L'hôpital Al-Jamhoori endommagé par la guerre en 2018. Le conflit a dévasté un système de santé déjà très faible. Une pandémie lui porterait le coup de grâce, affectant les plus vulnérables en premier lieu. Moins de la moitié des établissements de santé Yéménites sont opérationnels – et la plupart manquent de personnel qualifié, de médicaments et souvent d’accès à l’électricité. Photo : PNUD Yémen

 

Aucun cas de coronavirus n'a encore été signalé au Yémen. Mais à la vue de ce qui se déroule à travers le monde, nous ne pouvons que nous attendre au pire dans l’un des pays les plus fragiles de la planète.

Avec le COVID-19, le Yémen sera confronté à un nouvel ennemi impitoyable, et imbattable si le conflit armé devait se poursuivre. Cesser les combats dès maintenant pourrait ouvrir la voie à une médiation supervisée par l'ONU pour mettre fin à la guerre et prévenir l’apparition d’une épidémie dans un environnement déjà précaire.

Le conflit a dévasté un système de santé déjà très faible. Le virus lui porterait le coup de grâce, affectant les plus vulnérables en premier lieu. Le dernier rapport du PNUD sur l'impact de la guerre au Yémen (en anglais) montre qu'à la fin 2019, le conflit avait fait reculer le développement du pays de 21 ans et retardé la réalisation des Objectifs de développement durable de 31 ans. La guerre a laissé moins de la moitié des établissements de santé Yéménites opérationnels – et la plupart manquent de personnel qualifié, de médicaments et souvent d’accès à l’électricité.

La question est de savoir comment se préparer, réagir et récupérer dans un pays en guerre ?

Le 25 mars, le Secrétaire général de l'ONU, António Guterres, a appelé à un cessez-le-feu dans le pays pour éviter une catastrophe. L'Envoyé spécial des Nations Unies au Yémen, Martin Griffiths, a suivi l’appel : « Les champs de bataille divisent le Yémen et rendent plus difficile la lutte contre une possible épidémie de COVID-19. »

Si toutes les parties belligérantes ont répondu positivement, seul le suivi de cet engagement pourra sauver des millions de vies. Pour cela, chacun doit mettre ses différences de côté, poser les armes et coordonner les efforts pour atténuer la propagation du virus. Des politiques de santé publiques coordonnées aux niveaux local, national et international sont primordiales pour assurer une réponse rapide et efficace du Yémen.

Le PNUD a tiré les leçons des épidémies et crises sanitaires passées pour développer une réponse efficace et axée sur les populations les plus vulnérables. Face à la crise actuelle, nous contribuons à la réponse des Nations Unies au Yémen en mettant en œuvre quatre piliers :

 

1)      Renforcer la première ligne de défense

Le système de santé, les chaînes d'approvisionnement, les médecins et les infirmier(e)s qui se trouvent en première ligne de la lutte contre le virus doivent être soutenus et protégés –en fournissant les équipements de protection adéquats et en renforçant nos liens avec les autorités pour garantir aux Yéménites un accès et un traitement égaux aux soins de santé.

Avec le Coordonnateur résident des Nations Unies, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et les autorités yéménites, le PNUD facilitera le financement des fournitures indispensables et la remise en état des infrastructures essentielles. Pour parvenir au-delà des lignes de front, nous travaillerons à autonomiser et à renforcer la gouvernance locale tout en consolidant nos partenariats avec la société civile pour assurer une prestation de services efficace.

 

2)      Aplatir la courbe

Il faut apprendre des mesures globales de distanciation sociale, de travail à domicile, de fermeture des écoles et de report de grands rassemblements. Le PNUD soutient déjà les efforts de confinement des autorités et de l'OMS pour ralentir la propagation du virus en introduisant des mesures supplémentaires au sein de son programme.

 

3)      Protéger maintenant et pour l'avenir

Pour une reprise plus rapide, nous devons renforcer la protection sociale en étendant la couverture des programmes existants - notamment l'aide alimentaire, les transferts monétaires directs et les programmes de travaux publics. Il est essentiel de protéger les détenus, les déplacés internes et les autres personnes vivant dans des zones congestionnées.

Le PNUD travaille avec ses partenaires sur place et les autorités pour intensifier les programmes existant dans ces domaines à travers le pays.

 

4)      Stimuler l'économie

Le Yémen souffre déjà de l’effondrement de ses infrastructures économiques, du non-paiement des salaires ainsi que du manque d’emploi.

Le PNUD s'appuiera sur la Banque mondiale, l'Union européenne et d'autres partenariats pour élargir ses programmes et en développer de nouveaux en vue de continuer à créer des emplois d’aider les PME, et de soutenir les chaînes de valeur locales telles que l'agriculture, et le renforcement des partenariats public-privé.

 

Pour éviter que le COVID-19 ne devienne une autre catastrophe au Yémen, les armes doivent être posées dès aujourd’hui. Avec une telle menace aux portes du pays, nous devons tous nous rallier à la lutte contre le virus. Le Yémen ne peut plus attendre.

 

Icon of SDG 03

PNUD Dans le monde