Blog sur Loïc Modoux, Spécialiste du numérique au sein de l’équipe Gouvernance et Institutions démocratiques du PNUD
De Villars-sur-Ollon aux parlements du monde entier : à travers le PNUD un Vaudois fait de sa passion un outil pour la démocratie
1 avril 2026
Et si vous pouviez allier ce qui vous passionne vraiment avec un travail aligné avec le développement durable ?
C'est exactement ce que Loïc Modoux a trouvé au Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). Ce professionnel suisse soutient le renforcement des capacités institutionnelles dans le domaine de la gouvernance de l'IA, en travaillant directement avec des parlementaires pour ancrer la réglementation numérique dans les principes des droits humains et de la redevabilité démocratique.
Son histoire montre comment le PNUD offre des opportunités uniques de “changer le monde” tout en développant sa passion.
Quand l’apprentissage mène à la diplomatie
Loïc Modoux a commencé sa carrière comme de nombreux Suisses par un apprentissage d'employé de commerce. "À l'époque, à 16 ans, je ne savais pas trop dans quel domaine m’orienter", se souvient-il. C'est pendant cet apprentissage qu'il a commencé à s'intéresser à l'informatique et à l'économie. Puis, pendant son service civil, il a découvert quelque chose qui l'a vraiment emballé : la numérisation des services publics. "J'ai commencé à m'intéresser aux politiques publiques et aux liens avec les citoyens. Cette intersection entre technologie et démocratie me semblait fascinante”.
Après une passerelle , Loïc s'est lancé dans des études en sciences politiques et relations internationales à l'IHEID à Genève. Il a ensuite travaillé trois ans au Département fédéral des affaires étrangères à Berne, y compris dans la nouvelle division numérique. Durant cette période, il a complété un CAS en informatique pour acquérir plus de compétences techniques.
Un parcours cohérent, mais quelque chose lui manquait encore.
Trouver sa place : le PNUD comme opportunité unique
"Je cherchais quelque chose d'autre", raconte Loïc avec honnêteté. J'ai vu l'annonce du Pool d’experts pour la promotion civile de la paix du DFAE pour un déploiement auprès du PNUD, qui se focalisait sur l'intersection entre la démocratie et les nouvelles technologies."
“Cette opportunité, c'était exactement ce que je cherchais. Pas juste un nouveau poste, mais la possibilité de travailler sur ce qui me passionne vraiment, à l'échelle mondiale”.
"Je suis un millennial, j'ai grandi avec la technologie. J'ai eu mon premier iPhone à 18 ans — à l'époque c'était assez tôt — et j'étais hyper excité par ce que ça permettait de faire pour s'informer, pour se connecter", se souvient-il. "Je pense que ça a démocratisé l'accès à l'information."
En Suisse, il voyait comment le numérique rendait la démocratie plus accessible. "Tu reçois tout à la maison, tu peux consulter les infos en ligne, tu as une app où tu peux avoir toutes les informations sur les projets de votation. Ça permet de toucher beaucoup plus de monde qu'avant. Cette conviction — que la technologie peut réellement élargir l'accès à la démocratie — c'est devenu le cœur de mon travail”.
Ce que le PNUD permet de faire (et que peu d'organisations offrent)
Aujourd'hui, Loïc est spécialiste digital au sein de l'équipe Gouvernance et institutions démocratiques du PNUD. "Mon rôle, c'est d'aider les institutions démocratiques à utiliser les outils numériques ou à faire face aux risques du numérique", résume-t-il.
Il y a quelques mois, Loïc était en Uruguay. Pendant trois jours, avec des collègues du pôle Digital, IA et Innovation du PNUD, il a formé des parlementaires et leur personnel sur l'intelligence artificielle. Le but ? Leur donner "la compréhension des enjeux numériques en tant que législateurs". C'est quoi l'IA ? Quels sont les compromis quand un parlement doit réguler cette technologie et quelles sont les modalités.? "L'idée est de leur donner les clés pour prendre des décisions éclairées."
Avec l'UNESCO, le PNUD a développé à destination des jeunes, une formation sur l'éducation aux médias digitaux et à l'information. “L'objectif est de renforcer l'esprit critique des jeunes face aux contenus des réseaux sociaux, en développant leur capacité à identifier les fausses informations et à s'informer de manière responsable”. Dans quatre pays pilotes, des jeunes formés comme "coachs" diffusent ces compétences au sein de leurs réseaux, touchants ainsi une centaine de jeunes.
Son équipe analyse l'environnement informationnel pendant les élections : Détection de la mis et désinformation, du language de haineux, dans le but de proposer des politiques publiques adaptées. Grâce à des outils comme eMonitor+, le logiciel principal du PNUD utilisé pour l’analyse des réseaux sociaux, ce travail d’analyse est rendu possible dans plus d’une trentaine de pays.
L’évaluation de la préparation numérique des commissions électorales fait aussi partie des activités importantes "On regarde leur gouvernance interne, leurs mesures de gestion des risques, pour voir si elles sont vraiment prêtes face aux défis du numérique."
Ce qui aurait pu rester une passion personnelle — l'intersection entre démocratie et technologie — est devenu un travail qui impacte des millions de personnes.
Pourquoi le PNUD est – il différent?
Loïc aurait pu faire une carrière dans le privé, dans le secteur de la “tech”, dans le conseil. Mais le PNUD lui offre quelque chose d'unique : "Avec mon travail, je contribue à faire le lien entre les décisions internationales et leur mise en œuvre locale."
"Ce qui rend le travail du PNUD particulièrement efficace ? C'est sa double casquette", explique-t-il. D'un côté, une présence quasi universelle dans 170 pays et une forte expertise des réalités de terrain. De l'autre, une légitimité technique reconnue par les ministères et les institutions gouvernementales tant au niveau des pays que le PNUD soutient qu’au sein des partenaires de la coopération au développement.
Concrètement, ça veut dire quoi ? Quand Loïc forme des parlementaires uruguayens sur l'IA, il s'appuie sur la connaissance de terrain des collègues du bureau pays PNUD en Uruguay. Les outils qu'il développe sont testés et adaptés aux réalités de chaque pays. "Mon travail est loin d’être théorique. C'est du concret, adapté aux besoins locaux, et ça donne des résultats”.
La désinformation, un défi majeur pour la gouvernance
Loïc est aussi très lucide sur les défis. "La plus grande problématique qu'on voit en ce moment, c'est le contenu qui n’est pas authentique, créé par l'IA. Il y a une forme de pollution sur l'environnement numérique."
Mais c'est précisément ces défis qui rendent son travail essentiel. Promouvoir la technologie comme outil pour la démocratie, tout en s'assurant que l'environnement numérique reste sain et stable. C'est un équilibre délicat et compliqué. C'est exactement le genre de problème que Loïc aime résoudre.
Pour tous ceux qui cherchent leur voie
Le parcours de Loïc rappelle quelque chose d'important. Derrière l’impact des organisations internationales, il y a des gens comme vous et moi. Des citoyens suisses qui, issus d'un village vaudois avec un apprentissage en poche, ont trouvé au PNUD la possibilité de faire ce qu'ils aiment vraiment. “Un endroit où ton travail a du sens, tous les jours” nous rappelle Loïc.