« Discours de Dr Edward A. Christow, Représentant résident du PNUD : A l’occasion de « l’atelier national sur la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAf) »

21 avril 2026
La ZLECAf n’est pas une fin en soi. C’est un outil au service de la transformation économique. Son impact dépendra de notre capacité collective à relier politiques publiques, capacités productives et réalités du terrain.
Dr Edward A. Christow, Représentant résident du Programme des Nations Unies pour le développpement

(Liste Protocolaire)

Je suis honoré d’ouvrir cet atelier consacré à l’opérationnalisation de la Zone de Libre‑Échange Continentale Africaine, avec une question simple mais essentielle : comment faire en sorte que les entreprises malgaches puissent réellement bénéficier de l’accès au marché africain ?

Je tiens à saluer le leadership du Ministère du Commerce et de la Consommation, ainsi que le partenariat précieux avec la Commission Économique pour l’Afrique et le PNUD Régional, dont l’expertise accompagne concrètement la mise en œuvre de la ZLECAf à Madagascar.

La ZLECAf est l’un des projets d’intégration économique les plus ambitieux jamais portés par le continent africain. En créant un marché unique de plus de 1,3 milliard de consommateurs, elle ouvre de nouvelles perspectives de croissance, de diversification des échanges, de création d’emplois et de transformation productive. Pour Madagascar, pays insulaire fortement dépendant du commerce extérieur, cette intégration continentale représente une opportunité stratégique majeure. Pour Madagascar, pays insulaire fortement dépendant du commerce extérieur, cette intégration continentale représente une opportunité stratégique majeure.

Madagascar a fait un choix clair en signant l’Accord en 2018 et en le ratifiant en 2024. Ce choix s’est concrétisé par l’adoption, en septembre 2024, de la Stratégie Nationale de mise en œuvre de la ZLECAf, ainsi que par l’élaboration d’une stratégie nationale de communication destinée à mieux informer, sensibiliser et mobiliser l’ensemble des acteurs. Aujourd’hui, l’enjeu n’est plus de planifier, mais d’opérationnaliser.

Car nous le savons : les opportunités offertes par la ZLECAf ne se matérialiseront pas automatiquement. Trop souvent encore, les entreprises – en particulier les micros, petites et moyennes entreprises – manquent d’informations pratiques sur les règles commerciales, les règles d’origine, les normes, ou les outils disponibles. Trop souvent, les coûts logistiques, les contraintes de financement et les exigences de compétitivité freinent l’accès effectif aux marchés africains.

Pourtant, Madagascar dispose d’atouts considérables : une agriculture riche, une biodiversité unique, des filières porteuses comme l’agro-industrie, le textile-habillement, les industries créatives, et des produits à forte identité locale. La ZLECAf peut devenir un levier puissant pour mieux valoriser ces atouts, à condition que nos entreprises soient accompagnées de manière ciblée et pragmatique.

C’est dans cet esprit que le PNUD Madagascar intervient, avec une approche à la fois pragmatique et systémique. Nous accompagnons la mise en œuvre de la ZLECAF à travers le renforcement des capacités institutionnelles, l’accompagnement du secteur privé, avec une attention particulière portée aux MPME, aux femmes et aux jeunes entrepreneurs, l’intégration de Madagascar dans des chaînes de valeur régionales durables et le dialogue public–privé, indispensable pour lever les contraintes structurelles au commerce. Notre objectif est clair : faire en sorte que la ZLECAf se traduise en opportunités réelles, en entreprises plus compétitives, et en emplois décents.

L’atelier qui s’ouvre aujourd’hui constitue une étape importante de ce processus. Il doit permettre une meilleure compréhension des règles de la ZLECAf, une appropriation des outils disponibles et l’identification de solutions concrètes, adaptées aux réalités des entreprises malgaches.

Mesdames et Messieurs,
La ZLECAf n’est pas une fin en soi. C’est un outil au service de la transformation économique. Son impact dépendra de notre capacité collective à relier politiques publiques, capacités productives et réalités du terrain.

Le PNUD réaffirme son engagement à accompagner Madagascar dans cette dynamique, aux côtés du Gouvernement et de l’ensemble des partenaires.

Je vous remercie de votre attention et vous souhaite des échanges riches, constructifs et orientés vers l’action.