Exploitation et valorisation de la pêche du crabe bleu dans la région d’Ajim Djerba

Rédigé par Yousri Helal

Posted 7 mars 2022

À cause de la prolifération du crabe bleu, une espèce invasive et un prédateur redoutable qui attaque et abîme les filets de pêche et se nourrit des poissons les femmes collectrices de palourdes au sud tunisien ont été parmi les plus touchées.

En effet, la diminution des stocks de palourdes causés en partie par cette invasion du crabe bleu a obligé les autorités à interdire depuis 2018 cette pêche et a donc aggravé la précarité de plus de 4000 femmes collectrices de palourdes et de femmes qui confectionnent les filets de pêche.

En dépit des problèmes engendrés par le crabe bleu sur toute la chaine de valeur du secteur de la pêche en Tunisie, ce crustacé s’est révélé comme un produit de mer intéressant à exploiter et à valoriser dans d’autres pays, il constitue une nouvelle source de revenu pour ses familles des pêcheurs affectés par sa prolifération.

C’est dans ce contexte que le PNUD Tunisie a appuyé le Groupement de Développement de la Pêche d’Ajim (GDPA) à Djerba dans la mise en œuvre du projet d’adaptation au changement climatique « Exploitation et valorisation de la pêche du crabe bleu Portunus Segnis dans la région d’Ajim Djerba ».

Cet appui a permis d’impliquer plus de 100 femmes, dont 25 femmes collectrices de palourdes, aux techniques de confection des viviers pour la pêche du crabe bleu et dans la transformation et la conservation de la chaire de cette ressource halieutique. 

La reconversion professionnelle de ces femmes leur a permis de diversifier leurs sources de revenus et d’assurer des moyens de subsistance à leur famille, tout en contribuant à lutter contre la prolifération de cette espèce invasive en Tunisie, dû au réchauffement des eaux induit par le changement climatique.

Mme. Sihem Lachheb, collectrice de palourdes et membre du GDPA témoigne : « Aujourd'hui, grâce à la formation et à l'appui fourni dans le cadre du projet, mes compétences sont consolidées. Je suis donc parfaitement qualifiée pour travailler dans les unités de transformation du crabe bleu nouvellement créées à Djerba et Zarzis. Je crée ainsi une nouvelle source de revenus supplémentaires qui me permet d’améliorer ma situation économique et sociale. »