Déclaration de l'Administrateur du PNUD à l’occasion de la session annuelle du Conseil d’administration 2024

31 mai 2024

Seul le prononcé fait foi.

Le pouvoir de la coopération pour le développement 

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les membres du Conseil d’administration,
Chers collègues et amis,
J’ai l’honneur de me joindre à vous pour la session annuelle 2024 du Conseil d’administration du PNUD, du FNUAP et de l’UNOPS.

Excellences, nous sommes rendus à une période charnière de l’histoire où les fils de notre destin commun n’ont jamais été aussi entremêlés. Le Programme de développement durable à l’horizon 2030 éclaire notre chemin, nous rappelant que notre avenir est un avenir d’interdépendance et de coopération.

Au cours des deux dernières décennies, l’écart entre les pays riches et les pays pauvres s’est réduit et la part de la population mondiale vivant dans l’extrême pauvreté a été ramenée de 50 % en 1950 à moins de 10 % en 2019. L’intégration financière a quadruplé au cours des 20 dernières années, générant d’immenses richesses, tandis que près de 70 % de la population mondiale est désormais connectée.

Cependant, alors que nous sortons de l’ombre de la pandémie de COVID-19, une reprise inégale stimule l’accroissement des inégalités. Le dernier Rapport sur le développement humain du PNUD révèle que plus d’un quart des pays, principalement les plus pauvres, ont régressé aux niveaux d’avant 2019. Malgré de nombreuses avancées, la moitié des pauvres du monde vivent dans des pays à revenu intermédiaire — un « paradoxe du progrès ». Nous vivons et opérons également dans un monde beaucoup plus risqué : le changement climatique, les conflits, les tensions géopolitiques, l’incertitude économique et les technologies de pointe non contrôlées menacent tous de compromettre des décennies de gains durement acquis sur le plan du développement. La quatrième Conférence internationale sur les petits États insulaires en développement a rappelé sans ambages que des pays sont pris au piège d’un « cycle d’endettement et de réponse face aux catastrophes ». 

Des changements profonds, des perturbations et la polarisation mettent à l’épreuve les limites de la coopération au développement. La coopération mondiale est en déclin depuis 2020, et l’architecture du développement qui a permis de réaliser des progrès dans le monde depuis des décennies est sous pression. L’aide publique au développement (APD), qui est à la base des programmes de développement des pays à faible revenu, se contracte, bien qu’elle ait atteint un niveau record en 2022. La réduction de l’APD touche plus de 2,9 milliards de personnes dans plus de 70 pays en développement, entravant le développement économique et l’amélioration du bien-être humain.

Mais je vous pose les questions suivantes : croyons-nous encore en la capacité de la coopération au développement d’aider à réaliser les Objectifs de développement durable (ODD) ? Reconnaissons-nous sa valeur pour relever les défis auxquels nous sommes confrontés ? Je prends la parole devant vous aujourd’hui pour vous dire sans équivoque que oui, nous y croyons, et pour vous donner un aperçu de nos réalisations collectives, rendues possibles grâce à la coopération et au partenariat pour le développement.

Aperçu des progrès et du partenariat

Excellences, l’examen à mi-parcours du Plan stratégique du PNUD pour 2022-2025, y compris le rapport annuel 2023 de l’Administrateur, confirme que le Plan stratégique a su anticiper et apporter des transformations profondes. Ce plan est le moteur de la transformation du PNUD en une organisation moderne et tournée vers l’avenir, qui intègre toutes les facettes des cinq axes de changement définis par le Secrétaire général, une vision d’une « ONU 2.0 » mue par des solutions numériques, l’innovation, les données, la prospective et les approches des sciences comportementales. 

Le PNUD est passé de la mise en œuvre de projets d’aide à la co-création de solutions intégrées de développement avec ses partenaires : pays où sont menés des programme, partenaires financiers, entités sœurs du système des Nations Unies, organisations non gouvernementales, société civile, monde universitaire et secteur privé. Nous avons aidé les États à fournir des services essentiels à près de 72 millions de personnes au cours des deux dernières années, contribuant ainsi à notre objectif de sortir 100 millions de personnes de la pauvreté multidimensionnelle d’ici 2025.

