Soutenir le développement rural au Soudan permet une reprise socio-économique plus large, grâce au soutien de la Suisse
26 novembre 2025
Alors que le Soudan traverse la plus grave crise humanitaire au monde, le PNUD et le Gouvernement suisse œuvrent non seulement à répondre aux besoins d’urgence, mais aussi à poser les bases d’un relèvement durable.
Les défis sont immenses. Le Soudan connaît certaines des violences les plus extrêmes et des violations des droits humains parmi les plus choquantes au niveau mondial. Au Darfour et au Kordofan, les combats se poursuivent, accompagnés d’exécutions massives et de violences sexuelles, sans qu’un accord de paix ne soit en vue.
Le pays compte aujourd’hui le plus grand nombre de personnes souffrant de la faim. Avec des systèmes d’irrigation paralysés, une agriculture dévastée, des marchés difficilement accessibles et des coûts du diesel et des engrais en forte hausse, plus de 21 millions de personnes se trouvent en situation d’insécurité alimentaire aiguë, dont près de 5 millions d’enfants de moins de cinq ans souffrant de malnutrition.
Le Soudan est également le pays où l’on compte le plus grand nombre de personnes déplacées. Près de 14 millions de personnes auraient dû fuir leur foyer, beaucoup cherchant refuge dans des communautés déjà vulnérables, où les services essentiels sont inexistants.
Pourtant, la majorité du pays reste accessible, et des projets visant à soutenir la production agricole, les moyens de subsistance et de meilleures conditions de vie peuvent encore sauver des vies, même enplein conflit.
Début 2025, la Suisse a engagé 3,5 millions de francs suisses en faveur du projet « Renforcer la résilience des personnes déplacées internes, des réfugiés et des communautés hôtes vulnérables dans l’Est du Soudan (STRIDES) ». Cette initiative de deux ans vise à soutenir 160 000 personnes dans les États de Kassala, de Gedaref et de la mer Rouge, qui ont ensemble accueilli près de 1,8 million de personnesdéplacées depuis le début du conflit.
Le projet soutient 20 000 petits exploitants agricoles dans le rétablissement de leur production grâce à la distribution de semences, à des formations et à la fourniture d’équipements tels que tracteurs et moissonneuses. Il permet également de reconstituer les cheptels et offre des services vétérinaires pour améliorer la santé animale. Par ailleurs, l’initiative crée des emplois via des programmes de travail rémunéré et octroie des micro-subventions pour aider les petites entreprises à redémarrer et à se développer.
À mesure que les rendements augmentent, les prix des denrées diminuent et le pouvoir d’achat des ménages s’améliore, contribuant à la baisse du nombre de personnes en insécurité alimentaire aiguë, passé de 26 à 21 millions ces derniers mois.
Pour des agricultrices comme Hanadi, à Al-Mafaza, l’accès à de nouvelles machines transforme la donne. La courte saison des semis dans cette région rend indispensable une préparation rapide des terres, impossible à grande échelle sans mécanisation. Hanadi peut désormais labourer, semer et récolter au moment optimal chaque année. Elle se prépare actuellement à planter du sésame et du maïs et s’attendà obtenir les meilleurs rendements de sa vie.
STRIDES réhabilite et alimente à l’énergie solaire des systèmes d’approvisionnement en eau pour garantir un accès fiable à l’eau potable. Le projet distribue également des lampes solaires, des radios et des chargeurs téléphoniques aux ménages déplacés afin d’améliorer leurs conditions de vie. Des lampadaires solaires sont installés dans des zones stratégiques pour renforcer la sécurité et réduire les risques de violences basées sur le genre.
Afin de contribuer à une stabilité durable, l’initiative organise des forums de dialogue pour la paix et des événements culturels favorisant la coexistence et la compréhension mutuelle – des élémentsindispensables à tout processus de paix futur. En parallèle, STRIDES encourage la participation active des femmes et des jeunes dans la prise de décisions et les rôles de leadership.
En investissant dans la reprise en milieu rural, le PNUD et la Suisse contribuent à réduire les prix alimentaires grâce à une production accrue, tout en créant des emplois et en revitalisant les économieslocales. En veillant à inclure à la fois les populations déplacées et les communautés hôtes, le projet renforce également la cohésion sociale.
Pour Hanadi, cette approche est très appréciée. Lorsque la guerre a éclaté, certains de ses proches ont été déplacés et ont tout perdu. Ils vivent désormais près d’elle et peuvent subvenir à leurs besoins grâce à l’agriculture soutenue par le projet.
Mais le Soudan reste confronté à la plus vaste crise humanitaire au monde et les besoins sont immenses. Le PNUD et la Suisse démontrent ce qu’il est possible d’accomplir lorsque l’aide d’urgences’accompagne d’investissements stratégiques dans le relèvement. Il est toutefois indispensable d’intensifier rapidement le soutien et de reproduire des modèles efficaces comme celui-ci dans d’autrescommunautés du pays.
Nous appelons la communauté internationale à redoubler d’efforts. Ensemble, nous pouvons répondre aux appels pressants de millions de personnes et limiter l’impact de la guerre au-delà des lignes de front qui ne cessent de s’étendre.