L'Administrateur du PNUD, Achim Steiner, lors de la première session ordinaire du Conseil d'administration du PNUD, le 2 février 2021. Capture d'écran : PNUD

 

Tel que rédigé pour être prononcé. 

1.       Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs les Membres du Conseil d’administration, chers collègues et amis, j’ai l’immense plaisir de vous retrouver ce jour à l’occasion de la première session ordinaire du Conseil d’administration du PNUD, du FNUAP et de l’UNOPS pour l’année 2021.

2.       Permettez-moi tout d’abord de féliciter Mme Lachezara Stoeva, Représentante permanente de la Bulgarie, pour son élection à la présidence du Conseil, et de souhaiter la bienvenue aux nouveaux membres du Bureau pour l’année 2021.

3.       Je tiens à exprimer ma gratitude aux membres sortants du Bureau. Je tiens en particulier à adresser mes plus sincères remerciements au Président sortant, M. Walton Webson, Représentant permanent d’Antigua-et-Barbuda, pour son dynamisme et ses conseils sans faille.

4.       Alors que nous entamons cette nouvelle année, de nouveaux visages rejoignent l’équipe de direction de la famille du PNUD, à savoir : Mme Khalida Bouzar en qualité de nouvelle Secrétaire générale adjointe et Directrice du Bureau régional du PNUD pour les États arabes, qui prendra ses fonctions à la mi-février ; et Mme Preeti Sinha en tant que nouvelle Secrétaire exécutive du Fonds d’équipement des Nations Unies.

5.       Et certains visages que nous connaissons déjà vont assumer de nouveaux postes de direction : M. Toily Kurbanov est le nouveau Coordonnateur exécutif du programme des Volontaires des Nations Unies, et M. Abdoulaye Mar Dieye prend les fonctions de Coordonnateur spécial des Nations Unies pour le développement au Sahel. Je n’ai aucun doute que vous joignez tous votre voix à la mienne pour souhaiter une chaleureuse bienvenue à ces collègues et les féliciter pour leur importante nomination.

Une urgence de développement

6.       Madame la Présidente, Excellences, Mesdames et Messieurs, nous commençons cette nouvelle année en pleine situation d’une urgence de développement. Comme l’explique l’édition marquant le 30e anniversaire de notre Rapport sur le développement humain intitulé « La prochaine frontière : Le développement humain et l’Anthropocène », la pandémie de COVID-19 est la plus récente crise à laquelle le monde est confronté, mais elle ne sera pas la dernière si les humains ne relâchent pas leur emprise sur la nature.

7.       Pour la première fois en 30 ans, le développement humain mondial va connaître un recul. Partout dans le monde, les États et les partenaires de développement s’efforcent de stopper la propagation de la COVID-19, de juguler la crise socioéconomique inédite qu’elle a créée, et de résister aux atteintes nouvelles et de longue date aux droits de l’homme et à l’égalité des sexes, à la cohésion sociale et à l’état de droit.

8.       De nouvelles études innovantes menées par le PNUD avec le concours de l’Université de Denver donnent à réfléchir. D’ici 2030, un milliard de personnes pourraient vivre dans l’extrême pauvreté, un quart d’entre elles du fait de la pandémie, à moins que nous n’agissions maintenant. À l’heure actuelle, la moitié de la population mondiale peine à joindre les deux bouts en l’absence de mesures de protection sociale comme les allocations de chômage ou les soins de santé, conséquence d’économies insouciantes et inéquitables.

9.       Et la crise climatique empire, 2020 se révélant effectivement l’année la plus chaude jamais enregistrée, faisant des sept dernières années les plus chaudes depuis que ces données sont consignées à l’ère moderne. Malgré une baisse temporaire des émissions de carbone en 2020, due à la « pause » que le monde a observée, le danger d’une reconstruction rétrograde est réel, la grande majorité des fonds de relance initiaux ayant investi dans des projets à forte intensité de combustibles fossiles et de capital.

10.       Cette semaine encore, il nous a été rappelé que le nombre de nouveaux cas de COVID-19 et de décès n’a pas atteint un niveau record à travers le monde ; notre horizon temporel est suspendu entre la promesse de nouveaux vaccins et la certitude de connaître plus de souffrances humaines. 

Une véritable tempête

11.          Excellences, Madame la Présidente, avec les effets de la COVID-19, les inégalités et la crise climatique, nous entamons 2021 dans l’œil d’une véritable tempête. Alors que commence le déploiement des vaccins et que se profilent des crises de la dette, nous devons tous nous accorder sur la conviction que les pays en développement ne peuvent tout simplement pas se permettre de perdre une décennie – personne ne peut se le permettre.

12.       En théorie, les pandémies sont des égalisateurs : tout le monde peut attraper un virus. En réalité, la pauvreté, les inégalités et la marginalisation ont eu des effets très différenciés. Selon une brève enquête du FENU, 88 % des petites et moyennes entreprises des pays les moins avancés (PMA) ont considérablement réduit leurs activités. En Éthiopie, par exemple, les femmes représentent 80 % de la main-d’œuvre dans deux des secteurs les plus durement touchés – le tourisme et l’hôtellerie – et accusent l’essentiel des pertes d’emplois. Et la COVID-19 a entraîné la « pandémie fantôme », celle de la montée des violences sexistes, qui ont augmenté de 30 % dans certains pays.

13.       Les voyages internationaux ayant été sévèrement restreints et les chaînes d’approvisionnement mondiales perturbées, des pays sont passés du jour au lendemain du statut d’économie à revenu intermédiaire à celui d’économie « sans revenu ». Un certain nombre de petits États insulaires en développement (PEID) s’attendent à la plus forte contraction de PIB de leur histoire : l’économie des Fidji devrait se contracter d’un cinquième, par exemple, ce qui souligne la nécessité d’aller au-delà du revenu lorsqu’un mesure la vulnérabilité.

14.       Alors que les yeux étaient rivés sur la pandémie, certains conflits interminables se sont aggravés et d’autres ont vu le jour. Trois millions de Yéménites de plus seront menacés de famine au premier semestre 2021 par rapport à l’année dernière, les projections faisant état de plus de la moitié de la population du pays qui devrait se retrouver au bord de la famine. Ces pays sont très peu armés pour absorber plus de chocs. À l’échelle mondiale, plus de personnes ont été déplacées en 2020 du fait d’un conflit et d’une crise qu’à toute autre période de l’histoire.

15.       Cet impact différencié témoigne de l’importance de pouvoir travailler dans divers contextes de développement suivant une démarche intégrée, où personne n’est laissé de côté — comme l’énonce le Plan stratégique du PNUD et comme le préconisent les États membres —, car ce n’est qu’ensemble que nous pourrons sortir de cette tempête. C’est là l’un des enseignements les plus importants que nous tirons de 2020, et c’est la raison pour laquelle je suis reconnaissant de la possibilité qui m’est donnée de m’entretenir avec vous ce jour.

16.        Mon intervention comprend trois articulations : tout d’abord, je vais brosser un aperçu des résultats des activités de développement que le PNUD a obtenus et auxquels il a contribué en 2020, à un moment où les investissements de #NextGenUNDP ont été mis à l’épreuve et ont prouvé leur importance. Ensuite, je vais brosser un aperçu des résultats institutionnels et financiers obtenus et des jalons atteints en 2020. Le rapport annuel exhaustif de 2020 sera publié dans les mois à venir. Enfin, je vais présenter certaines des grandes priorités pour 2021, alors que nous clôturons la période couverte par le Plan stratégique en cours et accélérons la préparation du prochain, guidés en cela par le programme d’action commun du Secrétaire général des Nations Unies et les objectifs de développement durable.

I.      Aperçu des résultats des activités de développement obtenus en 2020

Le PNUD au cœur de la riposte de l’ONU à la crise de COVID-19

17.       La pandémie de COVID-19 a mis à l’épreuve la capacité du système des Nations Unies à fournir aux pays où il mène des programmes un soutien de meilleure qualité, plus rapide et plus efficace. Désigné par le Secrétaire général des Nations Unies pour assurer la responsabilité technique de la riposte socioéconomique du système des Nations Unies face à la crise de COVID-19, le PNUD a codirigé le processus de rédaction du Cadre commun des Nations Unies pour une riposte socioéconomique immédiate, tirant parti de son rôle d’intégrateur des ODD, lequel Cadre a été déployé pour soutenir les équipes de pays des Nations Unies. La mise en œuvre dudit Cadre est supervisée par une équipe spéciale interinstitutions coprésidée par le PNUD et le Bureau de la coordination des activités de développement (BCAD), avec la participation du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale.

