Une commerçante vend des décorations pour le festival du Vesak, le 3 mai à Colombo, Sri Lanka. Le Sri Lanka est l'un des pays fortement tributaires du tourisme ou la diversification économique sera indispensable à l'avenir. Photo: Ruwan Walpola / Shutterstock.com

 

La propagation du COVID-19 a profondément ébranlé les économies et remet en question les modèles économiques existants. La pandémie a vraiment fait exploser les injustices et inégalités dans le monde. Il faut donc des idées plus audacieuses, notamment certaines qui avaient été écartées auparavant.

Au PNUD, nous pensons qu'un revenu minimum sur lequel se rabattre lorsque ce type de choc global survient est littéralement la seule option pour de nombreuses personnes. Sans autre moyen de subvenir à leurs besoins, elles sont beaucoup plus susceptibles de succomber à la faim ou à d'autres maladies, bien avant que COVID-19 ne les atteigne.

Des millions de personnes sont désormais sans emploi. Une énorme proportion travaille dans le secteur informel, sans contrat, sans assurance ou toute autre forme de sécurité d'emploi. À cela s'ajoutent les personnes déplacées, les réfugiés et les sans-papiers qui n'ont jamais fait partie d'un système formel.

Il est donc essentiel de ramener la conversation sur le revenu de base universel et d'en faire un élément central des plans de relance budgétaire des pays.

Nous constatons qu'en Asie-Pacifique, environ 60 % des personnes ne bénéficient d'aucune forme de protection sociale ou ne peuvent pas se permettre les options qui existent.

L'argent à investir pour faire en sorte que les gens disposent d'un de filet de sécurité est bien moindre que les énormes investissements qui sont maintenant nécessaires pour renflouer des économies entières ou pour payer les subventions aux combustibles fossiles.

Qu'en est-il du coût?

La majorité des pays d'Asie-Pacifique ont une dette intérieure élevée ou une dette extérieure élevée, et nous ne voulons pas voir le fardeau de la dette augmenter, car cela ne fera que causer plus de problèmes aux générations à venir.

Mais dans la plupart des pays de cette région, le ratio impôts/PIB est très faible et la plupart des deniers publics proviennent d'impôts indirects régressifs. En d'autres termes, ce sont principalement les pauvres qui sont taxés de manière disproportionnée, et cela doit changer.

Les « termites fiscaux » qui grignotent les recettes fiscales dans les pays qui permettent des paradis et des allégements fiscaux ainsi que des subventions massives aux combustibles fossiles sont un lourd fardeau sur les ressources publiques. En plus de cela, les pays en développement perdent plus d'un billion de dollars chaque année sur les flux financiers illicites, et cela sans compter la corruption et les inefficacité nationales.

Il faut arrêter cette hémorragie financière. Y remédier en partie libérerait suffisamment d'argent pour payer le revenu de base universel.

L'une des principales raisons pour lesquelles les coronavirus passent si rapidement des animaux aux humains est que nous n'avons pas pris soin de notre environnement. Nous avons détruit tellement d'habitats naturels que la transmission de maladies des animaux aux humains semble inévitable.

Il est donc encourageant de constater que la République de Corée, qui a organisé avec succès des élections pendant la pandémie, a vu le parti vainqueur s'engager sur une économie à faible émission de carbone et de zéro émission d'ici 2050. Le soutien massif des électeurs montre qu'ils ne voient pas seulement cela comme une crise économique et sanitaire, mais aussi comme une crise climatique et environnementale.

C'est pourquoi nous insistons sur l'importance de la durabilité économique, sociale et environnementale, et sur la nécessité de rapprocher les personnes et la planète, et d'investir dans les deux.

Ce n'est pas un rêve hors de portée. Un avenir avec des combustibles fossiles et des maladies telles que COVID-19 sera beaucoup plus coûteux, non seulement à long terme, mais même à court terme.

Le revenu de base universel n’est pas la solution aux problèmes économiques de la région, mais il évitera aux personnes de sombrer dans la pauvreté. Il y a une crise de l'emploi croissante dans la région car de nombreux emplois sont vulnérables aux changements dans les chaînes d'approvisionnement, aux fluctuations du marché et à l'automatisation.

De nombreux pays d'Asie, à quelques exceptions près, ont une population très jeune en hausse, de sorte que de plus en plus de personnes entrent sur le marché du travail. Le niveau d'éducation s'améliore mais le marché du travail ne se développe pas assez rapidement. Et il faut leur proposer cette fois des emplois plus verts et plus sûrs.

L’intégration plus étroite des économies mondiales pose de nouveaux problèmes. Le Bangladesh avait très peu de cas de COVID-19 il y a quelques mois, mais plus d'un million de personnes dans l'industrie du vêtement ont été licenciées lorsque la fabrication chinoise s'est arrêtée au début de la pandémie. La chaîne d'approvisionnement s'est rompue et les travailleurs licenciés au Bangladesh ont reçu, au mieux, une somme en espèces représentant une semaine de salaire et aucune protection sociale. Ils sont maintenant dans les rues tandis que le gouvernement cherche des moyens de les soutenir.

Un autre exemple est celui des pays fortement tributaires du tourisme, comme les Maldives, la Thaïlande, le Sri Lanka et le Bhoutan. Ces économies ont été gravement touchées lorsque les voyages touristiques ont cessé. Une diversification économique sera indispensable à l'avenir.

Cette crise pose plusieurs questions concernant la résilience des économies. Par exemple, combien devez-vous cultiver et produire localement pour rester en sécurité? Tout en restant interconnectés au niveau mondial, nous apprenons à la dure que les chaînes d'approvisionnement mondiales ne sont aussi fortes que leur maillon le plus faible; lorsque ce lien se rompt, des économies entières peuvent s'effondrer.

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