Auteur (e): Audrey MONEYANG, Head of Exploration, UNDP Accelerator Lab.
Et si on commençait par une économie circulaire du déchet ?
April 29, 2026
Le 21 janvier 2026, Le Ministre de l’Administration Territoriale lance officiellement la croisade « villes-propres », affirmant la politique de tolérance zéro face aux dépôts d'ordures sauvages. Cette annonce intervient quelques mois après l’organisation des « États généraux sur la gestion des ressources en déchets urbains » et de beaucoup d’autres initiatives. Elle confirme ce que nous observons depuis plusieurs années : le Cameroun fait face à une urgence structurelle, mais aussi à une opportunité historique de transformer ses déchets en leviers d’innovation, d’inclusion économique et de durabilité.
Le présent blog propose une note de réflexion sur l’économie circulaire comme pilier d’une gestion durable des déchets au Cameroun. Il se fonde sur les recommandations des États généraux ; des microexpérimentations menées par le laboratoire d’accélération et quelques bonnes pratiques observées dans d’autres pays.
🚨 Le déchet : un problème croissant mais transformable
Avec une urbanisation rapide et non planifiée, les villes camerounaises produisent chaque année davantage de déchets : Yaoundé : 1920 à 2 500 tonnes/jour, avec un taux de collecte de 45 à 51 % et Douala : 2 000 à 2 700 tonnes/jour, avec environ 70 % de collecte. Autrement dit, près d’un tiers des déchets de Douala et la moitié de ceux de Yaoundé restent dans la nature : rues, ravins, drains, espaces publics. Les impacts sont connus : maladies hydriques, inondations, pollution de l’air et des sols, surcharge des décharges.
Les États généraux ont mis en lumière une chaîne de gestion sous-dimensionnée :
Infrastructures insuffisantes (dispositif de collecte basé sur des bacs à ordures mal aménagées et/ou exploitées ; infrastructures de pré collecte quasi inexistantes ; un seul centre de transfert ; peu de villes avec des décharges aux normes etc.)
Gouvernance fragmentée (multiplicité des acteurs, manque de données locales et de stratégies publiques, dilution des responsabilités etc.)
Financement limité
Filières de valorisation trop faibles.
Pourtant, des initiatives locales à l’instar des communes de Dschang, de Foumban, de Douala et de Mbankomo montrent que des pistes existent, souvent construites autour de citoyens, de startups locales et des partenariats solides.
♻️ L’économie circulaire et la gestion du déchets
L’économie circulaire se définit comme Un système économique qui s’éloigne du modèle linéaire “extraire–produire–jeter” pour aller vers des systèmes conçus pour réduire les déchets et la pollution, maintenir les produits et les matériaux en usage le plus longtemps possible, et régénérer les systèmes naturels. L’économie circulaire n’est pas un slogan : c’est un modèle concret, fondé sur la réduction, le réemploi, le recyclage et la valorisation. Elle constitue une opportunité pour transformer les déchets en richesse et nécessite un changement de paradigme, à travers :
Un contrôle des matériaux entrant dans le pays,
Une transformation des habitudes de consommation,
Et une meilleure gestion des déchets produits.
Des métropoles telles que Tokyo, Copenhague ou Amsterdam illustrent des écosystèmes urbains de circularité avancée. Plus près de nous, des villes comme Kigali, Accra ou Le Cap démontrent que des progrès significatifs en matière de gestion des déchets et de circularité sont atteignables, y compris dans des contextes contraints, grâce à l’engagement collectif des parties prenantes.
Face à l’ampleur de cette problématique au Cameroun, il est essentiel d’adopter des stratégies de circularité multi niveaux.
🧭 Quelques propositions d’actions
Renforcer le cadre institutionnel par exemple en créant une agence nationale de l’économie circulaire et en réorganisant les acteurs ainsi que les différents rôles ;
Mettre en place une base de données fiable et dynamique des déchets et des différents acteurs (y compris des solutions proposées)
Miser sur l’éducation et la sensibilisation des populations en commençant par les foyers et les écoles
Favoriser les partenariats locaux (Intégration du secteur informel, contractualisation des startups et PME locales pour la pré-collecte et la valorisation des déchets) et la coopération sud-sud (partage d’expérience)
Renforcer le mécanisme de financement à travers des incitations fiscales, des quotas de marchés publics pour les produits recyclés, une meilleure gestion des ressources disponibles, la taxation des grands pollueurs et la mobilisation des fonds verts & crédits carbone. 🧭 Quelques propositions d’actions
Renforcer le cadre institutionnel par exemple en créant une agence nationale de l’économie circulaire et en réorganisant les acteurs ainsi que les différents rôles ;
Mettre en place une base de données fiable et dynamique des déchets et des différents acteurs (y compris des solutions proposées)
Miser sur l’éducation et la sensibilisation des populations en commençant par les foyers et les écoles
Favoriser les partenariats locaux (Intégration du secteur informel, contractualisation des startups et PME locales pour la pré-collecte et la valorisation des déchets) et la coopération sud-sud (partage d’expérience)
Renforcer le mécanisme de financement à travers des incitations fiscales, des quotas de marchés publics pour les produits recyclés, une meilleure gestion des ressources disponibles, la taxation des grands pollueurs et la mobilisation des fonds verts & crédits carbone.
👉 Pour conclure, l’économie circulaire n’est pas un concept lointain.
C’est une stratégie immédiate pour créer des emplois verts pour les jeunes et les femmes, avoir des quartiers plus propres et sains,des villes plus résilientes et une croissance bas carbone alignée sur les ambitions nationales.
Transformer nos villes commence par transformer notre rapport au déchet. Et ce rapport se construit avec les citoyens, les entreprises locales, les collectivités et une vision nationale claire.