Des bassins versants à l’océan : agir à la source pour protéger les écosystèmes marins du sud de Madagascar
23 février 2026
Une pollution qui commence à terre et se termine dans l’océan
Dans le sud de Madagascar, la dégradation des écosystèmes marins trouve bien souvent son origine loin du littoral. Les bassins versants, les zones agricoles, les centres urbains et industriels constituent autant de points de départ pour des pollutions d’origine terrestre qui, entraînées par les cours d’eau, finissent par affecter les estuaires et les zones côtières.
Les régions d’Atsimo Andrefana et d’Anosy illustrent pleinement cette réalité. Malgré des contextes écologiques et socio-économiques distincts, elles sont confrontées à des pressions convergentes : déforestation, érosion des sols, pratiques agricoles non durables, rejets industriels et insuffisance des infrastructures d’assainissement. Ces facteurs accentuent les apports de sédiments, de nutriments et de polluants vers le milieu marin, favorisant la formation de zones hypoxiques et la dégradation progressive des écosystèmes côtiers.
Les impacts sont directs sur les populations. La biodiversité marine est fragilisée, les pêcheries artisanales voient leur productivité diminuer et la sécurité alimentaire de communautés fortement dépendantes des ressources marines est mise en tension. Ces défis se déploient dans un contexte marqué par des capacités institutionnelles locales limitées et par des vulnérabilités climatiques élevées, rendant indispensable une réponse structurée, coordonnée et durable.
Un projet structurant et un atelier clé pour en garantir la qualité
Pour répondre à ces enjeux, le projet « Green, blue and healthy investments to reduce land-based pollution affecting marine ecosystems in Madagascar » prévu pour la période 𝟮𝟬𝟮𝟲–𝟮𝟬𝟯𝟭 a été conçu avec l’appui du Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM). Il sera mis en œuvre par le Programme des Nations Unies pour le Développement -PNUD-, avec le Ministère de l’Environnement et du Développement Durable (MEDD), et s’inscrit dans le Programme Intégré « Clean and Healthy Ocean » (CHO-IP) du FEM 8. Le projet repose sur une approche intégrée dite « source à la mer », ciblant les bassins versants de l’Onilahy et du Mandrare ainsi que leurs zones côtières d’influence à Toliara et Taolagnaro.
Sa logique d’intervention s’articule autour de quatre composantes complémentaires : le renforcement des connaissances et des systèmes de surveillance, la consolidation des cadres institutionnels et juridiques, la réduction concrète des pollutions par des investissements ciblés et des changements de pratiques, ainsi que l’intégration transversale de la gestion des connaissances, de la communication et du genre.
Après l’approbation du projet par le CEO du Fonds pour l’Environnement Mondial en octobre 2025, une étape déterminante s’est tenue au niveau national : l’atelier du Comité Local d’Examen du Projet (LPAC). Cet atelier a constitué un moment clé du cycle de formulation, en tant que mécanisme d’assurance-qualité préalable à la signature du document de projet (ProDoc) et au démarrage effectif des activités.
Sous la conduite du MEDD, cette réunion du Comité local d’Examen du Projet a réuni les parties prenantes concernées autour d’un objectif central : examiner de manière approfondie le document de projet et ses annexes. Cette démarche a visé à garantir la qualité technique, la cohérence opérationnelle et la conformité du projet aux exigences du Fonds pour l’Environnement Mondial. La réunion a aussi notamment permis d’analyser la logique d’intervention et la théorie du changement, les stratégies de mise en œuvre, le budget et les modalités de financement, ainsi que les dispositifs institutionnels et de gouvernance. Une attention particulière a été par ailleurs accordée à la conformité aux exigences environnementales, sociales et d’intégration du genre, ainsi qu’aux mécanismes de suivi-évaluation et de gestion des risques.
Un cadre validé pour un démarrage solide et concerté
À travers la tenue de cette réunion du Comité local d’examen du projet, le projet a franchi une étape structurante qui va bien au-delà d’une validation formelle. L’enjeu est de s’assurer que les choix stratégiques, techniques et opérationnels proposés sont réalistes, cohérents et pleinement alignés avec les priorités nationales et les directives du FEM 8.
En plaçant cette réunion du Comité local d’Examen du Projet au cœur du processus, le projet « Green, blue and healthy investments to reduce land-based pollution affecting marine ecosystems in Madagascar » franchit une étape déterminante.Elle marque le passage d’une ambition stratégique à une dynamique d’action concrète, portée collectivement.
Cette avancée est rendue possible grâce à l’appui financier du Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM), dont le soutien témoigne d’une confiance forte dans la capacité de Madagascar à engager des investissements verts et bleus au service de ses écosystèmes marins. Car protéger les océans commence bien en amont du littoral, par des décisions éclairées, structurées et partagées. La prochaine étape, avec la signature de la convention et le lancement officiel du projet, ouvrira un nouveau chapitre : celui de la mise en œuvre opérationnelle au service d’un développement plus durable et d’une mer plus saine pour les générations futures