18.       Sous l’impulsion du rôle de rassembleur des Coordonnateurs résidents des Nations Unies, en plus de soutenir la riposte sanitaire de l’ONU face à la COVID-19, dirigée par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le PNUD a piloté avec efficacité la mise en œuvre du Cadre au niveau des pays, travaillant en étroite collaboration avec d’autres entités des Nations Unies, et avec les gouvernements, les institutions financières internationales (IFI), les donateurs bilatéraux, le secteur privé et la société civile.

19.       À ce jour, 144[1] études d’impact socioéconomique ont été réalisées dans 97 pays et cinq régions. Celles-ci ont guidé les pays dans la conduite des politiques publiques dans un contexte complexe sans précédent. Depuis juillet 2020, l’ONU a triplé le nombre de plans de réponse socioéconomique (PRSE) — qui est actuellement de 119 — grâce aux efforts dévoués des équipes de pays des Nations Unies dirigées par les Coordonnateurs résidents, sous la direction technique et avec le soutien du PNUD.

20.       Les PRSE ont permis d’opposer une riposte d’urgence axée sur le développement face à la COVID-19 et de compléter les PNUAD ou les cadres de coopération existants. Plus d’un tiers des plans de réponse comprenaient des mesures privilégiant la cohésion sociale, éclairées par le document de réflexion consacré à cette question établi en 2020 par le PNUD. Près de la moitié de ces plans ont été élaborés avec le concours et les éclairages de la Banque mondiale, et un tiers avec ceux du FMI, une illustration patente de l’intensification de nos partenariats avec les institutions financières internationales (IFI) en 2020.

21.       Pour favoriser des informations factuelles, nous avons également procédé au lancement de la base de données Data Futures Platform. S’appuyant sur des sources de données provenant de l’ensemble du système des Nations Unies et des partenaires, cette plateforme tire parti de l’engagement de longue date du PNUD à mettre à contribution la technologie et l’innovation pour relever les défis du développement. Au cœur de l’initiative de cette plateforme se trouve l’attachement du PNUD aux données exactes, multidimensionnelles et inclusives, avec des sources et des méthodes transparentes.

22.       En collaboration avec ONU Femmes, le PNUD a mis au point le Gender Response Tracker, un outil qui permet de suivre les mesures prises par les pouvoirs publics pour juguler la crise, en prenant en compte directement les besoins économiques et sociaux des femmes ainsi que leur sécurité physique. Le tableau de suivi de l’économie numérique inclusive (Inclusive Digital Economy Scorecard) élaboré par le FENU avec le soutien du PNUD et d’autres acteurs est conçu pour aider les gouvernements à opérer une transformation numérique inclusive et à en assurer le suivi.

23.       Excellences, le travail que nous menons ensemble pour aider les pays à lutter contre la pandémie de COVID-19 et ses effets est un exemple de la mise en pratique de la réforme des Nations Unies. Nous tirons les enseignements de l’expérience et nous nous améliorons ensemble au fur et à mesure. Je voudrais attirer votre attention sur le document d’information qui vous a été communiqué — il présente de manière détaillée les progrès que nous avons accomplis sur le plan de la réforme du système des Nations Unies pour le développement.

24.       Le PNUD se félicite de l’Examen quadriennal complet des activités opérationnelles (QCPR) 2020 et accordera la priorité à la mise en œuvre de l’ensemble de ses recommandations dans le droit fil de l’ambition exprimée par les États membres. Parce qu’il met un accent particulier sur des questions thématiques et transversales qui touchent le Programme 2030 — notamment le genre, les jeunes, l’économie numérique et le climat, ainsi que la nécessité de solutions intégrées — le nouvel Examen quadriennal contribue à recentrer notre objectif collectif en déplaçant le curseur du processus vers l’obtention de résultats concrets et de l’impact, ce que le monde attend plus que jamais de l’ONU.

25.       En outre, l’Examen quadriennal nous engage à faire ressortir la contribution singulière et la valeur ajoutée du PNUD à la mise en œuvre du Programme 2030 dans notre nouveau Plan stratégique 2022-2025. La phase actuelle de conceptualisation du plan offre l’occasion de tenir entièrement compte de sa pertinence dans notre travail et de l’intégrer dans la conception du plan.

26.     L’expertise du PNUD en matière de financement du développement lui a permis d’aider les équipes de pays des Nations Unies (UNCT) à « chiffrer » les plans de réponse, dont le coût total est estimé à 27,8 milliards de dollars. À ce jour, 2 milliards de dollars ont été mobilisés par l’ONU et 3 milliards de dollars réaffectés par ses diverses institutions en consultation avec les pays hôtes et les partenaires de développement. En 2020, le PNUD a reprogrammé et mobilisé plus de 982 millions de dollars à l’appui de la riposte face à la crise de COVID-19.

27.     Il s’agit là de chiffres exceptionnels, de fonds mobilisés en peu de temps, mais dont le montant est loin d’être suffisant pour aider les pays à reconstruire en mieux pour l’avenir à la suite de la crise de COVID-19 et à réaliser les ODD. Le PNUD s’est engagé à soutenir un effort fondamental d’accroissement des financements, notamment par le biais des cadres de financement nationaux intégrés (CFNI) — une initiative de collaboration entre PNUD, le DAES et de l’Union européenne (UE) qui est désormais à l’œuvre dans 62 pays. Les rapports préliminaires indiquent que plus de 40 de ces cadres sont liés au relèvement de la crise de COVID-19.

28.      Nous invitons tous les États membres à intensifier sans délai leurs investissements afin de répondre à cette urgence de développement. Il s’agit pour eux de mettre en application le Pacte de financement, notamment pour augmenter les financements de base et pluriannuels, qui donnent au PNUD la souplesse nécessaire pour répondre rapidement aux besoins qui se font jour. Cette pandémie a prouvé que personne n’est épargné tant que tout le monde n’est épargné. Excellences, Madame la Présidente, je le redis encore, ce n’est qu’ensemble qu’on s’en sortira. En effet, lorsque la pandémie a frappé, l’accès au financement sur le terrain était une priorité immédiate. Le PNUD a élaboré une riposte en deux étapes, pour d’abord parer aux besoins urgents puis à ceux de moyen et long terme.

 

 

[1] Chiffres les plus récents au 1erfévrier 2021.

 

 

Se préparer à la pandémie de COVID-19, y répondre et s’en relever

29.       Tout d’abord, dans le cadre de notre offre urgente pour aider les pays à se préparer à la pandémie de COVID-19, à y répondre et à s’en remettre, le Mécanisme de réponse rapide (RRF) a été mis en place dans le but de déployer rapidement des financements cruciaux dans 130 pays en l’espace de quatre semaines seulement. Ce déploiement se chiffrait à 30 millions de dollars — dont la moitié a été affectée à des situations de fragilité — et il a permis de mobiliser dix fois ce montant, soit 304 millions de dollars supplémentaires.

30.       Parallèlement à l’accent qui a été mis sur les effets socioéconomiques de la pandémie, les autres priorités étaient la gestion des crises et le renforcement des systèmes de santé. Nous nous sommes appuyés sur notre portefeuille santé existant et sur le partenariat avec le Fonds mondial, qui a déboursé 3,5 milliards de dollars dans 150 pays pour lutter contre le VIH, la tuberculose et le paludisme et renforcer les systèmes de santé en 2019 et a sauvé 38 millions de vies depuis 2002, pour prendre des mesures rapides dans la réponse sanitaire face à la COVID-19, sous l’impulsion de l’OMS.

31.       En Angola, par exemple, le PNUD a joué un rôle essentiel dans trois principaux domaines, à savoir la surveillance épidémiologique, la logistique et la participation communautaire. En Guinée Bissau, nous avons immédiatement élargi le partenariat entre l’État, la Banque mondiale et le PNUD pour acheter des fournitures essentielles pour la lutte contre la COVID-19, dont des EPI et des outils de surveillance des maladies.

32.       En Inde, le PNUD, en collaboration avec l’OMS, l’UNICEF et d’autres organismes, soutient le déploiement par les autorités du vaccin contre la COVID-19. Le PNUD a aidé à mettre en place la chaîne d’approvisionnement en vaccins eVIN et le système de surveillance de la température de 28 500 centres de stockage de vaccins dans tous les États du pays, et a formé 50 000 agents de santé leur utilisation.

33.       Au Pakistan, travaillant en coopération avec le ministère de la Santé, le PNUD a dirigé l’élaboration d’une plateforme de télémédecine destinée à faciliter la communication entre médecins. Désormais, 4 500 professionnels de la santé et médecins en début de carrière répartis dans 60 unités de soins intensifs sous-équipées ou en sous-effectif sont associés à des spécialistes des soins intensifs et reçoivent sur place des conseils pour administrer des soins aux patients.