Notre capacité à rassembler les parties prenantes aide à relever les défis nationaux et mondiaux. L’initiative Climate Promise du PNUD, avec ses partenaires, a aidé plus de 125 pays à élaborer et à mettre en œuvre des engagements climatiques audacieux. Alors que nous nous tournons vers Bakou pour 2024 et Belém pour 2025, nous portons plus haut ce partenariat afin d’aider les pays à atteindre les objectifs de l’Accord de Paris et à éviter les conséquences les plus graves du changement climatique.

Le PNUD est de plus en plus sollicité pour mettre à contribution l’expérience acquise de ses programmes de pays intégrés dans les forums stratégiques mondiaux. Par exemple, au sein du Groupe des 20 (G20), le PNUD aide la présidence brésilienne à formuler des recommandations visant à faire en sorte que les contributions déterminées au niveau national (CDN) se prêtent davantage à des investissements. Le Groupe des 7 (G7), sous la présidence italienne, a demandé au PNUD et au secrétariat de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification de mettre en place un centre pour la gestion durable des terres. 

Nous avons tiré parti des puissants catalyseurs du progrès que sont les technologies numériques, l’innovation et le financement du développement.

  • Aujourd’hui, 69 % de nos nouveaux projets appliquent des solutions numériques, ce qui améliore considérablement l’efficacité et la portée des interventions.
  • Le fait que nous coparrainions, avec l’Union internationale des télécommunications, l’Initiative à fort impact du Secrétaire général sur les infrastructures publiques numériques, a permis d’attirer 400 millions de dollars d’engagements financiers.

  • Un investissement stratégique de 10,3 millions de dollars dans notre Pôle pour la finance durable réalisé grâce à un financement souple a permis de mobiliser 15 milliards de dollars de nouveaux financements à l’appui du développement et a contribué à aligner 200 milliards de dollars sur les ODD.

Le PNUD est devenu plus efficace sur le plan des résultats et des coûts et affecte davantage de ressources à la programmation. Les efforts que nous déployons pour moderniser les opérations et investir dans notre personnel ont conduit à une amélioration tangible de notre capacité à obtenir des résultats.

  • En 2022-2023, nous avons dépensé près de 100 millions de dollars de plus qu’initialement prévu pour obtenir des résultats sur le plan du développement. En 2023, nous avons réalisé des économies d’efficience de 16,3 millions de dollars qui ont été réinvestis dans la programmation, soit le double des économies d’efficience réalisées en 2022 qui se chiffraient à 7,1 millions de dollars.

  • L’enquête 2023 sur l’engagement du personnel, baptisée #UNDPListens, a révélé un score d’engagement de 72, qui indique que la plupart des membres du personnel considèrent le PNUD comme un employeur pour lequel ils veulent travailler. Des niveaux d’engagement plus élevés sont associés à de meilleures performances financières . Nous prenons des mesures pour améliorer l’engagement dans des domaines clés, notamment la communication, l’apprentissage et le perfectionnement professionnel.

Excellences, ces points saillants illustrent les réalisations de la coopération pour le développement et le rôle précieux que joue le PNUD dans la promotion des priorités nationales et des objectifs mondiaux communs.

Résultats sur le plan du développement

Le PNUD est en bonne voie pour atteindre les objectifs de son plan stratégique. Rendus à mi-parcours, nous avons atteint ou dépassé la plupart des jalons en matière de développement, en particulier en fournissant des services inclusifs aux groupes marginalisés. Nous avons connu un succès notable en aidant les États à renforcer l’administration publique et à lutter contre la corruption, tout en aidant la société civile à défendre l’espace civique. Le PNUD a également réalisé des progrès dans des domaines clés du développement tenant compte des risques : promotion de la cohésion sociale, amélioration de la prévention des conflits et renforcement de la résilience des systèmes de santé, des systèmes alimentaires et des adductions d’eau. Nous dépassons les jalons établis pour ce qui est de la réduction de la fracture numérique.

