Le travail de l’équipe Justice et Droits Humains du PNUD dans l'appui à la réalisation des objectifs de la Révolution: Un rêve qui se réalise à pas assurés

Par Mme Takoua Tayari, Associée à la recherche et au développement - Programme des Nations Unies pour le Développement en Tunisie

14 janvier 2021

Photo de groupe de l'équipe Justice et Droits de l'Homme du PNUD prise avant la propagation de la pandémie du covid-19

J’ai rejoint l’équipe « Justice et Droits Humains » du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) en Tunisie en mars 2019. C’était un moment de rêve de pouvoir intégrer le système des Nations Unies si jeune (à l'âge de 25 ans), en étant également la plus jeune de l’équipe. 

Deux ans plus tard, je vis encore, quotidiennement, ce rêve pour multiples raisons, dont j’essaierai de citer quelques-unes. Néanmoins, ce blog que j’ai proposé de rédiger ne saurait exprimer ma fierté de pouvoir appuyer mon pays pendant un moment historique ainsi que mon admiration pour le travail de l’équipe « Justice et Droits Humains » (JDH) du PNUD Tunisie, à son dévouement à la cause et à l’ambiance de rêves qui règne lors de chaque instant vécu au sein de la grande famille des Nations Unies.

Le PNUD appuie la transition démocratique en Tunisie depuis 2011, notamment en travaillant en étroite collaboration avec l’Etat tunisien sur les aspects liés à la gouvernance, à la croissance inclusive et au développement durable, soutenant la Tunisie dans la réalisation des objectifs de la Révolution de la liberté et de la dignité.

Qui sommes-nous ? Une équipe solidaire 

L'équipe JDH est composée de onze membres actuellement, dont sept sont des juristes de formation. Notre équipe est dirigée par un conseiller technique principal appuyé par quatre responsables de projets, un expert en suivi et évaluation, une associée à la recherche et au développement, une experte en communication, un associé aux finances, une assistante administrative et d’une stagiaire. Nous bénéficions également de l’appui sporadique et ponctuel des volontaires en ligne des Nations Unies.

Le travail de l’équipe JDH s’inscrit dans le cadre de l’accompagnement aux autorités tunisiennes. Cette coopération entre institutions onusiennes et le Gouvernement tunisien vise à renforcer le système de protection des droits humains, en particulier des femmes, des jeunes et des personnes vulnérables, pour qu’il soit plus accessible et conforme aux standards internationaux. 

J’appuie, de manière transversale, le travail de l'équipe JDH sur les thématiques suivantes : amélioration de l'accès à la justice dans le gouvernorat de Médenine, appui au Conseil supérieur de la magistrature (CSM), appui à l'Instance nationale pour la prévention de la torture (INPT) et l'Instance nationale de lutte contre la traite des personnes (INLCTP). 

Ces trois projets bénéficient du financement du gouvernement des Pays-Bas et sont réalisés conjointement avec le Haut-Commissariat aux Droits de l’Homme (HCDH). J’assiste l’’équipe également sur le projet relatif à l'amélioration de l'accès à la justice pour les personnes victimes de discriminations liées au genre et aux orientations sexuelles (Gender justice) et le projet relatif à la promotion et au respect des droits humains dans la chaine de valeurs de la pêche dans le gouvernorat de Médenine (Business and Human Rights).

Photo d'équipe du projet accès à la justice du PNUD

Ce qui marque notre équipe c’est l’esprit de solidarité, de conseil et de disponibilité que chaque membre manifeste à l’égard de nos projets, activités ainsi que vis-à-vis des autres membres de l’équipe.

 L’ambiance qui règne au sein de notre équipe a incité les collègues à prendre part à des réunions qui ne concernent pas directement les projets sur lesquels ils/elles travaillent, mais c’est la volonté d’avoir une vision globale sur nos interventions, de partager des conseils, propositions ou analyses et, je l’avoue, le sentiment agréable d’être et de travailler ensemble qui nous motive à nous appuyer et nous entraider. 

Sauf engagements ou réunions, nous avons presque quotidiennement pris un café ensemble, déjeuné ensemble (home-made ou au restaurant) et fêté nos anniversaires ensemble. Je garderai pour toujours ces souvenirs et cette méthode humaine et spontanée de leadership.

Notre communication interne est le levier de notre mission. Au bureau, par mail, sur Teams et sur notre groupe de discussion, nous nous entendons très bien et accordons de l’importance au bien-être et à la santé de chaque membre de notre équipe. 

