Le PNUD travaille avec les éleveurs de Mongolie pour créer un marché international du cachemire durable. Photo : PNUD/Nicolas Petit

 

Nous savons que les modèles traditionnels de la croissance économique linéaire ne fonctionnent pas, même à court terme. Dans un même temps, l’économie circulaire promeut l’utilisation continue de ressources pour éviter le gaspillage dans la production et la consommation.

Si nous voulons montrer comment générer et stimuler une telle croissance, sans déchets, nous devons impérativement mieux comprendre le contexte local et adapter nos modes d'évaluation.

Au Vietnam et au Kenya, des enquêtes sont menées pour déterminer comment réutiliser les matériaux pendant le processus d'approvisionnement. À l'avenir, nous voulons que toutes nos interventions soient conduites sur la base des connaissances et des actions déjà appliquées au lieu de reprendre ou imposer une pratique venue de l'extérieur.

En République démocratique du Congo, l’Accelerator Lab (en anglais) du PNUD s’appuie sur un large catalogue de solutions locales – du charbon vert fabriqué à partir de carton comprimé et recyclé aux meubles et fours solaires créés à partir de pneus usés. L’idée étant que les matériaux inutilisés puissent être une source d'approvisionnement pour les grands fabricants de pneumatiques par exemple.

Au-delà du rendement financier

En Mongolie, l'objectif était de collaborer avec le Gouvernement, les éleveurs et les entreprises pour recenser les possibilités d’approvisionnement durable en laine, en cachemire et en cuir. Nous nous adressons aux  investisseurs qui souhaitent explorer les bénéfices d’une telle démarche sur le plan social et environnemental. Une fois vendus sur les marchés mondiaux, les vestes et les foulards pourront être portés, échangés, portés de nouveau et ainsi contribuer à un processus circulaire.

En Chine, le PNUD a créé un partenariat avec une entreprise high tech grâce à une application dénommée "Baidu Recycle". L’application aide les utilisateurs à fixer un prix et recycler leurs appareils électroniques en indiquant des points de ramassage de déchets électroniques autorisés, situés à proximité.

Ces entreprises, qui fonctionnent différemment, sont parfois considérées comme des trouble-fêtes; elles conservent les matériaux plus longtemps et transforment les dérivés ou les déchets en ressources pour les mettre à la disposition d’autres entreprises. Elles réparent, réutilisent et recyclent. Quelles leçons peut-on tirer de ce modèle, comment aller plus loin ?

Nous avons déjà identifié quelques points sensibles :

Premièrement, il est difficile d'aligner les objectifs du secteur public sur ceux du secteur privé. Bien que nous disposions de données, de preuves du bon-sens économique d’une démarche circulaire, une telle démarche ne peut être enclenchée que lorsque le décideur, producteur ou investisseur à l’origine de la chaîne de valeur comprend qu’elle peut fonctionner.

Une approche globale

Deuxièmement, aucune évolution n’est possible sans des changements de politiques et de fiscalité propulsés par les gouvernements nationaux et locaux.

Au Laos, nous avons adopté une approche plus globale. Avec les planificateurs et les décideurs nationaux, le PNUD a identifié les stratégies de croissance les plus prometteuses de l'économie circulaire, dans les domaines de l'agriculture, de la construction, de l'énergie et des transports à faible émission de carbone, un système proche du paradigme pan-économique. La bonne nouvelle est que ces stratégies de croissance sont progressivement prises en compte au plan national et le PNUD, à travers l’initiative Climate Promise, encourage plus de 100 pays à poursuivre dans cette direction.

Grâce à cette évaluation du contexte politique et des normes en vigueur, nous sommes en mesure de dépasser les anciennes technologies même si, lors d’alternances politiques ou de changement de PDG, les choses se compliquent.  

Troisièmement, il faut financer et stimuler l'innovation et ne pas la limiter aux technologies déjà existantes. Les 60 Accelerator Labs du PNUD présents dans environ 80 pays, travaillent sur des approches totalement novatrices pouvant être partagées à l'échelle locale et mondiale.

Quatrièmement, tout changement doit rester avantageux. Cependant, ces avantages ne se limitent plus aux données de coût mais peuvent aussi elles peuvent être appliquées à des données sur tout le cycle de vie du produit. La budgétisation à court terme a longtemps justifié de mauvais choix. L’instauration de nouveaux outils, y compris l'anticipation et les renseignements pour la prévision, la planification et la production peuvent permettre de rompre le cycle.

Une obligation sociale et politique

Cinquièmement, changer de système économique peut devenir un enjeu social direct, porté par les citoyens devant les politiques. La transparence sert d’avertissement pour les gouvernements et les entreprises.

Les meilleurs défenseurs publics sont souvent des influenceurs qui peuvent rendre compte du changement dans leurs organisations, leurs entreprises et dans leur vie.

Et enfin, nous devons passer de la parole aux actes. Le PNUD s'est engagé à réduire son empreinte carbone de 50% d'ici 2030 ; nous préconisons la circularité non seulement dans les pays où nous intervenons mais aussi au sein de notre organisation. Le Greening Moonshot (en anglais) fait écho à la nécessité d’améliorer notre empreinte écologique, et nous invitons nos partenaires à se joindre à nous pour relever ce défi !

Ni les données, ni les faits, ni les chiffres positifs en termes financier, environnemental et social ne peuvent à eux seuls promouvoir notre vision et notre programme. Le message doit être clair : nous sommes en train de détruire notre planète à une vitesse inédite. Nous devons être à la hauteur de l’enjeu et nous devons valoriser et récompenser les précurseurs à l'origine des nouvelles normes industrielles.

 

Le PNUD collabore avec des éleveurs de Mongolie pour la création d'un marché mondial de cachemire durable. Photo: PNUD/Nicolas Petit

PNUD Dans le monde