nécessitent une collaboration intersectorielle. Le PNUD a mis au point une « approche système et portefeuille » pour renforcer sa capacité d'intégrateur du développement. Au PNUD, un portefeuille est un ensemble dynamique d'interventions interconnectées, conçues et gérées de manière stratégique pour générer un apport continu de nouvelles options face à des enjeux complexes. Nos approches, désormais présentes dans plus de 100 pays et villes et accessibles au Système des Nations Unies pour le développement (UNDS), s'appuient sur la dynamique de nos laboratoires d'accélération pour trouver des solutions créatives. Pour plus d'informations, veuillez consulter sur votre bureau notre nouveau rapport « Modernisation des portefeuilles de développement ».
  • SDG Push : Il s'agit d'une initiative collaborative mondiale qui coopère avec les gouvernements, l'ONU et des partenaires locaux pour accélérer les progrès nationaux en vue des ODD en exploitant les données et les outils politiques. Intégrée aux cadres d'orientation des Nations Unies et alimentée par une série d'outils d'accélération des ODD, SDG Push a permis une collaboration avec 100 pays afin d'identifier les accélérateurs des ODD en amont du Sommet des ODD de 2023.
  • Initiative « Climate Promise 2025 » : À la demande du Secrétaire général et sous la direction des coordonnateurs résidents (CR), l’initiative « Climate Promise » du PNUD rassemble 30 organisations des Nations Unies et équipes pays dans 115 pays pour aider conjointement les gouvernements à renforcer et à mettre en œuvre leurs contributions déterminées au niveau national (CDN), conformément à l’Accord de Paris et aux ODD. L’initiative « Climate Promise » met l’accent sur le potentiel d’investissement des CDN. De plus, l’objectif de 1,5 °C étant impossible sans la nature, le PNUD aide également les pays à aligner leurs plans climat et biodiversité sur les conventions mondiales.
  • Finance durable : Entre 2022 et 2024, chaque dollar investi au PNUD a catalysé 60 dollars d’investissements publics et privés, mobilisant plus de 870 milliards de dollars pour les ODD grâce à des partenariats stratégiques avec les gouvernements, les institutions financières internationales (IFI), le secteur privé et les organisations des Nations Unies. Notamment, les cadres de financement nationaux intégrés de 86 pays renforcent la planification financière et mobilisent des capitaux grâce à des stratégies de financement durable qui prennent en compte les questions de genre, de climat et de crise. Afin d'aider les pays à traduire les ambitions de financement de la 4e Conférence internationale sur le financement du développement en résultats tangibles, le PNUD et le Fonds d'équipement des Nations Unies (FENU), hébergé par le PNUD, ont formé une alliance. Le PNUD contribue à structurer des environnements politiques favorables, tandis que le FENU opérationnalise les cadres par des interventions financières concrètes et évolutives.
  • Offre de crise : Conformément au programme de prévention du Secrétaire général, l'Offre de crise du PNUD aide les pays à concrétiser le lien entre l'humanitaire, le développement et la paix par le biais de programmes de prévention, de stabilisation, de relèvement rapide et de consolidation de la paix qui réduisent la dépendance à long terme à l'aide humanitaire. Notre Offre de crise permet au PNUD de rester présent et d'agir dans des contextes complexes, en favorisant l'appropriation par les pays et les communautés, et en facilitant un retour rapide à un développement local qui stimule les moyens de subsistance et les marchés, même en période de conflit.
  • L'épine dorsale opérationnelle du système des Nations Unies : Le réseau mondial du PNUD est un atout pour les Nations Unies. Conformément à la résolution 72/279 de l'Assemblée générale, le PNUD fournit des services à plus de 70 entités des Nations Unies, de la paie aux achats, en passant par les ressources humaines (RH), l'administration, les finances et la trésorerie, jusqu'aux solutions d'infrastructure numérique de pointe. Depuis 2003, le Centre mondial de services partagés du PNUD a fourni des services en quatre langues à plus de 50 000 membres du personnel des Nations Unies. Notre plateforme de ressources d'entreprise, Quantum, dessert désormais 10 organisations des Nations Unies en sept langues, créant ainsi une interopérabilité et des gains d'efficacité sans précédent. Nous gérons également 136 locaux communs des Nations Unies qui fournissent des services partagés au niveau national. Nous nous réjouissons de pouvoir collaborer avec des organisations des Nations Unies qui présentent des avantages comparatifs uniques pour tirer parti des complémentarités et accroître l'efficacité.