Notre examen à mi-parcours confirme que nous sommes sur la bonne voie grâce au pouvoir des programmes intégrés et des partenariats. La mise en application réussie de nos solutions distinctives, par exemple dans l’élaboration des initiatives Climate Promise et Nature Pledge , nécessite une approche transversale. Les analyses ont montré qu’un plus grand nombre de liens entre les programmes de pays et les solutions distinctives permet d’obtenir plus de résultats . Nous avons délibérément investi dans une « approche par portefeuille », actuellement appliquée dans plus de 50 bureaux de pays du PNUD, afin de créer systématiquement des inter-complémentarités. 

Ces approches permettent au PNUD de s’attaquer simultanément à plusieurs problèmes, ce qui donne lieu à des réalisations plus globales et plus efficaces. Par exemple, au Cambodge, nos programmes intégrés ont aidé les autorités à donner accès à la protection sociale à 3,7 millions de personnes d’accéder et à l’assurance maladie à 80 000 travailleurs du secteur informel. Ces approches ont également un impact plus important sur l’égalité des sexes. En 2023, le PNUD a aidé 28 millions de femmes supplémentaires à accéder à des services financiers, soit deux fois le nombre enregistré en 2021. L’initiative Equanomics du PNUD déploie des outils de politique publique, tels que des réformes budgétaires et fiscales, pour rendre les économies plus équitables entre les sexes. Plus de 20 pays définissent des réformes pour lutter contre les préjugés sexistes inhérents aux politiques. Et les données montrent que des dépenses plus élevées pour des projets axés sur le genre entraînent de meilleurs résultats organisationnels.

Le PNUD est à mi-chemin de la réalisation de son objectif consistant à aider 800 millions de personnes à participer aux élections, ayant apporté son appui à l’organisation de 36 élections auxquelles ont participé 439 millions d’électeurs en 2022-2023. Au Nigéria, le partenariat avec la commission électorale nationale et la société civile a rendu les élections de 2023 plus transparentes, a permis d’augmenter le nombre de personnes inscrites sur les listes électorales de 9,5 millions d’électeurs et a protégé contre la désinformation grâce à la plateforme iVerify. Nous innovons dans le domaine de la justice et de l’État de droit à travers l’initiative Justice Futures CoLab. En 2023, notre Programme mondial sur l’État de droit et les droits humains, travaillant en partenariat avec le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, le Département des opérations de paix des Nations Unies et d’autres acteurs, a fourni un financement catalyseur destiné à renforcer l’État de droit, la justice, la sécurité et les droits humains dans plus de 50 pays. Avec notre première stratégie mondiale pour la justice environnementale, nous sommes déterminés à aider 100 pays à créer un environnement propre, sain et durable d’ici 2030.

Mais le monde est devenu plus risqué et plus vulnérable au cours de la dernière décennie. L’augmentation des conflits, de l’instabilité politique et des catastrophes naturelles a un impact inimaginable sur les vies humaines, en Afghanistan, en Haïti, au Myanmar, au Soudan, en Ukraine, au Sahel, à Gaza et ailleurs. Dans ce contexte complexe, le PNUD comble le fossé entre l’action humanitaire, l’effort de développement et la recherche de la paix. En 2023, avec nos partenaires, nous avons mené des interventions favorisant l’inclusion socioéconomique et la cohésion sociale pour près de 6 millions de personnes touchées par des crises.

