Renforcement des compétences des acteurs locaux en matière d’analyse des risques et des vulnérabilités climatiques
Paroles aux participants : les acteurs pour l’adaptation en première ligne
11 février 2026
Atelier de Adrar – 03-05/01/2026, réalisé par Hamza Rekheila
Keltoum Ben Belkheir, cheffe de l’antenne de l’Institut national des formations environnementales à Adrar.
Q1 : Dans la wilaya d'Adrar, quels sont les risques climatiques les plus préoccupants aujourd'hui pour la population et les services publics ?
À travers notre travail de terrain, nous constatons aujourd’hui plusieurs risques climatiques majeurs qui affectent directement la population et les services publics. Le plus marquant est l’augmentation continue des températures, avec des vagues de chaleur plus longues et plus intenses qu’auparavant, y compris durant des périodes qui étaient traditionnellement plus tempérées. Nous observons également une accentuation du phénomène d’ensablement (Phénomène décrit dans le nord du pays comme désertification), qui ne se limite plus aux zones désertiques ouvertes, mais touche désormais les ksour, les quartiers habités et même les centres urbains, sous l’effet de vents chargés de sable et de poussière. À cela s’ajoutent la sécheresse, la baisse des niveaux des eaux agricoles, l’augmentation de la salinité des sols, ainsi que des vents violents et des tempêtes survenant parfois hors saison, autant de manifestations liées au changement climatique.
Q2 : Quelle mesure pratique ou priorité peut être rapidement renforcée pour améliorer l'adaptation au niveau local ?
En ce qui concerne les priorités d’action pour renforcer l’adaptation au niveau local, la première étape consiste à observer et diagnostiquer précisément ces problématiques afin de définir des priorités d’intervention claires. Le facteur humain demeure central : aucun programme ne peut réussir sans des acteurs formés, sensibilisés et mobilisés, qu’il s’agisse des décideurs, des cadres techniques, de la société civile ou des citoyens, y compris les enfants.
Il est également nécessaire de renforcer le cadre réglementaire pour mieux gérer les enjeux liés à l’eau, au couvert végétal, à la biodiversité et à la lutte contre la désertification, d’autant plus qu’une part importante de ces problématiques est liée à des comportements humains non durables. Enfin, je considère essentiel d’impliquer les jeunes et les start-up dans des projets de valorisation des ressources naturelles locales, en liant protection de l’environnement, création de valeur économique et développement de l’écotourisme, afin de réduire les effets du changement climatique et de contribuer à une dynamique de développement durable.
1/ Ces dernières années, quel changement du climat vous a le plus impacté dans votre travail ? (chaleur, eau, vent/sable, rendement…)
2/ Quelle solution ou pratique vous aide déjà à vous adapter, même à petite échelle ? (irrigation, choix des cultures, horaires, protection des plants…)
Dans la vidéo ci-après vous trouverez une interview réalisée avec M. Hidour Touhami – Conseiller agricole, direction de la culture et animateur radio. Les deux questions suivantes lui ont été posées.