Mot d’ouverture de la Représentante résidente à l’occasion de la Rencontre spéciale dans le cadre de la célébration du 60ème anniversaire de l’adoption de la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination

22 décembre 2025
Five suited professionals stand on stage behind white desks, with a large Moroccan flag as backdrop.

Rencontre spéciale dans le cadre de la célébration du 60ème anniversaire de l’adoption de la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale et le 77 ème anniversaire de la Déclaration Universelle des droits de l’Homme

DIDH

 

Cher M. Mohammed El Habib Belkouch, Délégué Interministériel aux Droits de l’Homme

Chère Mme Marielle SANDER, Représentante du Fonds des Nations pour la Population (UNFPA), au Maroc

Chère Mme Myriem Ouchen Noussairi, Cheffe du Bureau-Maroc de l'entité des Nations Unies pour l'égalité entre les sexes et l'autonomisation des femmes (ONU Femmes) 

Chères expertes, chers experts,
Chères participantes, chers participants, 

C’est avec un grand honneur que je prends la parole aujourd’hui à l’occasion de cette rencontre organisée par la Délégation Interministérielle aux Droits de l’Homme, pour célébrer le 60ᵉ anniversaire de la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale, ainsi que le 77ᵉ anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme.

La convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale, adoptée il y a six décennies, constitue un instrument fondamental pour lutter contre toutes les formes de racisme et de discrimination raciale. Elle établit des normes claires et contraignantes, visant à protéger la dignité et l’égalité de toutes les personnes, et à promouvoir une société plus juste et inclusive. 

Son message reste plus que jamais d’actualité : la lutte contre la discrimination est l’affaire de toutes et tous, dans tous les espaces de la vie publique et privée, y compris dans le sport. Mais elle va bien au-delà d’un cadre juridique : elle nous rappelle que lutter contre la discrimination raciale, c’est aussi construire des sociétés plus justes, plus solidaires et plus pacifiques.

Aucune société ne peut vraiment progresser si certains sont exclus à cause de leur origine, de leur couleur ou de leur appartenance réelle ou supposée. La discrimination freine le développement dans tous les domaines : qu’il s’agisse d’assurer l’accès à la justice, de protéger l’environnement, de promouvoir la santé ou l’égalité des genres, ou encore d’améliorer la gouvernance. Elle limite les opportunités, fragilise le capital humain et empêche une véritable participation citoyenne.

Il ne faut pas oublier que la discrimination raciale n’est pas seulement le résultat de comportements individuels. Nous avons tous la responsabilité de la dénoncer et de refuser tout discours, qui véhicule la haine, la supériorité raciale, le racisme, la xénophobie ou l’intolérance.

Le principe de l’Agenda 2030 — ne laisser personne de côté — traduit parfaitement l’esprit de la Convention. La réduction des inégalités (ODD 10), l’égalité de genre (ODD 5), l’accès équitable aux services essentiels (ODD 3, 4, 11) et la construction de sociétés pacifiques et inclusives (ODD 16) ne peuvent être atteints sans une lutte déterminée contre toutes les formes de discrimination.

Le Maroc a inscrit dans la Constitution de 2011 la prohibition explicite de toutes les formes de discrimination et l’égalité entre toutes les citoyennes et tous les citoyens. Cette ambition réverbère à travers le Nouveau Modèle de Développement, qui place l’inclusion, la justice sociale et l’égalité des chances au cœur de la transformation du pays. 

Le PNUD œuvre dans 170 pays pour transformer ces engagements normatifs en politiques et programmes concrets de developpement. Au Maroc, notre partenariat avec la Délégation Interministérielle aux Droits de l’Homme et avec les institutions nationales dans le cadre de notre programme pays illustre cette ambition.

À travers le projet « Appui au renforcement du processus de mise en œuvre des engagements internationaux du Royaume du Maroc en matière des droits de l’Homme », nous soutenons :

•          l’alignement du cadre juridique et institutionnel avec les standards internationaux ;

•          la préparation des rapports aux mécanismes onusiens ;

•          la diffusion d’une culture de non discrimination dans les institutions, les collectivités et la société civile ;

•          la participation inclusive, en particulier des femmes, des jeunes, des personnes en situation de handicap et des populations vulnérables.

Le thème de cette rencontre rappelle que le sport, espace universel de rassemblement, peut être aussi le reflet de discriminations persistantes. Il peut pourtant devenir un puissant levier d’éducation, de cohésion et de promotion des valeurs universelles. Le Maroc, pays de passion sportive et de grandes ambitions internationales, dispose d’un potentiel remarquable pour utiliser le sport comme instrument de prévention des discriminations, de renforcement de l’inclusion et de diffusion des valeurs des droits humains.

Le thème de la Journée international des Droits de l’Homme cette année « les droits humains, nos essentiels de tous les jours » met en exergue  que les DH sont le socle de nos vie (logement, eau, santé, éducation, travail – et la non-discrimination est indissolublement liée à la jouissance de ces droits dans la pratique). Le thème nous rappelle aussi que  nous tous, dans les multiples rôles que nous jouons dans nos vies, nous sommes appelés à être acteurs, promoteurs et défenseurs des droits fondamentaux. En tant que parents, professionnels, éducateurs, et… diplomates. C’est dans ce sens que je salue l’initiative de la DIDH de reconnaitre les contributions son illustre diplomate au système multilatéral, en mettant en exergue celles aux normes internationales de lutte contre la discrimination. Cette occasion nous rappelle l’importance de l’action individuelle et collective, qui est à la base d’un système multilatéral fort, et socle d’un approche de développement inclusif. 

La mise en œuvre de la Déclaration universelle, de la Convention de 1965 et des ODD représente une responsabilité collective. Le Maroc a placé l’inclusion, la justice et la dignité humaine au centre de sa vision de développement. Le PNUD est pleinement engagé aux côtés des institutions nationales pour accompagner cette dynamique.

Et parlant du sport à l’approche de la CAN, cette logique prend tout son sens. Il peut être un puissant outil d’inclusion, un espace de dialogue et de cohésion, mais il peut aussi refléter les discriminations existantes. Travailler pour un sport inclusif, c’est promouvoir des modèles positifs et aligner les institutions sportives sur les normes internationales des droits humains.

Je suis convaincue que cette rencontre sera l’occasion de partager des expériences, de s’inspirer des bonnes pratiques et de proposer des solutions concrètes pour faire du sport un vecteur de tolérance, d’inclusion et de développement humain.

Je vous remercie.

Et bonne chance à l’équipe nationale du Maroc cet après-midi. 

Aucune société ne peut vraiment progresser si certains sont exclus à cause de leur origine, de leur couleur ou de leur appartenance réelle ou supposée. La discrimination freine le développement dans tous les domaines : qu’il s’agisse d’assurer l’accès à la justice, de protéger l’environnement, de promouvoir la santé ou l’égalité des genres, ou encore d’améliorer la gouvernance. Elle limite les opportunités, fragilise le capital humain et empêche une véritable participation citoyenne.