Madagascar, région Anôsy : de la concertation à l’action, une gouvernance renforcée pour bâtir la résilience des communautés

17 septembre 2026

Madagascar, Manantenina, dans la Région Anôsy, l’énergie solaire éclaire désormais autrement les perspectives de la communauté. À Mangaika, des pépinières prennent forme. À Beventihazo, des activités piscicoles se développent, tandis qu’à Soavala, les parcelles agroforestières et maraîchères témoignent des efforts engagés pour renforcer les moyens de subsistance. Derrière chacune de ces initiatives, une même question demeure : comment faire en sorte que les différentes actions se complètent et répondent au mieux aux besoins des communautés ?

C’est précisément pour répondre à cette question que la Région Anôsy renforce aujourd’hui ses mécanismes de concertation, de coordination et de suivi. Car sur le terrain, la résilience ne se construit pas à travers une intervention isolée. Elle se construit lorsque les acteurs se parlent, coordonnent leurs efforts et apprennent ensemble de ce qui fonctionne, comme de ce qui reste à améliorer.

Quand le terrain devient le point de départ du dialogue

Pour les acteurs de la Région Anôsy, cette dynamique a pris une nouvelle dimension avec la redynamisation et l’opérationnalisation de la Structure Régionale de Concertation (SRC). Autorités régionales, services techniques déconcentrés, organisations de la société civile, secteur privé, partenaires techniques et financiers et leaders communautaires se sont réunis autour d’un objectif commun : renforcer un espace de dialogue capable de rapprocher les différents acteurs du développement et de favoriser une action collective au bénéfice des populations.

L’atelier a permis de clarifier le cadre juridique de la SRC, conformément au Décret n°2015-957 et à l’Instruction n°015-24, tout en réaffirmant les principes de gouvernance inclusive, de transparence et de redevabilité. La redynamisation de la SRC doit surtout permettre de mieux accompagner les actions engagées sur le terrain et de renforcer leur cohérence.

C’est aussi dans cette logique qu’une mission conjointe de suivi a été organisée dans plusieurs communes de l’axe RNT12A. L’objectif est clair : suivre conjointement la mise en œuvre du PTA-R Intégré 2026 et l’opérationnalisation des Plans Opérationnels Communs, apprécier les résultats obtenus, identifier les contraintes et renforcer la coordination entre les différents acteurs dans le cadre de l’approche Nexus Humanitaire-Développement-Paix (HDP).

Voir, écouter et comprendre les réalités du terrain

Sur le terrain, le suivi prend une autre dimension. Il ne s’agit plus seulement de regarder des indicateurs ou des rapports d’activités, mais de voir concrètement ce qui change dans les communautés. 

À Iaboakoho, les participants ont pu constater l’état d’avancement des travaux de construction du nouveau bâtiment du CEG. À Beventihazo, ils ont découvert les activités piscicoles développées au niveau du fokontany. À Soavala, les échanges ont porté sur les sites agroforestiers et les parcelles maraîchères. La mission a également permis de découvrir la sucrerie de Mahatalaky, témoignant de la diversité des initiatives et des dynamiques économiques présentes dans la région.

À Manantenina, l’attention s’est particulièrement portée sur le projet d’électrification rurale par énergie solaire, dont le PNUD constitue l’organe de référence. La gestion de cette infrastructure repose sur un partenariat entre l’Agence de Développement de l’Électrification Rurale (ADER), chargée du contrôle technique de la centrale, et la société privée 3ERE, responsable de son exploitation.

À Mangaika, les participants ont également pu suivre l’état d’avancement de la mise en place des pépinières permanentes. L’ONG Catholic Relief Services y intervient comme agence d’exécution, tandis que le PNUD a réalisé les infrastructures dédiées au MUS. 

Autant d’initiatives différentes, mais qui répondent à un même défi : renforcer durablement les capacités des communautés à faire face aux vulnérabilités économiques, sociales et environnementales.

Visite de terrain sur un site maraîcher en présence du Chef de Région Anôsy. Cette visite a permis d’apprécier les résultats des actions menées en faveur de la sécurité alimentaire, de l’amélioration des revenus des ménages et du renforcement de la résilience des communautés rurales dans la Région Anôsy.

Faire émerger des synergies plutôt que des interventions isolées

La mission a aussi surtout permis aux acteurs de confronter leurs expériences et d’identifier des opportunités de synergie. Cette dimension est essentielle dans une région où les défis sont multiples et interdépendants. L’électrification rurale, l’agriculture, l’agroforesterie, l’accès aux services sociaux ou encore le développement économique local ne peuvent être abordés séparément.

La mission de suivi est avant tout un espace d’apprentissage collectif : elle permet de comprendre les avancées, de faire remonter les difficultés rencontrées, mais aussi de repérer les complémentarités possibles entre les différentes interventions.

« Voir directement les réalisations sur le terrain, échanger avec les acteurs et entendre les bénéficiaires parler des changements observés dans leur quotidien donne tout son sens à notre engagement collectif. » Mme Fanjirisoa Maminiaina, Directrice des Affaires Générales de la Région Anôsy

Pour la Région Anôsy, le véritable apport de cette démarche réside justement dans cette capacité à rapprocher la décision de la réalité du terrain : « Cette mission nous a permis de mieux apprécier les résultats obtenus, mais surtout d’identifier les défis à relever et les opportunités de synergie à renforcer dans le cadre de l’approche Nexus HDP. Cette démarche contribue à consolider la coordination entre les acteurs afin que les interventions répondent davantage aux attentes des communautés et produisent des impacts durables. »

Une gouvernance au service d’une résilience durable

De la redynamisation de la SRC aux visites de terrain, une même dynamique se dessine en Anôsy : faire de la gouvernance un outil concret au service des communautés. Cette dynamique s’inscrit dans le cadre du Programme Résilience de l’Action Pacte Vert, soutenu par la Délégation de l’Union européenne à Madagascar et en Union des Comores et mis en œuvre par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), le Programme Alimentaire Mondial (PAM), l’UNICEF et la FAO, en partenariat avec un consortium d’ONG mené par CARE International Madagascar.

 

 

À Antanimora, les membres de la mission conjointe ont échangé avec les communautés locales afin de mieux comprendre leurs réalités, leurs besoins et les défis auxquels elles font face, dans une démarche de développement territorial participatif. Les discussions ont notamment mis en lumière les préoccupations des populations concernant le rattachement administratif de leur localité.