Après une dizaine d’années d'abandon, le centre est à nouveau prêt à accueillir les survivantes de violences basées sur le genre. Photo : PNUD Côte d’Ivoire

 

Chaque année, au 19 juin, la journée internationale pour l’élimination de la violence sexuelle en temps de conflit nous rappelle à quel point les femmes et les filles sont touchées de manière disproportionnée par l’instabilité et l’insécurité dans les pays en crise.

La pandémie de COVID-19, une crise dans une crise pour les pays en conflits, a des conséquences désastreuses pour les victimes et les personnes rescapées de violences sexuelles.  

À la crainte du Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, qui dénonçait le 6 avril une possible hausse de la violence domestique, les mesures de sécurité et de confinement pour lutter contre la propagation du virus ont rapidement été accompagnées d’une hausse des cas de violence sexuelle autour du monde.

De plus, les obstacles que doivent affronter les victimes de violences sexuelles se sont démultipliés : les prestataires de soins de santé, les lignes d’assistances, les cliniques traditionnelles et foyers d’hébergement se retrouvent soit débordés soit fermés. Dans de nombreux cas, les ressources dédiées à l’aide psychosociale ont été détournées vers d’autres besoins pour renforcer les mesures contre la pandémie.

La Côte d’Ivoire fait l’exception en réouvrant, après 10 ans de fermeture, le seul centre de transit pour survivantes de violences basées sur le genre d’Abidjan, la capitale du pays.

Lancé en juin 2008 avec l’appui du PNUD et des agences du Système des Nations Unies, le centre de prévention d’appui et d’Assistance aux Victimes de Violences Sexuelles (PAVVIOS) avait pris en charge près d’une centaine de victimes avant d’être vandalisé lors de la crise post-électorale de 2011 et de traverser une longue période d’inactivité par manque de fonds pour sa réhabilitation.

 « La crise sanitaire du COVID-19 confirme bien que toutes les crises, hélas, aggravent les inégalités liées à l'âge, au sexe et au handicap et exposent les femmes, les filles à un risque accru de violences basées sur le genre » a souligné Mme Ly Ramata Bakayoko, Ministre de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, lors de la réouverture du centre, en présence du Ministre du Sport et de la Secrétaire d’Etat chargée des Droits de l’Homme, ainsi que de la Représentante Résidente du PNUD en Côte d’Ivoire, Mme. Carol Flore-Smereczniak.

« C'est avec beaucoup d’émotion que le PNUD soutient la réouverture du seul centre de transit pour femmes victimes de violences basées sur le genre », a déclaré cette derniere.

Outre son soutien à cette reprise, le PNUD s’engage à assurer le bon fonctionnement du centre avant le relai par d’éventuels partenaires non-gouvernementaux.

Il contribue ainsi à la fourniture d’équipements sanitaires, d’hygiène et de kits alimentaires ainsi que de matériel informatique qui permettront de collecter, d’analyser et de renforcer les données sur les violences sexuelles dans la région.

En parallèle, l’Accelerator Lab du PNUD appuie une Start-up ivoirienne dans la mise au point d’un dispositif d’alerte via des bracelets électroniques qui facilitera l’intervention rapide de la police en cas de besoin.

 

La Représentante Résidente du PNUD en Côte d’Ivoire, Mme. Carol Flore-Smereczniak, lors de la réouverture du centre. Photo : PNUD Côte d’Ivoire
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