34.       Avec l’appui du Japon, le PNUD a lancé la plus grande initiative de télémédecine jamais mise en place en Libye. Au cours de la phase pilote, 300 médecins ont été connectés à 7 000 patients pour leur offrir des consultations virtuelles et leur prescrire des ordonnances par voie électronique — des services essentiels pendant la crise de COVID-19.

Au-delà du relèvement : à l’horizon 2030

35.       Deuxièmement, tirant parti de l’intégration des ODD, le PNUD s’est attaché lier les efforts de réponse immédiate et les besoins de développement durable à moyen et long terme. Notre offre 2.0 pour la lutte contre la COVID-19, baptisée Au-delà du relèvement : à l’horizon 2030, consistait essentiellement à aider les décideurs à définir les priorités, opérer les bons choix et gérer la complexité dans quatre domaines intégrés, à savoir la gouvernance, la protection sociale, l’économie verte et la rupture numérique, en mettant l’accent, de bout en bout, sur l’égalité des sexes et les droits de l’homme, tandis que nous avons continué de soutenir la gestion des crises et l’appui aux systèmes de santé là où besoin était.

36.       Pour accompagner l’offre en quatre volets du PNUD, nous avons lancé le Mécanisme de financement rapide (RFF) mi-2020 en reprogrammant et en mobilisant un montant initial de 100 millions de dollars. En seulement 16 semaines, 129 propositions venant du monde entier et représentant une valeur totale de 105 millions de dollars avaient été conceptualisées, évaluées et approuvées dans les quatre domaines de l’offre.

37.       Dans de nombreux pays, les fonds du RFF sont utilisés pour développer des programmes pouvant se prêter à une mise en œuvre à plus grande échelle. L’aide apportée par le PNUD à la Cour suprême du Bangladesh pour créer des tribunaux virtuels chargés d’instruire les demandes de mise en liberté sous caution en est un exemple. Cette aide consistait en la formation de plus de 1 000 juges, avocats et fonctionnaires de tribunaux, ce qui a permis de réduire de 12 % de la population carcérale en trois mois.

38.       Au Togo, le projet financé par le RFF va étendre le système de protection sociale existant géré par l’Institut national d’assurance maladie, notamment dans le but de couvrir le secteur informel et les plus démunis. Ce projet permettra de mettre en œuvre un régime d’assurance sociale utilisant la technologie mobile et d’autres technologies numériques.

39.       À cet égard, je voudrais à nouveau exprimer ma profonde gratitude aux nombreux États membres qui ont mis à la disposition du PNUD des ressources de base flexibles et prévisibles. Les ressources de base ont été essentielles à la réponse du PNUD face à la crise de la COVID-19 en 2020. Sur les plus de 982 millions de dollars reprogrammés et mobilisés à l’appui de cette réponse, 103 millions de dollars étaient des ressources de base.

40.       Notant que nos équipes continuent de rendre compte des résultats et qu’une analyse exhaustive suivra, permettez-moi d’indiquer brièvement ce à quoi ces ressources — ainsi que le portefeuille du PNUD au sens plus large, tel que défini dans notre Plan stratégique — ont contribué en 2020 dans les quatre domaines de notre « offre 2.0 » face à la COVID-19.

Gouvernance

41.       S’agissant de la gouvernance, domaine où le PNUD investit la majeure partie des ressources de programmes, le PNUD a apporté une réponse rapide à la nécessité pour les systèmes nationaux et locaux de gouvernance électronique d’assurer la continuité des services publics essentiels en Éthiopie, au Soudan et dans d’autres pays du monde. Toujours en tandem avec le Département des affaires politiques et de ma consolidation de la paix de l’ONU (DPPA), nous avons aidé les partenaires nationaux à organiser des élections durant la pandémie — en Bolivie comme à Vanuatu — afin de permettre aux citoyens d’exercer leur droit de vote dans les circonstances les plus difficiles.

42.        Nous avons travaillé avec les institutions nationales des droits de l’homme, y compris en partenariat avec le HCDH, pour soutenir la continuité de leurs activités pendant la crise de la COVID-19 afin de surveiller et de lutter contre les atteintes aux droits de l’homme, notamment au Népal, en Sierra Leone et au Zimbabwe, et avec des pays comme l’Albanie, l’Éthiopie, le Kirghizistan et la Turquie pour répondre à la demande croissante d’assistance juridique gratuite ; avec les communautés autochtones du Pérou pour diffuser des messages sur les mesures de sécurité face à la COVID-19 dans leurs propres langues, et avec l’Iraq où nous avons lancé la campagne « Let’s Beat Corona » (Vainquons le coronavirus) dans dix villes.

43.       Le Centre pour gouvernance du PNUD à Oslo, financé par la Norvège, a entrepris de renforcer la réponse de huit pays à la « pollution de l’information » dans le sillage de la crise de la COVID-19, tandis que le PNUD, l’OMS, l’ONUSIDA et l’O’Neill Institute for Health Law de l’Université de Georgetown ont lancé le COVID-19 Law Lab pour aider les pays à mettre en œuvre des cadres juridiques fondés sur des éléments factuels et les droits pour soutenir les réponses face à la COVID-19, en s’inspirant des leçons tirées du VIH. En collaboration avec le DPPA, le PNUD a dépêché près de 60 conseillers pour la paix et le développement pour soutenir les interventions des équipes de pays des Nations Unies dans les analyses et la programmation inter-piliers des activités de prévention et de consolidation de la paix.  

Économie verte

44.       Les mesures budgétaires et financières de lutte contre la COVID-19 offrent l’occasion d’accélérer un relèvement vert porté par des emplois verts, de prendre des décisions qui permettront de lutter contre la crise climatique, d’inverser la tendance à l’appauvrissement de la biodiversité, de réduire la pollution et d’améliorer les modes de production et de consommation — en rétablissant l’équilibre entre les humains et la planète à mesure que nous construisons en mieux l’avenir.

45.       À cette fin, le PNUD a continué de porter plus loin sa Promesse climatique en 2020 tout au long de la pandémie. Nous aidons maintenant 115 pays à relever leurs engagements au titre de l’Accord de Paris. Exécutée en collaboration avec plus de 35 partenaires, la Promesse climatique représente la plus importante offre de soutien au monde pour l’amélioration de la lutte contre le changement climatique afin de promouvoir un relèvement vert et inclusif. Elle s’appuie sur le portefeuille climatique du PNUD, qui représente 1,9 milliard de dollars et est mis en œuvre dans 150 pays.

46.       Cet investissement à grande échelle est fondamental pour maintenir les pays sur la trajectoire d’un relèvement vert, comme l’a préconisé le Secrétaire général des Nations Unies. Autrement, les effets socioéconomiques ressentis aujourd’hui pâliront devant ceux qui pourraient résulter de la crise climatique.

47.       Les interventions du PNUD pour la promotion d’une économie verte répondent aux demandes de nos partenaires et reposent sur notre expertise de longue date et notre réseau mondial. En plus de la Promesse climatique, nous avons aidé des pays du monde entier à créer des emplois et des moyens d’existence durables pour les personnes touchées par l’arrêt des activités économiques dû à la pandémie.

48. Cette aide englobait des initiatives « argent contre conservation de la nature » au Cambodge, dont ont bénéficié plus de 1 600 ménages ruraux ; un partenariat avec le Bélarus et l’UE pour aider les nouveaux chômeurs à se reconvertir dans l’éco-agriculture ; des initiatives d’écologisation urbaine au Paraguay et en Bosnie-Herzégovine ; et des initiatives intégrées visant à aider les 1,4 million de réfugiés de l’Ouganda et leurs communautés d’accueil à créer des moyens de subsistance durables grâce à la gestion des ressources environnementales.

Protection sociale

49.       En ce qui concerne la protection sociale, les travaux de recherche du PNUD sur le revenu de base temporaire publiés en juillet 2020 ont produit une estimation de ce qu’il en coûterait pour mettre en place un revenu minimum garanti au-dessus du seuil de pauvreté, au profit des personnes vulnérables dans 132 pays en développement — une mesure qui pourrait bien ralentir la flambée actuelle de cas de COVID-19 en permettant à près de trois milliards de personnes de rester chez elles. C’est là un exemple des mesures publiques ambitieuses que le PNUD met sur la table dans le but d’aider les pays à mieux faire face à la crise de la COVID-19 et à construire en mieux pour l’avenir, une démarche que nous continuons de préconiser là où elle est indiquée.

