Déchargement des ventilateurs et du matériel médical à l'aéroport international Nnamdi Azikiwe à Abuja, au Nigéria en avril 2020. La flexibilité du financement a permis au PNUD d'aider le gouvernement Nigérian à doubler le nombre de ventilateurs du pays. Photo : PNUD Nigéria / Ngele Ali


Malgré le plan de relance de l'ONU accepté par le G20, l’impact économique de la pandémie de COVID-19 se fait déjà sentir, même dans les pays censés avoir les moyens d’atténuer les effets de cette crise.  

Il devrait dépasser les 220 milliards de dollars compte tenu de la baisse de la demande de matières premières, de la rupture des chaînes d'approvisionnement mondiales et de l'augmentation du fardeau de la dette.

Face à cela, tous les pays autour du globe travaillent à consolider leurs systèmes de santé, stabiliser leurs économies et aider les travailleurs et les entreprises touchés.

 

L'urgent ne doit pas évincer l'important

Avec l’incertitude et la menace d'une récession mondiale, l'aide publique au développement (APD) est plus nécessaire que jamais, mais elle risque de ne pas etre épargnée par la quête de ressources financières et d'éventuelles pressions économiques et politiques.

La communauté internationale se doit d’agir alors que la propagation du virus atteint des régions à la gouvernance et aux infrastructures de santé faibles.

En Afrique subsaharienne par exemple, l’instabilité ou les conflits en cours s’additionnent au plus faible ratio de médecins par habitants au monde, rendant toute réponse au virus très complexe.

 

L’impact collatéral

Il est attendu que l’impact collatéral de la pandémie sur les systèmes de santé soit extrêmement préjudiciable, voire irréversible, pour les enfants et la société dans son ensemble. À la reprise, la résilience des systèmes de santé les plus faibles dictera notre efficacité face aux menaces futures.

Le secrétaire général de l'ONU António Guterres a fait valoir que « cette crise humanitaire exige une action politique coordonnée, décisive, inclusive et innovante ainsi qu’un soutien financier et technique maximal pour les personnes et les pays les plus vulnérables ».

Il est essentiel que la communauté internationale réponde à cet appel humanitaire tout en protégeant les engagements existants en faveur du développement sur le long terme. Cela permettra de protéger les personnes les plus vulnérables et de préserver les gains de développement durement gagnés dans la lutte contre la pauvreté et l’inégalité dans le monde.

Sans cela et livrées à elles-mêmes, les nations les plus fragiles risquent l'effondrement de leur ordre socio-politique.

 

Une crise humanitaire et de développement…

Cela a été mainte fois répété : plus qu’une crise humanitaire, la COVID-19 est une crise de développement. C'est pourquoi les agences de développement aident aussi les pays à se préparer à la crise, à y répondre et à s'en remettre.

Face à cette crise particulièrement complexe, l'adéquation et la flexibilité du financement des agences de développement sont essentielles. Un financement « de base » flexible fait déjà la différence dans la réponse à COVID-19 en atteignant rapidement les personnes dans le besoin, en autonomisant les acteurs locaux, en déployant des fournitures essentielles en première ligne et en protégeant les plus vulnérables (enfants, réfugiés, femmes).

 

… qui nécessite une réponse immédiate …

Cette flexibilité deu financement a permis aux communautés de faire preuve de diligence et d’autonomie pour répondre immédiatement aux menaces de la pandémie, en attendant l'arrivée de l'aide. Au Nigéria, cela a permis à UNICEF de lutter contre la désinformation autour de la COVID-19 alors que le PNUD a été en mesure d'aider le gouvernement à doubler le nombre de ventilateurs du pays.

La pandémie de COVID-19 est l'une des crises dévastatrices de l'Histoire. Elle impacte l'économie mondiale, la géopolitique et les valeurs sociales. Cela étant, elle est aussi l’opportunité de souligner aux yeux de toute la communauté internationale l’importance du multilatéralisme pour garantir la paix, la sécurité et la prospérité de notre monde.

 

… face à une réalité complexe.

Cette interconnection et complexité doivent pousser les gouvernements à travailler en étroite collaboration, à mener des actions coordonnées et à partager informations, ressources et expertise scientifique.

Les différentes agences des Nations Unies appliquent déjà cette approche en renforçant le lien humanitaire-développement pour répondre conjointement à la crise.

En Guinée-Bissau, l'OMS, l'UNICEF, le PNUD et l'OIM se sont associés dans la mise en place d’installations d'isolement et d’espaces de triage, ainsi que dans l’obtention d’équipements nécessaires à la fois pour l'hôpital national et pour la clinique des Nations Unies.

Ce n’est qu’avec une solidarité sans faille et une coopération efficace que la communauté internationale arrêtera la propagation du virus et profitera de cette opportunité pour reconstruire de meilleurs systèmes de santé et une économie plus inclusive et durable.

Retrouvez l’article original (en anglais) sur IPSNews.

 

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