  • En Ukraine, une réponse complète a permis de maintenir les services essentiels, d’enlever les débris et de mettre en place des services électroniques pour près de 21 millions de personnes.
  • Le Programme d’assistance au peuple palestinien (PAPP) du PNUD, en collaboration avec les autres institutions humanitaires de l’ONU, a mené des interventions d’urgence pour assurer l’approvisionnement en eau potable, la gestion des déchets et la distribution de fournitures médicales à Gaza. Avec ses partenaires, le PAPP du PNUD a entrepris d’élaborer un programme complet de relèvement rapide et de résilience, et se tient prêt pour intensifier l’appui dès que les conditions de sécurité et d’accès s’y prêteront.
  • Dans les États arabes, notre partenariat avec le HCR a permis de créer des emplois pour 500 000 réfugiés syriens et membres des communautés d’accueil. Le Plan régional de résilience des réfugiés financé à hauteur de 1,6 milliard de dollars, qui rassemble 270 partenaires, a permis de renforcer les capacités de 40 000 fonctionnaires en Égypte, en Iraq, en Jordanie, au Liban et en Türkiye pour répondre aux besoins des réfugiés et des communautés d’accueil.
  • Au Myanmar, après le passage du cyclone Mocha dans l’État de Rakhine en mai 2023, notre présence et notre engagement de longue date auprès des communautés nous ont permis d’atteindre rapidement plus de 700 000 personnes dans 481 villages en répondant à leurs besoins élémentaires et en leur apportant un soutien aux moyens de subsistance, en complément de l’action des acteurs humanitaires.
  • À la suite des inondations dévastatrices au Pakistan en 2022, l’expertise technique du PNUD a joué un rôle déterminant dans le soutien des efforts déployés par l’État pour mobiliser 6,49 milliards de dollars sur les 10,9 milliards de dollars promis lors de la Conférence de Genève.

Excellences, la programmation intégrée du PNUD a démontré son utilité dans la recherche d’impact. Le défi consiste maintenant pour le PNUD, avec ses partenaires, à étendre et à institutionnaliser ces approches, y compris dans ses opérations.

Les catalyseurs de la transformation

L’examen à mi-parcours a également confirmé que les trois catalyseurs du PNUD – innovation, numérique et finance – se sont révélés utiles pour accélérer la transformation. Ils améliorent notre capacité à relever les défis en constante évolution et à impulser des changements positifs.

L’innovation en tant que catalyseur stratégique modifie la façon dont le PNUD travaille, collabore et obtient des résultats. Nous aidons les États à repenser la façon dont les institutions gèrent l’incertitude et collaborent d’un secteur à l’autre. Les Laboratoires d’accélération du PNUD ont trouvé plus de 6 000 solutions de développement dans 115 pays et nos nouveaux pôles d’innovation universitaires aident les étudiants et les professeurs en Afrique, notamment au Lesotho, au Mali et au Soudan du Sud, à transformer leurs idées en initiatives entrepreneuriales.

Le PNUD s’est engagé pour la transformation numérique, contribuant à créer un monde dans lequel chacun, partout, bénéficie d’un accès à coût abordable à la connectivité, et a la capacité de l’utiliser de manière utile. Nous reconnaissons que les technologies numériques offrent des possibilités énormes de faire progresser les ODD, mais qu’elles comportent également des risques importants. 

En 2022-2023, le PNUD a accompagné plus de 60 pays dans leur transformation numérique nationale, à travers notamment des évaluations de l’état de préparation à la transition numérique, des infrastructures publiques numériques et l’intelligence artificielle (IA), contre seulement un petit nombre de pays en 2018. Cet accompagnement a débouché sur la mise en place d’un système d’identité numérique en Mauritanie et sur l’adoption de la plateforme Codex au Brésil, cette dernière ayant mis les données de 144 millions d’affaires judiciaires à la portée des fonctionnaires judiciaires, accélérant ainsi l’exécution de la justice et améliorant la qualité de cette dernière. À Antigua-et-Barbuda, les autorités se sont engagées publiquement à numériser tous les services publics d’ici 2030, à la suite d’une évaluation de l’état de préparation à la transition numérique. Le partenariat entre le PNUD et l’Organisation mondiale de la Santé, le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, l’Alliance Gavi et les États a contribué à mettre au point des solutions de santé numériques ; 45 000 établissements de santé numérisés dans 13 pays peuvent désormais suivre et distribuer de manière fiable plus de 2 milliards de doses de vaccins et assurer les vaccinations systématiques, renforçant ainsi la résilience des systèmes de santé et la préparation aux pandémies.