En outre, le PNUD héberge et propose une gamme de services administratifs, financiers, RH, technologiques, juridiques, de sécurité, d'audit et d'investigation aux entités des Nations Unies qui œuvrent pour l'ensemble du système :

  • Le FENU met son mandat unique en matière de capital au service des Nations Unies pour débloquer des financements, en particulier dans les pays les moins avancés (PMA). Entre 2022 et 2024, le FENU a mobilisé environ 780 millions de dollars.
  • Les Volontaires des Nations Unies (VNU) ont permis à plus de 14 000 volontaires de contribuer aux mandats de 59 entités des Nations Unies dans 169 pays rien qu'en 2024.
  • Le Bureau des Nations Unies pour la coopération Sud-Sud (UNOSSC) a renforcé les cadres politiques de l'engagement des Nations Unies dans la coopération Sud-Sud et triangulaire, sous la direction du Comité de haut niveau pour la coopération Sud-Sud. Au cours de la dernière décennie, l'UNOSSC a soutenu la mise en œuvre de 140 projets dans 120 pays par l'intermédiaire de 23 entités des Nations Unies.
  • Le Bureau des fonds d'affectation spéciale multipartenaires permet aux États membres conformément au Pacte de financement de respecter leurs engagements en matière de financement commun, et d'accroître leurs contributions, tout en soutenant simultanément la collaboration au sein des Nations Unies. Au cours des deux dernières décennies, il a administré un portefeuille de 20 milliards de dollars.

Conformément aux responsabilités qui lui ont été confiées pour le FENU, le programme VNU et l'UNOSSC, le PNUD continue d'investir dans ces entités, fournissant 29,8 millions de dollars de ses ressources institutionnelles en 2025.

Le PNUD est fermement engagé dans la réforme du système des Nations Unies pour le développement (UNDS) de 2018. Nous restons le principal contributeur individuel au système des CR. En 2025, le PNUD a versé l'intégralité de sa contribution au partage des coûts, soit 10,85 millions de dollars, malgré une situation financière difficile. Cela porte la contribution totale du PNUD, comprenant le prélèvement de 1 % pour le système des CR (depuis 2019) à 115,7 millions de dollars. L'intégralité des documents de programme de pays du PNUD est pleinement conforme aux cadres de coopération pour le développement durable des Nations Unies, comme l'ont confirmé les CR, et le PNUD progresse dans la mise en œuvre de ses engagements au titre du Cadre de gestion et de responsabilisation.

Aperçu des résultats et du financement

J'ai le plaisir d'annoncer, comme indiqué lors de la session annuelle, que le PNUD est en bonne voie pour atteindre 90 % des objectifs de son Plan stratégique 2022-2025. Notre rapport annuel présente des informations sur les résultats obtenus par le PNUD dans le cadre de son enveloppe financière de 5 milliards de dollars.

Cependant, comme indiqué dans le rapport du dialogue structuré sur le financement des résultats du Plan stratégique du PNUD 2022-2025, quoique le PNUD ait réussi à stabiliser ses ressources de base et son financement flexible jusqu'en 2024, nous serons confrontés à d'importants problèmes de financement à partir de 2025, plusieurs partenaires réduisant fortement ou suspendant leur financement de base. La tendance du financement de base du PNUD est à la baisse – passant de 75 % des ressources totales dans les années 1990 à 12 % en 2024, soit bien en deçà de l'objectif de 30 % du Pacte de financement et 22 % de moins que l'objectif du Plan intégré des ressources et du Budget intégré (PIR-BI) 2022-2025. Si cette baisse n'est pas inversée, la part des ressources de base devrait chuter considérablement pour atteindre 9 % en 2025 et 8 % en 2026. 

