Santé et environnement : L’EMSP intègre de nouvelles compétences au service du développement durable

7 juillet 2026
Group photo of diverse men and women in traditional and modern dress outside a white building.

Former les futurs professionnels de santé aux bonnes pratiques de gestion des déchets dangereux constitue un levier essentiel pour protéger la santé publique et l’environnement. Aux Comores, une nouvelle étape a été franchie dans cette dynamique avec la validation institutionnelle d’un module de formation dédié à la gestion des déchets biomédicaux et mercuriels, destiné à être intégré au cursus de l’École de Médecine et de Santé Publique (EMSP).

Organisé le 25 mai 2026 à Moroni par l’Agence Nationale de Gestion des Déchets (ANGD) en partenariat avec l’EMSP, cet atelier s’inscrit dans le cadre du projet ISLANDS Comores, financé par le Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM) et mis en œuvre avec l’appui du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD).

L’initiative a réuni des représentants des secteurs de la santé, de l’environnement et de l’enseignement supérieur, ainsi que des experts nationaux et internationaux, autour d’un objectif commun : renforcer durablement les compétences nationales dans la gestion des déchets issus des activités de soins et des produits contenant du mercure.

Pour les participants, l’intégration de ce module au sein de la formation universitaire représente une avancée majeure vers l’institutionnalisation des bonnes pratiques environnementales dans le secteur de la santé.

Lors de l’ouverture des travaux, le Directeur par intérim de l’EMSP a souligné l’importance de cette collaboration avec l’ANGD. Il a rappelé que ce nouveau contenu pédagogique permettra aux étudiants de mieux appréhender les enjeux liés aux déchets biomédicaux et mercuriels et de développer des compétences directement applicables dans leur future carrière professionnelle.

Même constat du côté de l’ANGD. Le Directeur Général Adjoint a rappelé que la gestion sécurisée des déchets médicaux demeure un défi important pour le système de santé comorien.

« Former les futurs professionnels de santé aujourd’hui, c’est investir dans des établissements de santé plus sûrs, plus résilients et plus respectueux de l’environnement », a-t-il souligné, en saluant l’appui du FEM, du PNUD et des partenaires engagés dans la mise en œuvre du projet ISLANDS.

Les travaux techniques ont été animés par le consultant international Prakash Kowlesser, avec l’appui de l’experte nationale Mariama Chabane. Les échanges ont porté sur plusieurs thématiques stratégiques, notamment le tri et la classification des déchets médicaux, la gestion des produits contenant du mercure, les obligations découlant des conventions internationales de Bâle, Stockholm et Minamata, ainsi que les méthodes de traitement des déchets issus des activités de soins.

Les participants ont également insisté sur l’importance d’une approche pratique permettant aux futurs professionnels de maîtriser les procédures de gestion des déchets dans les établissements de santé. L’objectif est de garantir que les connaissances acquises puissent être appliquées efficacement sur le terrain dès leur entrée dans la vie professionnelle.

L’innovation a constitué un autre axe majeur des discussions. Les experts ont souligné la nécessité d’encourager les étudiants à développer des solutions adaptées au contexte comorien afin de répondre aux défis croissants liés à la gestion des déchets dangereux et à la protection de l’environnement.

Au-delà de la validation d’un simple outil pédagogique, cette initiative marque une avancée importante vers la pérennisation des capacités nationales. En intégrant durablement ces thématiques dans l’enseignement supérieur, les Comores se dotent progressivement d’une nouvelle génération de professionnels mieux préparés à gérer les risques sanitaires et environnementaux.

À travers le projet ISLANDS, l’ANGD, le FEM et le PNUD contribuent ainsi à renforcer les fondements d’un système de santé plus sûr, tout en soutenant les engagements nationaux en faveur d’une gestion durable des produits chimiques et des déchets dangereux.

Cette démarche illustre l’importance de l’investissement dans le capital humain pour construire des institutions plus résilientes et promouvoir un développement durable au bénéfice des générations présentes et futures.

Hairiat Mohamed