Approvisionnement en eau à Mohéli : Une mission conjointe évalue l’impact du projet GCF
11 février 2026
Une importante mission conjointe du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et du Gouvernement comorien s’est déroulée le 08 février 2026 sur l’île de Mohéli, dans la Zone 14, afin d’évaluer l’état d’avancement du projet financé par le Fonds vert pour le climat (GCF) intitulé « Assurer l’approvisionnement en eau résilients face au changement climatique aux Comores ».
La délégation était conduite par le Représentant résident du PNUD aux Comores, M. Luca Monge Roffarello, aux côtés du Ministre de l’Énergie, Dr Aboubacar Said Anli, également Ministre premier, du Ministre de l’Environnement, M. Abubakar Ben Mahamoud, ainsi que de la Responsable insulaire du projet GCF« Assurer l’approvisionnement en eau résilients face au changement climatique aux Comores», représentée par Mme Madi Bamdou Raouia.
Cette mission avait pour objectif principal d’assurer le suivi stratégique des réalisations du projet, d’apprécier les résultats déjà obtenus sur le terrain, de renforcer la collaboration avec les autorités locales et les communautés bénéficiaires, dans un contexte marqué par les effets croissants du changement climatique sur les ressources en eau.
Le projet GCF vise à renforcer la résilience de l’approvisionnement en eau potable et d’irrigation face aux impacts climatiques dans 15 zones vulnérables en Union des Comores. À Mohéli, les interventions se concentrent principalement dans les villes de Fomboni, Bandar-Salama, Boingoma et Djoiezi, au bénéfice de 41,635 personnes avec un taux d’avancement global estimé à près de 62,28 %. La réception technique et provisoire des travaux est prévue pour le mois avril 2026.
Les visites de terrain ont permis à la délégation de constater des améliorations concrètes en matière d’accès à l’eau potable, de sécurisation sanitaire grâce aux systèmes de chloration et de traitement, ainsi que des bénéfices directs pour les ménages et les activités agricoles.
À Djoiezi, la mission a visité un réservoir semi-enterré de 250 m³, équipé d’une chambre de chloration, ainsi que la station de traitement et l’ouvrage de captage et un brise charge. Les infrastructures ont été jugées conformes aux normes, avec une meilleure sécurisation du débit et une nette amélioration de la qualité de l’eau distribuée.
À Fomboni, la délégation a inspecté les nouvelles infrastructures d’adduction d’eau potable, notamment un réservoir de 50 m³ et une nouvelle station de traitement, une nouvelle chambre de préchloration ainsi que les ouvrages existants réhabilités, dont un réservoir de 1 250 m³. La complémentarité entre les anciens et les nouveaux réseaux a été saluée, contribuant à une meilleure couverture et à une plus grande fiabilité du service et à une réduction drastique des maladie hydriques.
La mission s’est également rendue à Mbatsé, où un système d’irrigation et des bassins agricoles ont été visités. Des échanges avec l’association Mavouna ya baraka Mbatse ont mis en évidence les retombées socio-économiques positives du projet, notamment en termes d’amélioration de la production agricole, de sécurité alimentaire et d’autonomisation économique des femmes.
En marge de la mission de terrain, des échanges institutionnels avec les autorités locales ont permis de réaffirmer le caractère prioritaire du projet eau pour l’île de Mohéli. Les autorités insulaires ont exprimé de fortes attentes quant à l’obtention de résultats concrets et durables, en cohérence avec les priorités nationales et le Plan Comores Émergent (PCE).
S’exprimant à l’issue de la mission, le Représentant résident du PNUD a réaffirmé l’engagement de son institution aux côtés du Gouvernement comorien : « Le PNUD accompagne le Gouvernement dans la mise en œuvre de ses priorités, notamment à travers le projet GCF sur l’eau. À Mohéli, les travaux permettent déjà d’assurer une eau potable de qualité à une grande partie de la population, avec un objectif de 41 65 bénéficiaires à l'horizon du projet » Il a également souligné la dimension humaine du projet :« Quand on parle de développement humain, il s’agit avant tout d’améliorer les opportunités et la qualité de vie des familles, en particulier pour les enfants. Les retours des communautés, notamment des femmes, montrent que l’accès à l’eau change profondément le quotidien et ouvre de nouvelles perspectives. »
Une prochaine phase du projet est d’ores et déjà engagée afin d’élargir le réseau et d’approvisionner la deuxième zones d’intervention qui est la zone 15 ( Hoani et Mbatsé/Ntakoudja), dans l’optique de garantir un accès durable et équitable à l’eau pour l’ensemble des populations de Mohéli.