Le travail du PNUD au niveau des pays guide notre leadership éclairé sur le développement numérique et notre participation aux dialogues sur les politiques publiques à l’échelle mondiale. Pendant la présidence indienne du G20, nous avons contribué à la réalisation d’un consensus pour rendre les systèmes numériques sûrs, interopérables et accessibles à tous. En tant que partenaire de la présidence italienne du G7, le PNUD appelle à une action collective pour s’assurer que toutes les communautés, partout dans le monde, puissent mieux exploiter dans sa pleine mesure le potentiel de l’intelligence artificielle afin de faire progresser les solutions de développement de nouvelle génération. 

En ce qui concerne le financement du développement, le Plan stratégique a galvanisé l’innovation et augmenté l’échelle, y compris pour la nature, alors que la crise de la biodiversité s’aggrave. Le PNUD, en collaboration avec le Fonds d’équipement des Nations Unies (FENU) et d’autres partenaires, a aidé l’État des Fidji à émettre sa première obligation bleue en 2023 à hauteur de 10 millions de dollars. Le PNUD est l’organisme indépendant de vérification du premier prêt approuvé par la Banque mondiale en faveur de l’Uruguay, d’un montant de 350 millions de dollars ; il assujettit la réduction des paiements d’intérêts aux résultats obtenus sur le plan environnemental.

Notre stratégie de développement du secteur privé et de partenariat avec ce dernier pour la période 2023-2025 met l’accent sur les projets en préparation qui se prêtent à l’investissement et sur les outils de réduction des risques, qui s’annoncent prometteurs dans le secteur des énergies durables. Par exemple, à Sao Tomé-et-Principe, cette approche permet de réduire les coûts d’investissement et de maîtriser les risques économiques liés à l’insécurité énergétique.

Une institution en cours de modernisation tient ses promesses

Les résultats institutionnels du PNUD continuent d’être solides. L’examen à mi-parcours montre que la modernisation des opérations, la rationalisation des processus opérationnels et l’investissement dans notre personnel ont entraîné des améliorations mesurables des résultats sur le plan du développement, de la réactivité face aux risques et de l’apprentissage. Le PNUD a dépassé 94 % des indicateurs du Plan d’action établi à l’échelle du système des Nations Unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes, contre 83 % en moyenne.

En 2023, sa première année d’exploitation, Quantum, le nouveau progiciel de gestion intégré du PNUD, a traité 1,12 million de paiements d’une valeur de 5 milliards de dollars. Il a fourni des services de paiement et de paie à plus de 70 institutions. Quantum a amélioré la qualité des données, les contrôles internes et l’assurance qualité en automatisant 3 000 procédures de gestion.

Juin 2024 marque le cinquième anniversaire de la Stratégie du PNUD relative aux ressources humaines à l’horizon 2030, qui a renforcé notre culture organisationnelle, amélioré la gestion des ressources humaines et constitué une main-d’œuvre diversifiée et qualifiée. De 2019 à 2023, la proportion de Représentants résidents du PNUD dans les pays du Sud est passée de 50 à 60 %, tandis que la proportion de femmes occupant des postes de direction est passée de 43 à 50 %.

La mise en œuvre de notre première stratégie pour la diversité, l’équité et l’inclusion (DEI) est en bonne voie. Les initiatives comprennent des programmes qui ont été primés et qui visent à attirer au PNUD de jeunes talents issus de divers pays de programme, et une semaine de la DEI est en préparation qui permettra de mieux faire connaître les actions menées dans l’ensemble de l’organisation pour promouvoir la DEI. Nous concrétisons l’engagement du PNUD à combattre le racisme dans les offres de programmes et de politiques externes à travers le Plan d’action 2024-2025 pour la programmation de la lutte contre le racisme

La direction est à l’écoute et agit. La plateforme #UNDPListens utilise les nouvelles technologies pour mesurer l’engagement des employés et recueille leurs commentaires plus fréquemment. Après l’enquête sur l’engagement menée en 2023, nous avons lancé la première enquête sur l’inclusion en avril 2024. Elle a recueilli plus de 11 000 réponses, avec une note globale de 75 sur 100, ce qui donne à penser que les trois quarts du personnel du PNUD perçoivent leur environnement de travail comme étant inclusif. Tous les bureaux ont entrepris de recenser les mesures concrètes qui amélioreront le niveau d’intégration du personnel du PNUD au sein de leurs équipes. 

