« Ce que nous faisons par le sport a son propre pouvoir » - Yu Saeki, entraîneur du Kamaishi Seawaves Rugby Football Club. Photo: PNUD / Kikawada-san


« Voir ma ville engloutie sous le tsunami était absolument déchirant, irréel et inconcevable. Jamais je n’oublierai cette vision ».

Yu Saeki, entraîneur de l’équipe de rugby Kamaishi Seawaves, était au travail le 11 mars 2011 lorsqu'un séisme de magnitude 8,9 frappa la côte japonaise, provoquant un tsunami qui engloutit la ville portuaire de Kamaishi au nord-est du pays.

Sur les 35 000 habitants, plus de 1 000 furent victime de la catastrophe.

Ce fut le tremblement de terre le puissant jamais enregistré au Japon et le sixième au monde depuis le début des relevés sismologiques en 1900. Les récits parlent de vagues atteignant les dix mètres de haut.

Huit ans plus tard, la ville de Kamaishi a été reconstruite et accueille l’un des 12 sites de la Coupe du monde de Rugby 2019. Son stade commémoratif, le Kamaishi Recovery Stadium, est flambant neuf et prêt à accueillir les fans locaux et internationaux – signe certain de la renaissance de la ville.  

Le 25 septembre, une foule de 14 000 fans s’y est rassemblée lors du match opposant l’Uruguay au Fidji.

Reconstruction

Avant le coup  d’envoi, le demi de mêlée fidjien Frank Lomani a rappelé que : « [Jouer à Kamaishi] est très spécial pour nous, car nous voyons ce que signifie  vraiment  reconstruire et se relever après une catastrophe. »

Le Japon est indéniablement l’un des pays les plus exposés aux catastrophes naturelles. Et à Tokyo on profite de l’occasion offerte par cette Coupe du monde d’être sous les projecteurs sportifs internationaux pour promouvoir la préparation aux situations d’urgence.

Grâce au soutien du gouvernement japonais, le PNUD prépare plus de 100 000 enseignants et élèves dans 258 écoles au travers de 19 pays de l’Asie-Pacifique aux mesures à adopter en cas d’alerte au tsunami.

Notre initiative #PrepareToWin aide également les pays de la région à organiser des exercices de simulation pour préparer les habitants aux catastrophes.  

Notre initiative #PrepareToWin aide les pays de la région Asie-Pacifique à organiser des exercices de simulation aux catastrophes. ©Pam Joy/Shutterstock.com


Courir vers les hauteurs

Au cours de ces 100 dernières années, 58 tsunamis ont causé la mort de plus de 260 000 personnes, soit davantage qu’aucun autre aléa naturel. Le fait que les tsunamis soient  impossibles à prédire et arrivent avec très peu d’avertissement préalable  en est l’une des causes principales.

Plus de 70% de ces Tsunami ont eu lieu dans l’Océan Pacifique, le long de la ‘Ceinture du Feu du Pacifique’, une zone prédisposée aux tremblements de terre.

Le Japon partage volontiers avec les pays voisins ses connaissances susceptibles de sauver des vies. Son initiative est basée sur le concept ‘inochi-tendenko’ :  se réfugier en hauteur le plus rapidement en cas de tremblement de terre. « Un dicton local nous dit de courir vers les hauteurs et de protéger notre vie, explique Yu Saeki. Cette leçon est encore valable aujourd'hui et doit être transmise »

La charte du citoyen de Kamaishi pour la gestion des catastrophes a été promulguée en mars de cette année avec un simple slogan : « pour toute catastrophe, soyez préparé, évacuez, et ne revenez pas. »

C’est précisément ce dernier conseil qui a sauvé la vie de Yu Saeki en 2011. Comme la plupart des personnes de Kamaishi ayant survécu au désastre, il était parvenu à se réfugier sur les hauteurs, mais serait retourné en ville avant que l'alerte d'urgence ne soit levée, si on ne l’avait pas retenu.  « Je ne serais pas ici aujourd'hui sans cela », affirme-t-il.

Alors que Kamaishi se prépare à accueillir le deuxième match de la coupe du monde, la fièvre du rugby s’est emparée du Japon suite à  l’impressionnante victoire de l’équipe nippone contre l’Irlande, numéro un mondial, le 28 Septembre.

Yu Saeki se dit ravi de pouvoir jouer un rôle de sensibilisation aux risques de désastre en racontant son histoire et celle du relèvement de sa ville

 « Ce que nous faisons par le sport a son propre pouvoir. Nous avons survécu, nous avons surmonté le désastre et reconstruit nos vies », dit-t-il.

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