16 jours d’activisme contre la violence basée sur le genre

Campagne 2024 :16 jours d’activisme contre la violence basée sur le genre Notre plaidoyer pour la cessation des violences faites aux filles et aux femmes

November 28, 2024
Economiste pricipale PNUD Cameroun

En ce 21ᵉ siècle, en 2024, il semble que l’on assiste à un recul important en matière de droits de l’homme, et plus particulièrement des droits des femmes, notamment le droit fondamental à la vie.

Selon la note conceptuelle des 16 jours d’activisme contre les violences basées sur le genre (VBG) de 2024 : « Malheureusement, près de 30 ans après Beijing, la violence faite aux femmes et aux filles demeure la violation des droits humains la plus prévalente et la plus répandue dans le monde. Près d’une femme sur trois a subi des violences physiques et/ou sexuelles de la part d’un partenaire intime, ou d’autres formes de violences sexuelles. Les meurtres de femmes et de filles sont en hausse… »

Comment accepter ce recul des droits humains au 21ᵉ siècle ?

Dans le contexte du Cameroun, nous souhaitons tout d’abord rappeler quelques avancées, notamment les efforts fournis par le pays pour soutenir les femmes, qui sont nos mères, nos sœurs et nos filles. Depuis 2021, le Cameroun a adopté la budgétisation sensible au genre. Toutefois, les ressources et les lois mobilisées doivent être renforcées si nous voulons atteindre une tolérance zéro face aux violences faites aux femmes, et garantir justice pour nos mères, nos sœurs et nos filles, victimes ou mortes des suites de la violence basée sur le genre.

Selon le rapport provisoire de la revue à mi-parcours des Objectifs de Développement Durable (ODD), commandité par le Gouvernement du Cameroun en 2024, avec l’appui du PNUD et d’autres agences du Système des Nations Unies, les analyses préliminaires de l’ODD 5 sur l’égalité des genres révèlent que, malheureusement, le Cameroun ne dispose pas encore de lois spécifiques réprimant les violences faites aux femmes.

Or, les pays qui disposent de lois, de décrets, de réglementations, de systèmes judiciaires efficaces, de sanctions et d’une politique de tolérance zéro envers les auteurs de violences contre les femmes, enregistrent une prévalence moindre de ces violences — jusqu’à 50 % de moins — comparativement à ceux où la législation est insuffisante.

Nous plaidons donc pour une législation plus forte et une justice plus efficace, afin de réduire et d’éliminer les violences faites aux femmes.

Nous lançons également un appel pour davantage de réglementations contre les mutilations génitales féminines. Ces pratiques peuvent malheureusement être mortelles, en particulier pour les filles et femmes atteintes de maladies invalidantes comme la drépanocytose, qui affecte la qualité et la quantité de sang, essentielles à la survie humaine. En organisant la mutilation de nos filles ou de nos femmes, nous risquons de les condamner à mort.

Mesdames, Messieurs, les femmes du monde entier sont avant tout nos MÈRES et la MÈRE de l’humanité. Faisons tous l’effort de les protéger et de les valoriser !

Nous appelons à la mise en place ou au renforcement de lois, de règles, de mesures et de stratégies, dans une approche multidisciplinaire, mobilisant tous les acteurs : de l’éducation des enfants dès le plus jeune âge, aux traditions incarnées par nos chefs coutumiers, en passant par les autorités religieuses, et surtout par nos États, afin de garantir une réelle protection des femmes et des filles, et de dissuader les auteurs de violences par la peur de sanctions effectives.

Par ailleurs, l’existence de lois et de sanctions permettra aux auteurs potentiels de ces violences, qui parfois ne mesurent pas la gravité de leurs actes, de s’autoéduquer et de s’autocensurer. Cela pourra les amener à comprendre qu’ils sont plus épanouis lorsqu’ils ne commettent pas d’actes de violence envers les femmes — qui, après tout, sont leur mère, la mère de leurs enfants, leur fille ou leur sœur.

Sensibilisons à l’adoption de lois et au bon fonctionnement de la justice en faveur des femmes victimes de violences. Encourageons les hommes à ne pas exercer de violences gratuites et injustifiées contre des personnes plus vulnérables qu’eux : il n’y a aucun honneur à en tirer.

Les détenteurs d’obligations, tels que les États et les entreprises, doivent tenir les auteurs de violences responsables de leurs actes. Ces derniers doivent être poussés à s’autocensurer, car nous vivons au 21ᵉ siècle, dans un monde qui devrait être plus avancé humainement, notamment en matière de développement humain.