Derrière chaque fève de cacao se cache une histoire de personnes, de nature et d’espoir pour l’avenir
Plus que du chocolat
1 juillet 2026
Le chocolat est apprécié dans le monde entier.
Mais bien avant d’arriver dans les rayons des magasins, son histoire commence ailleurs.
Elle commence dans des villages, des forêts et des exploitations familiales où des millions de personnes cultivent le cacao pour subvenir aux besoins de leurs familles et de leurs communautés.
Pour beaucoup, le cacao est bien plus qu’une culture. C’est une source de revenus, un lien avec la terre et un héritage transmis de génération en génération.
Aujourd’hui, les communautés productrices de cacao sont confrontées à des défis croissants. Les changements climatiques, la déforestation, la perte de biodiversité et l’incertitude des marchés exercent une pression grandissante sur les moyens de subsistance comme sur les paysages.
Pourtant, aux quatre coins du monde, des femmes et des hommes ouvrent de nouvelles voies.
Leurs histoires montrent comment le cacao aide les communautés à restaurer les écosystèmes, à renforcer leurs moyens de subsistance et à bâtir leur résilience pour l’avenir.
La culture du cacao fait vivre des millions de personnes tout en jouant un rôle essentiel dans la protection des écosystèmes.
Indonésie : faire renaître le village du cacao
Les mains de Sunarti connaissent la terre de Kaladi Darussalam comme une vieille amie.
Née et élevée dans ce village de Sulawesi du Sud, en Indonésie, elle se souvient d’une époque où le cacao rythmait la vie quotidienne. Les familles en vivaient, les enfants apprenaient le métier auprès de leurs parents et le parfum des fèves de cacao en train de sécher embaumait l’air.
« Le cacao était notre vie », se souvient-elle. « Ce n’était pas seulement une culture. C’était notre fierté, notre culture. »
Pendant des décennies, Kaladi Darussalam était connue sous le nom de Kampung Kakao, le village du cacao.
Mais la baisse des prix du cacao et de graves invasions de ravageurs ont poussé de nombreux agriculteurs à abandonner leurs plantations. À mesure que la production diminuait, le village perdait non seulement une source de revenus, mais aussi une part de son identité.
Sunarti participe au renouveau de la culture durable du cacao à Kaladi Darussalam, en Indonésie.
Aujourd’hui, un nouveau chapitre s’ouvre.
Grâce au projet Food Systems, Land Use and Restoration, mis en œuvre par le Ministère coordinateur des affaires alimentaires de l’Indonésie, le PNUD et la FAO, avec le soutien financier du Fonds pour l’environnement mondial (FEM), les agriculteurs développent une cacaoculture plus durable grâce à de meilleures pratiques agricoles et à une gestion renforcée de l’environnement.
Les femmes jouent un rôle central dans ce renouveau à travers des groupes locaux d’agricultrices.
Pour Sunarti, restaurer la filière cacao va bien au-delà de l’amélioration des récoltes.
« Je serai heureuse si nous réussissons vraiment », dit-elle. « Nous ferons revivre l’âge d’or de Kaladi Darussalam en tant que Kampung Kakao. »
Ghana et Côte d’Ivoire : cultiver le cacao, protéger les forêts
À des milliers de kilomètres de là, en Afrique de l’Ouest, le cacao raconte une autre histoire.
Le Ghana et la Côte d’Ivoire comptent parmi les principaux producteurs mondiaux de cacao. Depuis des générations, cette culture fait vivre des millions de personnes et contribue de manière significative aux économies nationales.
Mais des décennies d’expansion agricole ont entraîné la disparition de vastes superficies forestières, l’érosion de la biodiversité et la dégradation des terres. Aujourd’hui, producteurs, gouvernements et partenaires unissent leurs efforts pour inverser cette tendance.
Au Ghana, le Programme sur les produits de base verts du PNUD s’est associé à Mondelēz International, dans le cadre de l’initiative Cocoa Life, afin de promouvoir une production de cacao durable. Les agriculteurs réintroduisent des systèmes cacaoyers sous couvert forestier, restaurent le couvert arboré et adoptent des pratiques qui préservent à la fois la productivité et la biodiversité.
En Côte d’Ivoire voisine, le projet SCOLUR, financé par le Fonds pour l’environnement mondial (FEM) et mis en œuvre par la FAO, le PNUD et l’ONUDI, aide les communautés à adopter une production de cacao sans déforestation grâce à l’agroforesterie, à la préservation de la biodiversité et à la restauration des paysages.
Ensemble, ces initiatives montrent qu’il est possible de produire du cacao tout en protégeant les forêts.
République démocratique du Congo : de nouvelles perspectives dans le Haut-Uele
Pour Leonard Asebea, le cacao est synonyme d’opportunités.
Président de l’Association des producteurs de cacao de Wamba, dans la province du Haut-Uele, en République démocratique du Congo, il constate un intérêt croissant pour le développement de la filière cacao locale.
En 2025, Leonard s’est rendu en Ouganda avec un autre producteur, Dieudonné Apabune, afin de suivre une formation avancée sur la production, la fermentation et le séchage du cacao.
Cette initiative, menée dans le cadre du programme intégré REDD Haut-Uele de développement forestier et communautaire, soutenu par le PNUD et l’Agence coréenne de coopération internationale , visait à renforcer la chaîne de valeur du cacao tout en favorisant une gestion durable des forêts.
