À Diabo, dans la région de l’Est du Burkina Faso, un forage pastoral transforme une aire de pâture sous exploitée en un symbole de cohabitation harmonieuse et de résilience.
Guinlghin : un point d’eau qui soulage, rassemble et apaise…
19 mai 2025
Une population heureuse devoir les animaux s'abreuver en toute quietude
Située dans la commune de Diabo, l’aire de pâture de Guinlghin s’étend sur environ 9 hectares. Elle a été conçue pour répondre aux besoins des communautés pastorales, mais peinait jusqu’à récemment à remplir sa mission première. L'absence de point d’eau rendait son exploitation difficile et contribuait à exacerber les tensions entre agriculteurs et éleveurs.
Ce déficit en ressources hydriques couplé à la mobilité des populations liée au contexte sécuritaire, a accru la pression sur les ressources naturelles, notamment sur l’eau et mis à rude épreuve la coexistence pacifique et la cohésion sociale qui régnaient dans la zone.
Une réponse en parfait accord avec les priorités des autorités locales…
Face à cette situation, la délégation spéciale de Diabo a sollicité un poste d’eau autonome à vocation pastorale.
Cette infrastructure comprend un forage, un système de branchement hydraulique et des abreuvoirs, facilitant ainsi l’accès à l’eau potable pour les communautés et leur cheptel. Mais au-delà de sa fonction initiale, ce point d’eau joue un rôle fondamental dans la prévention des conflits.
Apercu des installations solaires et du forage
« Aujourd’hui…nous avons tous accès à une eau potable de qualité…»
C’est avec enthousiame que Sylvestre SOUBEIGA, originaire de Guinlghin et président du comité de gestion, parle de cette infrastructure qui vient résoudre une difficulté majeure à Guinlghin :
Nous faisions face à d’importantes difficultés d’accès à l’eau potable, aussi bien pour nos besoins domestiques que pour notre bétail. Avec la dégradation de la situation sécuritaire, plusieurs communautés déplacées sont venues s’installer à Guinlghin. Elles ont rapidement été confrontées au même problème, ce qui entraînait parfois des tensions autour des points d’eau. Aujourd’hui, grâce à ce forage, nous avons tous accès à une eau potable de qualité : les populations hôtes, les personnes déplacées internes ainsi que les animaux. Cela contribuera à apaiser les tensions et à prévenir les conflits liés à cette ressource vitale.Sylvestre SOUBEIGA, Président du comité de gestion (COGES)
Sylvestre SOUBEIGA, président du comité de gestion (COGES)
Un soulagement pour les femmes…
Les femmes sont parmi les premières bénéficiaires de ce forage. Rosalie KIEMA, habitante de Guinlghin, partage son expérience :
Avant sa réalisation, nous, les femmes, étions confrontées à de grandes difficultés pour accéder à l’eau. C’était une véritable souffrance au quotidien. Aujourd’hui, grâce à ce joyau, nous avons de l’eau potable à proximité pour subvenir aux besoins de nos familles et de nos animaux. Les familles déplacées installées à Guinlghin en bénéficient également, ce qui contribuera, j’en suis certaine, à renforcer la cohésion entre nous et ces populations venues d’ailleurs.Rosalie KIEMA, habitante de Guinlghin
Rosalie KIEMA, habitante de Guinlghin
Bien plus qu’un forage pour les habitants de Guinlghin, cet ouvrage hydraulique incarne l’engagement à renforcer la résilience locale, la cohésion sociale, et la paix communautaire dans une région fragilisée.