BIOFIN : Le Bénin renforce la mobilisation autour du financement de la biodiversité
17 octobre 2025
Les mangroves sont essentielles pour la biodiversité au Bénin, jouant un rôle vital dans la protection des écosystèmes côtiers, le soutien des communautés locales.
Le projet BIOFIN, a mobilisé du 1er au 2 octobre 2025 à Porto-Novo une diversité d’acteurs pour renforcer la concertation et accélérer l’élaboration du Plan national de financement de la biodiversité. Cet outil essentiel vise à mobiliser des ressources durables pour la conservation des écosystèmes au Bénin.
Sous la présidence de Madame Jeanne AKAKPO ADANBIOKOU, Directrice de Cabinet du Ministre du Cadre de Vie et des Transports, responsable du Développement Durable, l’atelier a permis d’approfondir la compréhension de la méthodologie BIOFIN, en relation avec le Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal, adopté en 2022, qui fixe les grandes orientations internationales en matière de protection de la nature. Par ailleurs, Les discussions ont été centrées sur trois études diagnostiques clés, qui serviront de fondement au futur Plan National de Financement de la Biodiversité :
- L’Analyse des Politiques et des Institutions (API).
- L’Analyse des Dépenses Publiques et Privées en faveur de la biodiversité (ADB).
- L’Évaluation des Besoins Financiers (EBF) pour atteindre les objectifs nationaux et internationaux.
Le financement de la biodiversité fait face à un déficit mondial alarmant de près de 700 milliards de dollars par an, alors que les subventions nuisibles à l’environnement surpassent de loin les investissements en faveur de la biodiversité. Le Bénin, qui abrite plus de 2 800 espèces de plantes vasculaires, 600 espèces d’oiseaux et près de 160 espèces de mammifères, voit son capital naturel menacé par la déforestation, l’expansion agricole et les effets des changements climatiques. Entre 2001 et 2017, le pays a perdu 36 400 hectares de forêt.
Dans ce contexte, le projet BIOFIN (Biodiversity Finance Initiative) émerge comme une réponse stratégique. Cette initiative mondiale du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), soutenue par le Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM), accompagne actuellement plus de 130 pays, dont le Bénin, dans l’élaboration et la mise en œuvre de stratégies de financement adaptées à leurs priorités nationales.
Lancé officiellement au Bénin le 19 décembre 2024, le projet BIOFIN vise à établir un plan de financement de la biodiversité basé sur une approche multisectorielle et intégrée, répondant ainsi aux besoins croissants en matière de préservation des écosystèmes et à la réalisation des engagements internationaux du pays.
« Pour la première fois, la biodiversité est reconnue comme une catégorie d’investissement à part entière. Le plan national de la biodiversité qui découlera de ce processus devra devenir le levier opérationnel pour saisir cette opportunité », a déclaré Mme AKAKPO ADANBIOKOU. Elle a également souligné que le plan national de financement de la biodiversité, développé dans le cadre du projet BIOFIN, facilitera la mise en œuvre du cadre de financement vert instauré par le gouvernement et permettra d’attirer des financements pour la biodiversité.
Madame Manon BERNIER, Représentante Résidente Adjointe du PNUD au Bénin a, pour sa part, salué les efforts du Gouvernement, notamment la ratification de la Convention sur la diversité biologique en 1994, l’élaboration d’une Stratégie et Plan d’action pour la biodiversité, ainsi que la restauration des mangroves de Togbin, qui sont passées de 94 hectares en 2011 à plus de 400 hectares grâce à des initiatives locales et gouvernementales. Cependant, elle a noté que des défis demeurent, notamment la pression sur les écosystèmes, le manque de financements adaptés et la nécessité d’intégrer la biodiversité dans toutes les politiques sectorielles. Elle a rappelé l’urgence d’agir et réaffirmé la disponibilité du PNUD à soutenir le Gouvernement dans la préservation de la biodiversité et son intégration dans les variables de développement.
À l’issue des travaux de l’atelier, qui a rassemblé divers acteurs, y compris des ministères, des collectivités locales, des organisations de la société civile, le secteur privé, le monde académique et des partenaires techniques et financiers, des recommandations ont été formulées à l’attention de l’Unité de Gestion du Projet (UGP) pour renforcer la cohérence, l’efficacité et l’inclusivité du processus. Le processus BIOFIN se poursuit avec :
- La finalisation des études techniques (API, ADB, EBF).
- La rédaction du Plan National de Financement de la Biodiversité.
- L’organisation d’un atelier de validation pour consolider les engagements et lancer la mise en œuvre.
Au-delà des dimensions techniques, cette rencontre a renforcé une vision commune : celle d’un Bénin engagé dans une transition vers une économie verte, où la biodiversité est perçue comme un investissement pour l’avenir.
Photo de famille des participants à l'atelier BIOFIN