Excellences, le financement de base est la principale source de revenus du PNUD. C'est le fondement qui fait du PNUD l'agence de développement des Nations Unies, lui permet de jouer son rôle d'intégrateur et de mobiliser des ressources supplémentaires pour les pays en développement. En 2024, par exemple, le PNUD a mobilisé 7,4 dollars d'autres ressources pour chaque dollar de ressources de base reçu. Sans ressources de base adéquates, la capacité du PNUD à rester un partenaire de développement solide et axé sur les biens publics sera considérablement réduite. Notre présence universelle — un atout pour le système des Nations Unies qui sous-tend toutes nos actions — sera érodée, ce qui aura des conséquences négatives sur les plus vulnérables. Notre rôle d'intégrateur en matière de développement durable — notre capacité à mener des discussions stratégiques sur l'alignement entre planification, financement et gouvernance, notre capacité à innover, à mobiliser des financements de toutes les sources pour les ODD, à réagir rapidement aux crises et à assurer une supervision conforme aux normes de responsabilité les plus strictes — seront compromis.  

En 2024, 41 pays ont contribué aux ressources de base du PNUD. Nous les remercions tous pour leur soutien ! Sur les 41 pays, 23 sont membres du Comité d'assistants au développement (CAD) de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) (sur 33 membres du CAD) ; quatre sont des pays à revenu élevé non membres du CAD. Quatorze de ces 41 pays sont des pays de programme (trois à revenu élevé ; quatre à revenu intermédiaire de la tranche supérieure ; sept à revenu intermédiaire de la tranche inférieure, dont trois PMA) ; leurs efforts sont considérables. Il est gratifiant de constater que nos donateurs traditionnels et nos pays de programme contribuent aux ressources de base. En 2024, les contributions de base ont varié entre 100 millions de dollars et 3 000 dollars. Nos donateurs traditionnels continuent de fournir la majeure partie des ressources de base du PNUD, les dix premiers représentant 81 % du total des ressources de base. Également en 2024, dix partenaires ont augmenté leur contribution de base et 12 ont pris des engagements pluriannuels en faveur des ressources de base. 

Les contributions hors budget sont restées importantes en 2024, provenant de divers partenaires. Le partage des coûts avec des tiers a représenté 37 % du total des contributions (1,81 milliard de dollars), tandis que les fonds verticaux en ont représenté 19 % (920 millions de dollars). Quatre-vingt-seize pays bénéficiaires ont bénéficié des services d'appui à valeur ajoutée du PNUD pour assurer une mise en œuvre efficace et efficiente de leurs principaux programmes nationaux, investissant 1,2 milliard de dollars (un quart des ressources annuelles du PNUD pour 2024) dans le développement de leur pays. Les pays bénéficiaires ont également apporté d'importantes contributions gouvernementales annuelles aux frais de bureau local (GLOC). Ce soutien, qui permet de financer les dépenses locales, est grandement apprécié par le PNUD. 

Je reviendrai plus tard sur la situation financière du PNUD. Tournons-nous maintenant vers 2026 et au-delà.

III. L'AVENIR : Plan stratégique du PNUD 2026-2029, investir dans le développement pour la prospérité et la paix

Vous connaissez le Plan stratégique proposé grâce à votre participation au processus de consultation extraordinaire : près de 600 consultations dans 116 pays, impliquant les gouvernements, la société civile, le secteur privé et les Nations Unies. Ce Plan s’appuie sur les contributions et les retours que vous nous avez adressés, sur les recommandations issues des évaluations indépendantes et des examens à mi-parcours du Plan stratégique 2022-2025, ainsi que sur d’autres sources objectives. 

Nous vous remercions, membres du Conseil d’administration, ainsi que les autres États membres, pour votre engagement fort et vos précieux conseils depuis que nous avons partagé la feuille de route pour l’élaboration du nouveau Plan stratégique en octobre dernier. 

