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Restaurer les terres arides pourrait-il éviter les migrations ?

16 juin 2017 par Phemo Kgomotso, spécialiste technique régional, écosystèmes et biodiversité

Photo: PNUD en Somalie
Je me souviens encore, lorsque j’étais enfant en 1992, que le Botswana et de nombreux autres pays d’Afrique australe ont été frappés par ce que le New York Times nommait alors « la pire sécheresse du 20e siècle ». Cette année-là, lors d’une journée chaude et sèche de décembre, j’ai passé une demi-journée avec mon oncle à conduire à pied le bétail à la seule source d’eau qui n’était pas asséchée. Il m’ a fallu une autre demi-journée pour retourner à la ferme de ma grand-mère. Cette année-là, ma famille a perdu plus de 40 têtes de bétail. Dépendant principalement du bétail pour leur subsistance, les personnes qui vivent dans les zones arides ont toujours été confrontées à l’incertitude. Au fil du temps, elles ont utilisé une myriade de stratégies d’adaptation, notamment la migration saisonnière à la recherche de nourriture, de pâturages et d’eau. Les éleveurs Fulani, au Nigéria, au Niger, en Guinée, au Mali et dans de nombreuses parties du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest, migrent toujours à la recherche de pâturages pour leur bétail. Mes oncles continuent à déplacer le bétail presque tous les ans pendant la saison sèche vers des régions où les pâturages sont meilleurs. Nombre de ces pratiques entrent de plus en plus en conflit avec les politiques et les systèmes fonciers « modernes », plus sédentaires. Ce manque d’alternatives entraîne pauvreté, insécurité alimentaire, conflits et suscite une migration accrue vers les zones urbaines. … Voir

Saint-Louis du Sénégal ou le pari de la durabilité

09 juin 2017 par Abdoulaye Mar Dieye, Administrateur assistant du PNUD et Directeur du Bureau régional pour l’Afrique

Saint-Louis fait face à de nombreux défis, dont la double menace posée par la montée des eaux et la surpêche qui compromettent la survie de la ville, son héritage unique et son économie. Photo: Eddy Graëff / www.saintlouisdusenegal.com
Les travaux de la première Conférence mondiale sur les océans qui se sont déroulés tout au long de la semaine à New York nous ont rappelé deux vérités fondamentales : la vie aquatique, caractérisée par une faune et une flore marines d’une grande richesse, est extrêmement précieuse mais les moyens de subsistance qui en dépendent sont menacés. C’est particulièrement vrai le long de la côte ouest de l’Afrique et notamment au Sénégal, un pays où deux tiers de la population vit à proximité de zones côtières qui reculent à un rythme alarmant (en moyenne de 1 à 2 mètres par an) en raison de la hausse du niveau de la mer et de l’urbanisation galopante. Peu d’endroits illustrent ces difficultés aussi bien que Saint-Louis au Sénégal (ou Ndar en wolof), dont je suis fier de dire qu’elle est ma ville natale. … Voir

Comment ‘régler’ les efforts de relèvement après une catastrophe ?

09 juin 2017 par Jo Scheuer et Francis Ghesquiere

Disaster risk reductionIl est essentiel que les pays enclins aux catastrophes établissent les dispositions institutionnelles, politiques et budgétaires nécessaires au relèvement, tout en renforçant leur capacité de coordination et de mise en œuvre. Photo: Andrea Ruffini / PNUD Haïti
Le lien entre pauvreté et catastrophes est de plus en plus apparent. De nouvelles recherches montrent que les événements météorologiques extrêmes seuls plongent chaque année jusqu'à 26 millions de personnes dans la pauvreté. Les pertes annuelles ont dépassé le cap des 500 milliards de dollars US et rien ne laisse présager un ralentissement de cette tendance. Pourtant, rares sont les pays en développement qui sont adéquatement préparés à ces événements de plus en plus fréquents. Prêts pour le relèvement Les efforts de préparation aident les gouvernements à répondre plus rapidement et efficacement au lendemain d'une catastrophe, et donnent aux collectivité la possibilité de mieux faire face à ce type d'événements à l'avenir. Mais si les pays investissent davantage dans la prise en charge des risques liés aux catastrophes, ils ne prennent souvent pas les dispositions nécessaires au niveau institutionnel pour œuvrer au relèvement. The link between poverty and disasters is becoming clearer – new research shows that extreme weather events alone are pushing up to 26 million people into poverty every year. With forces like climate change, urban expansion, and population growth driving this trend, annual losses have passed more than $500 billion annually, and show no signs of slowing. With limited time and resources, however, adequate preparedness for these common events is often neglected in developing countries. The result is a pattern of deficient recovery that is imperiling sustainable development, and leaving millions of the most vulnerable behind. … Voir

Le tabac : une menace pour nos océans

31 mai 2017 par Roy Small, Analyste des politiques, VIH, Groupes Santé et développement du PNUD

cigarettes et canard en plastique dans l'eauLes filtres de cigarettes comprennent des milliers de produits chimiques, y compris de l’arsenic, du plomb, de la nicotine et de l’éthylphénol, qui tous atterrisent dans les milieux aquatiques. Photo : flickr.com/photos/aceofknaves/
Chaque année, 4,5 billions de mégots de cigarettes sont jetés dans la nature. C’est de loin le déchet le plus répandu, et un pourcentage important se retrouve dans nos océans ou sur nos plages. Le problème ne peut que s’aggraver, d’autant plus que les taux de tabagisme continuent d’augmenter dans beaucoup de pays à bas et moyen revenu. Cette dernière forme « socialement acceptable de pollution par les déchets » ne représente pas juste un désagrément esthétique. Les filtres de cigarette comprennent des milliers de produits chimiques, y compris de l’arsenic, du plomb, de la nicotine et de l’éthylphénol, qui tous aboutissent dans les milieux aquatiques. Lors d’une étude en laboratoire, le lixiviat d’un seul mégot placé dans à peine un litre d’eau a tué la moitié des poissons d’eau de mer et d’eau douce qui y ont été exposés. … Voir

La situation alimentaire en Ethiopie aussi est extrêmement préoccupante

26 mai 2017 par David Das Neves, Chargé de Coopération Sud-Sud et Efficacité du Développement, Centre Régional pour l'Afrique, PNUD.

Eleveur de bétail en Ethiopie L'Ethiopie est l'un des pays d’Afrique où on dénombre le plus de bétail, et la perte du cheptel affecte durement les familles qui en dépendent comme source de nourriture ou de revenu. Photo: PNUD Ethiopie
Beaucoup de personnes ont des difficultés à imaginer que des individus meurent encore de faim avec tous les moyens à notre disposition. J’ai rejoint le PNUD à Addis-Abeba en provenance de Genève, où les habitants ne se soucient généralement pas de savoir s’ils mangeront ce soir. Lorsque vous vivez en Ethiopie, les enjeux liés à la sécurité alimentaire vous font face et il est impossible d’ignorer la situation de crise que le pays affronte actuellement. Mais il faut faire attention au terme famine, qui a sa propre définition. Le Soudan du Sud est actuellement dans une situation de famine. La Somalie et le Nigeria font partie des pays en Afrique où le risque de famine est imminent. Au-delà du continent, le Yémen est aussi très affecté. On compte ensuite des pays sévèrement touchés par des problèmes de sécurité alimentaire, comme le Niger, le Tchad, le Cameroun, l’Érythrée et l’Éthiopie. Personne ne peut nier l’effet du climat parmi les causes de la crise alimentaire actuelle. La forte sécheresse qui sévit actuellement dans cette partie du globe fait des ravages. Mais d’autres facteurs doivent être pris en compte. … Voir