« Cette formation nous a permis de perfectionner nos compétences et de renforcer notre expertise », explique Leonard. « Nous espérons développer la filière cacao dans notre province et améliorer considérablement les rendements. »
Aujourd’hui, les connaissances acquises sont transmises à d’autres producteurs du Haut-Uele, contribuant ainsi au renforcement des capacités locales et à la création de nouvelles opportunités pour les communautés agricoles.
Des producteurs de cacao de la province du Haut-Uele renforcent leurs compétences pour développer une filière plus durable.
République dominicaine : une culture qui a changé des vies
Pour Ramón Beltrán, le cacao a façonné toute une vie.
Debout parmi les cacaoyers de son exploitation à Yamasá, en République dominicaine, il revient sur le rôle essentiel que le cacao a joué pour sa famille.
« Le cacao est une source de revenus pour ma famille », explique-t-il. « C’est grâce au cacao que j’ai pu scolariser mes enfants, construire ma maison et bâtir ma vie. »
Ramón Beltrán fait partie des plus de 1 800 producteurs accompagnés dans le cadre de Cocoa Life, un programme mis en œuvre par le PNUD en partenariat avec Mondelēz International et deux associations dominicaines de producteurs de cacao.
L’initiative aide les agriculteurs à renforcer leurs compétences grâce à des formations, des écoles pratiques d’agriculture (Farmer Field Schools) et des pratiques agricoles durables. À travers des ateliers sur les bonnes pratiques agricoles, ils apprennent notamment à utiliser des plants de cacao greffés, ce qui facilite la gestion des plantations et la récolte.
Pour Ramón Beltrán, les changements sont évidents.
« Avant le projet, les cacaoyers étaient très hauts, difficiles à entretenir et coûteux », explique-t-il. « Aujourd’hui, nous pouvons récolter les fèves depuis le sol. »
Le programme soutient également l’entrepreneuriat et la diversification des moyens de subsistance, permettant aux communautés de développer de nouvelles sources de revenus et de renforcer leur résilience économique.
Amélioration de la production de cacao grâce à des pratiques agricoles durables en République dominicaine.
Papouasie–Nouvelle-Guinée : restaurer les moyens de subsistance et les paysages
Dans le village de Panafau, en Papouasie–Nouvelle-Guinée, le cacao aide les communautés à investir dans l’avenir.
La Beatific Foundation œuvre à la relance de la filière cacao grâce à une pépinière communautaire soutenue par le PNUD dans le cadre du PNG Biodiversity and Climate Fund, avec un financement du Gouvernement de la Nouvelle-Zélande et du Fonds pour l’environnement mondial (FEM).
Cette pépinière est à la fois un site de production et un centre d’apprentissage.
Les femmes et les jeunes y sont formés à la culture du cacao, aux pratiques agroforestières et à la préservation de la biodiversité. Les communautés apprennent également à mieux comprendre les effets des changements climatiques et à y faire face.
En associant agriculture durable et protection de l’environnement, cette initiative contribue à restaurer les paysages luxuriants de la province de Nouvelle-Irlande, tout en renforçant les moyens de subsistance des populations et l’économie locale.
Pérou : bâtir la résilience à partir du terrain
Dans toute la région amazonienne du Pérou, le cacao est au cœur d’un effort plus large visant à renforcer la résilience des communautés.
En 2025, le Gouvernement du Pérou a lancé un nouveau mécanisme de financement proposant des prêts à taux zéro aux petits producteurs de café et de cacao qui adoptent des systèmes agroforestiers durables.
Soutenue dans le cadre du projet Paysages productifs durables en Amazonie péruvienne, mis en œuvre par le Ministère de l’Environnement avec l’appui technique du PNUD et un financement du Fonds pour l’environnement mondial (FEM), cette initiative encourage les agriculteurs à associer la culture du cacao à la préservation des forêts.
Ces systèmes contribuent à améliorer la santé des sols, restaurer la biodiversité, capter le carbone et renforcer la résilience face aux changements climatiques.
Ils permettent également aux producteurs d’accroître leur productivité et de sécuriser leurs moyens de subsistance pour l’avenir.
Des systèmes agroforestiers associent la culture du cacao à la restauration des forêts dans l'Amazonie péruvienne.
Bien plus qu’une culture
À première vue, ces histoires peuvent sembler très différentes.
Un village qui retrouve son identité en Indonésie.
Des agriculteurs qui protègent les forêts en Afrique de l’Ouest.
Des producteurs qui créent de nouvelles perspectives en République démocratique du Congo.
Des familles qui renforcent leurs moyens de subsistance en République dominicaine.
Des communautés qui restaurent les paysages en Papouasie–Nouvelle-Guinée.
Et des agriculteurs qui investissent dans la résilience au Pérou.
Pourtant, elles ont toutes un point commun.
Chacune commence par des personnes.
Des personnes qui s’adaptent au changement.
Des personnes qui protègent les ressources naturelles qui les entourent.
Des personnes qui créent des opportunités pour les générations futures.
Le chocolat est apprécié dans le monde entier, mais son histoire commence bien avant la première bouchée.
Elle commence dans des villages, des forêts et des exploitations familiales.
Et derrière chaque fève de cacao se cache une histoire de résilience, d’opportunités et d’espoir.