50.       Ces travaux représentaient la première publication d’une nouvelle collection phare de documents d’orientation du PNUD intitulée Development Futures Series. D’autres idées de ce type suivront en 2021, faisant fond sur la richesse d’idées et de leadership éclairé que les collègues du PNUD et nos partenaires apportent chaque jour du point de vue des pays et de la réalité pour stimuler l’indispensable débat sur l’avenir du développement.

51.       Sur le terrain, nous avons travaillé avec 88 pays, du Honduras au Nigéria, pour compléter ou étendre les programmes existants d’assistance sociale ou de transferts monétaires afin d’atteindre rapidement les couches vulnérables, en mettant clairement l’accent sur les travailleurs informels, les travailleurs indépendants, le travail domestique non rémunéré, les personnes handicapées ainsi que les migrants et déplacés internes. Nous sommes allés au-delà des revenus pour déterminer qui cibler et nous avons fait du numérique la solution par défaut pour passer rapidement à une plus grande échelle.

52.       Au Kenya, le Laboratoire d’accélération du PNUD a soutenu l’utilisation de l’argent mobile comme solution de rechange aux paiements en espèces et il collabore avec l’Organisation internationale du Travail et le Fonds national d’assurance hospitalière pour étudier des voies et moyens d’étendre la couverture médicale aux travailleurs du secteur informel. Au Paraguay, le Laboratoire d’accélération du PNUD travaille à la surveillance du secteur informel, à l’amélioration de la conception des politiques publiques et à l’accélération de la formalisation de l’emploi.

53.       Son travail est l’un des nombreux exemples de la façon dont le Réseau de laboratoires d’accélération de #NextGenUNDP s’est imposé dans la réponse du PNUD à la pandémie, en proposant une gamme de solutions innovantes, économiques et évolutives qui contribuent à changer nos méthodes de travail dans le domaine du développement en apprenant rapidement et en exploitant de nouvelles sources de données comme le géospatial, les médias sociaux et les citoyens. Ces solutions vont de l’aide au déploiement de robots dans les centres de traitement de la COVID-19 au Rwanda à l’aide apportée à une « communauté 3D » en Tanzanie pour concevoir, produire et distribuer des équipements de protection individuelle à des agents de santé.

54.       Ces laboratoires font un travail qui est essentiel. Des acteurs clés, au nombre desquels les banques de développement, les investisseurs et le secteur privé, peuvent semer les graines d’une croissance verte en réalisant des investissements à long terme dans l’innovation locale. Je suis heureux d’annoncer que, grâce au soutien de partenaires cruciaux comme l’Allemagne et le Qatar, le Réseau de laboratoires d’accélération s’est enrichi de 32 nouveaux laboratoires en 2020. Il couvre désormais 116 pays, dont 79 % de pays les moins avancés et à faible revenu et 66 % de petits États insulaires en développement.  

Rupture numérique

55.       Qu’il s’agisse du travail des équipes de nos laboratoires avec le Népal pour aider les autorités locales à rapporter les données sur le confinement ou du travail que nous réalisons avec la Palestine en mettant en relation les petites exploitantes agricoles avec des clients via des plateformes en ligne, le pôle d’intérêt du Réseau de laboratoires d’accélération du PNUD traduit à quel point les interventions numériques étaient essentielles à l’obtention de résultats par le PNUD en 2020 et à l’avenir du développement.

56.       En effet, le soutien numérique que nous avons apporté aux gouvernements du monde entier en 2020 les a aidés à rester actifs pour pouvoir continuer à apporter de l’aide à leurs citoyens alors que la COVID-19 se propageait rapidement. Aujourd’hui, le numérique par défaut est inscrit dans l’ADN de la famille du PNUD, favorisé par les demandes des États.

57.       À la fin de 2020 — plus d’un demi-million d’appels sur Zoom et plus tard sur Teams — le PNUD avait obtenu 9 200 licences de Zoom pour des partenaires à 40 % du prix qu’elles auraient autrement coûté, et il a accompagné quelque 290 entités — dont des bureaux de chefs d’État, des parlements et des ministères — dans leur transition numérique.

58.       En conséquence, et avec notre soutien, le Congrès national du Honduras a tenu sa toute première session virtuelle ; le centre de commandement opérationnel de Madagascar pour la lutte contre la COVID-19 est relié à ses centres régionaux ; le Kazakhstan a formé plus de 1 000 fonctionnaires à un télétravail efficace, dont près de 400 fonctionnaires handicapés ; et le Bangladesh a fourni des services essentiels de télémédecine à plus de 350 000 personnes.

59.       En Ouganda, le FENU a aidé la principale société de services de transport à passer à un modèle de commerce électronique, assurant la livraison de biens essentiels pendant le confinement à 50 000 clients par jour et aidant 18 000 chauffeurs et 800 vendeurs à rester en activité. Et nous nous sommes associés à Jumia Foods, la plus grande société de commerce électronique du pays, pour créer une plateforme en ligne spécialement conçue pour mettre en relation certains des membres les plus vulnérables de la population active avec des clients potentiels. Nous nous sommes servis du pouvoir du numérique pour lutte contre la corruption, comme en Ukraine, où nous avons soutenu une nouvelle plateforme électronique qui a permis d’accroître la transparence dans la passation des marchés publics.

60.       Bien que nous continuions de recevoir des rapports des bureaux de pays du PNUD, on note qu’au moins 70 pays ont sollicité et obtenu un appui du PNUD dans le domaine du numérique en 2020. De plus en plus, ces demandes portent sur un appui stratégique de grande ampleur à la transformation numérique. Avec le soutien du PNUD, par exemple, la Dominique se prépare à élaborer une stratégie numérique nationale. La rupture numérique est devenue une caractéristique permanente du développement. L’établissement des politiques, normes et standards qui guident et accompagnent une transformation numérique inclusive constituera un défi de développement majeur dans les années à venir.

Genre

61.       Excellences, Madame la Présidente, la longue lutte contre une inégalité omniprésente est au cœur de la réponse du PNUD face à la pandémie, puisqu’elle doit être au cœur de toute action de développement. Il s’agit de l’inégalité entre les sexes, qui risque de laisser la moitié de la planète à la traîne, aujourd’hui plus que jamais. Le Secrétaire général des Nations Unies a déclaré que la pandémie mondiale avait déjà anéanti des décennies de progrès limités et fragiles en matière d’égalité des sexes et de droits des femmes.

62.       La lutte contre les inégalités de genre demande de l’engagement et de la ténacité. C’est la raison pour laquelle j’ai été ravi d’être accompagné de Mme la Présidente, l’Ambassadrice Stoeva, le 19 janvier, pour célébrer le travail extraordinaire accompli par les équipes de pays et des partenaires ces dernières années lors de la remise des prix du Sceau de l’égalité des sexes du PNUD.

63.       Le Sceau de l’égalité des sexes est l’expression concrète du niveau élevé où nous entendons placer la barre en matière d’égalité des sexes — dans les résultats de nos activités de développement, dans le cadre de nos partenariats et pour notre institution. Pour le cycle 2018-2020 du Sceau de l’égalité des sexes, sept bureaux de pays ont reçu le sceau de bronze, 17 le sceau d’argent et sept le sceau d’or. Plus de 60 % des bureaux de pays du PNUD ont obtenu le sceau de l’égalité des sexes depuis le lancement du programme, ce qui représente une avancée significative pour notre organisation.

64.       Excellences, chers collègues, si souvent, le monde ne voit pas les multiples visages du personnel du PNUD dans tous les pays dont nous sommes au service : des collègues au Yémen qui placent les femmes au centre d’initiatives de création d’emplois, même dans la pire situation humanitaire du monde ; des collègues au Paraguay qui, aux côtés des syndicats, des groupes de défense des droits des femmes, de l’OIT et d’ONU Femmes, ont contribué à l’adoption de lois sur le salaire minimum pour les travailleurs domestiques ; des collègues au Kirghizistan, qui ont concouru à la modification de la loi afin d’interdire le mariage des personnes âgées de moins de 18 ans ;

65.       des collègues au Chili, en Guinée et en République centrafricaine, qui jouent un rôle dans l’établissement de seuils minimaux et de lois paritaires en faveur de la participation des femmes aux élections et processus politiques ; ou encore des collègues qui œuvrent à la promotion du rôle des femmes dans des secteurs non traditionnels, par exemple dans la gestion de l’eau au Costa Rica, et comme gardes forestières luttant contre le changement climatique en Indonésie.

66.       Pour l’avenir, nous lancerons un mécanisme accéléré du Sceau d’or de l’égalité des sexes dans la région Europe et Communauté des États indépendants (ECEI) et un mécanisme spécial du Sceau de l’égalité des sexes pour les pays en situation de crise, qui inspireront, dans toutes les régions, de nouvelles idées qui nous permettront de monter d’un cran dans notre action dans ce domaine. Et nous ne nous limiterons pas au PNUD : nous avons déjà entrepris de transformer le Sceau en un outil au service des secteurs public et privé.

