PNUD - Une gouvernance environnementale efficace pour un avenir durable
10 juillet 2026
Les officiels qui arrosent des pépinières lors de la célébration de la Journée internationale de l'Environnement
Par Aaron Nsavyimana
Le 5 juin de chaque année, le monde célèbre la journée mondiale de l’environnement pour encourager chaque habitant de la planète à faire un examen de conscience sur son rôle dans la sauvegarde de la richesse dont le l’humanité dispose en commun, à savoir la nature qui constitue notre environnement.
C’est aussi une occasion pour tous de célébrer les victoires acquises face aux divers défis qui menacent notre existence, ainsi que l’héritage que nous allons léguer à nos enfants comme fruit de notre action ou de notre inaction.
En effet, comme tout le monde le sait, face à l'accélération du changement climatique et à la dégradation croissante des ressources naturelles, la question de l'environnement n'est plus une simple préoccupation écologique, mais un enjeu majeur de survie économique et sociale.
Sur les continents pauvres comme l’Afrique où une grande partie de la population dépend directement des ressources naturelles, une solution s’impose. Il s’agit de la mise en place d'une gouvernance environnementale efficace, devenue une priorité absolue pour garantir un avenir durable.
Le Burundi, situé en plein cœur de l’Afrique, se trouve confronté à cette réalité de dépendance accrue aux ressources naturelles pour assouvir les besoins de sa population. Il est donc de facto appelé à s’inscrire durablement dans une politique de gouvernance environnementale soutenue par une batterie d’outils et de mécanismes, ainsi que des actions concrètes pour prévenir, gérer et atténuer les risques environnementaux.
Dans ce combat fastidieux, le gouvernement n’est pas seul, il est accompagné par le PNUD. D’autres acteurs du développement lui tiennent également compagnie, en complémentarité et synergie avec l’action du PNUD, dont l’Union Européenne, la Belgique, la Banque Mondiale et le Fonds pour l’environnement mondial (FEM) pour faire face aux nombres défis qui menacent le secteur de l’environnement au Burundi.
Quels sont les défis majeurs pour le Burundi ?
Au Burundi, les défis sont majoritairement anthropiques, avec des écosystèmes sous fortes pressions, marqués par une déforestation alarmante, des défis majeurs dans la gestion de l'eau, et une variabilité climatique qui met en péril la sécurité alimentaire. Pour inverser ces tendances, le Burundi, appuyé par des partenaires internationaux comme le PNUD, déploie un arsenal d'initiatives ambitieuses allant de l'évaluation du coût des catastrophes à l’anticipation et la réduction des risques climatiques.
Faire face aux crises : évaluation des besoins post catastrophes, réduction des risques climatiques et planification de l'adaptation
Classé parmi les pays les plus vulnérables au changement climatique, le Burundi en subit de plein fouet les effets. Les chocs climatiques comme les inondations massives et les glissements de terrain de 2023-2024, exacerbés par le phénomène El Niño, ont poussé le gouvernement à réaliser une Évaluation des Besoins suite à une Catastrophe (Post Disaster Needs Assessment) début 2025. Le constat est lourd : plus de 210 millions USD de dommages, 240 000 personnes touchées et 40 000 hectares agricoles perdus. Cette évaluation soutenue notamment par le PNUD a permis de mobiliser 79 millions USD pour une reconstruction résiliente, incluant la modernisation du port de Bujumbura, véritable poumon de l’économie du pays compte tenu du flux de marchandises qui y transitent chaque année.
Pour passer d'une gestion réactive à une action anticipative, le pays s'appuie sur son Plan National d'Adaptation (PNA). En février 2025, un nouveau projet PNA (2025-2027), financé à hauteur de 2,4 millions de dollars par le Fonds Vert pour le Climat, a été lancé pour anticiper les évolutions du climat et intégrer l'adaptation aux effets du changement climatique dans toutes les politiques de développement, en renforçant la production de données scientifiques et socioéconomiques, la mobilisation du secteur privé, l’accès à la finance climat et la coordination institutionnelle.