Le confinement total et le travail à distance imposés par le contexte mondial de réponse à la pandémie COVID-19 n’ont pas impacté notre travail ni la performance (je dirai même, bien au contraire !).

Notre engagement à appuyer la Tunisie pendant une période difficile nous a motivés à développer des méthodes d’intervention innovantes dans l’appui à la résilience des populations vulnérables que nos divers projets ciblent.

Nous échangeons les avis et impressions sur les projets, sur la méthode de travail, sur nos relations avec nos partenaires et nos bénéficiaires. Nous sommes engagé.e.s à répondre aux demandes, sollicitations et feedback de leur part. 

C’est le moteur de notre planification annuelle et stratégique, car notre travail au sein du PNUD repose sur la réponse aux besoins de la population et de nos partenaires mandatés et/ou élus par le peuple.

J'admire personnellement la solidarité et l’effort colossal de coordination interne au sein du PNUD entre les différents clusters ainsi que l’appui indispensable des services des opérations pour rendre concrètes nos interventions et honorer nos engagements vis-à-vis de nos partenaires. 

Town hall du PNUD organisé à distance le 16/12/2020

Juriste de formation et admiratrice du travail des Nations Unies depuis mon enfance, j’éprouve un bonheur inégalé de prendre part aux réunions inter-agences des Nations Unies dans le but de partager l’état de nos interventions et tisser des liens de collaboration sur des thématiques qui se croisent. 

Aux côtés du HCDH, nous collaborons avec l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) dans le cadre de notre projet d’appui à l’INLCTP. Avec le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF), nous contribuons à la réflexion sur la situation des mineurs privés de liberté dans le cadre de notre projet d’appui à l’IINPT. 

Avec l’Organisation internationale du travail (OIT) et l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), nous échangeons autour du respect des droits humains dans les activités économiques dans le cadre du projet Business and Human Rights. Le Centre d’Information des Nations Unies (CINU) nous a été d’un énorme appui en matière de documentation onusienne et de communication. 

La collaboration avec le programme des Volontaires des Nations Unies a été, en outre, fructueuse et a permis de mobiliser des volontaires nationaux et internationaux, en présentiel et à distance, pour assister le travail de notre équipe et contribuer à la réalisation des Objectifs de Développement Durable en Tunisie. 

Retraite du programme des Volontaires des Nations Unies : 23/10/2019 à Dougga, Tunisie

Qu’est-ce que nous faisons ? Un appui continu à la transition tunisienne

Notre équipe appuie nos partenaires afin qu’ils soient pleinement opérationnels, dans le respect des principes universels des droits humains, de démocratie et d’égalité de genre. A travers nos interventions, nous œuvrons à ce que les populations, notamment les femmes et les personnes vulnérables, voient la jouissance de leurs droits et de leurs libertés renforcées conformément à la Constitution tunisienne et aux standards internationaux. 

Je profite de ce blog pour mettre en exergue deux activités qui m’ont exceptionnellement marquées.

  • Une enquête de perception et de connaissances au sein des tribunaux et en prison à Médenine 

Mon équipe m’a accordé la confiance de participer aux différentes phases de l'enquête de perceptions, connaissances et satisfaction auprès de la population des usagers des services judiciaires et pénitentiaires à Médenine et à l’étude qualitative d’appréciation des performances des services judiciaires et pénitentiaires, toujours à Médenine, par les acteurs professionnels concernés intervenant dans la justice.

 Un exercice exceptionnel car impliquant tous les acteurs concernés par la justice. Nous avons mené l’enquête avec un suivi quotidien par le ministère de la Justice et avec l’appui du Centre des études juridiques et judiciaires (CEJJ). 

J’étais positivement impressionnée de la disponibilité de tous les intervenants du système de la justice à Médenine. J’ai eu l’honneur d’interviewer ces acteurs, qui ont manifesté intérêt, confiance et engagement à appuyer l’amélioration de l’accès à la justice dans la région.

Dans les tribunaux comme en prison, nous avons recueillis des avis et des témoignages des justiciables, de personnes en détention et de leurs familles. L’expérience est humainement bouleversante, ce privilège de pouvoir être en dehors et à l’intérieur de la prison au bout de quelques heures était, des fois, déstabilisant. J’étais triste de savoir que les jeunes constituent une grande partie de la population incarcérée.