Je voudrais souligner trois particularités du projet de Plan stratégique :   

Premièrement, l’objectif principal est de nous remettre sur la voie de l’accélération du développement humain tout en allégeant les pressions sur la planète. Reflétant la nature intégrée et systémique des défis actuels que pose le développement, le Plan stratégique est ancré dans le Programme de développement durable à l’horizon 2030, les ODD restent notre étoile polaire, l’éradication de la pauvreté continue d’être notre mission fondamentale, et les droits de l’homme et le fait de ne laisser personne de côté sous-tendent tout notre travail.

Avec le changement systémique comme approche globale pour favoriser un développement intégré, le Plan définit quatre objectifs stratégiques :  

  • Prospérité pour tous : Dépasser le seuil de pauvreté minimum pour bâtir des sociétés dynamiques où chacun peut s’épanouir, tout en maintenant une priorité absolue : croissance inclusive, éradication de la pauvreté et programmes de lutte contre les inégalités. Le PNUD reste déterminé à ne laisser personne de côté.
  • Gouvernance efficace : Une gouvernance responsable, centrée sur l’être humain et fondée sur les droits, conformément aux principes intergouvernementaux d’une gouvernance efficace pour le développement durable.
  • Résilience aux crises : aux crises : Réduire les risques et préserver les acquis du développement dès le premier jour d’une crise, jeter les bases du relèvement et de la sortie de l’aide humanitaire, et servir de « bâtisseur de ponts » entre les systèmes humanitaires, de développement et de consolidation de la paix.
  • Planète saine : Positionner le PNUD comme un leader servant de connexion entre les personnes,  la planète et le développement, visant à traduire les engagements mondiaux en actions locales, en travaillant avec les pays pour des transitions justes et durables. 

Trois accélérateurs favorisent les progrès vers un changement systémique :

  • Transformation numérique et IA : Les avancées numériques multiplient les opportunités, améliorent les services publics, renforcent l’engagement civique et accélèrent la réponse aux crises.
  • Financements durables : Une meilleure harmonisation des flux de capitaux, toutes sources confondues, avec les priorités du développement durable peut ouvrir de nouvelles voies vers la prospérité et une planète saine.  
  • Égalité des sexes : Lorsque les femmes sont autonomisées par les lois et les politiques publiques, les sociétés sont plus résilientes, les économies croissent plus rapidement et la pauvreté et les inégalités diminuent. L’égalité des sexes est non seulement un domaine d’action important en soi, mais elle agit également comme un multiplicateur de force pour l’ensemble des activités du PNUD.

Le Plan stratégique s’accompagne d’un Cadre intégré de résultats et de ressources (IRRF) à trois niveaux, qui synthétise les résultats de développement et les résultats organisationnels que le PNUD obtiendra, en collaboration avec nos gouvernements et d’autres partenaires. L’IRRF comprend 22 indicateurs liés aux ODD afin de garantir que la mesure des résultats du PNUD appuie directement et suive les progrès vers les ODD.

Deuxièmement, nous renforcerons notre attention sur l'intégration, en nous appuyant sur nos acquis et sur les points à améliorer. L'évaluation de notre Plan stratégique actuel a confirmé que « le PNUD a su tirer parti de la flexibilité du Plan stratégique 2022-2025 pour promouvoir des solutions intégrées ». Notre expérience montre que des solutions de développement véritablement intégrées nécessitent une réflexion systémique plus approfondie et des capacités intersectorielles renforcées. Des progrès durables sont possibles lorsque les pays alignent trois fondamentaux : des plans nationaux dotés d'objectifs clairs et mesurables, reflétant les aspirations et les besoins des populations ; des budgets mobilisant diverses sources de financement et des investissements privés soutenant les objectifs nationaux de développement ; et des systèmes de gouvernance ancrés dans les principes de gouvernance efficace approuvés par l'ECOSOC, reflétant l'efficacité, la responsabilité et l'inclusion. Ces critères doivent être soutenus par des systèmes et des données numériques robustes pour une élaboration de politiques fondée sur des données probantes. Notre nouveau Plan stratégique décrit comment nous allons promouvoir ces solutions de développement intégrées, en collaboration avec les entités régionales et nationales, ainsi qu'avec le Système des Nations Unies pour le développement, afin d'aider les pays à aligner la planification, le financement et la gouvernance pour favoriser le changement systémique. Il s'agit d'une question de stratégie de développement sur laquelle nous devons travailler davantage. Malgré les obstacles financiers auxquels nous sommes confrontés, nous réexaminerons notre structure institutionnelle et nos capacités afin d'être un intégrateur de développement efficace, avec un sentiment d'urgence.

