De la pierre brute à la dignité retrouvée : le parcours transformateur de Mabrouk
6 mars 2026
À Sidi Makhouf, dans le gouvernorat de Médenine, l’histoire de Mabrouk, artisan du marbre et chef de famille, vivait une précarité profonde : « Les cours de renforcement scolaire étaient comme un rêve pour mes enfants », confie‑t‑il. Incapable de couvrir les besoins essentiels de sa famille, il voyait ses compétences inexploitées et ses perspectives s’éroder.
Pourtant, Mabrouk a un talent rare : le travail du marbre. Un secteur exigeant, nécessitant un fonds de roulement important, des machines spécifiques : scie à pont, polisseuse, tronçonneuse diamantée, meuleuse… ainsi qu’un véhicule utilitaire pour acheminer la matière première et livrer les commandes. Autant de prérequis alors hors de sa portée.
Grâce à l’appui du ministère des Affaires sociales, en collaboration avec PNUD à travers le Portefeuille « Gouvernance comme levier de développement socio-économique », et des partenaires institutionnels à Médenine, Mabrouk a pu consolider son activité : acquisition d’équipements essentiels, renforcement de capacités, accompagnement en post‑création ; un soutien structurant qui a totalement transformé sa trajectoire. Aujourd’hui, il assure la scolarité de ses enfants dans des conditions dignes, il a pu acheter un camion pour transporter le marbre ; et il emploie désormais des jeunes de sa communauté, contribuant à améliorer les conditions de vie dans sa communauté.
Visionnaire et profondément engagé, il aspire aussi à développer un axe écologique : il recycle les déchets de marbre et souhaite acquérir une machine dédiée qui lui permettrait de créer de nouveaux produits, couvrir les charges fixes et employer deux personnes supplémentaires.
Réputé pour la qualité de sa matière première, son innovation, son éthique de travail et sa bienveillance, Mabrouk bénéficie aujourd’hui d’une réelle notoriété à Sidi Makhouf et Médenine. Et il voit loin : il souhaite se perfectionner à l’échelle internationale afin de maitriser des techniques modernes de découpage et de sculpture, qui ne sont pas encore disponibles en Tunisie.
Enfin, fidèle à ses valeurs communautaires, Mabrouk économise pour acquérir un appareil permettant de graver gratuitement les noms et dates sur les tombes dans le but d’accompagner les familles vulnérables dans l’un des moments les plus difficiles.
L’histoire de Mabrouk témoigne d’une dynamique collective : celle d’un partenariat public–PNUD centré sur la dignité, l’autonomisation et l’impact durable.