Les centres de jeunesse font partie d'un projet de lutte contre la radicalisation et de promotion de la citoyenneté en Mauritanie. Photo: PNUD/Freya Morales


Comment les mouvements extrémistes violents peuvent-ils s'enraciner et se répandre ? Pourquoi la radicalisation est-elle en hausse et pourquoi aucun pays n'est-il à l'abri ?

C'est le propos du récent rapport (en anglais) de l’Institut des États-Unis pour la Paix (United States Institute of Peace), auquel des experts du PNUD ont contribué.

L'approche de l'Institut repose sur le constat que la lutte contre le terrorisme est nécessaire mais pas suffisante pour prévenir l'extrémisme violent (PVE), en particulier pour les États fragiles, souvent confrontés à des crises, des conflits et à la pauvreté. L'étude propose un effort global, piloté aux niveaux national et communautaire, et basé non seulement sur les secteurs de la sécurité et du développement, mais aussi sur les organisations confessionnelles, les organisations de jeunes et les associations de femmes.

Les recherches du PNUD, ainsi que notre expérience dans de nombreux contextes fragiles, corroborent cette approche. Nous savons, par exemple, que l’extrémisme violent est alimenté en grande partie par l’exclusion, le manque d'opportunités, les violations des droits de l’homme et le manque de confiance dans les autorités de l’État, y compris dans les forces de sécurité.

Notre rapport Sur les chemins de l'extrémisme violent en Afrique : moteurs, dynamiques et éléments déclencheurs, basé sur 2 ans d'interviews avec des recrues appartenant aux groupes extrémistes les plus meurtriers du continent, révèle que 71 % des personnes sondées citent une action de l'État, telle que le meurtre ou l'arrestation d'un ami ou d'un membre de la famille par les forces de l'ordre comme leur principale raison d'adhérer à un mouvement extrémiste violent.
 

Pourquoi la prévention est-elle importante ?

Partout dans le monde, pauvreté, discrimination et inégalités exacerbent les perceptions d'exclusion et d'injustice, ce qui crée les conditions parfaites pour la radicalisation et l’extrémisme.

C'est pourquoi les interventions PVE du PNUD sont liées au programme de prévention et de maintien de la paix au sens large, ainsi qu’à la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD). 

Prévenir l'extrémisme violent signifie s'attaquer aux causes profondes de la radicalisation. Cela nécessite le renforcement de l'autorité de l'État et de la bonne gouvernance au niveau local, car en l'absence d'une présence de l'État, la violence, l'insécurité et le crime organisé fleurissent.
 

Engager les jeunes, les femmes et les groupes religieux est essentiel

Les personnes sans revenu ni éducation adhèrent aux groupes extrémistes plus rapidement que d'autres. Notre étude a révélé que 80% des jeunes issus de communautés pauvres qui ont rejoint des groupes extrémistes l’ont fait quelques mois après le premier contact avec un recruteur.

Un récent rapport du PNUD et d'ICAN, International Civil Society Action Group, Invisible Women (en anglais), décrit les façons complexes et variées dont les femmes et les filles s'engagent dans l'extrémisme violent. Les efforts de lutte et de prévention contre le terrorisme doivent s'adapter en conséquence.

En tant qu'entité multilatérale de développement œuvrant pour la prévention de l'extrémisme violent dans les États fragiles, le PNUD collabore étroitement avec les gouvernements pour renforcer les institutions, instaurer l'état de droit, faire progresser le respect des droits de l'homme et fournir des services publics essentiels.

Nous mettons en œuvre plus de 40 projets et interventions aux niveaux mondial, régional et national dans plus de 30 pays:

  • Dans le bassin du lac Tchad, nous aidons les communautés à réintégrer les rapatriés de Boko Haram afin qu'elles ne soient plus menacées de recrutement par les milices.
  • En Tunisie, le PNUD renforce les interventions de la Commission nationale de lutte contre le terrorisme et du PVE au niveau local.
  • En Somalie, nous aidons à dispenser une formation aux policiers et aux magistrats; à établir des cliniques juridiques; et à assurer la formation des leaders religieux et traditionnels dans le système judiciaire.
  • En Asie, le PNUD s'est associé à Facebook pour développer la série #ExtremeLives, un documentaire en cinq épisodes montrant le visage humain de l'extrémisme.
  • Au Tadjikistan et au Kirghizistan, nous soutenons l'amélioration des liens et de la coopération entre les services de sécurité, les autorités locales et les communautés afin de réduire les incidents violentss.
  • Le PNUD soutient la formulation ou la mise en œuvre de plans d'action nationaux et régionaux PVE dans 19 pays, en collaboration avec des consortiums régionaux tels que l'ASEAN.


Prévention et consolidation de la paix

Les récents attentats terroristes perpétrés au Sri Lanka et en Nouvelle-Zélande nous rappellent brutalement la nécessité de nouvelles approches coordonnées pour faire face à une menace globale. Les mécanismes multilatéraux fournissent des plateformes indispensables pour aligner les objectifs de prévention des donateurs avec les aspirations des citoyens, et celles des dirigeants politiques, des autorités régionales, de la société civile et des groupes de jeunes.

Plusieurs fonds de ce type existent déjà, comme par exemple le Mécanisme de financement pour la stabilisation en Irak (en anglais), lancé en 2015 pour faciliter le retour des Iraquiens déplacés, jeter les bases de la reconstruction et du relèvement et prévenir la résurgence de la violence et de l'extrémisme. En octobre 2018, 26 donateurs avaient versé plus de 900 millions de dollars EU, ce qui contribue à rétablir la sécurité et les services essentiels et à ramener des millions d'Iraquiens déplacés chez eux.

Alors que le nombre annuel d'attaques terroristes a quintuplé au cours des deux dernières décennies, causant des souffrances indicibles et inversant les progrès du développement , n’est-il pas temps d’investir dans la prévention, ensemble ?

 

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