Après l’installation des lampadaires solaires, les habitants témoignent
Moroni s’illumine :
15 août 2025
Deux mois après la mise en service des lampadaires solaires dans le tronçon CNDRS, place de l’indépendance, Mtsangani, Badjanani et café du port, la capitale comorienne affiche un nouveau visage. Cette initiative, portée par le projet « Énergie et Croissance », a été mise en œuvre par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) en partenariat avec le Gouvernement de l’Union des Comores, via la Mairie de Moroni, avec le soutien financier du Gouvernement américain.
Ce projet apporte une contribution essentielle à l’accès à une énergie propre et à l’amélioration de la sécurité urbaine. Les équipements installés lampes LED de 30W, panneaux solaires monocristallins, batteries lithium et poteaux de huit mètres, sont conçus pour fonctionner de manière totalement autonome, sans dépendre du réseau électrique national.
Le lancement des travaux, en mai dernier, avait été salué par le ministre de l’Intérieur : « Nous sommes réunis ce matin pour marquer symboliquement le lancement des travaux d’éclairage public dans la ville de Moroni, avec la pose de la première installation sur le tronçon reliant le CNDRS au Café du Port », avait-il déclaré, soulignant le caractère structurant de ce projet pour la capitale et l’ambition du Plan Comores Émergent de bâtir des villes plus résilientes et adaptées aux exigences du développement durable.
Le chantier a été confié à l’entreprise ougandaise Aptech Africa, spécialisée dans les solutions solaires durables. La répartition des lampadaires a été pensée pour couvrir les zones stratégiques : 120 lampes du CNDRS au Café du Port, 40 lampes à la Direction Générale de la Sécurité Civile et 20 lampes au Centre Rural de Développement Économique de Diboini Hamalingo
Présent lors de la cérémonie du lancement de travaux, le Représentant résident du PNUD, Snehal Soneji, avait insisté sur l’importance d’un engagement collectif pour protéger ces infrastructures : « Ce n’est pas au ministre d’envoyer un agent ici. Si nous les protégeons ensemble, ces équipements peuvent durer plus d’une décennie », avait-il rappelé, invitant les autorités locales et les citoyens à veiller à leur préservation.
Dans les rues de Moroni, les réactions sont unanimes : la lumière change le quotidien. Simba, pêcheur au Café du Port, explique que son travail nocturne est désormais plus sûr et plus simple : « Les lampadaires m’aident beaucoup parce qu’aux Comores, le problème d’électricité persiste toujours. Quand il y a des délestages, les lampadaires restent allumés en permanence. Il n’y a donc pas d’obscurité sur notre lieu de travail : on voit bien où on pose les pieds. Comme je suis pêcheur, quand je reviens de la pêche la nuit, je peux voir ce que je fais, arranger ma vedette et trier les poissons. Et si je pars pêcher de nuit, je peux préparer les moteurs sans avoir besoin d’une autre source d’énergie. »
Abdallah Moidhini, habitant de Magoudjou, souligne les bénéfices en matière de sécurité : « C’est une bonne chose ces lampadaires. Dans cette zone éclairée, on ne ressent même pas les coupures d’électricité, car la lumière reste en permanence, du CNDRS jusqu’à la place de l’Indépendance, Mtsangani, Badjanani et le Café du Port. Côté sécurité, c’est aussi très positif : ça dissuade les malfaiteurs nocturnes et les voleurs, et ça permet de repérer facilement ceux qui causent des troubles. En plus, ça rend la ville plus attrayante et lumineuse. Ce serait bien si ce système pouvait être généralisé dans les autres quartiers, surtout pour protéger les marchandises et les magasins qui sont souvent victimes de vols, notamment pendant la pluie ou encore les batteries de voitures qui disparaissent souvent la nuit. »
Pour Said Hassani Said Abdillah, de Madjenini, le contraste avec la situation passée est frappant : « Ces lampadaires solaires donnent une nouvelle image à la capitale Moroni, surtout la nuit. Avant, il y avait des installations de la SONELEC mais, pour une raison qu’on ignore, l’éclairage public avait disparu et l’obscurité régnait dans la ville. Nous remercions le gouvernement et le PNUD pour cette aide. Je remarque aussi que les poteaux sont élancés donc de grande taille, ce qui empêche qu’on vole ces lampadaires facilement. À l’époque, Elbak avait installé des lampadaires avec de petits poteaux, ce qui avait facilité le vol et la destruction de ces installations. »
Mariama Kassim, mère de trois enfants, exprime quant à elle un souhait d’extension de l’initiative : « C’est une bonne initiative, la rue est bien éclairée. Ce serait encore mieux si cet éclairage était aussi installé à l’intérieur de nos quartiers, afin de protéger nos enfants, surtout les filles, contre les violeurs et les pédophiles. Pendant cette période estivale, nous allons dans les Oukoumbi, au foyer des femmes, en toute sécurité et nous rentrons chez nous sans crainte grâce à cette lumière permanente. »
Enfin, Fahmia Ali, insiste sur l’amélioration globale du cadre de vie : « Je trouve la capitale beaucoup plus lumineuse qu’avant. Grâce à cette lumière, il y a plus de sécurité : on ne voit plus autant de fous errants ou de voleurs. Merci à ceux qui ont contribué à ce changement dans notre capitale. Et même en cas de coupure d’électricité, ces lampadaires solaires restent allumés, donc on ne se retrouve jamais dans le noir. »
L’expérience de Moroni pourrait inspirer d’autres villes de l’archipel, comme Mutsamudu, Mitsamihouli ou Fomboni, où la sécurité et l’éclairage public restent des défis majeurs. Les habitants espèrent désormais que ce projet, salué pour son impact immédiat, sera rapidement étendu afin d’offrir les mêmes bénéfices à d’autres communautés.