La relance à Gaza

Reconstruire des vies grâce aux services publics, à l’engagement communautaire et aux possibilités d’emploi

3 février 2026
A person in a red UN vest stands amid rubble and damaged buildings under a clear blue sky.

Le site de l’hôpital Al-Shifa, dans la ville de Gaza.

Photo : PNUD/PAPP

Le traumatisme causé par les deux années de guerre brutale à Gaza a particulièrement pesé sur les professionnels de santé. Des milliers de médecins et d’étudiants en médecine palestiniens ont arrêté leurs études, et rares sont ceux qui ont réussi à poursuivre leurs cursus tout en se portant volontaires dans les dispensaires et les hôpitaux pour sauver des vies et se mettre au service de la collectivité.

Grâce à un programme d’emploi d’urgence, le PNUD offre des possibilités d’emploi dans les secteurs de la santé et de l’éducation ainsi que dans le secteur privé. Le programme a ainsi permis de créer 5 947 postes pendant la guerre et de financer 15 076 postes en tout sur six ans. Ces emplois ont non seulement permis à des individus de satisfaire les besoins fondamentaux de leurs familles et de développer des compétences, mais aussi de réduire les inégalités et d’améliorer les conditions de vie de manière générale. 

À l’hôpital Al-Shifa l’hôpital central qui est aussi le plus grand complexe médical de la bande de Gaza −, 610 employés ont bénéficié de contrats de travail d’urgence. Par ailleurs, les infrastructures de l’établissement ont été remises en état et des unités d’hébergement d’urgence ont été installées pour accroître les capacités de l’hôpital.

Shatha, Noor, Hamza, Mohammed et Tamer font partie d’un personnel qualifié et dévoué, prêt à contribuer à la reconstruction de Gaza. 

Mère de deux enfants, Shatha, 26 ans, est titulaire d’une licence en soins infirmiers. Elle a réussi à terminer ses études pendant la guerre en suivant des cours à l’hôpital tout en travaillant. 

« Laisser mes enfants pour aller à l’hôpital et poursuivre mes études a été difficile pendant la guerre. Dans mon travail, je n’apporte pas que des traitements médicaux aux patients, mais aussi un soutien psychologique. »

Person in white uniform with a patterned scarf stands under a blue metal canopy in a courtyard.

Shatha à l’hôpital Al-Shifa.

Photo : PNUD/PAPP

Shatha espère poursuivre ses études en vue d’obtenir un master en soins intensifs.

Noor, 26 ans, est médecin généraliste dans le service de pneumologie. Déplacée dans le sud de Gaza pendant la guerre, elle a souffert d’être éloignée de sa famille. 

« Cette opportunité m’a enrichie sur le plan professionnel. J’assure chaque jour le suivi de 25 patients, parfois plus. Je travaille comme médecin généraliste et je vois souvent des patients qui souffrent d’asthme et de maladies pulmonaires d’origine infectieuse. La guerre a rendu la vie difficile pour la population, le bois de chauffage est utilisé comme alternative au gaz, ce qui augmente les maladies respiratoires. Il y a aussi plus d’infections virales en raison de la surpopulation et des conditions de vie difficiles dans les tentes. »

Person with headscarf and maroon top, white outer garment, outdoors by a building.

Noor à l’hôpital Al-Shifa.

Photo : PNUD/PAPP

Hamza, 30 ans, a terminé ses études au Soudan en 2022 et travaille dans le service de neurochirurgie. 

« Nous avons vu de nombreux traumatismes crâniens graves et difficiles à opérer. La guerre nous a tout pris, alors nous essayons de prendre un nouveau départ et d’améliorer la situation. »

Aujourd’hui médecin généraliste, Hamza envisage de se spécialiser en neurochirurgie.

Person in a white lab coat and pale yellow shirt stands outdoors near a tree and beige building.

Hamza à l’hôpital Al-Shifa.

Photo : PNUD/PAPP

« Nous recevons tous les types de patients au service des urgences et nous voyons maintenant de nombreux cas d’hypertension et d’infections. »

En 2024, alors qu’il faisait son travail de médecin, Mohammed a été touché par une balle qui a fracturé deux os de sa jambe. 

« Cette opportunité m’aide à me reconstruire et à financer mon traitement. J’espère me rétablir bientôt afin de pouvoir travailler avec efficacité. Ma mobilité s’améliore, mais il me faut encore du temps pour me rétablir complètement. »

Photo of a person in a white lab coat and green scarf standing outdoors near a brick building.

Mohammed à l’hôpital Al-Shifa.

Photo : PNUD/PAPP

Tamer, 28 ans, qui a fait ses études en Égypte, est médecin généraliste et se spécialise en neurochirurgie. 

« Au début de la guerre, ma famille a été l’une des premières à être déplacée vers le sud. Ensuite, j’ai passé 17 mois comme bénévole au service des urgences. Il était difficile de voir toutes ces personnes qui avaient besoin de soins urgents alors que nous manquions de produits médicaux. »

Tamer entend bien approfondir ses connaissances et étudier une spécialité médicale.

« Avec ce nouveau contrat, j’ai recommencé à zéro dans le service de neurochirurgie. Je prévois de passer l’examen de sélection le mois prochain et devenir neurochirurgien est devenu ma priorité absolue. »

 

Person in a white lab coat with a blue UN logo stands outdoors near tents.

Tamer à l’hôpital Al-Shifa.

Photo : PNUD/PAPP

À l’hôpital Al-Shifa, en plus d’offrir des emplois d’urgence, le PNUD a également fourni du matériel pour éliminer les déchets médicaux ainsi que du matériel médical et financé la rénovation d’installations vitales − cabinets de consultation externe, réseaux d’eau et d’électricité, systèmes de climatisation, mobilier − ainsi que la réparation des ambulances. Cinq unités d’hébergement d’urgence ont été récemment installées pour accroître les capacités de l’hôpital. Ces interventions sont possibles grâce au soutien généreux du Danemark, de l’Allemagne, du Japon, de la Norvège, du Qatar, de l’Agence suédoise de coopération et de développement international, de l’Association médicale palestino-américaine et de l’Organisation internationale du travail. 

Aujourd’hui, malgré des infrastructures détruites et une économie dévastée, on observe un début de relance à Gaza. Pour amorcer le redémarrage de l’économie, il est essentiel de proposer des emplois d’urgence qui vont stimuler la création de revenus, favoriser le développement de compétences et renforcer les services publics, notamment dans le secteur de la santé. Ces jeunes professionnels de la santé ne sont qu’une petite partie de la main-d’œuvre qualifiée à Gaza − des travailleurs qui ne demandent qu’à redonner vie à leur  collectivité si la possibilité leur en est donnée.