La région du lac Tchad a été fortement touchée par la montée de l'extrémisme violent et l'insurrection de Boko Haram : insécurité alimentaire, pauvreté chronique et déplacements de populations... Soutenue par l'UE, l'Allemagne, la Suède et le Royaume-Uni, la Facilité régionale de stabilisation pour le lac Tchad cherche à rétablir la sécurité civile et à améliorer l'accès aux services de base. Photo : PNUD Aurélia Rusek

 

Fin septembre, les dirigeants du monde se réunissent à l’ONU à New York pour réaffirmer la nécessité de concrétiser la promesse de construire un monde plus équitable et durable, à savoir le Programme 2030.

Les défis globaux d’aujourd’hui — qu’il s’agisse du changement climatique, de la pauvreté, de l’inégalité, ou de la migration — sont de plus en plus nombreux et touchent aussi bien les pays riches que les pays pauvres. On estime que d’ici 2050, le changement climatique générera 143 millions de migrants supplémentaires rien qu’en Amérique latine, en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud-Est.

Les catastrophes naturelles, le terrorisme, la cyberguerre et les pandémies augmentent à des niveaux sans précédent.

Selon notre Indice de pauvreté multidimensionnelle (IPM) de 2019 (en anglais), plus de deux tiers des personnes vivant dans une pauvreté multidimensionnelle — soit 886 millions — habitent dans des pays à revenu intermédiaire et environ 440 millions dans des pays à faible revenu. En Europe, 110 millions de citoyens (22,4 % de la population totale) sont menacés de pauvreté ou d’exclusion sociale.

Ces défis appellent une action immédiate et collective et ne pourront être relevés que si nous mettons tous la main à la pâte. C’est là que le multilatéralisme joue un rôle essentiel, aujourd’hui plus que jamais.

S’unir pour défendre les droits humains, soutenir la paix et promouvoir le développement durable pour tous contribue en effet à un avenir meilleur aux peuples et à la planète.

Malheureusement, le multilatéralisme est confronté à une crise. Nous faisons face aujourd’hui à un manque de solidarité, un chauvinisme et un protectionnisme croissant qui menacent la coopération internationale. Ces obstacles rendent les problèmes que rencontre notre monde encore plus complexes et touchent directement la vie des plus pauvres, en particulier dans les pays en développement.

En 2016, le financement de l’aide publique au développement (APD) a atteint un sommet historique de 63 milliards de dollars reversés aux organisations multilatérales de développement. Avec une méfiance croissante à l’égard du multilatéralisme, ce chiffre pourrait diminuer. Pour la plupart d’entre nous, qui croyons très fermement au multilatéralisme, tout n’est pas perdu, mais nous savons qu’il reste du travail à faire.

Dans ce contexte, la campagne « Alliance du multilatéralisme » qui sera lancée par l’Allemagne et la France lors de l’Assemblée générale des Nations Unies à New York arrive à point nommé. A contrecourant du souffle nationalisme et de l’isolationnisme, l’objectif premier de la campagne est de montrer que les pays qui soutiennent le multilatéralisme et l’ONU jouent un rôle important dans le monde.

Si l’ONU a réussi à faire une réelle différence dans la vie des gens partout dans le monde, c’est uniquement parce qu’elle a reçu l’appui de nombreux partenaires qui croient en la collaboration et la coopération pour accomplir davantage.

De nombreux partenaires de développement, y compris l’Union européenne (UE) et ses États membres, ont joué un rôle central en soutenant les efforts de développement durable et en valorisant le rôle de l’ONU pour relever les défis les plus urgents du monde.

En 2017, l’UE et ses États membres étaient le premier fournisseur mondial d’APD, avec un montant total de 75,7 milliards d’euros. Dans son cadre financier actuel (2015-2020), l’UE a alloué 26,1 milliards d’euros d’aide au développement à l’Afrique, tandis que le nouveau cadre (2021-2027) prévoit une augmentation pouvant atteindre 32 milliards d’euros.

L’UE et ses partenaires de développement soutiennent les efforts en cours pour relever les défis urgents du développement de l’Afrique dans des secteurs tels que l’agriculture, l’éducation, la santé, l’énergie et les interventions d’urgence.

Ainsi, en juillet 2019, le partenariat du PNUD avec l’UE, l’Allemagne, la Suède et le Royaume-Uni a conduit au lancement d’un dispositif régional de stabilisation pour le lac Tchad, un fonds ambitieux de plusieurs millions de dollars qui nous a permis d’élargir la portée de nos interventions de stabilisation dans ces zones.

Autre exemple : l’évaluation des besoins post-catastrophes entreprise en mai 2019 par l’ONU, l’UE, la Banque mondiale et la Banque africaine de développement a accéléré le relèvement du Mozambique, du Malawi et du Zimbabwe après les cyclones tropicaux Idai et Kenneth. Les quelque 1,2 milliard de dollars promis ont permis de rétablir les moyens de subsistance et de reconstruire l’infrastructure.

Lors de l’Assemblée générale des Nations unies en 2018, l’ONU et l’UE ont réaffirmé leur partenariat stratégique et leurs valeurs communes par quatre déclarations promettant :

  • une coopération renforcée pour le multilatéralisme et un ordre mondial régulé,
  • un partenariat renouvelé pour mettre en œuvre le Programme 2030, 
  • des priorités tournées vers l’avenir pour la coopération pour la paix,
  • une gestion des crises et une coopération trilatérale renforcée avec l’Union africaine.

Plus tôt en juin, les États membres de l’UE avaient déjà affirmé leur volonté de renforcer un multilatéralisme régulé, concluant qu’il s’agissait du meilleur moyen de promouvoir les intérêts nationaux aussi bien que collectifs.

Si nous voulons tenir notre promesse et respecter les objectifs du millénaire pour le développement et ne laisser personne derrière nous, la coopération internationale est la voie à suivre pour préserver nos valeurs collectives et faire du monde un endroit plus sûr et plus équitable pour tous.

 

Ce blog a été initialement publié ici

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