Vers une coordination transfrontalière renforcée pour prévenir les conflits entre le Bénin, le Burkina Faso et le Togo
15 avril 2025
Dans un contexte de tensions croissantes et d’insécurité aux frontières du Bénin, du Burkina Faso et du Togo, une quarantaine d’acteurs locaux et représentants de réseaux d’alerte se sont réunis les 27 et 28 mars 2025 à Kpalimé, au Togo dans le cadre d’un atelier organisé par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM). Cet atelier a marqué une étape clé dans l’intégration des réseaux nationaux au mécanisme transfrontalier d’alerte précoce.
Unir les forces pour une riposte collective
Face à une insécurité grandissante et à des tensions communautaires récurrentes, l’urgence d’une coopération transfrontalière efficace s’est imposée. Déjà initié lors de la première phase du Programme d’appui à la prévention des conflits et de l’extrémisme violent dans les zones frontalières du Bénin, du Burkina et du Togo (PEV BBT), ce mécanisme d’alerte évolue désormais vers une intégration complète des réseaux nationaux et communautaires, permettant un pilotage régional proactif.
« Nous ne pouvons prévenir efficacement les crises si l'information reste cloisonnée dans les frontières nationales », a souligné le Préfet de Kloto, rappelant l’importance d’une collaboration ouverte et fluide entre les pays concernés.
À travers des présentations, des travaux de groupe et des échanges dynamiques, les participants ont comparé leurs dispositifs, partagé leurs expériences et identifié les forces, faiblesses et bonnes pratiques. Plusieurs stratégies ont émergé, notamment :
- La surveillance communautaire, permettant une remontée rapide des alertes ;
- L’utilisation de la messagerie mobile, avec le lancement d’une plateforme numérique (WhatsApp) pour partager les incidents en temps réel.
Un plan d’action commun a également été adopté, traçant les prochaines étapes d’une coopération renforcée entre les différents acteurs régionaux.
L’atelier de Kpalimé constitue une avancée majeure dans la consolidation des mécanismes endogènes de paix. Au-delà des frontières, des acteurs engagés unissent leurs forces pour protéger leurs communautés face aux menaces invisibles, en misant sur l’anticipation, la solidarité et l’action concertée.