Le Bureau de la déontologie a continué de renforcer ses contacts avec l’ensemble du personnel du PNUD. Les demandes de conseils et d’orientations confidentiels adressées au Bureau de la déontologie ont augmenté de 23 % en 2023. Mai 2024 a été le mois de la sensibilisation à l’éthique, organisé par le Bureau de la déontologie du PNUD et la fonction de déontologie d’ONU Femmes, et marqué par une série de sessions sur l’impartialité dans le monde polarisé d’aujourd’hui.

Tous les efforts reposent sur un engagement à rendre des comptes. Le PNUD a constamment dépassé les objectifs de mise en œuvre des recommandations du Comité des commissaires aux comptes, 90 % des mesures recommandées ayant été prises en 2023. Le taux global de mise en œuvre des recommandations d’audit interne formulées par le Bureau de l’audit et des investigations s’établissait à 84,4 % à la fin de 2023. Le PNUD a mis en œuvre la plupart des recommandations issues d’évaluations indépendantes des programmes de pays. 

Nous continuons à gérer de manière anticipative les risques dans des environnements de plus en plus complexes, en appliquant une politique de tolérance zéro en matière de fraude et de corruption et en mettant en œuvre simultanément des mesures robustes de prévention, de détection et d’atténuation. Le PNUD a lancé un nouveau module de gestion des risques dans Quantum pour suivre et gérer les risques plus efficacement et a déployé des directives renforcées sur l’évaluation des risques au niveau des projets. Sous la direction de l’Administrateur associé, en sa qualité de Directeur de la gestion des risques, le PNUD gère activement un registre des risques institutionnels dans huit catégories de risques.

Mais, Excellences, dans le monde et l’environnement opérationnel d’aujourd’hui, les risques se matérialisent effectivement. Le PNUD s’efforce également de trouver un équilibre entre l’agilité et l’innovation d’une part et la conformité d’autre part. Nous continuerons d’investir dans la mise à jour des politiques, la mise à niveau des systèmes et la prise de mesures rapides pour réduire les risques et améliorer la réactivité de l’organisation.

Un partenaire du système des Nations Unies pour le développement

Le PNUD est pleinement attaché à l’évolution du système des Nations Unies pour le développement.

Nous restons le plus grand contributeur au système des coordonnateurs résidents ; nous avons entièrement mis en œuvre le cadre de responsabilisation de gestion ; et tous les descriptifs de programme de pays du PNUD sont alignés sur les cadres de coopération des Nations Unies.

Le PNUD met son expertise en matière de développement et ses initiatives à succès au service du système des Nations Unies en vue d’accélérer la réalisation des ODD. Nous soutenons la mise en œuvre de 9 des 12 initiatives à fort impact du Groupe des Nations Unies pour le développement durable et sommes un membre essentiel de l‘UN Futures Lab, partageant nos ressources consacrées à la prospective stratégique avec le système des Nations Unies. Plus de 50 pays ont manifesté leur intérêt pour notre initiative SDG Push, à la suite de projets pilotes menés en Indonésie, à Moldava, en Namibie, au Pérou et en Afrique du Sud.