 Je ne pouvais nullement être indifférente à l’égard des récits des familles des détenus, principalement des mamans ramenant le couffin à leurs fils privés de liberté. J’ai ressenti que les efforts physiques, financiers (malgré la situation économique généralement difficile de la famille) mais surtout psychologiques investis dans la préparation du couffin ont absorbé une grande part du bonheur des familles des personnes détenues, qui en raison de leur attachement à la personne incarcérée, se sentent eux-mêmes emprisonnées, mais dans des conditions différentes. 

J’ai perçu que leur calendrier hebdomadaire, mensuel et annuel se réfère aux dates de la visite de leurs proches en prison ainsi que des dates des audiences au tribunal et des fêtes nationales, en l’attente d’une possible grâce présidentielle. Ce qui me marquera éternellement, grâce à cette expérience unique de visiter une prison pendant quelques jours, c’est de savourer la liberté et la pleine jouissance des droits chaque jour, et de veiller constamment à ce que les conditions de détention des personnes en détention s’améliorent car « Tous les détenus sont traités avec le respect dû à la dignité et à la valeur inhérentes à la personne humaine » (Règle 1 Ensemble de règles minima des Nations Unies pour le traitement des détenus - Règles Nelson Mandela). 

Un guide du prisonnier 

M. Steve Utterwulghe, Représentant Résident du PNUD Tunisie, M. Nidhal Jurdi du HCDH et M. Elyes Zalleg, Président du Comité général des prisons et de la rééducation, à l’occasion de la présentation du Guide du prisonnier le 10 Décembre 2019 à l'Ecole nationale des prisons et de la rééducation

Dans le cadre de notre projet d’appui à l’amélioration de l’accès à la justice dans le gouvernorat de Médenine en partenariat avec le ministère de la justice et le projet d’appui aux Instances, j’assiste notre équipe à consolider les capacités de nos partenaires dans le développement et le partage des connaissances, notamment en intervenant en appui à l’élaboration et à la diffusion du Guide du prisonnier.

Je garde à l’esprit ces moments uniques pour mon pays où l’IINPT, le Ministère de la justice et le Comité national des prisons et de la rééducation (CGPR), appuyés par le Conseil de l’Europe, ont conçu un guide spécifique destiné à la population détenue et au personnel pénitentiaire, clarifiant les droits et obligations de chacun et permettant de faire en sorte que les lieux de privation de liberté ne soient pas des lieux de privation de droits. 

Les réunions auxquelles j’ai assisté, au siège de l’INPT ou au CGPR m’ont révélée un engagement du “contrôleur” (l’INPT) et du “contrôlé” (le CGPR) de s’assurer de l’inexistence de la pratique de la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants dans les lieux de privation de liberté et contrôler la compatibilité des conditions de détention et d’exécution des peines avec les standards des droits humains ainsi que la législation nationale. 

Ayant, bizarrement, passé quelque temps au sein d’une prison lors de l'enquête de perception de notre projet, j’apprécie la logique et la pertinence du Guide, ayant pour objectif ultime d’humaniser les conditions de détention et de promouvoir le respect de la dignité humaine. Bilingue, dans le but de prendre en considération les détenus non arabophones, comporte les réponses aux questions traitant de tous les aspects de la vie quotidienne en prison, en suivant le parcours du premier au dernier jour d’incarcération : entrer, vivre, le respect des droits et sortir de prison. Notre équipe est intervenue pour finaliser l’édition du Guide puis assurer son impression afin que tous les prisonniers et le personnel pénitentiaire disposent d’une copie entre les mains.

Notre partenariat avec la société civile 

Atelier sur la communication et le leadership avec les représentants des Organisation de la Société Civile partenaires du PNUD, Djerba

Dans le cadre de l’amélioration de l’accès à la justice dans le gouvernorat de Médenine, nous avons prévu d’appuyer des initiatives des OSC en vue de contribuer à améliorer l’accès à la justice dans la région. Le processus suivi pour lancer cette collaboration est spécial et je suis ravie d’avoir eu la possibilité de le suivre dès le début. Nous avons souhaité connaitre de près nos partenaires et comprendre leurs forces et domaines d’intervention. J’ai pris part à toutes les missions sur le terrain pour identifier les organisations de la société civile à Zarzis, Djerba, Béni Khedech, Ben Guerdane, Médenine, Zammour et Sidi Makhlouf, et j'avoue admirer le réseau associatif bien dynamique de la région.

Je retiens de cette expérience l'évolution croissante de l’effort humain investi par les membres de la société civile dans l’apprentissage et la recherche afin de comprendre les difficultés d’accès à la justice afin de concevoir des idées de projets visant à apporter un changement dans la région.