67.       Des organisations comme le PAM, l’UICN et le HCDH collaborent avec nous à l’élaboration de leurs propres programmes d’incitation à la promotion de l’égalité des sexes. Nous travaillons avec plus de 600 entreprises diverses à travers le monde sur notre Sceau de l’égalité des sexes pour le secteur privé et les entreprises multinationales, et en 2021, nous procéderons au lancement officiel du Sceau de l’égalité des sexes pour les institutions publiques.

68.      Dans l’intervalle, j’espère que vous vous joindrez à moi pour prendre un instant et saluer ces bureaux de pays et nos partenaires qui se battent pour un monde d’égalité entre les genres et sont déterminés à intégrer un prisme féministe aux initiatives que nous menons ensemble pour construire en mieux pour l’avenir à la suite de la crise de la COVID-19.

II.          Aperçu des résultats institutionnels et financiers
 

La stratégie relative aux ressources humaines à l’horizon 2030 et le virage numérique

69.       Excellences, comme vous le savez, depuis ces deux dernières années, nous travaillons d’arrache-pied pour améliorer la capacité du PNUD à attirer, retenir et faire progresser des talents de haut niveau pour aider les pays à reconstruire en mieux pour l’avenir à la suite de la crise de la COVID-19 et à réaliser les ODD.

70.       La mise en œuvre de la stratégie relative aux ressources humaines du PNUD à l’horizon 2030 (People for 2030) se poursuit à un rythme soutenu, 84 % des recommandations qui y sont contenues ayant été déjà appliquées — y compris l’introduction d’un système amélioré de gestion des performances, une nouvelle politique de mobilité et un nouveau cadre de gestion des carrières — les recommandations restantes devant être mises en œuvre d’ici juin 2021 et dans les délais prescrits. Au cœur de cette stratégie se trouve notre attachement à un environnement de travail sûr qui fait une place à tous et où il existe des opportunités de développement et d’épanouissement. Il s’agit pour cela notamment de lutter contre toutes les formes de discrimination et de harcèlement, y compris toutes les formes d’inconduite sexuelle.

71.       Mais peut-être que le plus important changement apporté à nos méthodes de travail en 2020 a été la vitesse à laquelle le PNUD a opéré un virage numérique, une transformation rendue possible par sa Stratégie numérique et facilitée par sa Stratégie informatique adoptée récemment. Ces stratégies ont permis au PNUD de laisser ses portes ouvertes afin de pouvoir aider d’autres à lui emboîter le pas.

72.       Les plateformes Zoom et Teams ont été mises à disposition. La solution de signature électronique DocuSign a été déployée, ce qui a permis d’augmenter l’efficacité administrative et d’économiser l’équivalent de cinq millions de feuilles de papier, réduisant nos émissions de CO2 de 154 tonnes métriques. Plus de 600 collègues se sont inscrits aux programmes de formation en transformation numérique du PNUD, et 6 000 collègues ont bénéficié d’un renforcement des capacités en ligne sur comment travailler avec succès dans un environnement virtuel.

73.       Sur les 9 458 volontaires des Nations Unies qui ont fourni leurs services à 60 partenaires des Nations Unies dans 158 pays et territoires, 2 300 volontaires — dont 90 % venant de l’hémisphère Sud — ont rempli leurs missions à distance. Ces volontaires ont été en ligne de front de la lutte contre la pandémie — des professionnels de la santé qui ont mis leurs compétences vitales au service de centres de santé dans des pays comme le Kenya et le Soudan du Sud à la promotion d’opportunités pour les personnes handicapées au Kazakhstan.

Une situation financière solide, une exécution des programmes efficace

74.       Il y a trois ans et demi, lorsque j’ai pris mes fonctions d’Administrateur du PNUD, j’ai pris l’engagement envers vous, le Secrétaire général des Nations Unies et le Secrétaire général adjoint, ainsi qu’envers mes collègues et partenaires du PNUD, qu’ensemble nous ferons de cette organisation qui a été créée pour une génération différente une qui est efficace pour la génération actuelle et est prête pour la suivante.

75.       La réalisation de cet engagement a nécessité de repousser les limites de la façon dont nous, en tant que PNUD, pensons, menons nos activités, investissons et gérons. Le résultat en est #NextGenUNDP. En 2020, #NextGenUNDP a été mis à l’épreuve du test de résistance ultime, et l’institution et nos équipes se sont révélées. Certes les comptes de 2020 n’ont pas encore été clôturés, mais permettez-moi de commencer par examiner quelques résultats et jalons financiers et institutionnels clés.

76.       Lorsque je suis arrivé au PNUD, je me suis fixé comme priorité de ne pas accuser de déficit budgétaire. En 2020, le PNUD est parvenu à un équilibre budgétaire pour la quatrième année consécutive — une base financière solide sur laquelle s’appuyer pour obtenir plus de résultats sur le plan du développement.

77.       Et c’est ce que nous avons fait. Force est de noter que malgré les contraintes de la pandémie, l’exécution du programme du PNUD de 2020 devrait se chiffrer à plus de 4,5 milliards de dollars[1], ce qui serait le deuxième taux d’exécution le plus élevé du PNUD en six ans. Près de 60 % du budget du PNUD — soit 3,2 milliards de dollars en 2020 — et neuf de nos dix principaux pays de programme représentent des situations de fragilité. Dans la région Afrique, le niveau d’exécution des programmes du PNUD a été plus élevé que jamais en 2020, s’établissant à 1,2 milliard de dollars, avant clôture des comptes.

78.       Les efforts intensifs déployés par le PNUD pour renforcer la performance institutionnelle, améliorer l’efficacité de l’exécution et réduire les coûts institutionnels représentent environ 350 millions de dollars de ressources supplémentaires à l’appui du développement sur la période 2018-2020 par rapport à la période 2014-2017.

79.       Ces chiffres ont été rendus possibles malgré les mesures de confinement prises à travers le monde et grâce à une direction efficace, une gestion adaptative rapide, le sens de l’innovation, un soutien solide apporté aux partenaires nationaux et des relations de confiance établies avec eux. Mis ensemble, ces facteurs marquent l’expression directe de l’intérêt que les États membres portent au PNUD et l’assurance et la confiance qu’ils placent en lui.

80.       Le coefficient de rendement de notre gestion confirme le fait que les efforts que nous déployons pour être plus efficaces portent leurs fruits : en effet, alors que nous amorçons la dernière année civile de notre Plan stratégique actuel, malgré les coûts de gestion de la réforme du système des Nations Unies pour le développement et les bouleversements provoqués par la pandémie, le PNUD est bien parti pour atteindre la cible quadriennale du coefficient de rendement de gestion qui est de 7,3 %, ce qui signifie qu’au cours de la période couverte par ce Plan stratégique, l’exécution des programmes a progressé alors que les dépenses institutionnelles connexes ont été réduites.

81.       La stratégie adoptée par le PNUD pour mettre en place le regroupement de processus opérationnels de pointe pour les finances, les ressources humaines et la passation de marchés est conçue pour améliorer davantage l’efficacité, et sa mise en œuvre est bien engagée. Déjà en 2020, les Centres mondiaux de services partagés du PNUD à Copenhague et à Kuala Lumpur ont amélioré, normalisé et modernisé la gestion de près de 500 comptes bancaires de bureaux de pays et près de 64 000 fournisseurs dans cinq régions, traitant plus de 26 000 transactions d’une manière qui améliore l’efficacité, la qualité et la surveillance, atténuant par là même les risques.

82.       En 2020, nous avons atteint notre volume le plus élevé de contributions de base depuis 2016 avec une augmentation de 13 % par rapport à 2019, tandis que les ressources autres que les ressources de base ont augmenté de 14 %. C’est une formidable nouvelle pour les pays de programme cela traduit la confiance que nos partenaires financiers placent de plus en plus dans la capacité du PNUD à obtenir des résultats.

83.       À 1,5 milliard de dollars, la capitalisation des portefeuilles des Fonds d’affectation spéciale pluripartenaires des Nations Unies, qui sont administrés par le PNUD, a atteint son niveau le plus élevé depuis la création du Bureau des Fonds d’affectation spéciale pluripartenaires en 2003, soit une augmentation de 20 % par rapport à 2019.

84.     Le PNUD a accru sa participation aux fonds communs interinstitutions des Nations Unies et les revenus qu’il en tire à une hauteur remarquable de 80 % à partir de 2019 — une illustration de la façon dont il s’acquitte de son engagement à travailler plus étroitement que jamais avec ses partenaires des Nations Unies dans le cadre d’un système des Nations Unies pour le développement réformé.