Les relations avec les organisations de développement sœurs, les efforts conjoints et les partenariats à l’intérieur et à l’extérieur du système des Nations Unies restent au cœur de nos opérations. Nous avons :

  • exécuté un portefeuille de 2,3 milliards de dollars sur le climat et la nature dans 142 pays en collaboration avec plus de 35 partenaires. Nous continuons de renforcer notre partenariat avec les fonds verticaux, le Conseil du Fonds pour l’environnement mondial ayant approuvé plus de 500 millions de dollars au titre d’initiatives soutenues par le PNUD en 2023 ;

  • permis aux équipes de pays des Nations Unies de mener des analyses multidimensionnelles des risques basées sur des données grâce à des tableaux de suivi des risques de crise — 50 pays ont été couverts par des tableaux de suivi régionaux et spécifiques à chaque pays en 2023 ; 

  • procédé au lancement de l’outil Data to Policy Navigator en 2023, avec plus de 10 000 utilisateurs de divers secteurs ;

  • attiré plus de 55 000 personnes, principalement des pays du Sud, au Data Futures Exchange (DFx), le centre mondial de ressources ouvertes du PNUD pour l’innovation en matière de données ;

  • rejoint une coalition de 31 institutions spécialisées des Nations Unies dans le cadre du Fonds commun pour les ODD, soutenant des réformes et des changements en matière de financement pour stimuler l’investissement dans les ODD ;
  • exécuté un financement de 357 millions de dollars provenant de 13 institutions financières internationales dans 41 pays en 2023, soit une augmentation de 18 % par rapport à 2022, dont 67 % au profit de régions fragiles et touchées par des conflits ;

  • créé une coalition avec 17 des plus grandes compagnies d’assurance du monde par l’intermédiaire du Mécanisme d’assurance et de financement des risques, qui mobilise jusqu’à 5 milliards de dollars en capacité de gestion des risques dans 22 pays. Cette coalition devrait s’étendre à 20 autres pays parmi les moins avancés d’ici 2025 ;

Le PNUD continue d’accueillir un certain nombre d’entités au service du système des Nations Unies :

  • Le Programme des Volontaires des Nations Unies (VNU) a déployé près de 13 000 volontaires dans 56 entités des Nations Unies en 2023.
  • En 2023, le FENU a exécuté plus de 100 millions de dollars pour la troisième année consécutive. En 2024, il a déjà approuvé 18 millions de dollars de prêts et de garanties de sa facilité BRIDGE pour investir dans de petites et moyennes entreprises qui promeuvent les énergies renouvelables, l’autonomisation des femmes et l’inclusion financière en Sierra Leone, en Ouganda, aux Tonga, en Zambie et au Zimbabwe.
  • Le Bureau des fonds d’affectation spéciale multipartenaires a décaissé plus de 1,05 milliard de dollars en faveur de 47 institutions des Nations Unies en 2023. 
  • Le Bureau des Nations Unies pour la coopération Sud-Sud (UNOSSC) a fourni 38,51 millions de dollars par le biais de ses fonds d’affectation spéciale en 2022-2023. Il continue de se développer et travaille avec plus de 40 entités des Nations Unies et toutes les commissions régionales pour intégrer les partenariats Sud-Sud et triangulaires dans tous les programmes.
La voie à suivre

Excellences, l’examen à mi-parcours a également révélé des difficultés et des domaines dans lesquels le PNUD doit s’adapter et en faire plus.

Dans le domaine des crises : le PNUD travaillant plus dans des situations de fragilité, nous devons continuer à redoubler d’efforts pour faire face aux risques systémiques et aux causes profondes de la vulnérabilité et de l’instabilité, ainsi que pour prévoir ce qui nous attend.

Dans le domaine climatique : 2023 étant l’année la plus chaude jamais enregistrée, la Climate Promise 2025 du PNUD a mobilisé un programme à l’échelle des Nations Unies pour aider les pays à redéfinir leurs priorités nationales et leurs transitions économiques. Cela doit favoriser une intégration plus étroite des plans relatifs au climat, à la biodiversité et à l’énergie, ainsi que la finance.

Dans le domaine de l’accès à l’énergie : il est très difficile d’élargir l’accès à une énergie propre et abordable et de trouver des solutions financières novatrices. Pour commencer à répondre à cette préoccupation, le PNUD a mis au point l’Energy Pipeline Accelerator, qui élabore des projets sur la base d’un cadre visant à réduire les risques liés aux investissements. 