Partant de réflexions collectives sur le système de la justice tunisien, en identifiant lors de chaque rencontre avec les associations, les défis nationaux et régionaux d’accès à la justice, j’ai appris que chaque projet, associatif ou organisationnel, suit un cycle de vie original qui dépend de la motivation et de l’implication de ses initiateurs. Les projets associatifs m’inspirent davantage de patience et de curiosité de suivre leurs actions vers un changement comportemental attendu, vers un accès sans difficulté aux services judiciaires et pénitentiaires. 

Nous collaborons avec les jeunes

SDG 16 Camp, 18 septembre 2019 en collaboration avec le Club de Droit International Humanitaire et de Droits Humains, Faculté des Sciences Juridiques, Politiques et Sociales de Tunis

Parmi les responsabilités que j’assume au sein de l’équipe, je veille à ce que les projets sur lesquels nous travaillons dédient des activités ciblant le monde académique et de la recherche. Outre les activités de sensibilisation, nous appuyons les jeunes du monde académique en vue de la création de connaissances et de l’apprentissage, qui sont l’objectif ultime du travail du PNUD sur les connaissances dans ses nouveaux domaines prioritaires. 

Notre objectif est le renforcement de l’engagement civique et de la participation des jeunes tunisien.ne.s au processus décisionnel et aux processus et institutions politiques et le renforcement de leur engagement en matière de résilience.

J’ai eu la chance d’appuyer l’organisation de rencontres avec les jeunes, dont principalement :

  • Camp sur l’ODD 16 qui a permis de sensibiliser les étudiants sur les défis liés à la paix, à la sécurité et à la justice en Tunisie ;

  • Session de sensibilisation d’une centaine des étudiant.e.s du foyer universitaire Ulysse à Djerba (Médenine) sur l’accès à la justice conformément aux standards internationaux et africains des droits humains, à l’occasion de la Journée africaine des droits de l’Homme ;

  • Débat avec une centaine de jeunes du monde académique et associatif à l’occasion de la célébration de la Journée Nelson Mandela;

  • Célébration de la Journée mondiale Cœur bleu de soutien aux victimes de traite des personnes avec les jeunes du monde académique et associatif.

Notre collaboration avec les jeunes joue un rôle essentiel dans le cadre nos processus de réflexion, où nous partageons et discutons ouvertement avec eux/elles et tentons de donner un sens à ce que nous observons lors de nos échanges avec la jeunesse, ce qui génère des idées, un apprentissage et contribue au soutien du processus de conceptualisation, ainsi qu’après l’étape de conceptualisation, où nous communiquons à l’aide de nos éléments factuels et de nos résultats pour aider nos partenaires et les autres à appliquer ce que nous avons appris. 

Notre action en 2021

"Un gagnant est juste un rêveur qui n'a jamais cédé”. Ces paroles sages de Nelson Mandela traversent souvent mon esprit quand je pense au travail de l’équipe « Justice et Droits Humains », du PNUD et du Système des Nations Unies d’appui à la transition démocratique et à l’instauration d’une paix inclusive et durable en Tunisie. 

Je suis fascinée de voir nos yeux briller de motivation et d’espoir pour la réussite de la transition ; un rêve pour lequel notre équipe est dévouée, jour et nuit, afin que les institutions civiles, politiques et administratives soient pleinement opérationnelles, dans le respect des principes universels des Droits Humains, de démocratie et d’égalité de genre. Je suis, au final, ravie de pouvoir accompagner notre équipe lors de nos prochaines actions d’appui à améliorer l’accès aux droits en Tunisie, dont :

  • Le lancement du Laboratoire des droits : une initiative sur laquelle je travaille depuis mars 2020, inspirée par le confinement général imposé à cause de la pandémie. En raison de l’impossibilité d’organiser des activités en présentiel, nous avons conçu une nouvelle plateforme virtuelle d’échange d’expériences et d’apprentissage en matière de droits humains en appui à nos partenaires et projets, en tissant des liens étroits avec le monde académique, professionnel et associatif et en fournissant des opportunités de réflexion approfondie et d’expérimentation des connaissances.

  • Le lancement de la compétition d’innovation sur le signalement des inégalités de genre et celles liées aux orientations sexuelles en Tunisie : la compétition lancée par notre projet d’amélioration de l’accès à la justice pour les personnes victimes de discriminations liées au genre et aux orientations sexuelles en Tunisie, destinée exclusivement aux jeunes (entre 18 et 30 ans), a pour objectif de solliciter, tester et accompagner des idées de projets innovants de signalement, de mise en lumière ou encore de dénonciation des inégalités liées au genre et/ou aux orientations sexuelles en Tunisie.
 
