En visite officielle au Mali, Haoliang Xu, Secrétaire général adjoint des Nations Unies et Administrateur associé du PNUD, a réaffirmé l’engagement du PNUD à accompagner les priorités nationales et le leadership du Mali, tout en découvrant sur le terrain comment des solutions intégrées, de l’énergie solaire à la santé et à l’autonomisation économique, produisent des résultats concrets pour les populations.
Au Mali, Haoliang Xu réaffirme un partenariat ancré dans les priorités nationales et les solutions qui changent des vies
19 août 2026
Haoliang Xu, Administrateur associé du PNUD, salue les infirmières du Centre de santé communautaire de Sikoro Sourakabougou, vêtu de la tenue traditionnelle qui lui a été offerte à l’occasion de sa visite.
BAMAKO, Mali - Au centre de santé communautaire de Sikoro-Sourakabougou, en périphérie nord de Bamako, Fatoumata Diarra se souvient encore des nuits où une coupure d’électricité pouvait transformer un accouchement en épreuve.
« Avant, il fallait parfois utiliser des lampes-torches pour assurer les accouchements en cas de coupure d’électricité. Aujourd’hui, les conditions de prise en charge se sont nettement améliorées. »
Pour cette résidente de Sikoro-Sourakabougou, l’électricité était l’un des problèmes les plus persistants du centre. Depuis l’installation d’un système solaire, ces scènes appartiennent désormais au passé.
C’est ici, comme au Centre hospitalier universitaire Gabriel Touré, que Haoliang Xu a pu mesurer concrètement ce que signifie un partenariat de développement lorsqu’il se traduit par des services essentiels plus fiables et de meilleures conditions de vie pour les populations.
Sa mission de quatre jours l'avait d'abord conduit auprès du Premier ministre et de plusieurs membres du Gouvernement, pour un échange sur les priorités que le Mali s'est fixées. Il en a retenu une ligne, réaffirmée à chaque étape : un accompagnement fondé sur le leadership national, aligné sur ces priorités et adapté au contexte du pays. Gabriel Touré et Sikoro en sont la démonstration concrète.
Quand l’accès à l’énergie sauve des vies
Au CHU Gabriel Touré, principal hôpital de référence du Mali, plus de 50 000 enfants sont reçus chaque année dans le service de pédiatrie, dont quelque 25 000 cas d’urgence.
Pendant des années, les délestages récurrents ont fragilisé la continuité des soins. En néonatologie notamment, couveuses, équipements de réanimation et dispositifs de surveillance nécessitent une alimentation électrique continue.
Le Professeur Boubacar Togo, chef du département de pédiatrie, en mesure directement les conséquences.
« En pédiatrie, nous prenons en charge des prématurés et des nouveau-nés instables qui sont dans des couveuses. S’il y a une coupure d’électricité, la couveuse s’arrête, et cela a causé beaucoup de décès. »
En partenariat avec le Gouvernement du Mali, le PNUD a soutenu l'installation d'une centrale solaire photovoltaïque au CHU. Le bloc pédiatrique fonctionne désormais à 92 % en autonomie énergétique, avec des coûts réduits et quelque 138,5 tonnes d'émissions de CO₂ évitées chaque année.
Pour les équipes médicales, le changement est avant tout humain.
« Depuis l’avènement de ce système solaire, nous n’avons plus de coupures d’électricité. Les couveuses marchent normalement, les tables chauffantes marchent normalement. Cela a permis d’éviter beaucoup de décès et nous a énormément soulagés », explique le Professeur Togo.
De l’électricité aux soins, au numérique et aux moyens de subsistance
À Sikoro-Sourakabougou, l’expérience montre comment l’accès à une énergie fiable peut produire des effets bien au-delà de l’électricité elle-même.
Un premier système solaire avait été installé en 2022 dans le cadre du projet Santé Digitale (SanDi) du PNUD, parallèlement à la numérisation du parcours de soins. Mais l’augmentation des équipements médicaux, le développement des services numériques et les besoins croissants de la population ont rapidement nécessité une capacité supplémentaire.
Le Programme d’accélération de la transition énergétique au Mali, financé par le Fonds commun pour les ODD et mis en œuvre conjointement par le PNUD, l’UNOPS et ONU Femmes, a permis de renforcer le dispositif. Une mini-centrale solaire alimente aujourd'hui le centre, qui accueille plus de 17 000 patients par an, dont environ 900 accouchements et 1 100 consultations prénatales. Mais l’énergie ne s’arrête pas à la porte du centre de santé.
