La France et le PNUD : renforcer les coopératives rurales pour favoriser la reprise économique et sociale au Liban
24 novembre 2025
Lorsque les hostilités se sont intensifiées au Liban fin 2024, des milliers de maisons et d'entreprises ont été détruites, laissant les communautés lutter pour leur survie. Dans les seules régions du Sud et de la Bekaa, plus de 128 000 logements ont été endommagés et 55 % des entreprises interrogées ont déclaré avoir subi des dommages matériels importants dans leurs locaux. Au milieu de cette dévastation, les coopératives, véritables bouées de sauvetage des économies rurales, ont été gravement perturbées. Grâce au soutien de la France, le PNUD a lancé un programme d'aide d'urgence et de relèvement afin d'aider ces coopératives à se reconstruire, à rétablir leurs moyens de subsistance et à renforcer leur résilience.
La contribution de la France a permis au PNUD de mettre en place quatre mesures d'aide intégrées :
- Subventions pour la reconstruction et le relèvement : couvrant les réparations, la réhabilitation, l'équipement et les solutions écoénergétiques afin de relancer la production et de rétablir l'accès aux marchés.
- Assistance technique : formation en matière financière pour les coopératives dirigées par des femmes afin de renforcer la budgétisation, la planification et la gestion financière.
- Plateforme de commerce électronique : développée avec la CESAO pour connecter les coopératives à de nouveaux marchés et stimuler les ventes en ligne.
- Soutien institutionnel : modernisation de la Direction générale des coopératives avec du matériel informatique et des installations économes en énergie afin d'améliorer la gouvernance et la prestation de services.
Au total, 791 958 dollars américains (environ 690 000 euros) ont été alloués à des subventions pour la reconstruction, ainsi qu'à des investissements dans des outils numériques et le renforcement des capacités.
Impact sur le terrain
31 coopératives ont été sélectionnées dans les zones les plus touchées, dont 67 % dans le secteur agroalimentaire et 33 % dans l'agriculture. Près de 60 % d'entre elles sont situées dans le sud du Liban et à Nabatieh, les régions les plus touchées par le conflit. Ces coopératives produisent des biens essentiels (huile d'olive, confitures, zaatar, miel) qui contribuent à la sécurité alimentaire locale et préservent le patrimoine culinaire du Liban.
Chaque subvention est plus qu'une aide financière : c'est une bouée de sauvetage, d'autant plus que les femmes rurales représentent plus de la moitié des membres des coopératives et bénéficient directement du programme de relèvement. Par exemple :
- À Qouzah, dans le sud du Liban, une coopérative dirigée par des femmes et cultivant du thym a reçu une aide pour réparer des murs effondrés, remplacer des systèmes d'irrigation et planter de nouvelles graines. « La subvention nous a permis de restaurer nos installations et de maintenir l'emploi de nos membres. Sans elle, nous aurions tout perdu », a déclaré la présidente de la coopérative (Témoignage d'une bénéficiaire du PNUD, 2025).
- À Hermel, une coopérative agricole produisant de l'huile d'olive a installé un système d'énergie solaire et acheté un tracteur pour la préparation des terres. « L'énergie solaire a réduit nos coûts et nous a apporté de la stabilité. Nous pouvons désormais fonctionner de manière durable et planifier l'avenir », a déclaré un membre (Témoignage d'un bénéficiaire du PNUD, 2025).
- À Deir Mimas, une coopérative gérant des ruches et produisant du mouneh (réserves alimentaires) a réparé ses installations et acheté du matériel de stockage frigorifique. « Nous avons repris nos activités avant la fin de la saison des olives et du miel. Cela nous a permis de préserver nos revenus et notre dignité », explique un apiculteur (Témoignage d'un bénéficiaire du PNUD, 2025).
Ces interventions permettent de rétablir les moyens de subsistance, d'autonomiser les femmes et de renforcer les économies locales. Elles encouragent également les pratiques respectueuses du climat grâce à l'énergie solaire et à l'agriculture durable. En soutenant les coopératives, la France et le PNUD ne se contentent pas de reconstruire des entreprises, ils redonnent aussi espoir.
Perspectives d'avenir
Si des progrès sont visibles, les besoins restent importants. Des financements supplémentaires permettront au PNUD d'étendre son soutien à davantage de coopératives, d'améliorer les plateformes numériques et de développer les solutions en matière d'énergies renouvelables. Le partenariat avec la France témoigne de la solidarité et de la résilience, aidant le Liban à passer de la crise à la reprise.