Fournitures médicales essentielles pour lutter contre le coronavirus, fournies par le PNUD. L'OMS a indiqué que la propagation du COVID-19 en Afrique est passée de cinq à trente pays en moins d'une semaine. Des vulnérabilités existent déjà dans les États fragiles et si COVID-19 se répandait comme il l'a fait ailleurs dans ces endroits, nous pourrions voir un impact qui correspondrait ou même dépasserait ce que nous voyons maintenant en Europe. Pour le PNUD, cela signifie aider les pays à se préparer, à réagir et à se rétablir. Photo: PNUD Chine

 

Les frontières qui se ferment une à une depuis quelques jours ne sont qu’un indicateur de l’impact et de la réaction en chaine provoquée par le virus COVID-19. A part ses effets manifestes sur la santé, la pandémie s’accompagne de déficit d’éducation pour des millions d’enfants non scolarisés, d’entreprises qui font faillite, de difficultés financières, de réseaux de transport interrompus et de déplacements limités. Et cela dans certaines des économies les plus avancées du monde.

 

Contrairement à une catastrophe naturelle, le véritable impact d’une épidémie ne réside pas seulement dans ses effets immédiats, mais dans ses répercussions sur le bon fonctionnement de la société.

 

L'épidémie d'Ebola (2014-2016) a été en ce sens un précurseur du COVID-19. Avec un taux de mortalité de 70%, le virus a tué plus de 11 000 personnes et submergé les systèmes de santé des pays touchés. Ses retombées financières ont été immenses, allant bien au-delà du domaine de la santé. L’épidémie a cloitré enseignants, parents et enfants à la maison pendant des mois, les fonctionnaires ont dû éviter le travail, de nombreuses petites et moyennes entreprises ont fermé leurs portes et d'autres ont dû licencier leurs employés. En Sierra Leone, l'industrie minière s'est pratiquement arrêtée alors qu’elle représentait jusqu’à 90% des exportations nationales. La Banque mondiale a estimé le coût total d’Ebola à au moins 2,8 milliards de dollars.

 

Propagation en Afrique

C'est ce scénario qui devrait nous préoccuper plus particulièrement. L’OMS indiquait la semaine dernière que le virus était passé de cinq à trente pays en Afrique en moins d'une semaine. Que se passera-t-il ensuite ? Trois observations ressortent clairement, notamment des leçons tirées en Afrique de l'Ouest au plus fort de l'épidémie d'Ebola :

 

  • L’épidémie expose la vulnérabilité de l'État. Alors que même les sociétés les plus avancées sont prises de cours, qu'adviendra-t-il de celles aux systèmes de soins de santé plus fragiles, en manque d’infrastructure médicales et avec des capacités de réponses minimales ? Qu’adviendra-t-il des pays à la gouvernance plus faible ? Que se passera-t-il lorsque leurs ressources et leur planification d'urgence s’avèrerons inadéquates ? Ccomment préserver les emplois lorsque la majeure partie de la société travaille dans le secteur informel ? Comment veiller à la santé des réfugiés alors que les ressources sont déjà sursollicitées ?

 

  • L’épidémie dévoile la vulnérabilité personnelle et familiale. Comment respecter la distanciation sociale quand on   vit dans un bidonville ? Comment se laver les mains sans eau propre ? Comment se protège-t-on lorsqu’on ne dispose pas d'informations fiables, ou si on ne sait pas comment accéder aux les services de base disponibles ? Et s'il y a peu de confiance dans le gouvernement en premier lieu ? Comment travaille-t-on lorsque son travail dépend entièrement du contact humain ? Et pour ceux qui peuvent travailler à domicile, comment fait-on en cas de coupure d’électricité ou que la connexion internet ne le permet pas ?

 

  • Le virus COVID-19 aggrave ces vulnérabilités déjà existantes en bouleversant un peu plus le système.  Il faut examiner les pays plus fragiles, ceux qui souffrent déjà de disfonctionnements et de problèmes sous-jacents tels que la fragilité des écosystèmes, la forte croissance démographique, l'urbanisation rapide, l'enclavement ou des menaces concrètes telles que des conflits, l’insécurité communautaire, la dégradation de l'environnement et des catastrophes naturelles. Ces conditions existent déjà et il suffirait que le virus COVID-19 se répande dans ces pays comme il l'a fait ailleurs pour que nous soyons témoins d’un impact sociétal qui dépasserait celui que nous observons actuellement en Europe.

 

Il est impératif d’aider ces pays en développement à se préparer, à réagir et à se relever, et de le faire d'une manière qui ne concerne pas seulement la santé de leurs citoyens, mais aussi  la structure de leur société et la résilience de leurs communautés. Pour nos activités d'assurance et de financement des risques il nous faut rechercher à la fois des mesures sur le court terme pour protéger les plus vulnérables, mais aussi des solutions plus à long terme ou  le risque de pandémie est intégré au même niveau que d’autres risques. Cela doit devenir la réalité d'un monde de plus en plus complexe.

 

Ainsi, s'il est vrai que COVID-19 respecte peu de frontières, d'âge, de classe ou de situation financière, d’appartenance ethnique ou politique ; c'est l'impact transfrontalier qui nous préoccupe le plus. Alors que les sociétés d'Europe et d'Amérique du Nord s’apprêtent à braver un confinement et des restrictions sans précédent, c'est vers les états les plus vulnérables qu’il faut porter son attention. Des états où un impact équivalent à celui des nations développées pourrait être dévastateur.

 

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