PNUD - BIOFIN : financer la biodiversité pour mieux la préserver au Burundi
10 septembre 2026
Le Comité de Pilotage (COPIL) et le Comité Technique (CT) projet BIOFIN Burundi
Par Daniella Nintereste
Bujumbura, 8 septembre 2026 – Le Burundi franchit une étape importante dans ses efforts pour renforcer le financement de la conservation et de la gestion durable de sa biodiversité. Le Comité de Pilotage (COPIL) et le Comité Technique (CT) du projet BIOFIN Burundi ont tenu leur première réunion conjointe au Bureau du PNUD à Bujumbura, marquant le lancement opérationnel des instances de gouvernance du projet.
Créés officiellement par l’Arrêté N°121/PMG2DU A/SE-2026, le COPIL et le CT constituent désormais des mécanismes essentiels pour assurer le pilotage, le suivi et l’accompagnement technique du processus d’élaboration du Plan national de financement de la biodiversité sous le lead de la primature du Burundi.
Présidée par Prof. NIMUBONA Frédéric, Directeur de Cabinet Adjoint du Premier Ministre et Président du COPIL, la rencontre a réuni des représentants des ministères et institutions de l’État, des institutions financières, du secteur privé, de la société civile, du monde académique et des partenaires techniques. Cette diversité d’acteurs illustre l’importance d’une mobilisation collective et multi-sectorielle pour relever le défi du financement de la biodiversité.
Une vision commune pour un objectif ambitieux
Dans son mot d’ouverture, Prof. NIMUBONA Frédéric a rappelé aux membres des deux comités leurs mandats et responsabilités, notamment en matière de suivi, d’orientation et d’expertise technique.
Il a surtout rappelé l’ambition centrale du projet :
« L’objectif ultime du Projet BIOFIN est de doter le Burundi d’un Plan de Financement de la Biodiversité, qui constituera un outil important pour identifier les besoins de financement et favoriser la mobilisation de ressources internes et externes en faveur de la conservation et de la gestion durable de la biodiversité. »
Le Président du COPIL a également appelé les membres à faire preuve de ponctualité, d’assiduité et de participation active, afin de contribuer pleinement à la réussite du projet.
De son côté, M. Jonas Mfouatie, Représentant Résident a.i. du PNUD au Burundi, a souligné le rôle déterminant des membres des deux comités, les appelant à être les « architectes du changement » et à transformer les analyses en solutions concrètes, notamment à travers des mécanismes de financement publics, privés et innovants.
Des avancées déjà concrètes
À travers BIOFIN, le Burundi travaille avec l’appui du PNUD et du Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM) à l’identification de solutions innovantes pour contribuer à réduire le déficit de financement de la biodiversité.
Plusieurs avancées sont déjà enregistrées. L’Analyse des Politiques et Institutions (API) est en phase de finalisation et a permis d’identifier des pistes prioritaires, notamment le Fonds Forestier National, la réforme fiscale verte, le paiement des services écosystémiques, etc. Les études sur l’Analyse des Dépenses pour la Biodiversité (ADB) et l’Évaluation des Besoins Financiers (EBF) sont également en cours.
La démarche repose sur une large mobilisation : près de 350 parties prenantes ont déjà été consultées, tandis que la participation des femmes a dépassé 49 % lors des ateliers nationaux.
Vers le Plan national de financement de la biodiversité
Les prochaines étapes sont clairement définies : finaliser et valider les rapports API, ADB et EBF entre septembre et décembre 2026, élaborer le Plan national de financement de la biodiversité d’ici juin 2027, puis mettre en œuvre les premières solutions de financement à partir de 2027.
Cette dynamique s’inscrit dans les engagements du Burundi au titre du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal, notamment son Objectif 19 sur le financement de la biodiversité, ainsi que dans la mise en œuvre de la Stratégie et Plan d’Action National pour la Biodiversité (SPANB) 2026-2030.
Avec BIOFIN, le Burundi entend ainsi passer de l’analyse à l’action : mieux identifier ses besoins, développer des solutions innovantes et mobiliser les ressources nécessaires pour faire de la biodiversité un véritable levier de développement durable.