La violence sexiste touche environ 35% de femmes globalement. Tetiana, 34 ans, a divorcé de son agresseur, qui les battait régulièrement, elle et son fils. Mariupol, région de Donetsk, Ukraine. Octobre 2017. ©PNUD/Anastasia Vlasova

 

« Nous ne nous battons pas seules, mais collectivement. » - Bertha Jauregui.

Bertha Jauregui, une militante péruvienne, collabore depuis deux ans avec les autorités de Lima pour mettre un terme à la violence sexiste. Ses propos, lors du Forum de l'Initiative de recherche sur la violence sexuelle (SVRI) à Cape Town, Afrique du Sud, ont rappelé avec force que des communautés du monde entier s'organisent et prennent des mesures pour éliminer la violence envers les femmes.

La violence sexiste touche environ 35% de femmes globalement. De nombreux pays disposent de politiques et de régulations pour y mettre fin, mais il y a souvent un écart entre ces engagements et les expériences vécues des femmes et des filles. Que faire pour atteindre la cible 5.2 de l'objectif de développement durable (ODD) dédié à l'élimination de la violence sexiste ?

Le PNUD a partagé quatre solutions prometteuses lors du SVRI, la première conférence mondiale sur la lutte contre la violence à l’égard des femmes et des filles. Ces projets puisent notamment dans l’initiative Spotlight, un programme de 500 millions de dollars pour éliminer la violence à l'égard des femmes et des filles mené par l’Union européenne et les Nations Unies, y compris le PNUD.

Amplifier ce qui fonctionne. De plus en plus d'indicateurs démontrent que la violence sexiste est évitable. Par exemple, Indashyikirwa (PDF, en anglais), un projet de lutte contre la viomence domestique au Rwanda financé par le Department for International Development du Royaume-Uni, a contribué à une réduction de 55% des probabilités de violence sexuelle entre partenaires intimes pour les femmes participantes et une baisse de 47% du nombre d'hommes signalant des violences physiques et sexuelles.

Le PNUD a adopté cette approche dans différents projets au Liban, en Moldova et en Ouganda (en anglais).  

Transformer les institutions locales. La violence sexiste est toujours liée à d’autres dimensions sociales, économiques et politiques, et doit être abordée de manière systémique.

Au Pérou, le projet associe Bertha Jauregui et d’autres activistes avec les autorités locales, pour évaluer en commun les défis sociaux et économiques auxquels la municipalité est confrontée. Un dialogue ouvert et constructif sur les solutions possibles a permis de transformer les espaces publics et de déveloper un réseau communautaire dirigé par des femmes. D'autres projets ont adopté une approche similaire, participative et menée par les citoyens, en matière de planification et de budgétisation locales.

Travailler à tous les niveaux de gouvernement. Les politiques et les engagements nationaux peuvent ne pas toujours avoir des retombées locales et, inverséments, les besoins, perspectives et solutions locales ne sont pas toujours partagés à l'échelle nationale ou avec les secteurs non traditionnels. La violence sexiste est un problème transversal, mais elle n’est généralement pas abordée comme telle. Des projets pilotes du PNUD en Indonésie (en anglais), en Moldova et au Pérou remettent cette approche en question et démontrent les avantages d'efforts conjoints et du cofinancement.

Faire appel à de nouveaux partenaires variés. Dans le cadre de son projet de restauration de zones humides en Ouganda (en anglais) avec le Fonds vert pour le climat, le PNUD intègre des protections et une intervention inspirée par le mouvement communautaire SASA! (en anglais) dans le double objectif de s'attaquer aux normes sociales qui excusent la violence à l'égard des femmes et des filles. Un programme d'autonomisation économique au Liban et dans le secteur de l'éducation au Bhoutan (en anglais) explorent également des approches intégrées de la lutte contre la violence sexiste dans leurs interventions plus larges.

Au cours des 16 jours d’activisme pour mettre fin à la violence faite aux femmes, qui se déroulent du 25 novembre au 10 décembre, assumons la responsabilité collective d’écouter d’abord les victimes et efforçons-nous d'éliminer les obstacles qui font taire les femmes et les filles.

La violence sexiste sape tous nos efforts pour créer un monde juste, pacifique et équitable. Les ODD représentent l'agenda global le plus ambitieux à ce jour, mais il ne reste que 10 ans pour les réaliser. Agir MAINTENANT n’a jamais été aussi impératif ni aussi urgent.

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