La RCA, CAFI et le PNUD lancent un projet de 10 millions de dollars pour protéger les forêts et soutenir les revenus des communautés.

30 septembre 2026
Group of professionals in business attire posing behind a long banner at a formal indoor event.

Photo de famille lors du lancement officiel du projet « Paiements pour services environnementaux, Bangui et ses périphéries »

PNUD Centrafrique : Alexia Sanzey G.

Bangui, le 30 septembre 2026 – Le Gouvernement centrafricain, l’Initiative pour la forêt de l’Afrique centrale (CAFI) et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) ont officiellement lancé le projet « Paiements pour Services Environnementaux – Bangui et ses périphéries ». Financé par CAFI à hauteur de 10 millions de dollars américains, le projet sera mis en œuvre sur une période de cinq ans.

La cérémonie de lancement a réuni les membres du gouvernement, les représentants des pays membres du Conseil d’administration de CAFI, le corps diplomatique et consulaire en République centrafricaine, les partenaires techniques et financiers, les agences du Système des Nations Unies en RCA, les élus locaux, les représentants des communautés bénéficiaires, la société civile et le secteur privé. Elle marque le démarrage d’une initiative destinée à reconnaître la valeur des services rendus par les écosystèmes et à faire de la protection des forêts et de la restauration des terres une opportunité économique pour les populations.

La République centrafricaine possède environ 22 millions d’hectares de forêts. Ce capital naturel fournit des services essentiels : il abrite une riche biodiversité, contribue à la régulation du climat et soutient les moyens de subsistance des populations. Il subit cependant une pression croissante. Autour de Bangui, cette pression est notamment liée à la production de bois-énergie, à l’agriculture sur brûlis et à l’expansion des activités humaines.

Le projet interviendra dans six communes situées autour de Bangui et dans les préfectures de l’Ombella-M’Poko et de la Lobaye : à Bimbo, Boali, Damara, Mbaïki, Mbata et Pissa. Il accompagnera les ménages, producteurs, organisations et communautés qui s’engagent dans des activités d’agroforesterie, de régénération naturelle assistée et de conservation communautaire des forêts.

« L’idée du projet PSE est simple : les communautés qui protègent les forêts et les ressources naturelles doivent être reconnues et soutenues pour leurs efforts. Grâce aux paiements pour services environnementaux, nous voulons encourager des pratiques qui préservent l’environnement et offrent des possibilités de revenus aux populations. », a déclaré Mme Zahira Virani, Représentante Résidente du PNUD en Centrafrique.

Rémunérer des services environnementaux vérifiés

Les Paiements pour Services Environnementaux reconnaissent la valeur des services que les écosystèmes rendent à la collectivité. Ils reposent sur un principe simple : les bénéficiaires sont rémunérés lorsqu’ils réalisent les activités prévues dans leur contrat et que les résultats obtenus sont vérifiés.

Pour l’agroforesterie, la rémunération pourra atteindre, à titre indicatif, environ 440 USD par hectare, versés en plusieurs tranches selon les performances. Pour la conservation communautaire, elle est estimée à environ 20 USD par hectare et par an, en fonction du maintien du couvert forestier et du respect des engagements de gestion. Les paiements liés à la régénération naturelle assistée dépendront des progrès constatés.

Des bonus de 10 % sont également prévus pour encourager la participation des femmes, des jeunes et des peuples autochtones.

Des résultats concrets attendus

Au cours de ses cinq années de mise en œuvre, le projet prévoit notamment:

  • 2 000 hectares d’agroforesterie;

  • 800 hectares de terres restaurées par la régénération naturelle assistée ;

  • 20 000 hectares de forêts communautaires conservées ;

  • l’accompagnement d’environ 2 000 fournisseurs de services environnementaux ;

  • la sécurisation foncière de terres individuelles et collectives ;

  • la création ou la consolidation de plusieurs forêts communautaires.

Une enveloppe de 1 913 400 USD est destinée directement aux paiements des bénéficiaires, en fonction des résultats obtenus et vérifiés.

Le projet soutiendra également la structuration des organisations communautaires, l’élaboration de plans de zonage communaux et la préparation d’un schéma d’approvisionnement durable en bois-énergie pour Bangui.

« Ce projet pilote constitue une innovation importante pour notre pays. Il permettra d'expérimenter des mécanismes concrets d'incitation en faveur des bonnes pratiques environnementales, tout en renforçant les revenus des ménages bénéficiaires. À travers ce projet, nous voulons démontrer qu'il est possible de transformer les défis environnementaux en opportunités de développement local. Nous voulons également faire de la préservation de notre capital naturel un moteur de résilience, de création de richesses et de cohésion sociale. », a indiqué Son excellence M. Félix Moloua, Premier Ministre, Chef du Gouvernement centrafricain.

Une mise en œuvre fondée sur le partenariat

Le Gouvernement centrafricain assurera l’orientation et l’ancrage institutionnel du projet à travers les ministères chargés de l’Environnement, de l’Économie forestière et des Finances. Le PNUD en assurera la mise en œuvre et la coordination.

Sur le terrain, trois agrégateurs : Oxfam International, le consortium TEREA–CAURIS et le consortium FRMi–CentraForest accompagneront les futurs bénéficiaires dans les démarches d’éligibilité, la réalisation des activités et le suivi des résultats. Des organismes indépendants sélectionnés par CAFI seront chargés de vérifier les résultats avant les paiements.

En tant que projet pilote, le projet « Paiements pour Services Environnementaux – Bangui et ses périphéries » ambitionne de démontrer qu’investir dans le capital naturel peut améliorer les revenus des communautés, renforcer le développement local et préserver durablement les services rendus par les écosystèmes. Cette démonstration doit également contribuer à faciliter l’accès de la République centrafricaine à de nouveaux financements climatiques.

Contacts presse :

Edith Assani-Damian, Analyste Environnement & Énergie : edith.assani@undp.org

Alexia Sanzey Guimondo, Analyste Chargée de Communication : alexia.sanzey-guimondo@undp.org