Journée mondiale de l’environnement : A la découverte des Parcs Nationaux des Comores

Journée mondiale de l’environnement : A la découverte des Parcs Nationaux des Comores

5 juin 2023

Le parc national karthala et le parc national Cœlacanthe ont ouvert ses portes à une centaine d’élèves de différentes écoles de Moroni, vouvouni, djoumoichongo et Simamboini à l’occasion de la journée mondiale de l’environnement organisée par la direction de l’environnement en partenariat avec le PNUD. 

L’objectif de cette visite est de faire découvrir aux élèves les spécificités du parc national karthala et cœlacanthe et l’importance de bien préserver la biodiversité terrestre et marine. C’est aussi l’occasion pour ces élèves de découvrir les sites historiques et écotouristiques du Sud de l’île de Ngazidja. « L’idée est de leur montrer l’importance de l’environnement et comment nous êtres humains pouvons le préserver. La terre se réchauffe et de nombreuses menaces pèsent sur l’environnement en raison des activités que nous menons. Il est donc important de sensibiliser nos enfants au changement climatique car c’est eux qui auront le pouvoir demain pour changer les choses » a expliqué Elamine Mbechezi, directeur général de l’environnement.

Le plastique, un danger pour l’environnement mais des solutions existent

La journée mondiale de l’environnement vise à encourager la sensibilisation et les actions mondiales en faveur de la protection de l’environnement. Cette année le thème retenu est « Combattre la pollution plastique ». Les chiffres de la pollution plastique au niveau terrestre et dans les océans sont au rouge. C’est pourquoi dans cette visite les parcs du Karthala et du cœlacanthe ont voulu aider les élèves à prendre conscience des dégâts engendrés par le plastique mais aussi aux solutions auxquelles nous pouvons combattre ce phénomène. 

Le passage à Tsidjé à l’usine de fabrication des sachets biodégradables a permis aux enfants d’être sensibilisés sur la loi portant interdiction de la production, de l’importation, de la commercialisation et de la distribution des emballages et sachets plastiques non biodégradables. Celle-ci entend endiguer la prolifération incontrôlée des sachets en plastique avec à la clé de nombreux problèmes environnementaux. Il a permis aussi de voir les solutions alternatives pour faire face à ce fléau.

« Je n’étais pas au courant qu’aux Comores, il existe d’entreprises de fabrication des sacs biodégradables et aujourd’hui j’ai compris comment nous pouvons limiter et mettre fin à l’utilisation des plastiques dans notre quotidien » a affirmé Said Ali élève de l’école Vouvouni.

Visite guidée à Nyoumbadjou, la maison du Cœlacanthe et la mangrove de Simamboini 

La zone forestière de Nyoumbadjou dans l’île de Ngazidj dans la localité de Djoumoichongo regorge d’une biodiviersité riche en faune et flore. C’est un site historique et écotouristique. 

« Nyoumbadjou avait abrité Léon Humblot, un botaniste qui fut nommé résident par la France en 1889. C’est dans cette localité qu’il créa une société de plantation et qui deviendra par la suite un vrai centre administratif. C’est ainsi que fut crée le premier poste de santé, un terrain de foot, une boulangerie et … une prison. C’est en 1946, que la scierie de Boboni est transférée à Nyoumbadjou. Cette scierie qui contribua au déboisement de la forêt du Karthala ».

« C’est très important de partager cette journée avec vous les jeunes. Il faut comprendre que c’est vous les jeunes qui devez réparer les erreurs de ceux qui ont pollué notre environnement. Vous devez mener ce combat contre la pollution du plastique et préserver la nature pour un monde meilleur. Car c’est là que nous vivons tous, et si on ne prend pas soins de l’environnement, il y’aura des conséquences sur la terre comme le réchauffement climatique, la pollution, et autres » a prévenu le représentant adjoint PNUD Comores Fabrizio Andreuzzi.

Pour les enfants c’est un moment de joie unique à partager cette expérience entre camarades. Jamais dans le passé beaucoup d’entre eux n’ont été en contact avec la forêt « C’est ma première fois, je ne suis jamais venu ici. Tout ce que j’ai vu est vraiment intéressant », raconte Bilal Farid 9 ans classe de C1 maison des enfants. « Nous avons vu les tombes de Léon Humblot et Charles Legros. On nous a raconté leur histoire, j’avoue que c’était très enrichissant. J’aimerais bien y retourner un autre jour » a-t-il ajouté.

A Itsoundzou, les enfants ont profité de visiter la maison de l’observatoire du Cœlacanthe où l’équipe du parc national cœlacanthe les attendait. 

A Simamboini, les participants ont procédé à une opération de nettoyage de la mangrove qui fait partie des aires protégées de l’Union des Comores.

Faire en sorte que les enfants prennent conscience qu’il faut protéger la mangrove c’était justement la volonté des organisateurs de cette visite. « Il y a une réelle volonté de travailler d’une manière participative avec les communautés y compris les enfants dans la gestion de l’environnement. On est dans une démarche totalement partenariale. Le parc national coelacanthe en est un bon exemple d’appropriation et d’attraction » a déclaré Fouad Abdourabi Coordinateur du projet RNAP.

« C’est la première fois que je touche une mangrove. J’ai ramassé des déchets, j’ai appris à ne pas polluer la nature et là je suis fière de protéger ma mangrove » se réjouit hadija de l’école privée Gymnase.