Sur les routes de l’espoir : trois volontaires, trois engagements

5 décembre 2025
Luc, Haoua, Faremi, PNUD Tchad

Luc Mbaidanoum, Hadje Haoua Abakar, Olanrewaju Faremi

PNUD Tchad

Au Tchad, plus de quarante (40) volontaires du PNUD avancent chaque jour sur les chemins où se jouent la paix, la dignité et les possibilités d’un avenir meilleur. Leur contribution, souvent discrète, est pourtant décisive : apaiser les tensions, documenter le changement, transmettre des savoirs, et surtout être présents là où l’espoir se construit.

Parmi eux, trois trajectoires racontent ce que signifie « servir » en tant que volontaire : trois manières d’habiter le terrain et d’y semer les graines de l’espoir.

La paix se protège avant qu’elle ne se fracture.
Hadje Haoua Abakar, Chargée de la communication et du partenariat

Haoua préserve la paix par la connaissance

Adré, Farchana, Guéréda ou Goz-Beida, Haoua sillonne les départements pour documenter l’impact du PNUD, mais surtout pour prévenir les tensions qui naissent lorsque la pression sur les ressources déjà rares fragilise les liens entre réfugiés et communautés qui les accueillent. Elle avance avec un objectif clair : la paix se protège avant qu’elle ne se fracture. Elle forme des personnes clés aux mécanismes d’alerte précoce, à l’analyse des tensions et à la gestion pacifique des conflits. Plus de 300 personnes ont déjà été formées et grâce à leur relais, plus d’un millier ont été sensibilisées. Pour Haoua, la paix n’est pas un slogan, mais un travail patient, discret, un effort constant pour désamorcer l’invisible avant qu’il ne prenne forme. Son ambition ? Réduire de moitié les tensions communautaires dans les zones où elle intervient.

Group of adults collaborating around a classroom table, reviewing papers.

Hadje Haoua Abakar en session de formation sur les mécanismes de prévention des conflits

PNUD Tchad
Au-delà des rapports et des chiffres, l’impact se lit aussi dans un sourire.
Olanrewaju Faremi, Spécialiste en communication

Faremi scrute l’impact dans le sourire

Et lorsque la paix tient, elle ouvre la voie à ce que Faremi observe chaque jour dans le bassin du Lac Tchad : des communautés qui se relèvent. Volontaire nigérian, spécialiste en communication, il sillonne Mitterine, Ngourtou-Koumboua et Baga-Sola, et documente les transformations quotidiennes d’une région marquée par les effets de l’extrémisme violent et par de multiples vulnérabilités. Il collecte des preuves, recueille des récits, montre ce qui change pour les communautés qu’il sert : des écoles reconstruites, des femmes autonomisées, des jeunes soutenus, des services essentiels rétablis. Pour lui, au-delà des rapports et des chiffres, l’impact se lit aussi dans un sourire : celui d’une élève découvrant sa salle de classe reconstruite, celui d’une femme recevant des intrants agricoles pour nourrir sa famille, celui d’un jeune touchant son cash-for-work, celui d’un gouverneur voyant renaître un souffle d’espoir dans sa province. Ces sourires justifient tous les kilomètres. Ils sont le carburant de son engagement.

Left: man in orange jumpsuit with bystander; Right: woman in hijab cooking beside a large pot.

Faremi capturant des sourires à Baltram et Mitterine

PNUD Tchad
Préserver la paix commence souvent par oser la conversation.
Luc Mbaidanoum, Spécialiste en médiation communautaire

Luc place le dialogue au cœur de la reconstruction sociale

À l’Est, Luc agit là où l’équilibre entre réfugiés et communautés hôtes peut vaciller. Spécialiste de la cohésion sociale, de la médiation et du développement communautaire, il forme, écoute, facilite la parole. Sous un arbre, dans une cour, en salle : il ramène le dialogue là où le silence ou l’incompréhension pourrait créer ou élargir des fractures. Il forme les leaders locaux à prévenir les conflits, accompagne des espaces de dialogue et rappelle que la paix ne se décrète pas : elle s’apprend, se cultive, s’exerce. Luc le résume ainsi : préserver la paix commence souvent par oser la conversation.

Group of women in colorful clothing sitting in a circle under a tree in a dusty outdoor setting.

Luc Mbaidanoum en session de dialogues avec les membres des comités locaux de paix à Guéréda, à l'Est du Tchad

PNUD Tchad

Trois parcours, une force d’engagement

Haoua prévient, Luc apaise, Faremi révèle. Trois façons de servir pour la paix, la dignité et la possibilité d’un avenir meilleur. Nos trajectoires sont différentes mais dessinent une même vérité : le volontariat n’est jamais un geste isolé. C’est une somme de présences, d’efforts répétés, de convictions qui ne renoncent pas.

Alors que le thème 2025 de la Journée internationale des volontaires rappelle que chaque contribution compte, nos parcours en sont la preuve vivante : protéger une paix, raviver un sourire, éviter une fracture, autant de gestes qui, mis ensemble, déplacent les lignes.

Et notre engagement prend tout son sens parce qu’il rejoint celui de tant d’autres qui, chaque jour, ont la certitude que leur action sème patiemment les graines du développement du Tchad.