Dans le domaine de la transformation numérique : nous pouvons faire plus pour poursuivre les possibilités de fournir des services et des infrastructures inclusives jusqu’au dernier kilomètre, et formuler des offres pour les pays les moins avancés et les pays touchés par des crises. Nous continuerons à renforcer nos capacités à adopter l’IA et d’autres technologies émergentes pour réaliser les ODD et assurer la sécurité et l’inclusion de la transformation numérique.

Enfin, nous devons continuer de renforcer les liens avec les institutions financières internationales et de nous attaquer aux contraintes opérationnelles qui pèsent sur les partenariats avec les entreprises privées. Il s’agit notamment de modifier les conditions d’intervention obsolètes et de renforcer le partenariat entre PNUD et le FENU afin de mieux tirer parti de son mandat unique en matière d’investissement. 

Excellences, à mesure que le PNUD continue d’évoluer, notre modèle de financement doit en faire de même. En 2023, alors que les contributions autres que les ressources de base sont restées solides et que le PNUD a enregistré son plus haut niveau d’exécution (près de 5 milliards de dollars), les financements de base ont diminué de 4 % et la part des ressources de base dans le total des ressources est tombée à 11 % par rapport à 2022. Cette asymétrie des ressources limite la capacité du PNUD à accroître les résultats, à innover, à se moderniser et à mieux gérer les risques. 

Le nouveau Pacte de financement jette des bases solides pour un système de développement des Nations Unies plus stratégique et plus réactif, capable d’accomplir plus avec des ressources de base de haute qualité et prévisibles. Le PNUD se félicite de l’augmentation des contributions de base en 2023 de l’Allemagne, du Japon, de la Norvège, de la France, de la République de Corée, de l’Irlande, de l’Espagne, de l’Autriche, du Liechtenstein et d’Andorre. Nous nous félicitons des engagements pris par les États de l’Australie, de la Belgique, du Danemark, du Luxembourg, des Pays-Bas, de la Nouvelle-Zélande, du Qatar, de la Suède, de la Suisse et de la Türkiye de verser des contributions de base pluriannuelles. Les résultats du PNUD n’auraient pas été possibles sans l’appui continu de tous nos partenaires financiers.

Pour faire face à l’évolution du paysage du développement, j’ai lancé un « examen du modèle de fonctionnement ». Ce travail d’analyse examinera le modèle de recettes et de dépenses du PNUD, évaluera notre contribution unique au développement et explorera les options de modèles de fonctionnement et de financement pour soutenir l’évolution et la viabilité continues du PNUD. J’ai hâte d’échanger avec le Conseil d’administration une fois que les résultats de cette analyse seront disponibles.

Unis dans la poursuite d’un but

Excellences, le PNUD s’efforce d’améliorer la vie des gens et de créer les conditions nécessaires pour soutenir et accélérer les progrès en matière de développement. En reliant et en équilibrant les enjeux et les intérêts, et en gérant les complexités et les risques, nous montrons des moyens de sortir du paradoxe du développement et de tenir la promesse du développement.

Au début, je vous ai demandé si nous croyions en la capacité de la coopération au développement pour répondre à nos intérêts communs. 

La coopération au développement est une reconnaissance que l’avenir de chacun d’entre nous est inextricablement lié à l’avenir de tous. 

Dans un monde confronté à des défis sans précédent, nous ne pouvons pas nous permettre de nous isoler. Ce n’est que par le partenariat, la collaboration et un engagement inébranlable en faveur de la solidarité et de notre humanité commune que nous pourrons construire un avenir de prospérité partagée et de paix. 

Partons donc d’ici aujourd’hui avec une foi renouvelée en la puissance de notre partenariat. Réaffirmons notre attachement aux ODD, notre feuille de route pour un monde meilleur, à un moment où nous nous dirigeons vers le Sommet de l’avenir et l’élaboration du prochain Examen quadriennal complet des activités opérationnelles. Et allons de l’avant ensemble, malgré nos différences, unis dans la finalité et résolument déterminés à ne laisser personne de côté.