BioDjema, la coopérative qui réconcilie agriculture et nature

7 juillet 2026
Group of people in colorful clothing pose in a shaded greenhouse with plants.

À Mibani-Djando, au cœur de l’île de Mohéli, les champs de la coopérative BioDjema racontent une histoire de résilience, d’innovation et d’espoir. Ici, l’agriculture n’est pas seulement un moyen de subsistance. Elle est devenue un levier de transformation économique, sociale et environnementale pour toute une communauté.

Chaque matin, Hamidi, président de la coopérative, parcourt les parcelles cultivées par les membres de BioDjema. Autour de lui, légumes, cultures vivrières et arbres fruitiers cohabitent harmonieusement dans un paysage façonné par l’agroforesterie.

« Nous ne cultivons pas seulement des légumes. Nous cultivons l’avenir de nos familles et celui de notre pays », affirme-t-il avec fierté.

Cette vision est aujourd’hui portée par une vingtaine de producteurs, dont une majorité de femmes, qui ont choisi de miser sur une agriculture respectueuse de la nature pour répondre aux défis auxquels fait face l’île : changement climatique, dégradation des sols, accès limité aux intrants et dépendance alimentaire.

Face à ces contraintes, les membres de BioDjema ont adopté une approche innovante basée sur l’agroforesterie. Les arbres fruitiers et les espèces locales sont intégrés aux cultures maraîchères et vivrières, créant un système agricole plus productif et plus résilient.

Cette méthode permet de préserver la fertilité des sols, de retenir davantage l’humidité, de réduire l’érosion et d’améliorer durablement les rendements. Mais ses bénéfices vont bien au-delà des parcelles cultivées.

Grâce à leurs productions, les agriculteurs de BioDjema approvisionnent les marchés locaux en légumes frais et en produits alimentaires, contribuant ainsi à renforcer la sécurité alimentaire de leurs communautés tout en réduisant la dépendance aux importations.

L’une des réalisations les plus remarquables de la coopérative est sa pépinière communautaire. Chaque année, des centaines de jeunes plants d’arbres fruitiers et d’espèces locales y sont produits.

Ces plants alimentent non seulement les activités agricoles des membres, mais participent également aux campagnes de reboisement menées à travers l’île. Une contribution concrète à la restauration des paysages dégradés, à la protection de la biodiversité et à la lutte contre les effets du changement climatique.

« Lorsque nous plantons un arbre aujourd’hui, nous investissons dans l’avenir des générations futures », explique Hamidi.

Malgré ces résultats encourageants, la coopérative continue de faire face à plusieurs défis : accès limité aux équipements agricoles, besoins en formation technique, difficultés de financement et impacts croissants des aléas climatiques.

C’est dans ce contexte que le Projet BGI, mis en œuvre dans le cadre du programme FEM/PNUD Comores en partenariat avec le Parc National de Mohéli, a engagé un dialogue avec les membres de BioDjema afin d’identifier les opportunités de renforcement de leurs initiatives.

Cette collaboration vise à soutenir davantage les pratiques agroforestières et à promouvoir les Solutions fondées sur la Nature comme réponse durable aux enjeux de développement local, de sécurité alimentaire et de préservation de l’environnement.

L’expérience de BioDjema démontre qu’une petite coopérative locale peut devenir un véritable moteur de changement. En créant des revenus pour les familles, en favorisant l’autonomisation économique des femmes, en restaurant les écosystèmes et en renforçant la résilience des communautés face aux changements climatiques, ses membres construisent chaque jour un modèle de développement durable à l’échelle locale.

À Mibani-Djando, les récoltes ne se mesurent pas uniquement en kilogrammes de légumes ou en nombre d’arbres plantés. Elles se mesurent aussi en confiance retrouvée, en savoir-faire transmis et en perspectives d’avenir pour toute une communauté.

L’histoire de BioDjema rappelle qu’aux Comores, les solutions aux défis du développement naissent souvent au plus près du terrain, là où des femmes et des hommes transforment leur engagement quotidien en une véritable dynamique de changement.