  • L'appui à l’élaboration et la diffusion du Manuel du droit pénitentiaire en Tunisie: je me trouve chanceuse de pouvoir contribuer avec notre équipe, et en partenariat avec le Conseil de l’Europe, à appuyer l’Instance nationale pour la prévention de la torture et le Comité national des prisons et de la rééducation, afin de présenter au public une version bilingue du Manuel du droit pénitentiaire. Un travail acharné que j’admire et qui exige que toute l’équipe soit engagée à lire attentivement et à apporter les révisions nécessaires pour se conformer aux standards en matière de droits humains et de détention. A travers ce Manuel, le lecteur/chercheur pourra constater l’attention que nous accordons à la rigueur de l’approche pour suivre, en détails, le parcours d’une personne privée de liberté, d’un point de vue juridique et procédural, depuis son entrée en prison, sa vie en prison, les droits et obligations des différentes parties concernées et la sortie de la prison.
  • Le lancement des activités du projet Business and Human Rights : selon une approche bottom-up, notre projet de promotion et de protection des Droits Humains dans la chaine de valeurs de la pêche dans le gouvernorat de Médenine œuvre à renforcer les capacités des acteurs des secteurs public et privé afin d’appliquer les obligations en matière des Droits Humains. Je suis reconnaissante à l’équipe qui m’a accordé la confiance de participer au Forum mondial sur les entreprises et les droits humains à Genève en 2019 et de prendre part aux discussions de haut niveau et au partage d’expériences par les Etats et les agences et organisations impliquées. Ma participation à la plus grande rencontre des États, de l’ensemble du système des Nations Unies, des organisations intergouvernementales et régionales, des sociétés transnationales, des syndicats, des institutions nationales des droits de l'Homme, des individus et groupes affectés est un moment unique de ma formation et carrière. Les plénières et discussions auxquelles j’ai assisté m’ont outillé de connaissances et de motivation qui me guident quotidiennement dans l’appui à notre équipe JDH afin de mettre en œuvre cette première initiative du PNUD Tunisie pour la mise en œuvre du cadre de référence des Principes directeurs des Nations Unies relatifs aux entreprises et aux Droits de l’Homme « Protéger, respecter et réparer ».

Réunion de présentation du projet Business and Human Rights au Ministère de l'Agriculture, des Ressources Hydrauliques et de la Pêche Maritime, 12/01/2021

Je suis reconnaissante aux conditions exceptionnelles d’intégration d’une jeune tunisienne au sein de la grande famille du système des Nations Unies pour appuyer la Tunisie dans la promotion et le respect des droits humains. Je suis fortunée de pouvoir apprendre chaque jour, de me défier sur plusieurs niveaux et développer des connaissances et des approches qui me sont inédites. 

Avant de commencer cette aventure unique, j’étais certaine que travailler aux Nations Unies me sera très enrichissant. Je suis humainement touchée par la confiance qu’on accorde à mon implication sur les différents projets depuis le premier jour. Une journée “classique” au sein de l’équipe me permet de réfléchir sur le processus de justice transitionnelle et constitutionnelle, à la réforme de la justice en Tunisie, à la prévention de la torture et la lutte contre la traite des personnes, à l’égalité de genre et au respect des droits humains dans les activités économiques.

Cette réflexion collective, au sein de l’équipe, avec nos partenaires et collaborateurs ainsi que cette confiance mutuelle m’ont permis, indirectement, de développer d’autres capacités et de découvrir des méthodes de travail authentiques. J’apprécie, tout particulièrement, l’humain dans ces échanges et la volonté de soutenir la Tunisie dans son chemin vers la liberté. 

“Il n’est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage”. Je reconnais le sentiment de bonheur que j’éprouve quotidiennement de pouvoir rêver et assister une équipe aussi ambitieuse pendant une période exceptionnelle de l’histoire de la Tunisie.

Je suis persuadée et optimiste que la sincère motivation d’appuyer la transition démocratique ainsi que l’engagement et le courage de la population tunisienne, notamment de sa jeunesse, permettront au pays de réaliser les revendications de la Révolution de la liberté et de la dignité. 

“Lorsqu’un jour le peuple veut vivre, 
Force est pour le Destin, de répondre, 
Force est pour les ténèbres de se dissiper, 
Force est pour les chaînes de se briser”.  

Abou El Kacem Chebbi, “La volonté de vivre”, in Les chants de la vie (Aghani Al Hayat), traduction de S. Masliah.