La réinsertion sociale des détenus phase 2
Contexte
Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) accompagne le Ministère de la Justice depuis 2003 dans ses efforts de modernisation du secteur de la justice et de renforcement de la politique pénitentiaire, en plaçant la réhabilitation, la réinsertion sociale et le respect des droits humains au cœur de son action. Cette coopération vise à promouvoir une approche intégrée de la prise en charge des personnes détenues, à prévenir la récidive et à renforcer la cohésion sociale.
Le projet soutient l’administration pénitentiaire et les associations partenaires dans le développement d’approches innovantes et inclusives, fondées sur l’accompagnement psychosocial, le renforcement des liens familiaux, la préparation à la sortie, l’amélioration de la prise en charge des femmes détenues et la prévention de l’extrémisme violent. Il contribue également au renforcement des capacités des professionnels du secteur, à l’amélioration de la coordination entre les institutions concernées et la société civile, ainsi qu’à la mise en place de dispositifs adaptés aux besoins spécifiques des différentes catégories de bénéficiaires.
À travers cette intervention, le PNUD accompagne la DGAPR dans la consolidation d’un système pénitentiaire plus humain, plus inclusif et davantage orienté vers la réinsertion, conformément aux priorités nationales et aux engagements internationaux de l’Algérie en matière de droits humains et de développement durable.
Objectif
Le projet a pour objectif de soutenir la Direction Générale de l’Administration Pénitentiaire et de la Réinsertion (DGAPR) dans le renforcement de sa politique de réinsertion sociale des personnes détenues, en plaçant la préparation à la réintégration au cœur de la prise en charge pénitentiaire. À travers une approche globale et inclusive, il vise à améliorer les mécanismes d’accompagnement des détenus tout au long de leur parcours, depuis leur incarcération jusqu’à leur remise en liberté, en favorisant la coordination entre les différents acteurs institutionnels et associatifs impliqués. Une attention particulière est accordée aux détenus radicalisés et aux femmes détenues, dont les besoins spécifiques nécessitent des réponses adaptées. Le projet ambitionne également de renforcer les capacités techniques et opérationnelles des personnels de la DGAPR, des associations partenaires et des institutions concernées afin d’améliorer la qualité des services de réinsertion, de promouvoir une meilleure inclusion sociale et économique des bénéficiaires et de contribuer à la réduction des risques de récidive. Grâce au développement de partenariats, à l’échange de bonnes pratiques et au renforcement de l’écosystème de la réinsertion post-carcérale, l’action vise à instaurer un dispositif plus cohérent, durable et efficace au service de la réhabilitation et de la cohésion sociale.
Résultats Attendus
Résultat 1 : La planification et la gestion de la réinsertion des détenus est renforcée par la coopération active des Services d’Evaluation et d’Orientation avec les Services Extérieurs.
Résultat 2 : Les conditions nécessaires à la prise en charge axée sur la réinsertion sociale des détenus radicalisés sont mises en place.
Résultat 3 : La prise en charge de la femme détenue tient compte de ses besoins de réinsertion spécifiques.
Résultat 4 : L’écosystème de la réinsertion sociale pour une meilleure prise en charge post-carcérale est renforcé.
Bénéficiaires et parties prenantes du projet :
- Les personnes détenues ;
- Les ex-détenues, dans le cadre de leur accompagnement après la sortie et de leur parcours de réintégration sociale ;
- Les familles des personnes détenues et ex-détenues, en tant qu’acteurs essentiels du processus de réinsertion ;
- Les cadres et personnels de la Direction Générale de l’Administration Pénitentiaire et de la Réinsertion (DGAPR) impliqués dans les dispositifs de prise en charge ;
- Les associations partenaires de la DGAPR contribuant aux actions d’accompagnement et de réinsertion sociale.
- Le contexte pénitentiaire et de réinsertion sociale en Algérie
Résultats Attendus
Depuis son lancement en 2023, le projet a permis des avancées significatives dans le renforcement de la politique de réinsertion sociale de la Direction Générale de l’Administration Pénitentiaire et de la Réinsertion (DGAPR).
- Renforcement de la préparation à la libération et de la gestion des parcours de réinsertion, à travers le développement d’une approche innovante intégrant l’intelligence artificielle. Une expertise nationale spécialisée a été mobilisée afin de concevoir un outil d’aide à la décision destiné à améliorer la coordination entre les Services d’Évaluation et d’Orientation, les Services Extérieurs et les autres intervenants de la réinsertion.
- Mise en œuvre de plans de libération et de réinsertion individualisés dans huit établissements pilotes, permettant à 438 détenus, dont 112 femmes détenues, de bénéficier d’un plan de réinsertion standardisé. Par ailleurs, 90 détenus, dont 45 femmes, ont bénéficié d’aménagements de peine sur la base de ces plans de libération.
- Amélioration de la prise en charge des femmes détenues, à travers la création d’un dispositif spécialisé mobilisant des expertises en criminologie, psychologie clinique, médecine générale et médecine légale afin de développer des approches adaptées aux besoins spécifiques des femmes détenues et de renforcer les capacités des professionnels de la DGAPR.
- Développement d’espaces dédiés à la réinsertion des femmes détenues, favorisant leur accès à la formation professionnelle, à l’accompagnement psychosocial et à des activités génératrices d’autonomie. Les résultats ont largement dépassé les objectifs initiaux avec 46 quartiers de femmes équipés d’espaces de formation et de réinsertion.