Troisièmement, notre capacité à gérer les incertitudes et à anticiper l'avenir. Le Plan stratégique est conçu pour la complexité, laissant au PNUD une marge de manœuvre pour s'adapter à différents scénarios et réagir avec pragmatisme aux perturbations futures, notamment aux fluctuations de financement. Il permet l'expansion ou la consolidation stratégique des éléments programmatiques à mesure que les opportunités se présentent et que les contraintes se matérialisent, tout en préservant l'intégrité de notre offre. Cette flexibilité repose sur l'accent mis par le PNUD sur la prospective stratégique, les données de performance, l'innovation et les capacités numériques, ainsi que les systèmes de gestion des risques, autant d'éléments qui contribuent à bâtir une organisation souple et anticipatrice, apportant un soutien crédible aux pays à mesure que leurs besoins évoluent.

Financement : Plan intégré des ressources et budget intégré (PIR-BI 2026-2029)

Notre nouveau Plan stratégique a été élaboré dans un contexte de réductions sans précédent de l’APD. Reflétant cette réalité, le PIR-BI 2026-2029 présente une enveloppe budgétaire limitée, mais réaliste. Selon les meilleures informations disponibles au moment de sa préparation, les ressources totales ont été réduites de 9,7 % par rapport aux dernières estimations pour 2022-2025. La réduction des contributions de base est estimée à 16,8 %. Bien qu’il soit difficile d’atteindre les cibles de base compte tenu des connaissances actuelles, il est impératif que le PNUD maintienne son ambition pour les ressources de base, car elles constituent l’oxygène qui alimente nos systèmes et nous permet d’obtenir des résultats.

Réaliser les ambitions du nouveau Plan stratégique dans le cadre d’une enveloppe financière plus restreinte implique d’agir de manière responsable et proactive sur plusieurs fronts. Le PNUD met déjà en œuvre une combinaison de mesures dans quatre domaines : l’amélioration de l’efficacitéle contrôle des coûtsla génération de revenus et les investissements stratégiques qui réduisent les coûts tout en soutenant les capacités nécessaires aujourd’hui et à l’avenir.

Dans le prolongement du BMR, nous :

  • Accroissons l'ampleur des services partagés et des systèmes et analyses basés sur l'IA.
  • Développons de nouveaux partenariats avec le secteur privé ; proposons des services de développement aux entreprises, aux philanthropes et aux IFI ; élargissons les engagements avec de nouveaux partenaires stratégiques ; et adaptons les plans de visibilité aux principaux donateurs à tous les niveaux.
  • Investissons dans le développement de projets transformateurs à grande échelle.
  • Investissons dans les capacités du personnel du PNUD afin de tirer parti des outils de changement systémique et du potentiel d'efficacité de l'IA. 

Par ailleurs, la discipline financière continue de générer des gains d'efficacité et de réduire les coûts, car nous :

  • Menons un exercice d'optimisation des effectifs afin d'améliorer la rentabilité et de garantir que le PNUD dispose des compétences nécessaires pour mettre en œuvre le Plan stratégique et qu'il peut attirer et retenir les talents dont il a besoin avec l'enveloppe financière prévue.
  • Rapprochons les fonctions de soutien des bureaux de pays du contexte local.
  • Examinons les fonctions indépendantes du lieu d'affectation en vue de les transférer de New York vers un ou plusieurs lieux d'affectation stratégiquement sélectionnés.
  • Réduisons les frais de déplacement et de réaffectation, par exemple en retardant d'un an la rotation du personnel international.

