Le paysage de l'Équateur. En Amérique latine, la Bolivie, l'Équateur, le Honduras et le Paraguay explorent les possibilités de marché du carbone pour le secteur forestier. Photo : PNUD Équateur/S.Garrido

 

Pour maintenir la hausse de la température mondiale à des niveaux qui ne présentent pas un grand risque pour la planète, une solidarité mondiale s’impose dans l’action climatique à mener de toute urgence. Les défis restent immenses, mais au moment où nous célébrons le cinquième anniversaire de l’Accord de Paris, nous avons cinq raisons d’être optimistes.

1)   Alors que les pays s’efforcent de reconstruire en mieux après la crise de la COVID-19, nombreux sont ceux qui s’appuient sur leurs CDN pour promouvoir une reprise verte.

Malgré les effets de la COVID-19, une majorité de pays comptent toujours réviser à la hausse leur ambition climatique. Qui plus est, nombre d’entre eux se fondent sur leurs promesses au titre de l’Accord de Paris (les contributions déterminées au niveau national ou CDN) pour déployer leurs efforts dans la poursuite d’une reprise verte.

Plus de 60 pays sur les 115 bénéficiant du soutien du PNUD dans le cadre de sa Promesse climatique ont entrepris d’établir des liens explicites entre le relèvement de leurs CDN et la reprise verte, y compris de nombreux pays aux niveaux d’émissions élevés. 

Une pression est exercée pour transformer leurs intentions en réalité. On se rend de plus en plus compte que l’abandon des combustibles fossiles et l’adoption de technologies propres et renouvelables ouvrent des perspectives – pour stimuler les économies, créer des emplois et renforcer la résilience.

2)   De plus en plus de pays travaillent avec, et non contre, la nature pour relever les défis auxquels nous sommes confrontés.

Selon les estimations, les solutions fondées sur la nature pourraient donner lieu à environ un tiers des réductions d’émissions nécessaires jusqu’en 2030. La protection et le rétablissement de la santé de nos forêts, prairies et zones humides représentent l’une des plus importantes actions que nous puissions mener.

Deux exemples sortent du lot en Afrique : le Nigéria fait une plus grande place aux solutions fondées sur la nature, en particulier aux forêts, dans le cadre de la révision de sa CDN, tandis que le Zimbabwe s’emploie à mettre en phase sa politique forestière avec sa CDN révisée. En Amérique latine, la Bolivie, l’Équateur, le Honduras et le Paraguay étudient les possibilités de recourir au marché du carbone pour soutenir le secteur forestier.

Autre évolution positive, de nombreux pays en développement qui ont inclus des activités liées aux forêts dans leurs CDN travaillent également à la mise en œuvre de REDD+, l'initiative des Nations Unies visant à réduire les émissions dues à la déforestation et à la dégradation des forêts en valorisant le carbone stocké dans les forêts sur pied.

3)   On observe un soutien politique accru en faveur de l’adaptation et de la résilience et de leur reconnaissance au même titre que l’atténuation.

Trois quarts des pays ont mis l’accent sur l’adaptation dans leurs premières CDN. Aujourd’hui, 97 % des pays bénéficiant du soutien du PNUD au titre de sa Promesse climat font une bien plus grande place à l’adaptation dans leurs engagements révisés.

L’urgence est de plus en plus signalée et la demande de financements augmente. L’année dernière, un appel à l’action a été lancé par une coalition de partenaires sous la houlette des gouvernements britannique et égyptien, avec l’appui du PNUD. Cet appel est désormais soutenu par plus de 118 pays et 86 organisations et institutions.

De plus en plus de pays intègrent leurs plans nationaux d’adaptation dans leurs CDN à travers des programmes tels que Scaling Up Climate Ambition on Land Use and Agriculture (étendre l’ambition climatique à l’utilisation des terres et à l’agriculture) (SCALA). Une initiative du PNUD et de la FAO qui vise à aider les pays à faire face aux effets climatiques.

4)   Une transformation est en train de s’opérer dans le secteur financier

Alors que les investisseurs à travers le monde entier prennent de plus en plus conscience des risques liés à l’investissement dans les combustibles fossiles, nous constatons un intérêt grandissant porté à l’investissement durable.

En conséquence, les émissions d'obligations vertes ont quadruplé au cours des quatre dernières années, dont le montant total est passé de 110 milliards de dollars en 2016 à 465 milliards de dollars en 2019. Un programme d’obligations vertes soutenu par le PNUD en Indonésie, qui a permis de lever plus de 2,75 milliards de dollars au moyen de trois émissions annuelles, fait déjà l’objet d’une sursouscription.

Pour accélérer cette tendance, le PNUD accompagne les pays dans la création de cadres d’investissements plus attractifs tout en les aidant à sauter l’étape des infrastructures à forte intensité de carbone et à éviter de s’enfermer dans un cycle sans fin des systèmes énergétiques basés sur les combustibles fossiles.

Nous aidons également les pays à travailler ensemble sur la tarification du carbone, par exemple en aidant le Ghana et la Suisse à mettre en place des mécanismes innovants sur le marché du carbone.

Plus de 60 pays travaillent avec l’ONU et d’autres partenaires, dont le FMI, pour établir des cadres de financement nationaux intégrés, qui aident à mobiliser des financements publics et privés à l’appui de leurs priorités nationales de développement et des objectifs de développement durable.

Lancée l’année dernière, la Climate Investment Platform (plateforme pour les investissements climatiques) soutenue par le PNUD vise à accroître le flux de capitaux vers des projets d’énergie propre.

5)   Nous nous employons à mieux mettre en contribution toutes nos ressources humaines

Dans l'intérêt d'une plus grande intégration et de résultats plus équitables, de nombreux pays prennent des mesures pour faire participer les groupes marginalisés au débat sur le climat et l'action climatique.

Dans le cadre de la Promesse climatique du PNUD, 75 % des pays font de la jeunesse une priorité. Pour ne citer qu’un exemple qui suscite l’inspiration, la Macédoine du Nord a lancé une campagne de sensibilisation du public qui a placé les jeunes femmes et l’action climatique sous les projecteurs et aidé les jeunes à contribuer directement au renforcement de la CDN.

Des outils inattendus sont utilisés pour toucher de nouveaux publics. Le jeu sur téléphone mobile Mission 1.5 aide à éduquer et à responsabiliser les jeunes pour qu’ils éclairent la prise de décision sur le changement climatique. En jouant à ce jeu, des millions de personnes ont voté pour indiquer leurs priorités dans plus de 50 pays.

Dans le même temps, plus de 90 % des pays bénéficiant d’un soutien dans le cadre de la Promesse climatique s’emploient à renforcer la contribution des femmes à l’élaboration, à la planification et à la mise en œuvre des politiques publiques. Des pays comme l’Iraq font davantage participer les femmes, tout en suivant et en faisant rapport sur les mesures d’atténuation tenant compte du genre dans le cadre de leurs CDN.

Il est question, dans ces initiatives, d’inclusion et de résultats justes, mais aussi de mise à profit des idées, des connaissances et des talents de tous. Et d’appropriation universelle de l’Accord de Paris.

Les signes sont encourageants, mais ce n'est qu'un début. Nous ne pouvons pas nous arrêter là !

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