Une chambre froide solaire autonome permet aux commerçants locaux de mieux conserver leurs produits et de réduire leurs pertes. Cinquante femmes, organisées en cinq groupements, ont également reçu des équipements productifs solaires ainsi qu’un accompagnement technique et entrepreneurial pour développer des activités génératrices de revenus.
Un comité local associant autorités, services techniques, centre de santé, communautés et groupements de femmes assure la gouvernance des infrastructures. Les revenus générés par la chambre froide contribuent à financer leur entretien et leur maintenance, renforçant ainsi la durabilité du modèle.
Pour Haoliang Xu, cette approche illustre la capacité de l’énergie à devenir un accélérateur de développement.
« Avec cette électricité, on dispose de solutions numériques. On a une chaîne du froid. On peut avoir des solutions productives qui font gagner du temps aux femmes. Et ce qui est important, c’est que ce centre a développé un modèle économique durable. »
Un partenariat ancré dans les priorités du Mali
Ces résultats de terrain ont donné une traduction concrète aux échanges stratégiques de cette mission de l’Administrateur associé au Mali.
Lors de ses rencontres avec le Premier ministre, Chef du Gouvernement, le Général de Division Abdoulaye Maïga, et plusieurs membres du Gouvernement, dont le Ministre d’État, ministre de l’Économie et des Finances, Allousséni Sanou, le Ministre d’État, ministre de la Réconciliation, de la Paix et de la Cohésion nationale, le Général Ismaël Wagué, et le ministre des Maliens établis à l’Extérieur et de l’Intégration africaine, Mossa Ag Attaher, les échanges ont porté sur les priorités de développement du pays et les possibilités de renforcer l’accompagnement du PNUD.
La Vision « Mali Kura ɲɛtaasira ka bɛn san 2063 ma » et la Stratégie nationale pour l’émergence et le développement durable (SNEDD) 2024-2033 ont constitué des références centrales de ces discussions.
Haoliang Xu a réaffirmé à cette occasion l’importance, pour le PNUD, d’un accompagnement fondé sur le leadership national, aligné sur les priorités définies par le Mali et adapté au contexte spécifique du pays.
« Nous avons convenu de travailler ensemble pour répondre aux défis de développement du Mali », a-t-il déclaré à l’issue de ses échanges avec le Premier ministre.
Les discussions ont également porté sur des domaines de coopération susceptibles d’être renforcés, notamment la mobilisation de la diaspora et de ses compétences à travers le programme TOKTEN, ainsi que les solutions intégrées permettant d’améliorer l’accès aux services essentiels, de créer des opportunités économiques et de renforcer la résilience des communautés.
Des solutions locales pour un impact à plus grande échelle
La mission de Haoliang Xu a ainsi permis de relier deux dimensions d’un même partenariat : le dialogue sur les ambitions de développement à long terme du Mali et les solutions qui, sur le terrain, répondent déjà à des besoins immédiats.
L'enjeu est désormais d'ancrer ces acquis dans la durée. Les enseignements de Sikoro et de Gabriel Touré, l'énergie comme point d'entrée vers la santé, le numérique et les revenus, et un modèle local qui finance son propre entretien, rejoignent les domaines dans lesquels le Mali et le PNUD entendent approfondir leur coopération au titre de la Vision Mali 2063 et de la SNEDD 2024-2033 : accès aux services essentiels, opportunités économiques et résilience des communautés. Reste à examiner, là où les résultats le permettent, comment les porter à plus grande échelle.
La mission s'est achevée le 16 août au Parc national de Bamako, où l'Administrateur associé a planté un arbre en soutien à la Campagne nationale de reboisement, aux côtés du ministère de l'Environnement, des Volontaires des Nations Unies et de Youth4Climate Mali.
À Sikoro-Sourakabougou, pendant ce temps, la vie du centre de santé a repris son rythme ordinaire : consultations, vaccinations, visites prénatales et accouchements. Quelque 17 000 personnes en franchiront les portes cette année.
La différence, désormais, c'est qu'aucune d'entre elles ne sera soignée dans le noir.