Rapport national sur le développement durable
Rapport national sur le développement durable
9 avril 2012
Depuis la Conférence de Rio de Janeiro, la Mauritanie s’est engagée dans la voie du développement durable.
C’est dans ce cadre que s’inscrivent, entre autres, la signature et la ratifi cation de plus d’une vingtaine de conventions et protocoles relatifs à l’environnement, la création d’un ministère en charge de l’environnement et du développement durable, la mise en place d’un Conseil National Environnement et Développement (CNED) regroupant l’ensemble des acteurs concernés et la mise en oeuvre, depuis 2001, du Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté (CSLP).
En plus du CSLP, une Stratégie Nationale de Développement Durable (SNDD) à l’horizon 2015 a été adoptée en octobre 2006. Cette stratégie vise l’intégration des différents principes de durabilité environnementale dans les politiques de développement du pays. Elle prévoit une approche stratégique intégrant à la fois les dimensions sociale, économique et environnementale. Parallèlement à la SNDD, un Plan d’Action National pour l’Environnement (PANE) et un plan de lutte contre la désertifi cation ont été adoptés en 2006. En 2007, un nouveau Code forestier a été promulgué et le décret de 2004, rendant obligatoire la réalisation préalable d’études d’impact environnemental, a été renforcé.
Par ailleurs, le Conseil des ministres de l’Organisation de la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS), dont la Mauritanie est membre, a adopté, en juillet 2008, un Plan d’action stratégique visant la préservation durable de l’environnement dans le bassin du fleuve Sénégal, soutenu par un important fi nancement de près de 346 millions de dollars américains. Ce plan s’ajoute à l’initiative similaire déjà prise dans le cadre du Comité permanent Inter–États de Lutte contre la Sécheresse dans le Sahel (CILSS) pour traiter la contrainte environnementale dans un cadre supranational, mettant en commun les efforts des différents Etats membres.
A cela s’ajoute le plan d’action énergétique (2011-2015) destiné à lutter contre le réchauffement climatique à travers lequel le Gouvernement accorde la priorité à la mise en oeuvre d’une politique reposant sur la diffusion de choix énergétiques plus performants, associant effi cacité et viabilité pour toutes les formes d’énergie (éclairage, production d’électricité, accès à l’eau, au gaz et aux TIC etc.).
Dans le prolongement du rapport élaboré par le pays pour Rio+10, le présent rapport national, établi pour les besoins de Rio+20, présente, dans un premier temps, les progrès réalisés dans la mise en oeuvre du développement durable depuis le sommet de Rio de Janeiro en 1992 et qui s’articulent autour de la promotion d’une économie verte, l’éradication de la pauvreté et le renforcement du cadre institutionnel environnemental.
Cette présentation débouche, dans un second temps, sur les défi s de la promotion du développement durable. Ces défi s font référence aux domaines économiques, sociaux, environnementaux et à la gouvernance.
Les avancées enregistrées en matière de développement durable s’articulent autour de trois thématiques essentielles à savoir : (i) la promotion d’une économie verte ; (ii) l’éradication de la pauvreté et (iii) le renforcement du cadre institutionnel.
À retenir
- La notion d’économie verte revêt une importance particulière pour les pays de l’Afrique du Nord où les pressions exercées sur l’environnement par les activités socio-économiques augmentent avec l’évolution du climat. Selon un rapport de la ligue arabe, le coût de la dégradation de l’environnement atteint 2,1% du PIB en Tunisie, 3,7% au Maroc et 17% en Mauritanie.
- La poursuite de la lutte contre la désertification s’est articulée autour des activités suivantes : (i) l’intensifi cation des opérations de reboisement ; (ii) le renforcement du réseau d’aires protégées ; (iii) le contrôle de l’exploitation des ressources forestières et la lutte anti-braconnage ; (iv) les opérations de défense et de restauration des sols et (v) la mise en oeuvre des projets de développement.
- En matière de faune et d’aires protégées, les réalisations ont concerné les aspects suivants : (i) l’extension du réseau national des aires protégées ; (ii) la rationalisation du système d’exploitation de la ressource faunique ; (iii) le renforcement de la lutte contre le braconnage et la sauvegarde des espèces animales menacées et (iv) la participation aux grands fora régionaux et sous –régionaux relatifs aux problèmes de conservation et de gestion durable de la faune.