85.     La collaboration au sein des Nations Unies a été facilitée par l’approbation par le Conseil d’administration d’une politique harmonisée de recouvrement des coûts en 2020, qui fait qu’il sera désormais plus facile pour les États membres de comparer les coûts des activités de développement associés au travail avec différents fonds et programmes des Nations Unies, en particulier entre le PNUD, l’UNICEF, ONU Femmes et le FNUAP.

86.     Permettez-moi de saisir cette occasion pour remercier de tout cœur tous nos partenaires financiers, en particulier ceux qui ont augmenté leurs contributions essentielles si nécessaires — à savoir l’Allemagne, le Danemark, le Japon, les États-Unis, la Finlande, la République tchèque et Israël — ainsi que ceux qui ont toujours compté parmi nos principales sources de financements flexibles — notamment les États-Unis, la Suède, la Norvège, la Suisse, l’Allemagne, le Canada, le Danemark et les Pays-Bas.

87.     En 2020, les contributions de base provenant des engagements pluriannuels ont couvert 50 % du montant total des contributions de base totales reçues. Je remercie également les 11 États membres qui ont mis en place des accords pluriannuels portant sur les ressources de base pour 2020. Certains États membres ont également renforcé leur soutien aux guichets de financement thématiques du PNUD, dont les dotations augmentent d’année en année depuis leur création en 2016.

88.      Dans le même temps, le rythme de la reprise économique mondiale indique une année difficile pour le financement, que nous traverserons ensemble. J’ai bien conscience que l’impact de la COVID-19 sur les économies constituera un facteur majeur dans votre décision de financer le développement par le truchement du PNUD en 2021 et au-delà, et j’exhorte tous les États membres à éviter de prendre des décisions à court terme qui détourneraient l’APD des efforts visant à préserver les gains durement acquis en matière de développement.

 

 

[1] Chiffres les plus récents au 1er février 2021.

 

 

Responsabilisation, transparence et apprentissage

89.       En 2020, nous avons continué d’investir dans la transparence et la responsabilisation. Le PNUD a reçu une opinion sans réserve du Comité des commissaires aux comptes des Nations Unies (UNBOA) sur ses états financiers de l’exercice se terminant en 2019, sa quinzième opinion sans réserve consécutive.

90.       L’Indice de transparence de l’aide 2020, établi par la campagne pour la transparence de l’aide Publish What You Fund (PWYF), a une fois de plus classé le PNUD comme l’institution des Nations Unies la plus transparente. En juin, le PNUD a commencé à publier le travail qu’il entreprend dans le cadre de sa réponse à la COVID-19 sur UNDP Transparency Portal, son portail dédié à la transparence, ce qui en fait l’une des premières organisations à entreprendre cette démarche.

91.       En décembre 2020, nous avons eu l’occasion de discuter de l’audit de la gestion des ressources du FEM par le PNUD réalisé par le Bureau de l’audit et des investigations (OAI) et l’examen indépendant du projet « Normes et labels pour la Russie » financé par le FEM. Nous avons pris les conclusions de l’audit et de l’examen très au sérieux. Le PNUD ne tolérera aucun comportement qui sape sa crédibilité, sa confiance et sa capacité à s’acquitter de sa mission à l’appui des pays de programme et du Programme de développement durable à l’horizon 2030 de manière plus large.

92.       De plus, j’ai pris un train de mesures globales visant à avoir un impact significatif et immédiat sur les problèmes recensés dans ces rapports — comme je l’ai indiqué plus en détail dans une lettre distincte que je vous ai adressée. Le PNUD continuera d’informer périodiquement et systématiquement le Conseil d’administration sur cette question.

93.       Le PNUD accueille favorablement les recommandations des trois principales évaluations du Bureau indépendant d’évaluation (BIE) réalisées en 2020, dont les réponses de la direction ont été soumises au Conseil pour cette session :

a.   L’évaluation du soutien du PNUD aux pays touchés par un conflit contribuera à l’élaboration de nouvelles offres programmatiques sur la prévention des conflits et la consolidation de la paix, ainsi que d’un cadre institutionnel de gestion des crises et de la fragilité en 2021.

b.  L’évaluation de l’appui du PNUD à la réponse à la crise des réfugiés syriens (« 3RP ») — que le Bureau indépendant d’évaluation cite comme un modèle qui montre comment les acteurs de l’humanitaire et du développement peuvent collaborer pour faire face à des crises prolongées — renforcera le travail de l’organisation dans toutes les situations de réponse au problème des réfugiés.

c.    Nous notons avec intérêt les conclusions positives de l’évaluation sur l’adaptation au changement climatique de la contribution considérable et appréciée du PNUD à l’aide apportée aux pays vulnérables pour le renforcement de la résilience, et nous prenons acte de la recommandation visant à accélérer la prise en compte des risques climatiques dans l’ensemble de notre portefeuille d’activités de développement.

94.       À cet égard, par exemple, je suis heureux de noter qu’à compter du 1er janvier 2021, l’évaluation du climat et l’examen préalable des risques climatiques constituent désormais des volets essentiels des Normes sociales et environnementales (NES) et de la Procédure d’examen préalable social et environnemental (PEPSE) du PNUD.

95.       Pour chaque évaluation, le PNUD capitalisera les points jugés comme forts et agira sur ceux qui requièrent une amélioration. Le PNUD continue d’analyser plus globalement les principales conclusions découlant des évaluations, y compris celles des évaluations indépendantes des programmes de pays, afin d’en tirer les enseignements et de déterminer les moyens de faire mieux.

96.       Les points à renforcer, par exemple, incluent une mise à niveau plus poussée de la gestion axée sur les résultats dans tous les portefeuilles de programmes afin de promouvoir un changement porteur de transformations profondes ; l’élaboration d’un modèle de financement qui favorise le passage des projets à court terme à des portefeuilles à plus long terme afin d’améliorer la durabilité et la modulabilité des résultats ; et l’action pour aller au-delà de la participation des femmes pour mettre davantage l’accent sur la lutte contre les causes profondes des inégalités et de la discrimination. Le PNUD veillera à ce que ces conclusions, ainsi que celles de l’ensemble des travaux du Bureau indépendant d’évaluation, éclairent l’élaboration de son prochain Plan stratégique (2022-2025).

97.       À cet égard, je voudrais attirer l’attention sur une nouvelle collection de notes de réflexion du directeur du Bureau indépendant d’évaluation, Oscar Garcia, et de son équipe. Cette collection recueille des informations sur des années d’évaluation et d’observation du travail du PNUD dans les situations de crise, et je sais qu’elle sera cruciale pour guider la conception et la mise en œuvre des programmes dans un esprit de recherche et développement constants.

98.     Douze nouveaux descriptifs de programme de pays sont soumis à votre examen pour l’Arménie, l’Azerbaïdjan, la Chine, la Côte d’Ivoire, la Géorgie, le Mexique, la Macédoine du Nord, l’Ouzbékistan, le Panama, la Tunisie, la Somalie et l’Uruguay.

99.     En outre, sept extensions sont soumises à l’approbation du Conseil, notamment pour l’Afghanistan, le Guatemala, Madagascar, le Tadjikistan, la Syrie, le Venezuela et le Yémen ; et quatre extensions de programmes de pays seront présentées au Conseil pour information uniquement, à savoir pour l’Argentine, le Bangladesh, la Malaisie et les Maldives.

100.     Permettez-moi de réaffirmer, Excellences, que je suis moi-même déterminé, aux côtés de mes homologues du FNUAP, de l’UNICEF et d’ONU Femmes, à promouvoir la primauté, l’alignement et l’organisation dans le temps des processus des Cadres de coopération pour le développement durable des Nations Unies et des descriptifs de programmes de pays, et à faire observer des normes de haute qualité dans nos descriptifs de programmes de pays, comme indiqué dans notre note d’information à l’intention des membres du Conseil du 18 janvier et la note d’information conjointe connexe communiquée aux Conseils (en date du 8 janvier).  

En cette période charnière, la stimulation d’une approche intégrée des ODD pour faire toute la différence

101.       Excellences, la COVID-19 maque un point de basculement. Les décisions prises aujourd’hui pourraient conduire le monde dans des directions très différentes, et le recul des ODD que nous voyons déjà est profond, mais pas il n’est pas le fait du hasard. Il suit une tendance : celle des restrictions des droits et libertés, qui touchent les jeunes travailleurs et les femmes sur le marché du travail, de l’exclusion des travailleurs informels du dispositif de protection sociale, de la polarisation accrue et l’exclusion, qui sapent le contrat social solidaire, et du renforcement de la discrimination structurelle préexistante. Ces tendances peuvent guider la réponse d’un pays.