Nous sommes conscients de l'impact de ces mesures et de l'incertitude qui pèse sur le personnel du PNUD. La direction communique régulièrement avec le personnel et le Conseil du personnel afin de gérer ces changements de manière réfléchie et transparente.

CONCLUSION

Excellences, accélérer le développement humain est réalisable. Des décennies de progrès soutenus démontrent que nous savons ce qui fonctionne. Le monde n'a jamais été aussi sain, instruit et prospère qu'aujourd'hui. Mais la dynamique s'est ralentie, nous avons atteint un point de basculement, risquant de compromettre des acquis essentiels. En tant que premier réseau mondial de développement, fort de 60 ans d'expertise et d'une présence dans 170 pays et territoires, le PNUD est prêt à jouer un rôle clé dans la promotion du développement humain durable.

Les questions urgentes qui vous sont soumises sont l'approbation du Plan stratégique 2026-2029 et la manière de faire face à la baisse vertigineuse des ressources de base du PNUD. Ces ressources jouent un rôle essentiel dans notre capacité à répondre aux attentes des populations, des communautés et des pays que nous servons, voire à les dépasser. Alors que les ressources de base atteignent un niveau critique, passant de 581 millions de dollars en 2024 à peut-être 435 millions de dollars cette année, et probablement moins de 400 millions de dollars en 2026, nous devons décider collectivement de leur signification et des mesures à prendre. La direction du PNUD a pris des mesures décisives pour préserver la capacité de l'organisation à remplir son mandat. Cependant, si l'érosion des ressources de base se poursuit, notre travail, un « atout majeur » des Nations Unies selon l'UNBOA, et, de fait, notre capacité collective à réaliser des progrès significatifs vers le développement durable, seront menacés et, à terme, compromis.

Je crois que nous avons une solution — une solution ancrée dans une coalition de tous les États membres et fondée sur les principes de solidarité, d'action multilatérale et d'intérêt mutuel. Rappelons-nous ce qui a fait le succès du Fonds mondial et ce qui a permis au Protocole de Montréal de contribuer à la réparation de la couche d'ozone !

Imaginez si le PNUD était un collectif actionnaire de 193 membres, chacun responsable du maintien de sa juste part.

Imaginez si, outre les 41 pays contribuant au financement de base et les 96 pays de programme fournissant un cofinancement gouvernemental, de nombreux autres pays contribuaient au financement de base du PNUD ? 

Imaginez si tous les membres du CAD de l'OCDE — et pas seulement les 23 qui contribuent actuellement — et d'autres pays développés à revenu élevé décidaient de contribuer au financement de base du PNUD ? 

Plus de 50 % de nos dépenses de programme sont consacrées aux pays fragiles et touchés par des conflits, et 80 % aux pays à faible revenu et aux PMA. Imaginez combien le PNUD pourrait contribuer davantage à la paix et à la stabilité si nos donateurs traditionnels nous aidaient à inverser la tendance à la baisse des ressources de base et nous permettaient d'accroître notre capacité d'effet de levier programmatique, faisant passer son coefficient de 1 pour 8  au lieu de 1 pour 7 ? 

Imaginez ce que le PNUD pourrait accomplir dans le cadre de son mandat d'intégrateur s'il disposait de davantage de moyens pour mener des discussions stratégiques sur les raisons du succès ou de l'échec du développement aujourd'hui, et s'il était immédiatement en mesure d'agir davantage avec nos gouvernements sur les stratégies de développement intégré les mieux adaptées au contexte actuel ?

Chaque contribution aux ressources de base, en particulier celle de nos donateurs traditionnels, témoigne de votre foi en la solidarité et de votre confiance dans le PNUD, pilier important du système des Nations Unies pour le développement. Elle témoigne également de votre conviction que le développement est garant d’un monde meilleur et plus durable.

Au nom du PNUD, je vous remercie de votre confiance. Avançons ensemble, en partenaires indéfectibles, dans le grand projet inachevé du développement humain durable.