L’avenir de la gouvernance : (Re)construire la cohésion sociale et la confiance du public
Forum sur la Gouvernance au Sahel
16 juillet 2025
Détails de l'événement
30 juillet 2025
-
31 juillet 2025
Banjul, Gambie
Contexte et justification
Le Sahel est une région naturellement riche en ressources humaines et naturelles. Son patrimoine culturel ancestral, associé à sa richesse économique, confère à la région un potentiel considérable de prospérité et de stabilité à long terme. La présence de ressources naturelles abondantes – notamment le pétrole, le gaz naturel, l’or, les phosphates et d’autres minerais – combinée aux plus grands aquifères et aux principales ressources en eaux de surface du continent, tels que le lac Tchad et le fleuve Niger, renforce son potentiel de transformation socio-économique. Avec un fort potentiel de transition énergétique, en particulier dans le domaine de l’énergie solaire, le Sahel dispose d’atouts majeurs pour asseoir une croissance économique durable et renforcer sa stabilité. Toutefois, cette richesse n’a pas encore pleinement profité aux populations en raison de l’insécurité persistante et de l’instabilité politique.
Au fil des années, la région a été confrontée à des défis structurels majeurs qui ont fragilisé les valeurs, les politiques et les institutions de gouvernance, indispensables à la gestion des affaires publiques et du développement socio-économique. Le Sahel fait face à une insécurité chronique, à des inefficacités dans le secteur public, à une offre limitée de services sociaux de base, à la corruption, à une faible cohésion sociale, à l’effritement de l’État de droit, à un déficit de redevabilité, à une perte de confiance dans les institutions étatiques, à des violations des droits humains fondamentaux, ainsi qu’à des changements anticonstitutionnels de gouvernement. Le contrat social et la promesse d’un développement durable et inclusif sont mis à mal, la confiance entre les États et les citoyens restant fragile dans de nombreuses zones de la région.
Depuis près de deux décennies, le Sahel attire l’attention de la communauté internationale, notamment en raison des menaces liées au terrorisme, aux réseaux criminels transnationaux, aux crises humanitaires et à la migration irrégulière. Aujourd’hui encore, les défis liés aux relations entre l’État et la société – y compris les relations horizontales entre citoyens – demeurent préoccupants. Ces relations, au cœur même de la gouvernance démocratique, vont au-delà de la simple fourniture de services de base. Le manque de réponses de l’État aux préoccupations légitimes des citoyens alimente la méfiance envers les institutions et affaiblit la cohésion sociale. Cette méfiance compromet la légitimité des responsables publics et des élus, et nuit à la vitalité démocratique. Ainsi, la crise multidimensionnelle du Sahel épuise les capacités des États, compromet les efforts de cohésion sociale, aggrave les coûts économiques pour les populations, freine la construction nationale et remet parfois en question la légitimité même des gouvernements et des États.
Bien que les racines profondes et structurelles de cette crise soient largement reconnues, l’urgence sécuritaire et humanitaire a conduit les gouvernements et leurs partenaires à concentrer leurs efforts sur la réponse immédiate, reléguant au second plan le traitement des causes profondes des conflits, souvent complexes et enracinées. La plupart des États ont privilégié une approche sécuritaire et humanitaire pour répondre à la crise. Les leçons tirées de ces dernières années, telles que présentées dans ce rapport inaugural, démontrent qu’il n’existe pas de solution rapide pour le Sahel. Le cœur de la réponse réside dans une gouvernance centrée sur les citoyens, mettant l’accent sur la reconstruction de la cohésion sociale et de la confiance du public.