102.       Une étude menée par l’équipe du PNUD chargée de l’intégration des ODD échafaude des scénarios futurs de l’impact de la COVID-19 sur les ODD. Elle montre qu’un ensemble ambitieux mais réalisable d’investissements dans les ODD dans les domaines de la gouvernance, de la protection sociale, du relèvement vert et de la numérisation — les quatre domaines intégrés de la réponse du PNUD face à la COVID-19 — pourrait sortir 146 millions de personnes de plus de l’extrême pauvreté d’ici 2030, la majorité dans les États fragiles et touchés par un conflit.

103.       Cette étude souligne l’importance d’agir en faveur des ODD et révèle les conséquences de l’inaction. Elle laisse penser que si ce nouveau paysage du développement est complexe, il est possible de s’y frayer un chemin grâce à une architecture ambitieuse d’interventions et de choix politiques interconnectés.

104.       Excellences, en septembre, vous serez invités à examiner le nouveau Plan stratégique du PNUD pour la période 2022-2025 en vue de son adoption. À un moment où la COVID-19 a exacerbé presque tous les défis de développement auxquels on pourrait penser, je vois dans le Plan stratégique une occasion de montrer comment le PNUD, en tant que partie intégrante du système des Nations Unies et sous la houlette du Secrétaire général des Nations Unies, s’adaptera à un avenir incertain et en évolution rapide et aidera les pays à se remettre sur la bonne voie dans la poursuite des ODD.

105.       Comment continuerons-nous à lutter contre la pauvreté, à renforcer la résilience et à lutter contre le changement climatique ? Comment allons-nous concentrer nos interventions sur les personnes les plus vulnérables, les plus durement touchées par la COVID-19 en plus des conflits, des crises exacerbées et des inégalités multiples ? Et comment allons-nous aider les pays à tirer parti des opportunités — en matière d’innovation, de numérisation, d’autonomisation des femmes ?

106.       Notre plan ne s’intéressera pas qu’à ce que nous faisons, mais à comment nous nous y prenons. Comment nous aidons nos partenaires à résoudre les problèmes complexes du XXIe siècle et à répondre aux exigences des citoyens numériquement connectés. Comment nous capitalisons sur les investissements que nous consacrons déjà à l’innovation, à l’accélération et à la gestion des connaissances. Comment nous assurons le développement d’une manière qui tienne compte des conflits, éclairée par une maîtrise plus approfondie des risques multidimensionnels. Comment nos processus administratifs et nos opérations peuvent devenir plus souples et plus efficaces. Et dans l’ensemble, comment nous devenons une organisation plus souple, prête à répondre à un certain nombre de situations futures possibles dans la grande variété de pays dont nous sommes au service.

107.       Nous poursuivrons les partenariats approfondis avec les institutions des Nations Unies au cours de la période couverte par le nouveau Plan à la suite de nos investissements dans le Plan actuel : y compris, par exemple, les partenariats avec l’UNICEF sur l’innovation, la jeunesse et l’esprit d’entreprise ; avec l’OIT sur le présent et l’avenir du travail ; avec l’OIM et le HCR sur les moyens de subsistance et les solutions numériques pour les personnes en déplacement ; avec le PNUE et la FAO pour trouver un équilibre entre les humains et la planète ; et avec l’UIT et la Commission « Le large bande au service du développement durable » pour faire promouvoir des pays numériques inclusifs.

108.        Et nous mettrons davantage l’accent sur les partenariats externes, car nous ne sommes qu’une partie, bien qu’unique, d’un écosystème d’acteurs publics et privés, mondiaux et locaux qui bâtiront l’avenir du développement. Le Mécanisme mondial pour l’aide au secteur privé à la suite de la crise de la COVID-19 (COVID-19 Private Sector Global Facility), par exemple, est une initiative du PNUD, du Pacte mondial des Nations Unies et de la Chambre de commerce internationale (CCI) visant à collaborer avec les principaux acteurs du secteur privé tels que Microsoft pour cocréer des solutions pour les très petites, les petites et les moyennes entreprises, qui représentent environ 50 % des emplois dans le monde. Il sera crucial pour soutenir le relèvement mondial.

109.      À l’heure actuelle, alors que nous continuons à élaborer ce nouveau Plan avec votre concours, le PNUD a un travail clair qui l’attend et plusieurs priorités immédiates pour 2021.

III.          Domaines prioritaires pour 2021

Mener à bien le Plan stratégique actuel du PNUD

110.       Le Plan stratégique du PNUD a été conçu pour être souple, réactif et transformateur, et il reste profondément pertinent à l’heure actuelle. La pandémie de COVID-19 a mis davantage en lumière l’urgence d’une transformation équitable et verte, où les pays ont les moyens et la résilience dont ils ont besoin pour gérer les crises et un avenir incertain. Le rôle du PNUD dans ce nouveau contexte est d’aider à accélérer cette transformation. Notre principale responsabilité et priorité pour 2021 est donc d’obtenir des résultats en cette dernière année civile de notre Plan stratégique, avec ses six solutions distinctives, couvrant trois contextes de développement intégrés à travers le monde. Comme l’examen à mi-parcours du Plan l’a révélé l’année dernière, la mise en œuvre du Plan est sur la bonne voie. Le PNUD analyse attentivement les progrès accomplis et les défis rencontrés en 2020.

111.       La consolidation des acquis des réformes du système des Nations Unies de développement et l’avancement de la mise en œuvre des composantes restantes resteront prioritaires en 2021 et au-delà. Le PNUD fera progresser le travail effectué pour hiérarchiser les mandats de l’Examen quadriennal, notamment par le biais du GNUD, y compris par l’élaboration du nouveau Plan stratégique 2022-25, afin de garantir la réalisation des ambitions des États membres.

Gouvernance and fragilité

112.       Le PNUD affecte plus de 50 % de son budget total à des situations de fragilité et de crise, et neuf de nos 10 plus vastes programmes de pays se trouvent dans ces contextes, où nous encourageons des approches collaboratives entre les acteurs de l’action humanitaire, du développement et de la paix.

113.       Notre rôle dans cet espace est essentiel, car les situations de fragilité abritent plus de 75 % des personnes vivant dans l’extrême pauvreté à travers le monde ; avant le COVID-19, 18 % seulement des États fragiles et touchés par un conflit étaient en bonne voie pour atteindre les cibles des ODD concernant les « besoins de base non satisfaits », les indicateurs enregistrant maintenant un recul. Et comme la pandémie l’a montré, on ne peut plus supposer que le contexte de développement « normal » est certain ou prévisible.

114.       En 2021, le PNUD s’appuiera sur les enseignements tirés des évaluations, de l’expérience et des partenariats pour élaborer une nouvelle approche du développement au service de la paix : portant sur des politiques et des programmes qui tiennent de plus en plus compte des risques, l’investissement précoce dans la prévention des conflits, des crises et de l’extrémisme violent, le maintien de la paix et la lutte contre la fragilité. Et en nous appuyant sur les dialogues et consultations en cours, nous mettrons au point une offre repensée et prospective pour la gouvernance, en soutenant la transformation des systèmes de gouvernance dans tous les contextes de développement.

115.       Nous tirerons parti de notre expérience en matière de stabilisation dans des pays comme l’Iraq, où le Mécanisme de financement pour la stabilisation a apporté une aide à plus de 8,5 millions d’Iraquiens, dont la moitié sont des femmes, depuis 2015 ; le Yémen, où notre partenariat avec la Banque mondiale a permis de créer plus de 10,7 millions de jours de travail d’urgence et contribué à stabiliser l’économie locale ; et le Soudan.

116.       Lorsque je me suis rendu à Khartoum à la même époque l’année dernière, juste avant le confinement, j’ai eu le privilège de rencontrer les jeunes femmes et hommes qui sont descendus dans la rue, ayant tout à perdre, dont les actions ont peut-être changé le cours de l’histoire de leur pays. Aujourd’hui, nous soutenons leurs efforts de transition vers un régime démocratique civil.

117.       Nous nous appuierons sur nos partenariats, à l’instar du partenariat avec le Bureau d’appui à la consolidation de la paix des Nations Unies, pour renforcer les fonctions gouvernementales de base dans les situations de fragilité ; de notre travail avec ONU Femmes, le FNUAP et le HCDH dans le cadre de de Spotlight de l’ONU et de l’UE, une initiative mondiale pluriannuelle dédiée à l’élimination de toutes les formes de violence à l’égard des femmes et des filles.

