La COVID-19: Une opportunité pour développer l’Ecosystème Algérien.

6 octobre 2020

Auteur : Hanane Kaouane, Responsable de l'Expérimentation, Acclerateur Lab, PNUD Algérie

Algiers Startup Conference. Organisé par la Wilaya d'Alger et Sylabs.

Nouvel apprentissage/ Ensemble nous irons loin!
S’appuyer sur ce qui existe déjà pour commencer l’expérimentation est notre première leçon dans ce voyage. Un écosystème où tous les éléments se développent ensemble en co-concurrence plutôt qu’à la concurrence. Cette méthode est un moyen efficace de croissance qui nous permettra d’étendre l’impact et d’accélérer le processus d’apprentissage par l’intelligence collective, l’intégration des connaissances et le travail d’équipe.


Pourquoi est-il important d’unir les efforts des différents acteurs algériens de l’écosystème pour répondre aux défis du développement ?

Entrepreneure. Crédit photo : Asma Mokhtari

Nous devons nous assurer que les leçons sont apprises de cette crise, et que cette dernière représente un tournant dans la préparation aux ’urgences sanitaires et l’investissement dans les services publics qui sont essentiels", a déclaré récemment le Secrétaire Général des Nations Unies, António Guterres.

Une crise mondiale comme celle de la COVID-19 ne peut laisser le monde indifférent, la période d’avant la crise ne restera plus la norme. C’est l’occasion pour l’humanité de faire preuve de solidarité en transformant cette tragédie universelle en un plan d’action prometteur intégrant les différents efforts déployés dans l’écosystème et créant des opportunités de développement et de travail.

Alors que la COVID-19 est passée d’une crise sanitaire à une crise économique et sociale, les populations ont radicalement changé leur façon de vivre. Au cours de cette pandémie, la plupart des personnes ont développé un lien plus profond avec le monde numérique et ont réalisé l’importance d’inclure la numérisation et l’automatisation dans le secteur économique, médical et social. Face à ces défis, il est très facile de s’y perdre. D’un autre côté, les gens peuvent aussi facilement être motivés à changer positivement la situation.

Comment les jeunes algériens ont-ils réagi face à la pandémie ?
Au début de la pandémie, de nombreux jeunes algériens de la société civile et universités ont commencé à lancer différents types d’initiatives individuelles et/ou collectives et à élaborer des solutions novatrices.

Les solutions suggérées par les porteurs de projet ont couvert diverses questions, notamment la santé, la sécurité alimentaire, l’accès à l’éducation et la crise économique. Cependant, lors de la troisième semaine de confinement, nous avons constaté que le nombre d’initiatives commençait à diminuer et cela pour diverses raisons. D’une part, parce que leur mise en œuvre n’était pas réalisable, ou à cause de l’absence de financement et de soutien technique de la part d’experts du secteur et d’autre part, les projets étaient très similaires et avaient les mêmes objectifs. Cette répétitivité explique le manque de coordination entre les éléments de l’écosystème.

L’écosystème algérien, une voie vers la maturité :

Tout le monde parle aujourd’hui des startups comme d’un sujet courant où les jeunes font de leur mieux pour briller et deviennent des solutionneurs de problèmes et des preneurs de risques. Nous croyons vraiment qu’ils le sont !

L’écosystème entrepreneurial est une communauté d’entités au service des start-ups et offre un environnement propice à leur création et à leur développement.
En effet, l’écosystème algérien se compose de startups et porteurs de projets, d’incubateurs, d’accélérateurs, d’espaces de co-working, de clubs scientifiques, de centres de recherche, d’opérateurs numériques publics et privés et même de plateformes de communication comme les podcasts et webinaires en ligne. Cependant, les startups ne constituent qu'un maillon dans la chaine de l'écosystème des technologies de l'innovation et de l'entrepreunariat. Si l’écosystème ne se développe pas, les startups ne se développeront jamais.

Fatiha Slimani, membre actif de l’écosystème des technologies, de l’innovation et de l’entrepreneuriat et co-initiatrice du projet « Algiers Smart Cities », a déclaré: "Lorsqu’on parle de croissance, l’écosystème algérien présente des spécificités. Dans d’autres pays, les modèles et types d’écosystèmes sont déterminés par les différents textes législatifs et réglementaires qui n’existent en Algérie que depuis 2018. Ailleurs, des politiques et des possibilités de soutien financier ont été mises en place pour encourager les jeunes à créer leur entreprise ou à habiliter les jeunes entrepreneurs à développer davantage leurs solutions. Ces politiques et opportunités, décidées par les gouvernements en général, invitent et motivent les investisseurs et les différentes entités économiques et sociales pour aider les jeunes à développer leurs projets et par la suite leurs entreprises. Cependant, en Algérie, l’écosystème est d’abord développé horizontalement par un certain nombre d’acteurs pionniers comme par exemple Sylabs, The Address, ACSE, ANPT, les clubs scientifiques comme CSE et ENP, CDTA, CELEC et aussi INJAZ, le programme ELIP, Anvredet , un nombre limité de Startups et jeunes innovants tel que OuedKniss , Guiddini et autres, des Opérateurs de télécom ou économiques séparément. "