L’avenir de la gouvernance au Sahel
Consciente de l’interconnexion des différentes dimensions de la crise sahélienne, l’Organisation des Nations Unies a révisé sa Stratégie intégrée des Nations Unies pour le Sahel (UNISS). L’objectif est de renforcer l’investissement dans le développement à travers une approche intégrée liant aide humanitaire, consolidation de la paix et sécurité, tout en plaçant les populations au centre des priorités. Cette stratégie met l’accent sur le renforcement de la bonne gouvernance à tous les niveaux, et sur l’appui aux organisations régionales dans leurs rôles de coordination et de régulation, en tant qu’éléments clés de la mise en œuvre de l’UNISS.
La bonne gouvernance étant reconnue comme un catalyseur essentiel du développement durable, elle constitue un pilier sur lequel les pays du Sahel peuvent construire la résilience, l’équité et la prospérité. Dans cette optique, le Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, le Bureau du Coordonnateur spécial des Nations Unies pour le développement au Sahel et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) ont élaboré en 2024 un rapport de référence sur l’avenir de la gouvernance au Sahel. Cette publication phare propose une analyse factuelle et ancrée de l’état de la gouvernance dans la région, et formule des recommandations politiques et programmatiques novatrices et tournées vers l’avenir, à l’intention des États, des organisations régionales et des partenaires au développement. Fruit de douze mois de réflexions, de recherches, de dialogues, de critiques et de révisions, ce rapport regroupe neuf chapitres substantiels rédigés par des experts de la gouvernance. Il offre un cadre conceptuel solide, une lecture historique du Sahel, ainsi qu’un aperçu des tendances et des perspectives citoyennes.
C’est à la lumière des résultats de ce rapport que la première édition du Forum sur la Gouvernance au Sahel sera organisée à Banjul, en République de Gambie, du 30 au 31 juillet 2025.
Objectifs
Le Forum sur la Gouvernance au Sahel vise à établir une plateforme de haut niveau et multi-acteurs pour faire progresser une approche de gouvernance à la fois holistique et adaptée aux réalités du Sahel, au bénéfice des gouvernements et des populations. Ce forum se veut un espace unique réunissant gouvernements, dirigeants politiques, experts techniques, leaders communautaires et citoyens, secteur privé et partenaires internationaux du Sahel et d’ailleurs. Il favorisera le partage d’expériences, l’échange d’idées, l’apprentissage mutuel, l’innovation en matière de politiques publiques, et le suivi des engagements pris pour relever les défis de gouvernance dans la région.
Le Forum servira également de cadre pour le lancement de la première édition du Rapport sur l’avenir de la gouvernance au Sahel.
Résultats attendus et format
Conscient de l’impératif de (re)construire la confiance publique et la cohésion sociale au Sahel, cette édition inaugurale du Forum sur la Gouvernance devrait permettre d’atteindre les résultats clés suivants :
- Offrir une plateforme dynamique pour des échanges constructifs entre les participants, afin de partager les enseignements tirés, les pratiques innovantes et les perspectives diverses sur les défis et opportunités de gouvernance dans le Sahel.
- Permettre aux participants de réaffirmer leur engagement en faveur d’un avenir meilleur pour les populations sahéliennes, à travers l’adoption d’une déclaration commune contenant des actions concrètes pour renforcer la gouvernance démocratique, promouvoir un développement inclusif et stimuler la coopération régionale.
- Élaborer un plan d’action fondé sur les recommandations issues du Forum, assorti d’un mécanisme de suivi et de mise en œuvre par les parties prenantes concernées.
Le Forum se tiendra en présentiel et devrait accueillir environ 200 participants invités issus de la région et au-delà. Les sessions prendront la forme de panels de discussion, d’ateliers parallèles, d’entretiens modérés et de tables rondes diffusées sur plusieurs plateformes numériques, avec une interprétation simultanée en arabe, anglais et français.
Les Nations Unies organiseront l’événement en partenariat avec le gouvernement hôte, la République de Gambie, et la Fondation Goodluck Ebele Jonathan.
Lieu et durée
Le Forum se tiendra sur deux jours, du 30 au 31 juillet 2025, à Banjul, République de Gambie, au Centre international de conférences Sir Dawda Kairaba Jawara.