PNUD - Technologie et compétences accrues pour sauver la biodiversité de la Kibira et de la Rusizi

4 septembre 2026
PNUD - Technologie et compétences accrues pour sauver la biodiversité de la Kibira et de la Rusizi

Remise des certificats aux écogardes formés

PNUD Burundi 2026/Daniella NINTERETSE

Par Daniella Ninteretse

Mwokora, 3 septembre 2026 - Face aux défis environnementaux urgents du XXIe siècle, le Burundi renforce ses lignes de défense pour protéger son précieux patrimoine naturel. Une étape charnière vient d'être franchie avec la certification de cinquante-deux (52) écogardes et de huit (8) cadres des Parcs Nationaux de la Kibira et de la Rusizi. En marge de cette remise de diplômes, l'installation de deux salles des opérations ultra-modernes vient concrétiser la transition vers une gestion connectée, rigoureuse et axée sur les données de terrain.

Cette initiative d'envergure nationale s'inscrit dans le cadre du projet « Améliorer l’efficacité du système de gestion des aires protégées pour la conservation de la biodiversité au Burundi ». Ce programme est mis en œuvre avec succès par l'Office Burundais pour la Protection de l’Environnement (OBPE) en partenariat étroit avec le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), grâce à l'appui financier conjoint de l’Union européenne et du Royaume de Belgique.

Un renforcement des capacités face aux menaces anthropiques

Les aires protégées du Burundi, bien que riches en faune et en flore uniques, subissent une pression anthropique constante : braconnage, déforestation illégale, carbonisation et exploitation non réglementée des ressources. Jusqu’à récemment, le manque de moyens logistiques et humains limitait considérablement l'efficacité de la surveillance. À titre d'exemple, les patrouilles de routine ne parvenaient à couvrir que 48,4 % de la superficie totale du Parc National de la Kibira, laissant de vastes zones hors de contrôle.

Pour pallier ces vulnérabilités, une formation intensive et rigoureuse a été confiée à l'organisation internationale de conservation Chengeta Wildlife, réputée pour ses méthodes adaptées aux réalités du terrain. Durant plusieurs semaines, les 52 écogardes ont été formés aux meilleurs standards internationaux. Le programme a couvert un large éventail de compétences indispensables : tactiques de patrouille anti-braconnage, techniques de survie en forêt, premiers secours, lecture de cartes et orientation.

Au-delà de l'aspect physique et tactique, un accent particulier a été mis sur le cadre légal national et international, ainsi que sur le respect strict des droits de l’homme dans l'exercice de leurs fonctions. Parallèlement, les 8 cadres intermédiaires ont bénéficié d'un module avancé en leadership opérationnel, leur transmettant les clés pour planifier stratégiquement les déploiements, analyser les risques et optimiser la prise de décision en situation d'urgence.

La technologie et les données au cœur de la surveillance moderne

L’un des piliers de cette transformation réside dans l'intégration des nouvelles technologies au sein des parcs. L'aménagement et la mise en service de deux salles des opérations modernes représentent une avancée majeure. Conçues comme de véritables centres de commandement, elles permettront de centraliser en temps réel les données collectées par les équipes mobiles et de coordonner instantanément les interventions en cas d'alerte.

Sur le terrain, les écogardes s'appuieront sur des outils de pointe. Des systèmes de GPS connectés faciliteront la cartographie précise des infractions détectées, tandis que l’introduction de drones à imagerie infrarouge et de caméras-pièges renforcera la surveillance des zones d’accès difficile, de jour comme de nuit. Cette transition numérique garantit une meilleure transparence, une meilleure traçabilité des opérations et une optimisation des ressources disponibles.

Passer de la théorie à l'action pour des résultats durables

La cérémonie officielle de remise des certificats n’est pas un point d’arrivée, mais le coup d’envoi d’une phase opérationnelle active. M. Taifourou Diallo, Chargé des opérations au PNUD Burundi, a fermement rappelé cette transition nécessaire lors de son allocution :

« Cette cérémonie ne marque donc pas une fin. Elle marque le passage de la formation à l’action. »

Le défi consiste désormais à maintenir cette dynamique sur le terrain : organiser des patrouilles plus intelligentes et régulières, exploiter judicieusement les outils technologiques nouvellement acquis et cultiver une relation de confiance et de collaboration mutuelle avec les populations riveraines, actrices incontournables de la préservation de leur environnement.

Bien que ces avancées soient historiques pour le secteur, l'OBPE garde les yeux rivés sur les défis structurels restants. M. Berchmans Hatungimana, Directeur Général de l’OBPE, a tenu à exprimer sa profonde gratitude envers les partenaires internationaux tout en rappelant avec réalisme l'étendue des efforts qu'il reste à déployer :

« Ce que nous célébrons aujourd'hui n'est qu'une étape. Pour atteindre une couverture optimale de nos parcs et pérenniser ces acquis, nous devons encore compléter les équipements, former davantage de cadres, recruter de nouveaux écogardes et former des aides-moniteurs capables de transmettre à leur tour ces compétences. »

En investissant de manière durable dans le capital humain, la technologie et la gouvernance environnementale, le PNUD Burundi et ses partenaires réaffirment leur engagement indéfectible aux côtés du Gouvernement burundais. Ensemble, ils œuvrent pour que la Kibira et la Rusizi demeurent des sanctuaires de biodiversité florissants, capables de soutenir l'équilibre écologique et le développement durable des communautés locales pour les décennies à venir.