Mme Slimani a également ajouté: « La notion Écosystème entrepreneurial a vu le jour en 2016 à partir de la première conférence intitulée « Algiers startup Conférence » qui a été organisée par la wilaya d’Alger et l’accélérateur des startups Sylabs. Suivie en 2018, par une deuxième édition qui a connu la participation d’acteurs et experts étrangers créant des relations avec d’autres écosystèmes. Dans l'objectif de son développement et sa standardisation selon les modèles universels a été organisé , en juin 2018 au Centre international de Conférences, Alger, le « Sommet International des SmatCities » / « SMATCITIES GLOBAL TECHNOLOGIES & INVESTMENT SUMMIT ALGIERS » qui a regroupé des experts de 56 Pays et 16 Institutions Financières et Économiques Internationales et qui a développé 10 thématiques : 1- Gouvernance, partenariats et villes circulaires, 2- Finances, investissement et Fintech, 3- Données et technologie, 4- Mobilité et transport, 5- Stratégie Smart City, 6 - Internet, Télécom et infrastructure informatique, 7 - Durabilité, énergie et services publics 8 - Société en plus des thèmes Diaspora et Startups. Cet important événement a vu la participation et l'organisation, par les étudiants du club scientifique CSE de l’école nationale supérieure d’informatique d’Alger (ESI) , du "Startup Competition " avec un Jury International.»

Algiers Startup Conference. Organisé par la Wilaya d'Alger et par Sylabs

Ces conférences, événements et programmes ont contribué au développement de l’écosystème algérien.
« Aujourd'hui, les derniers textes législatifs et règlementaires, promulgués par le Gouvernement viennent couronner ces efforts et accentuent le développement de cet écosystème qui devient de plus en plus favorable au développement des Startups qui bénéficient dorénavant, d'avantages fiscaux et para- fiscaux (loi des Finances pour 2020 et loi des Finances complémentaire pour le même exercice) et d'un cadre réglementaire (décret exécutif no 20-254 du 15 septembre 2020). C’est peut-être insuffisant mais très positif compte tenu de la situation de notre écosystème en cours de création et de renforcement. En plus, la démarche pragmatique adoptée par le ministère de l’économie de la connaissance, est à saluer selon mon point de vue. Ce que le PNUD fait actuellement à travers les Accelerator Labs est excellent ! Il aide à résoudre les problèmes à la source en travaillant directement avec les jeunes motivés et en élaborant des solutions à mettre en œuvre dans les communautés locales pour un meilleur résultat», a-t-elle ajouté.

Le Laboratoire Accélérateur du développement du PNUD, quel rôle joue-t-il dans l’écosystème ?
Le laboratoire Accélérateur du développement (AccLab) est une nouvelle façon de travailler au PNUD dans le but d’accélérer le processus d’apprentissage et de développer un portefeuille d’expériences et de solutions qui, ensemble, peuvent relever les défis complexes du développement. Au début du mois de juin 2020, l’Accelerator Lab du PNUD Algérie, a organisé un hackathon pour identifier les solutions à cette pandémie par exemple : aider les communautés à accéder aux ressources de base comme la nourriture, améliorer le soutien médical, accéder à l’éducation, sensibiliser aux mesures de prévention et d’atténuation, fournir un soutien psychologique et aider les petites et moyennes entreprises à prospérer sur le plan économique. Cependant, comme de nombreuses organisations avaient déjà planifié des hackathons et d’autres types d’événements dans le même sens, l’équipe Acc Lab d’Algérie est allé plus loin en posant une question plus approfondie : « Dans quelle mesure ces solutions peuvent-elles être mises à l’essai davantage et peuvent-elles prendre de l’ampleur ? Et quelle est la position des laboratoires Accelerator du PNUD dans ce processus ?"

Ainsi, afin de fusionner les différents éléments de l’écosystème, le PNUD Algérie a soutenu le programme Algeria Startup Challenge (ASC) lancée par un incubateur de startups appelé Cap Cowork. Cette initiative consiste à mettre sur pied « CoronHackathon » un hackathon en réponse à la crise de la COVID-19. La présence d’initiatives semblables lancées par l’écosystème, la collaboration avec d’autres partenaires et la mise à profit de ce qui existe déjà, étaient les meilleures options pour atténuer l’impact.


Le Coron Hackathon est sous le parrainage du Ministre Délégué auprès du Premier Ministère chargé de l’Economie de la Connaissance et des Startups et en partenariat avec de nombreux acteurs de l’écosystème issus du secteur privé et de la société civile et autres. Cela a permis au AccLab du PNUD Algérie de contribuer au renforcement de l’écosystème algérien en infusant le processus d’expérimentation sur des hypothèses de test et en venant avec des points d’apprentissage, en plus de soutenir la croissance et l’échelle de ces solutions et son intégration sur d’autres secteurs.

Comité de Sélection Coronhackathon , Cap co-work of startups

Après un long processus de cartographie des solutions, 60 projets à travers toute l’Algérie et dans divers thèmes ont été identifiés et 6 finalistes ont été́ sélectionnés pour la phase de l’expérimentation. Cette phase d’expérimentation nous a permis d’identifier de nouvelles approches d’apprentissage, de développer notre intelligence collective et de découvrir de nouveaux champions. Demeurer à l’affut dans nos prochains blogs pour en savoir plus sur leurs projets.