118.       Nous tirerons parti de notre travail avec des partenaires comme le DPPA et le PNUE sur les risques de sécurité liés au climat par le biais du Mécanisme de sécurité climatique ; le Département des opérations de paix des Nations Unies pour codiriger la Cellule mondiale de coordination des questions relatives à l’état de droit ; et le HCR, l’OIM et l’OIT pour promouvoir des solutions durables pour le nombre record de personnes qui ont été forcées de quitter leurs foyers, en misant sur notre expérience dans des pays comme la Colombie, l’Iraq, la Libye et la Somalie.

119.       Nous nous appuierons sur notre travail au-delà des frontières, y compris dans le cadre de la Stratégie intégrée des Nations Unies pour le Sahel afin de passer de la fourniture de l’aide à des interventions visant à mettre fin au besoin, avec un leadership local, des idées et des investissements qui rompent les cycles de violence et de dépendance. Le partenariat du PNUD avec la Fondation Tony Elumelu, par exemple, va soutenir 100 000 jeunes entrepreneurs africains dans la région du Sahel. L’initiative vise à générer des millions de nouveaux emplois et à contribuer au moins 10 milliards de dollars de revenus annuels nouveaux à travers l’Afrique.

Pauvreté et inégalités

120.       La lutte contre la pauvreté et les inégalités restera au centre du travail du PNUD en 2021. Au niveau macro, la mise à l’épreuve ultime de l’égalité au sein et entre les pays sera la capacité à réaliser la plus grande intervention de santé publique de toute une vie — les vaccins contre la COVID-19 — au profit de la population mondiale. Le vaccin doit être traité comme un bien public mondial. Il n’y a pas de place pour le « nationalisme vaccinal ».

121.       Le PNUD s’engage à jouer son rôle en s’inspirant du rôle de chef de file que joue l’OMS et ce en partenariat avec l’UNICEF et la grande famille des Nations Unies, ainsi que l’Alliance GAVI, le Fonds mondial, l’ACT Accelerator, le Plan d’action mondial pour l’ODD3 et d’autres acteurs pour faire progresser l’équité et l’accès.

122.       Dans le même temps, la dette qui se profile à l’horizon menace de faire dérailler tout relèvement. Six pays déjà ne se sont pas acquittés de leur dette en 2020. Les pays les plus pauvres du monde ont dépensé l’équivalent de plus du double de leur PIB (en %) que les autres pays au titre des paiements du service de la dette extérieure en 2020, ce qui limite leurs options d’investissement dans le cadre d’une réponse d’urgence au développement.

123.       Contrairement aux économies avancées, la plupart des pays en développement ne pourront pas dépenser ni emprunter pour sortir de cette pandémie. La plupart souhaiteraient continuer à fournir un soutien du revenu des PME, des ménages et des travailleurs jusqu’à ce que les campagnes de vaccination soient lancées, mais beaucoup n’ont déjà plus la marge budgétaire requise à cet effet. L’année dernière, le PNUD a appelé à un revenu de base temporaire, financé en partie par le gel des paiements du service de la dette dans les pays en développement.

124.       En 2021, le PNUD se joint à ses partenaires des Nations Unies pour appeler à un indice de vulnérabilité multidimensionnelle qui fait ressortir les vulnérabilités environnementales et socioéconomiques des PEID et de tous les pays ; cet indice permettrait aux décideurs politiques, aux créanciers et aux investisseurs de mieux comprendre et de surmonter les contraintes structurelles, notamment grâce à un accès à des financements concessionnels, et il aiderait à préserver le Programme 2030 et l’avancement des Orientations de Samoa. De plus amples informations seront bientôt disponibles à ce sujet.

125.       À travers l’initiative phare SDG Impact de son Pôle du secteur de la finance au service des ODD, le PNUD a élaboré des normes d’assurance des pratiques pour les obligations ODD en 2020 — qui illustrent les types d’outils et instruments innovants sur lesquels le PNUD travaillera avec ses partenaires en 2021 en réponse à la demande croissante des secteurs public et privé.

126.      Le Secrétaire général des Nations Unies, de concert avec les Premiers ministres du Canada et de la Jamaïque, a mis sur la table des propositions de grande portée concernant les mesures de liquidité, de dette et de financement durable du développement. Nous devons tous donner suite à ces engagements, car il ne s’agit pas là d’une question comptable ni d’une question d’excédents ou de déficits. Il s’agit fondamentalement de faire promouvoir le bien-être humain à travers le monde.  

La promesse climatique et au-delà

 

127.       Comme l’a révélé La prochaine frontière : Le développement humain et l’Anthropocène, 4 000 générations pourraient vivre et mourir avant que le dioxyde de carbone rejeté depuis la révolution industrielle à ce jour ne soit éliminé de notre atmosphère, et pourtant les pays continuent de subventionner les combustibles fossiles et d’entretenir notre addiction au carbone comme une drogue qui coule dans les veines de l’économie.

128.       Et l’impact sera profondément inégal. D’ici 2100, les pays les plus riches du monde pourraient connaître jusqu’à 18 jours de moins par an de températures extrêmes en raison du changement climatique, tandis que les pays les plus pauvres pourraient en connaître jusqu’à 100 de plus. Ce chiffre pourrait encore être réduit de moitié si l’Accord de Paris est pleinement mis en œuvre.

129.       L’année 2021 sera celle de la nature, marquée notamment par le Sommet des Nations Unies sur les systèmes alimentaires et les sessions des Conférences des Parties aux Conventions sur la diversité biologique et les changements climatiques. C’est une année pour laquelle nous devons être prêts. Le PNUD tiendra sa promesse et ira plus loin, notamment en mettant davantage l’accent sur l’énergie.

130.       Nous allons continuer de plaider contre un attachement limitatif au PIB comme indicateur singulier des perspectives d’un pays, en nous appuyant sur le nouvel et expérimental indice de développement humain ajusté aux pressions exercées sur la planète (IDHP) du Rapport sur le développement humain 2020, qui ajoute l’empreinte matières et les émissions de carbone des pays à l’indice de développement humain (IDH).

131.      Et grâce à des partenariats comme celui avec l’IRENA, l’initiative Énergie durable pour tous et le Fonds vert pour le climat sur la plateforme pour les investissements climatiques (Climate Investment Platform), nous contribuerons à désengorger le paysage du financement climatique et à combler le déficit des financements dont les pays auront besoin pour opérer une transition énergétique accélérée d’une manière efficace qui a un réel impact.  

 

La prochaine frontière du développement humain commence maintenant

132.       Madame la Présidente, chers collègues et amis, 2020 a été une année pas comme les autres. Tout au long du processus, le PNUD a soutenu tous ses partenaires, apportant une réponse locale rapide, un leadership éclairé ambitieux, et des politiques et des programmes intégrés pour les ODD, et se posant en institution de plus en plus souple et efficace qui attache du prix à la transparence et à la responsabilisation.

133.       Nous y sommes parvenus parce que nos équipes n’ont pas déserté et ont plutôt continué à servir, et par conséquent, ont aidé les autres à faire de même. Nous déplorons le départ de nos collègues, partenaires, amis et membres de nos familles qui ont perdu la vie en 2020 et commençons l’année 2021 avec l’espoir qu’elle marquera la fin de cette terrible pandémie. Certes, nous espérons un relèvement rapide partout dans le monde, mais nous aiderons les pays à se préparer et à s’adapter à une période prolongée de ralentissements, de retards et de reprises partielles des activités.

134.       J’ai bon espoir que 2021 marquera également la fin de la complaisance face à la crise climatique à laquelle nous sommes tous confrontés, la fin des atteintes aux droits de l’homme, à la dignité, à la réalité des faits et à la science. Avec une distribution du vaccin du peuple en fonction des besoins et non des richesses pour immuniser contre cette maladie inédite en une génération ; avec un engagement à vacciner contre les inégalités, la désinformation, le racisme, la stigmatisation et la discrimination ; une recherche renouvelée de la paix et une détermination à vacciner contre les abus à l’encontre de la planète sur laquelle nous vivons et de l’air que nous respirons.

135.     Comme l’a fait savoir le Secrétaire général des Nations unies et comme l’indiquent clairement les ODD : notre programme d’action commun est un programme d’action universel, Madame la Présidente. Le moment est venu de donner un coup de pouce aux ODD — pour une véritable Décennie d’action qui ouvre la voie au développement du futur. Trouver une voie à suivre pour l’avenir après la crise de la COVID-19 sera l’entreprise d’une génération. Le PNUD s’y engage. Et je sais que nous pouvons compter sur le dynamisme, les orientations et le soutien de notre Conseil d’administration. Je vous remercie de votre aimable attention.

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