A cela, il faut ajouter la mise en place de la plateforme nationale de prévention des risques et gestion des catastrophes, la mise en place des systèmes d’alertes précoces, ainsi que le renforcement de l’IGEBU (Institut Géographique du Burundi), qui joue un rôle prépondérant dans le domaine météorologique au Burundi.
Une ambition climatique réaffirmée : La CDN 3.0
Dans le cadre de l'Accord de Paris, le Burundi a considérablement revu ses ambitions à la hausse avec sa Contribution Déterminée au niveau National de 3ème génération (CDN 3.0) pour l'horizon 2035.
La mise en œuvre de cette CDN 3.0 nécessite un investissement colossal estimé à 8,36 milliards USD (4,42 milliards pour l'atténuation et 3,94 milliards pour l'adaptation). Les actions se concentrent notamment sur la transition énergétique (réduction de la dépendance au bois-énergie, promotion du solaire et de l'hydroélectricité), le reboisement massif, la lutte contre l’érosion et l'amélioration de l'agriculture (qui occupe 90 % de la population active).
Protéger la biodiversité et soutenir l'action communautaire
L'atténuation du changement climatique est indissociable de la préservation de la biodiversité et le renforcement de la résilience des communautés. Le projet « Amélioration de l’efficacité du système de gestion des aires protégées pour la conservation de la biodiversité au Burundi », cofinancé par l’Union Européenne, le Royaume de Belgique et le PNUD, doté de 6 millions USD, est l'initiative phare qui contribue au renforcement de la gouvernance des parcs nationaux de la Rusizi et de la Kibira, à travers le bornage cadastral, la construction d'infrastructures de gestion et surveillance, la mise en place de systèmes numériques de suivi écologiques, le développement de l'écotourisme et l’appui aux initiatives communautaires de conservation. En complément, le Burundi met en œuvre également l'initiative mondiale BIOFIN pour évaluer les besoins de financement de la biodiversité , identifier des solutions financières innovantes dédiées à la conservation et permettre la mobilisation de ressources durables pour la mise en œuvre de la Stratégie et Plan d'Action National pour la Biodiversité (SPANB), contribuant ainsi à assurer un financement pérenne de la conservation de la biodiversité et à soutenir le développement durable du pays.
Parce que le changement vient aussi de la base, le Programme de Microfinancements du Fonds pour l'Environnement Mondial (PMF/FEM), géré par le PNUD, joue un rôle crucial. Depuis 2010, avec environ 3,6 millions USD investis dans 85 projets, il finance des organisations locales (jusqu'à 50 000 USD par subvention) pour des actions concrètes : protection d'espèces, promotion d'énergies renouvelables, ou encore plantation d'une ceinture forestière à l’image de celle de 10 km autour du lac Cohoha.
L'importance de l'inclusion et de la vision à long terme
Un tel programme environnemental ne serait complet sans y intégrer une forte dimension sociale. Une gouvernance réussie doit impérativement inclure l'équité homme-femme. Les femmes, souvent actrices principales de la collecte des ressources naturelles, sont les premières touchées par les aléas climatiques et doivent être au cœur des solutions de résilience.
Il y a lieu de noter que l'ensemble de ces initiatives soutenues par des partenaires comme le PNUD, l'Union européenne et la Belgique s'aligne stratégiquement sur le Plan National de Développement (PND) et la Vision Burundi 2040-2060 qui est la boussole orientant actuellement l’avancée de la nation burundaise vers un pays émergent en 2040 et développé en 2060.
Au regard de la situation du pays dans le domaine de la conservation de la nature et ses richesses, il est important de souligner que la protection de l'environnement au Burundi est une responsabilité partagée qui nécessite une volonté politique affirmée, des cadres juridiques solides, des financements conséquents et une participation citoyenne active. En renforçant sa gouvernance environnementale et en investissant aujourd'hui dans la gestion durable de ses terres, la restauration de ses forêts et la résilience de ses infrastructures, le Burundi ne protège pas seulement son patrimoine naturel : il garantit la sécurité, la prospérité et le bien-être de ses générations futures.